Lectures du mardi de la 1ère semaine du temps ordinaire, année paire. 13 01 2026

Lectures du mardi de la 1ère semaine du temps ordinaire, année paire. 13 01 2026

« Jésus chasse un esprit impur dans la synagogue de Capharnaüm« . Gravure.
Conçu par Claude Gillot, gravé par Jacques Gabriel Huquier (possible).
Rijksmuseum, domaine public, CC0, via Wikimedia Commons.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.

Première lecture

« Le Seigneur se souvint d’Anne, et elle enfanta Samuel »

Lecture du premier livre de Samuel (1, 9-20).

En ces jours-là,
9    Anne se leva,
après qu’ils eurent mangé et bu à Silo.
Le prêtre Éli était assis sur son siège,
à l’entrée du sanctuaire du Seigneur.
10    Anne, pleine d’amertume,
se mit à prier le Seigneur
et pleura abondamment.
11    Elle fit un vœu en disant :
« Seigneur de l’univers !
Si tu veux bien regarder l’humiliation de ta servante,
te souvenir de moi, ne pas m’oublier,
et me donner un fils,
je le donnerai au Seigneur pour toute sa vie,
et le rasoir ne passera pas sur sa tête. »

12    Tandis qu’elle prolongeait sa prière devant le Seigneur,
Éli observait sa bouche.
13    Anne parlait dans son cœur :
seules ses lèvres remuaient,
et l’on n’entendait pas sa voix.
Éli pensa qu’elle était ivre
 14           et lui dit :
« Combien de temps vas-tu rester ivre ?
Cuve donc ton vin ! »
15    Anne répondit :
« Non, mon seigneur, je ne suis qu’une femme affligée,
je n’ai bu ni vin ni boisson forte ;
j’épanche mon âme devant le Seigneur.
16    Ne prends pas ta servante pour une vaurienne :
c’est l’excès de mon chagrin et de mon dépit
qui m’a fait prier aussi longtemps. »
17    Éli lui répondit :
« Va en paix, et que le Dieu d’Israël
t’accorde ce que tu lui as demandé. »
18    Anne dit alors :
« Que ta servante trouve grâce devant toi ! »
Elle s’en alla, elle se mit à manger,
et son visage n’était plus le même.

19    Le lendemain, Elcana et les siens se levèrent de bon matin.
Après s’être prosternés devant le Seigneur,
ils s’en retournèrent chez eux, à Rama.
Elcana s’unit à Anne sa femme,
et le Seigneur se souvint d’elle.
20    Anne conçut
et, le temps venu, elle enfanta un fils ;
elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce)
car, disait-elle,
« Je l’ai demandé au Seigneur. »

Commentaire de Thierry Jallas.

Je vois, dans cette lecture, Dieu libérer Anne de sa stérilité en exauçant sa demande. Je crois qu’il nous invite à lui demander de nous libérer de nos stérilités, c’est à dire de tout ce qui nous empêche de contribuer à ce que « son règne vienne, que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Je suis convaincu que ce genre de demande, Dieu les exauce à tout coup, parce qu’elles sont conformes à son projet de libération de l’humanité.

Cantique

Premier livre de Samuel 2, 1, 4-5ab, 6-7, 8abcd

R/ Mon cœur exulte à cause du Seigneur :
il donne le salut.
(cf. 1 S 2, 1a)

1 Mon cœur exulte à cause du Seigneur ;
mon front s’est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche :
oui, je me réjouis de ta victoire !

4 L’arc des forts sera brisé,
mais le faible se revêt de vigueur.
5ab Les plus comblés s’embauchent pour du pain,
 et les affamés se reposent.

6 Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l’abîme et en ramène.
7 Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.

8abcd De la poussière il relève le faible,
 il retire le pauvre de la cendre
 pour qu’il siège parmi les princes
 et reçoive un trône de gloire.

