Lectures du mardi de la 5e semaine du temps ordinaire, année paire. 10 02 2026

Lectures du mardi de la 5e semaine du temps ordinaire, année paire. 10 02 2026

« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Photo par Rasheedhrasheed, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »

De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Tu as dit : “C’est ici que sera mon nom.” Écoute donc la supplication de ton peuple Israël » (1 R 8, 29)

Lecture du premier livre des Rois (8, 22-23.27-30).

En ces jours-là,
lors de la consécration du Temple,
22    Salomon se plaça devant l’autel du Seigneur,
en face de toute l’assemblée d’Israël ;
il étendit les mains vers le ciel
23    et fit cette prière :
« Seigneur, Dieu d’Israël,
il n’y a pas de Dieu comme toi,
ni là-haut dans les cieux,
ni sur la terre ici-bas ;
car tu gardes ton Alliance et ta fidélité envers tes serviteurs,
quand ils marchent devant toi de tout leur cœur.
27    Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ?
Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir :
encore moins cette Maison que j’ai bâtie !
28    Sois attentif à la prière et à la supplication de ton serviteur.
Écoute, Seigneur mon Dieu, la prière et le cri
qu’il lance aujourd’hui vers toi.
29    Que tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette Maison,
sur ce lieu dont tu as dit :
“C’est ici que sera mon nom.”
Écoute donc la prière que ton serviteur fera en ce lieu.
30    Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël,
lorsqu’ils prieront en ce lieu.
Toi, dans les cieux où tu habites,
écoute et pardonne. »

Psaume

Psaume 83 (84), 3, 4, 5.10, 11abcd

R/ De quel amour sont aimées tes demeures,
Seigneur, Dieu de l’univers !
(Ps 83, 2)

3 Mon âme s’épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon cœur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !

4 L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison,
et l’hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l’univers,
mon Roi et mon Dieu !

5 Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
10 Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.

11 Oui, un jour dans tes parvis
en vaut plus que mille.
J’ai choisi de me tenir sur le seuil,
dans la maison de mon Dieu.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion de la fête de la Sainte-Famille, année C. Ce jour-là, l’extrait lu (2-3, 5-6, 9-10) n’a que les versets 3, 5 et 10 en commun avec la lecture d’aujourd’hui.
* * * * *

2  De quel amour sont aimées tes demeures,
    SEIGNEUR, Dieu de l’univers !
3  Mon âme s’épuise à désirer les parvis du SEIGNEUR ;
    mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant !   

5  Heureux les habitants de ta maison :
    ils pourront te chanter encore !
6  Heureux les hommes dont tu es la force :
    des chemins s’ouvrent dans leur cœur !   

9  SEIGNEUR, Dieu de l’univers, entends ma prière ;
    écoute, Dieu de Jacob.
10 Dieu, vois notre bouclier,
    regarde le visage de ton messie.
————————————————————————————————————————————

UN PEUPLE EN MARCHE

En marche vers Jérusalem, le pèlerin peut dire en vérité, du fond de sa ferveur et de sa fatigue à la fois : « Mon âme s’épuise à désirer les parvis du SEIGNEUR ; mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! » La démarche du pèlerinage est peut-être indispensable à une vie de foi : nous l’oublions parfois. Là seulement, on fait l’expérience d’un peuple en marche vers son Dieu : à travers les difficultés de la route, on éprouve la fatigue du corps, la petitesse de l’âme. Et c’est seulement au creux de cette expérience de notre pauvreté fondamentale qu’on peut découvrir la merveille de l’expérience de la foi : c’est seulement quand nous acceptons de reconnaître que nos seules forces n’y suffiront pas qu’une autre force peut s’emparer de nous et nous donner de poursuivre la route jusqu’au bout. Mais pour cela, il faut que le pèlerin à bout de souffle se reconnaisse aussi fragile, aussi démuni qu’un oiseau. Alors des ailes nouvelles lui poussent : « L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison, et l’hirondelle un nid : tes autels, SEIGNEUR de l’univers, mon Roi et mon Dieu ! » dit le verset 4.

