Lectures du jeudi de la 1ère semaine du temps ordinaire, année paire. 15 01 2026

Lectures du jeudi de la 1ère semaine du temps ordinaire, année paire. 15 01 2026

« Jésus guérissant un lépreux » (anonyme, 1545) -Bibliothèque municipale de Toulouse.
Bibliothèque nationale de France , domaine public, via Wikimedia Commons.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.

Première lecture

« Israël fut battu et l’arche de Dieu fut prise »

Lecture du premier livre de Samuel (4, 1b-11).

En ces jours-là,
1b    Israël sortit pour aller combattre les Philistins.
Israël campa près d’Ébène-Ézèr,
tandis que les Philistins étaient campés à Apheq.
2    Les Philistins se déployèrent contre Israël,
et le combat s’engagea.
Dans cette bataille rangée en rase campagne,
Israël fut battu par les Philistins,
qui tuèrent environ quatre mille hommes,
3    et le peuple revint au camp.
Les anciens d’Israël dirent alors :
« Pourquoi le Seigneur
nous a-t-il fait battre aujourd’hui par les Philistins ?
Allons prendre à Silo
l’arche de l’Alliance du Seigneur ;
qu’elle vienne au milieu de nous,
et qu’elle nous sauve de la main de nos ennemis. »

4    Le peuple envoya des gens à Silo ;
ils en rapportèrent l’arche de l’Alliance du Seigneur des armées
qui siège sur les Kéroubim.
Les deux fils du prêtre Éli, Hofni et Pinhas,
étaient là auprès de l’arche de Dieu.
5    Quand l’Arche arriva au camp,
tout Israël poussa une grande ovation
qui fit résonner la terre.
6    Les Philistins entendirent le bruit et dirent :
« Que signifie cette grande ovation
dans le camp des Hébreux ? »
Ils comprirent alors que l’arche du Seigneur
était arrivée dans le camp.
7    Alors ils eurent peur, car ils se disaient :
« Dieu est arrivé au camp des Hébreux. »
Puis ils dirent :
« Malheur à nous !
Les choses ont bien changé depuis hier.
8    Malheur à nous !
Qui nous délivrera de la main de ces dieux puissants ?
Ce sont eux qui ont frappé les Égyptiens
de toutes sortes de calamités dans le désert.
9    Soyez forts, Philistins, soyez des hommes courageux,
pour ne pas être asservis aux Hébreux
comme ils vous ont été asservis :
soyez courageux et combattez ! »
10    Les Philistins livrèrent bataille,
Israël fut battu
et chacun s’enfuit à ses tentes.
Ce fut un très grand désastre :
en Israël trente mille soldats tombèrent.
11    L’arche de Dieu fut prise,
et les deux fils d’Éli, Hofni et Pinhas, moururent.

Psaume

Psaume 43 (44), 10-11, 14-15, 24-25

R/ Sauve-nous, Seigneur, par ton amour. (cf. Ps 43, 27b)

10 Maintenant, tu nous humilies, tu nous rejettes,
tu ne sors plus avec nos armées.
11 Tu nous fais plier devant l’adversaire,
et nos ennemis emportent le butin.

14 Tu nous exposes aux sarcasmes des voisins,
aux rires, aux moqueries de l’entourage.
15 Tu fais de nous la fable des nations ;
les étrangers haussent les épaules.

24 Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours.
25 Pourquoi détourner ta face,
oublier notre malheur, notre misère ?

Évangile

« La lèpre le quitta et il fut purifié »

Alléluia. Alléluia.
Jésus proclamait l’Évangile du Royaume
et guérissait toute infirmité dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 40-45).