Évangile

« Il enseignait en homme qui a autorité »

Alléluia. Alléluia.
Accueillez la parole de Dieu :
pour ce qu’elle est réellement :
non pas une parole d’hommes,
mais la parole de Dieu.
Alléluia. (cf. 1 Th 2, 13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 21-28).

21 Jésus, accompagné de ses disciples,
     arrive à Capharnaüm.
     Aussitôt, le jour du sabbat,
     il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
22 On était frappé par son enseignement,
     car il enseignait en homme qui a autorité,
     et non pas comme les scribes.
23 Or, il y avait dans leur synagogue
     un homme tourmenté par un esprit impur,
     qui se mit à crier :
24 « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
     Es-tu venu pour nous perdre ?
     Je sais qui tu es :
     Tu es le Saint de Dieu. »
25 Jésus l’interpella vivement :
     « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
26 L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
     puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
27 Ils furent tous frappés de stupeur
     et se demandaient entre eux :
     « Qu’est-ce que cela veut dire ?
     Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
     Il commande même aux esprits impurs,
     et ils lui obéissent. »
28 Sa renommée se répandit aussitôt partout,
     dans toute la région de la Galilée.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 4e dimanche du temps ordinaire, année B. UN ENSEIGNEMENT NOUVEAU Je prends le texte dans l’ordre : Jésus vient tout juste de recruter ses quatre premiers disciples au bord de ce que nous appelons aujourd’hui le lac de Tibériade : Simon et André son frère, d’abord, puis Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Avec eux, il « arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rend à la synagogue » : rien de plus normal pour un Juif ; Marc note ici l’enracinement de Jésus dans le monde juif, dans la tradition de son peuple. Quand ce même Jésus a commencé à parcourir la Galilée en proclamant : « Le temps est accompli, le Règne de Dieu s’est approché » (Mc 1,15), il s’inscrivait bien dans l’attente de son peuple, dans la continuité du projet de Dieu sur Israël. Et là, dans la synagogue de Capharnaüm, il se met à enseigner. Rien de plus normal, non plus : tout Juif avait le droit de se présenter pour commenter les Écritures qui venaient d’être lues. Mais il semble bien que Marc ait voulu concentrer l’intérêt du lecteur sur l’enseignement de Jésus, puisque les mots « enseigner » et « enseignement » reviennent quatre fois en quelques lignes : au début du texte « Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. » Et à la fin du texte : « Tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! »  Peut-être, parmi les assistants, certains ont-ils pensé à la promesse que Dieu avait faite à Moïse : « Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles. » (Dt 18,18 ; notre première lecture de ce dimanche). C’est donc au cœur même de cet enseignement de Jésus que Marc note une rupture, une nouveauté : l’histoire du monde vient de basculer ; à l’enseignement des scribes vient de se substituer celui du Sauveur ; et on va en avoir tout de suite la preuve, car Marc ne nous rapporte pas ce que Jésus a bien pu dire, mais, bien mieux, entre ces deux insistances sur l’étonnant enseignement de ce nouveau venu, Marc décrit l’expulsion d’un démon, ce que nous appellerions aujourd’hui un « exorcisme ». Ce qui veut dire que pour Marc les deux facettes de l’œuvre de Jésus (enseignement et exorcisme) vont ensemble ; ou même que le meilleur des enseignements est l’action, la vraie, celle qui libère l’homme de toute forme de mal. Et tout ceci, nous l’avons vu, se passe à la synagogue (Marc le précise deux fois) et, qui plus est, un jour de sabbat, ce qui n’est pas non plus sans importance ! Puisque le sabbat était le jour par excellence où l’on célébrait l’action du Dieu créateur et libérateur. En Jésus, Marc nous montre le Père libérant l’homme de tous les démons qui le possèdent : les temps sont accomplis, oui, puisque le Mal est vaincu.