Au cœur de nos vies, qui sont à leur manière un pèlerinage vers la Jérusalem céleste, nous faisons bien souvent cette expérience ; que de fois nous voudrions tout abandonner de nos petits efforts qui suffisent à nous décourager ; mais alors il suffit d’appeler au secours, de reconnaître notre impuissance et d’autres forces nous sont données, qui ne sont pas les nôtres, nous le savons bien. « Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s’ouvrent dans leur cœur ! »

Le pèlerin ne peut pas s’empêcher d’envier ceux qui sont déjà arrivés ! À commencer par les oiseaux ; des quantités d’oiseaux nichent effectivement sur l’esplanade du temple : quelle chance ont-ils, se dit le pèlerin ! Eux, ils sont arrivés ! Et ils n’auront pas à repartir, à affronter de nouveau la fatigue du chemin, mais surtout les difficultés du retour à la vie ordinaire : quand la merveilleuse expérience spirituelle qu’on vient de vivre se heurtera à la reprise du quotidien et à l’impossibilité de communiquer avec ceux qui sont restés sur place, dans tous les sens du terme. Et on vient à rêver de ne jamais repartir : « Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore ! » Il s’agit d’abord des lévites, dont la vie tout entière est consacrée au service du temple de Jérusalem. Mais, avant même la construction du Temple, nous l’avons vu avec la première lecture, il existait des sanctuaires et les prêtres avaient ce privilège d’y demeurer : c’était le cas du prêtre Éli, et aussi de Samuel.

Plus largement, les « habitants de la maison de Dieu », ce sont les membres du peuple élu : la reconnaissance émerveillée pour ce choix gratuit de Dieu en faveur de son peuple habite toute démarche de pèlerinage. C’est le peuple tout entier qui peut dire en vérité : « Mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! » Ou encore dans le psaume 62 (63) : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi. » 

On sait aussi qu’en définitive, lorsque viendra le Messie, ce sont tous les hommes qui sont appelés à être les habitants de la maison de Dieu ; cette résonance messianique est présente ici aussi : dans la phrase « regarde le visage de ton messie », on rêve déjà de la dernière montée à Jérusalem, celle qu’ont annoncée les prophètes, celle qui verra l’humanité tout entière rassemblée dans la joie sur la montagne sainte, autour du Messie.

BIENHEUREUSE FAIBLESSE QUI NOUS TOURNE VERS DIEU

Dans les versets qui sont lus ce dimanche transparaissent plutôt la fatigue et la prière du pèlerin. Dans d’autres versets, se dit plus l’amour du Temple, l’amour de Jérusalem. Et aussi la joie profonde, la confiance qui habitent le croyant. À deux reprises, Dieu est appelé notre « bouclier », celui qui nous protège. Et l’on peut noter au passage deux « béatitudes » : « Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore ! … Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s’ouvrent dans leur cœur ! » Le dernier verset est également une béatitude : « SEIGNEUR, Dieu de l’univers, heureux qui espère en toi », et un autre verset affirme : « Jamais il (Dieu) ne refuse le bonheur à ceux qui vont sans reproche. » C’est la chance des pauvres et des humbles, des fatigués (le mot hébreu « anawim » veut dire « les dos courbés ») de découvrir la seule chose qui compte : à savoir que notre seul vrai bonheur est en Dieu.

Jésus le redira à sa manière dans ce que nous appelons « L’hymne de jubilation » (Mt 11,25) : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ; ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Maintenant que nous avons le cœur habillé, (comme disait Saint-Exupéry) nous pouvons relire ce psaume en entier :

2  De quel amour sont aimées tes demeures,
    SEIGNEUR, Dieu de l’univers !

3  Mon âme s’épuise à désirer
    les parvis du SEIGNEUR ;
    mon cœur et ma chair sont un cri
    vers le Dieu vivant !