     En ce temps-là,
40 Un lépreux vint auprès de Jésus ;
     il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
     « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
41 Saisi de compassion,
     Jésus étendit la main,
     le toucha et lui dit :
     « Je le veux, sois purifié. »
42 À l’instant même,
     la lèpre le quitta
     et il fut purifié.
43 Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
     en lui disant :
44 « Attention, ne dis rien à personne,
     mais va te montrer au prêtre,
     et donne pour ta purification
     ce que Moïse a prescrit dans la Loi :
     cela sera pour les gens un témoignage. »
45 Une fois parti,
     cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,
     de sorte que Jésus ne pouvait plus
     entrer ouvertement dans une ville,
     mais restait à l’écart,
     dans des endroits déserts.
     De partout cependant on venait à lui.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 6e dimanche du temps ordinaire, année B. LA GUÉRISON DU LÉPREUX  C’est le premier voyage missionnaire de Jésus : jusqu’ici, il était à Capharnaüm, que les évangélistes présentent comme sa ville d’élection en quelque sorte, au début de sa vie publique ; Jésus y avait accompli de nombreux miracles et il avait dû s’arracher en disant : « Allons ailleurs dans les bourgs voisins, pour que j’y proclame aussi l’évangile. » Et Marc ajoute : « Il alla par toute la Galilée ; il prêchait dans leurs synagogues et chassait les démons. » Nous sommes donc quelque part en Galilée, hors de Capharnaüm, quand un lépreux s’approche de lui. Il y a en fait dans ce récit deux histoires au lieu d’une : la première, celle qui saute aux yeux, à première lecture, est le récit du miracle ; le lépreux est guéri, il retrouve sa peau saine, et, du même coup, sa place dans la société. Mais en même temps que ce récit de miracle débute ici une tout autre histoire, bien plus longue, bien plus grave, celle du combat incessant que Jésus a dû mener pour révéler le vrai visage de Dieu. Car, en prenant le risque de toucher le lépreux, Jésus a posé un geste audacieux, scandaleux même. C’est certainement là-dessus que Marc veut attirer notre attention car les mots « purifier » et « purification » reviennent quatre fois dans ces quelques lignes : c’est dire que c’était un souci du temps ; la pureté, on le sait, était la condition pour entrer en relation avec le Dieu saint. Tous les membres du peuple élu étaient donc très vigilants sur ce sujet. Et le livre du Lévitique (dont nous lisons un extrait en première lecture de ce dimanche) comporte de nombreux chapitres concernant toutes les règles de pureté ; Marc lui-même le rappelle plus loin, dans la suite de son évangile : « Les Pharisiens, comme tous les juifs, ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains, par attachement à la tradition des anciens ; en revenant du marché, ils ne mangent pas sans avoir fait des ablutions ; et il y a beaucoup d’autres pratiques traditionnelles auxquelles ils sont attachés : lavage rituel des coupes, des cruches et des plats. » (Mc 7,3-4). Cette recherche de pureté entraînait logiquement l’exclusion de tous ceux que l’on considérait comme impurs ; et malheureusement, à la même époque, on croyait spontanément que le corps est le miroir de l’âme et la maladie, la preuve du péché ; et donc, tout naturellement, on cherchait, par souci de pureté, à éviter tout contact avec les malades : c’est ce que nous avons entendu dans la première lecture « le lépreux, homme impur, habitera à l’écart, sa demeure sera hors du camp. » (Lv 13). Ce qui veut dire que quand Jésus et ce lépreux passent à proximité l’un de l’autre, ils doivent à tout prix s’éviter ; ce qui veut dire aussi, et qui est terrifiant, si on y réfléchit, que, du temps de Jésus, on pouvait être un exclu au nom même de Dieu. Le lépreux n’aurait donc jamais dû oser approcher Jésus et Jésus n’aurait jamais dû toucher le lépreux : l’un et l’autre ont transgressé l’exclusion traditionnelle, et c’est de cette double audace que le miracle a pu naître. Le lépreux a probablement eu vent de la réputation grandissante de Jésus puisque Marc a affirmé un peu plus haut que « sa renommée s’était répandue partout, dans toute la région de Galilée. » Il s’adresse à Jésus comme s’il était le Messie : « Il tombe à ses genoux et le supplie : Si tu le veux, tu peux me purifier. » D’une part, on ne tombe à genoux que devant Dieu ; et d’autre part, à