* MIEUX QU’UN ENSEIGNEMENT, UNE LIBÉRATION Il y avait donc ce jour-là, parmi les croyants réunis à la synagogue, un homme possédé d’un esprit impur ; Jésus ne l’agresse pas, mais l’esprit impur, lui, se sent agressé par cette seule présence. Car ce face à face avec le Dieu Saint lui est intolérable, lui qui est l’impur, c’est-à-dire en grec le contraire même, l’incompatible avec le Dieu Saint. Et c’est lui qui crie, annonçant lui-même sa défaite : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. »  (v. 24). L’esprit impur a tout compris, son interrogation « Es-tu venu pour nous perdre ? » n’en est pas une. Mis en présence de Celui qui sauve les hommes de tout mal, il se démasque lui-même, reconnaissant l’autorité de Jésus. Cette fois, Jésus hausse le ton : « Silence ! Sors de cet homme. » Et il emploie pour cela un verbe étonnant que nous retrouverons (adressé à la mer déchaînée) dans le récit de la tempête apaisée : « Sois muselé » (phimoô). Mais pourquoi Jésus commande-t-il à l’esprit impur de se taire ? Il s’agit peut-être de ce que l’on appelle le « secret messianique » : Jésus ne voulant pas que le mystère de sa personne soit divulgué trop tôt, avant que ses disciples ne soient prêts à l’entendre. Plus simplement, ce ne sont pas des belles paroles que Jésus attend : car une déclaration, même exacte, ne constitue pas forcément une profession de foi ; et comme très souvent dans les évangiles, ce sont les démons qui font les plus belles déclarations. Encore un cri de l’esprit impur et cette fois l’homme possédé est délivré ; alors les langues se délient pour reconnaître l’importance de l’événement : « Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » (v. 27). Le récit de Marc se clôt donc sur une question : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » C’est bien le rôle des miracles et des actes de puissance de Jésus en général : ils interrogent, ils font signe. Reprenons maintenant l’ensemble du texte du point de vue de ses lecteurs : parce qu’un texte, quel qu’il soit, et un évangile plus que tout autre, vise toujours des lecteurs. Quand Marc écrit son évangile, bien des années après la résurrection de Jésus, il propose à ses lecteurs chrétiens une contemplation qui doit les encourager à tenir bon dans la foi : un peu comme si Marc leur disait « les quatre disciples qui accompagnent Jésus dès le début de son enseignement et de ses œuvres, c’est l’Église naissante ; eh bien, c’est vous qui êtes appelés désormais à annoncer cette Bonne Nouvelle à toute l’humanité ; (ce que laisse entendre ce chiffre de quatre). Vous êtes cette Église désormais détachée du Judaïsme, (il faudrait dire déchirée), et dont le déchirement était en germe, déjà, dans l’opposition latente entre Jésus et les scribes. Mais vous pouvez faire confiance à Celui dont la Parole efficace a déjà vaincu les forces du Mal. Celui-ci, il est vrai, agite encore l’humanité et même le peuple croyant ; mais ses cris même et son agitation sont les convulsions de la fin : le Mal est vaincu depuis la Résurrection du Christ. Mes frères, la vérité du Christ, son autorité, vous en êtes les dépositaires ; avec lui, à votre tour, vous musellerez les forces du Mal. » À la synagogue de Capharnaüm, les contemporains de Jésus se sont étonnés (« Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »), mais pour les lecteurs de Marc, comme pour nous aujourd’hui, il s’agit d’aller plus loin : il s’agit de croire en celui qui seul peut libérer l’humanité de toutes les forces du Mal. ——————————————————————————————————————————— Note « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le règne de Dieu vient de vous atteindre. » (Mt 12,28).

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 5′ 20 » à 7′ 22 » – Merci à « Parole et Évangile du jour – Cathoglad » !

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

Je vois, dans l’évangile du jour,  Jésus apporter la liberté intérieure à un homme qu’il libère d’un esprit impur. C’est sa façon d’aimer, conformément au principe personnaliste. Quand il nous dit « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », il nous invite, je crois, à rechercher la liberté intérieure pour nous-mêmes et pour autrui.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même.
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