4  L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison,
    et l’hirondelle un nid pour abriter sa couvée :
    tes autels, SEIGNEUR de l’univers,
    mon Roi et mon Dieu !

5  Heureux les habitants de ta maison :
    ils pourront te chanter encore !
6  Heureux les hommes dont tu es la force :
    des chemins s’ouvrent dans leur cœur !

7  Quand ils traversent la vallée de la soif,
    ils la changent en source ;
    de quelles bénédictions la revêtent
    les pluies de printemps !

8  Ils vont de hauteur en hauteur,
    ils se présentent devant Dieu à Sion.

9  SEIGNEUR, Dieu de l’univers, entends ma prière ;
    écoute, Dieu de Jacob.
10 Dieu, vois, notre bouclier,
    regarde le visage de ton messie.

11 Oui, un jour dans tes parvis
    en vaut plus que mille.

    J’ai choisi de me tenir sur le seuil
    dans la maison de mon Dieu,
    plutôt que d’habiter
    parmi les infidèles.

12 Le SEIGNEUR Dieu est un soleil,
    il est un bouclier ;
    le SEIGNEUR donne la grâce
    il donne la gloire.

    Jamais il ne refuse le bonheur
    à ceux qui vont sans reproche.
13 SEIGNEUR, Dieu de l’univers
    heureux qui espère en toi.

Évangile

« Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes » (Mc 7, 1-13)

Alléluia. Alléluia.
Incline mon cœur vers tes exigences ;
fais-moi la grâce de ta loi, Seigneur.
Alléluia. (Ps 118, 36a.29b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (7, 1-13).

En ce temps-là,
1    les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
2    et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
3    – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
4    et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
5   Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
6    Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
7    C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.

8    Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
9    Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour établir votre tradition.
10    En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
11    Mais vous, vous dites :
Supposons qu’un homme déclare
à son père ou à sa mère :
“Les ressources qui m’auraient permis de t’aider
sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
12    alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit
pour son père ou sa mère ;
13    vous annulez ainsi la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 22e dimanche du temps ordinaire, année B. Ce jour-là, le passage lu (7, 1-8.14-15.21-23) a en commun avec celui d’aujourd’hui les 8 premiers versets du chapitre 7.
* * * * *

     En ce temps-là,
1   les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem.
     se réunissent auprès de Jésus
2   et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
     avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
3   – Les pharisiens, en effet, comme tous les Juifs,
     se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
     par attachement à la tradition des anciens ;
4   et au retour du marché
     ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
     et ils sont attachés encore par tradition
     à beaucoup d’autres pratiques :
     lavage de coupes, de carafes et de plats. –
5   Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
     « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
     la tradition des anciens ?
     Ils prennent leur repas avec des mains impures. »
6   Jésus leur répondit :
     « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
     ainsi qu’il est écrit :
     Ce peuple m’honore des lèvres,
     mais son cœur est loin de moi.

7   C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
     les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.

8   Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,

     pour vous attacher à la tradition des hommes. »
14 Appelant de nouveau la foule, il lui disait :
     « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
15 Rien de ce qui est extérieur à l’homme
     et qui entre en lui
     ne peut le rendre impur.
     Mais ce qui sort de l’homme,
     voilà ce qui rend l’homme impur. »
21 Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule :
     « C’est du dedans, du cœur de l’homme
     que sortent les pensées perverses :
     inconduites, vols, meurtres,
22 adultères, cupidités, méchancetés,
     fraude, débauche, envie,
     diffamation, orgueil et démesure.
23 Tout ce mal vient du dedans,
     et rend l’homme impur. »
—————————————————————————————————————————————