l’époque de Jésus, on attendait avec ferveur la venue du Messie et on savait qu’il inaugurerait l’ère de bonheur universel ; dans les « cieux nouveaux et la terre nouvelle » promis par Isaïe, il n’y aurait plus larmes ni cris (Is 65, 19), ni voiles de deuil (Is 61, 2). C’est bien cela que le lépreux demande à Jésus, la guérison promise pour les temps messianiques. Et Jésus répond exactement à cette attente : (littéralement) « Je veux, sois purifié. » Jésus s’affirme donc ici d’entrée de jeu comme celui qu’on attendait ; plus tard, il dira aux disciples de Jean Baptiste : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Mt 11, 4-5). Pauvre, ce lépreux l’est vraiment : et de par sa maladie, et de par son attitude empreinte d’humilité : « Si tu veux, tu peux me guérir ». Il suffit de cet élan de foi pour que Jésus puisse agir. LE COMBAT DE JÉSUS CONTRE TOUTE EXCLUSION Mais ce miracle de Jésus est aussi le premier épisode de son long combat contre toutes les exclusions : car cette Bonne Nouvelle qu’il annonce et que le lépreux va s’empresser de colporter, c’est que désormais personne ne peut être déclaré impur et exclu au nom de Dieu. La description du monde nouveau dans lequel « les lépreux sont purifiés » est vraiment une « Bonne Nouvelle » pour les pauvres : non seulement les malades et autres lépreux sont guéris, mais ils sont « purifiés » au sens de « amis de Dieu ». Ce qui veut dire que si l’on veut ressembler à Dieu, être comme le Dieu qui « entend la plainte des captifs et libère ceux qui doivent mourir » (Ps 101/102), il ne faut exclure personne, mais bien au contraire, se faire proche de tous. Ressembler au Dieu saint, ce n’est pas éviter le contact avec les autres, quels qu’ils soient, c’est développer nos capacités d’amour. C’est très exactement l’attitude de Jésus ici, vis-à-vis du lépreux (Mc 1,  40). Et Paul (dans la deuxième lecture de ce dimanche) nous invite tout simplement à imiter le Christ : « Prenez-moi pour modèle, mon modèle à moi, c’est le Christ. » (1 Co 11, 1). Il reste que, pour aller jusqu’au bout du commandement d’amour (« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »), Jésus a transgressé la lettre de la Loi : il vient de poser un geste d’une extraordinaire liberté, mais tout le monde n’est pas prêt à comprendre ; d’où la consigne de silence qu’il impose au lépreux purifié : « Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. » Dès le début de sa vie publique, le combat qui va le mener à la mort est ébauché. La Passion est déjà évoquée dans ces lignes : Jésus rabaissé plus bas qu’un lépreux, souillé de sang et de crachats, exclu plus qu’aucun autre, exécuté en dehors de la Ville sainte, sera le Bien-Aimé du Père, l’image même de Dieu : le « Pur » par excellence. ————————————————————————————————————————————— Complément Jésus était ce que nous appelons aujourd’hui un « pratiquant », puisque nous l’avons vu à la synagogue de Capharnaüm pour la célébration du sabbat. Cela ne l’empêche pas de désobéir à la Loi qui interdisait d’approcher le lépreux..

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 4′ 57 » à 7′ 12 » – Merci à « Parole et Évangile du jour – Cathoglad » !

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 5’40 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

Je vois, dans l’évangile du jour,  Jésus libérer de nombreuses personnes de la fièvre, de toutes sortes de maladies, de démons. C’est sa façon d’aimer, conformément au principe personnaliste.
Peut-être avons-nous à nous libérer, nous aussi, avec son aide, de nombreux démons : celui de midi ou celui de minuit, ceux du pouvoir, de l’argent, de la drogue, des jeux, des écrans, de l’envie, de la jalousie, de la paresse, etc.

Jésus me semble faire preuve d’une exemplaire liberté intérieure :

  • contrairement à la Loi, il soigne la belle-mère de Simon un jour de shabbat, ce qui ne fera qu’aggraver son cas au regard des Juifs scrupuleux ;
  • au lieu de profiter paresseusement de sa notoriété auprès de ses « groupies », il  se montre infatigable pour accomplir sa mission : porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance, etc. (Lc 4, 18-19).

Quand il nous dit « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », il nous invite, je crois, à rechercher cette liberté, prioritairement intérieure, pour nous-mêmes et pour autrui.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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