LA TRADITION EST UNE RICHESSE REÇUE DES PÈRES…

Tout a commencé parce que les disciples de Jésus ne se sont pas lavé les mains avant le repas : en bien des endroits du monde, cela ne poserait pas de problème ! La preuve, c’est que Marc est obligé d’expliquer à ses lecteurs qui ne sont pas d’origine juive, les usages tout à fait particuliers d’Israël : « Les pharisiens, en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. » Le mot « tradition », répété (dans le texte grec) aux versets 3 et 5 ne doit pas être entendu de manière péjorative : la tradition, c’est la richesse reçue des pères. Tout le long labeur des anciens pour découvrir le comportement qui plaît à Dieu se transmet sous forme de préceptes qui régissent les plus petits détails de la vie quotidienne. Commençons donc par rendre justice aux pharisiens et aux scribes : quand on s’impose à soi-même toute une discipline très stricte par fidélité à sa religion, on ne peut pas comprendre ceux qui n’en font pas autant. Et, à leurs yeux, cette rigueur d’observance paraissait essentielle : il s’agissait de préserver l’identité juive ; le peuple élu concevait son élection comme une mise à part et donc tout contact avec des païens (ou des objets touchés par eux) rendait impur, c’est-à-dire inapte à célébrer et même à vivre dignement la vie quotidienne.

Tout naturellement, donc, les pharisiens et les scribes présents s’indignent : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leur repas avec des mains impures. »

Ce qui est plus surprenant, c’est la réaction de Jésus : « Hypocrites ! » Cette sévérité laisse entendre qu’il y a un problème de fond. Comme souvent, face à un tel auditoire, Jésus cite l’Écriture, qui est pour eux la référence suprême : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. » (Is 29,13). Et Jésus commente la parole d’Isaïe : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »

…À CONDITION QU’ELLE NE SOIT PAS PRÉTEXTE À MÉPRIS

Quel est donc ce commandement de Dieu que les pharisiens et les scribes bafouent sans le savoir ? Jésus ne l’explique pas ici, mais ce qu’il leur reproche, visiblement, c’est d’avoir « le cœur loin de Dieu ». Qu’ont-ils fait de mal ? Ils ont méprisé les autres, tout simplement, et méprisé au nom de Dieu, voilà l’inexcusable. Nous retrouvons ici une remarque faite souvent au long des dimanches dans notre lecture de l’évangile de Marc : Jésus ne cesse de s’élever contre toute exclusion au nom de la religion ; c’est la toile de fond de ses controverses avec les autorités religieuses. C’est mal comprendre la Loi que de croire qu’il faudrait être séparé des autres hommes pour s’approcher de Dieu ! Au contraire, les prophètes avaient déployé toute leur énergie pour faire découvrir que le véritable culte qui plaît à Dieu commence par le respect des hommes. C’est un comble que la loi faite pour le bonheur de tous soit devenue une contrainte tatillonne et un prétexte à mépris. Servir le Dieu saint du Lévitique, le Dieu de pardon annoncé par Isaïe ne peut pas porter au mépris des autres.

Pour aller plus loin, Jésus entame une leçon sur la pureté : au sens biblique, la pureté, c’est l’aptitude à se rapprocher de Dieu ; or Dieu est amour et pardon, de nombreux prophètes l’ont dit et répété. La véritable pureté est donc une disposition du cœur, c’est la miséricorde ; l’impureté que Jésus reproche à ses adversaires, c’est « l’endurcissement du cœur » : « Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » Et, un peu plus tard, il complète l’enseignement pour ses disciples : « C’est du dedans, du cœur de l’homme que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Venons encore une fois au secours des pharisiens et des scribes : cette leçon-là ne pouvait pas être entendue pleinement tant que Dieu lui-même, en son Fils, n’était pas venu habiter chez les hommes ; prouvant par là que, contrairement à trop d’idées reçues, Dieu n’a pas peur du contact avec les êtres impurs que nous sommes. Comme pour en donner la preuve, aussitôt après cette controverse Jésus part en pays païen.
—————————————————————————————————————————————

Complément

– Le mouvement religieux « Pharisien » est né vers 135 av. J.-C. d’un désir de conversion ; son nom qui signifie « séparé » traduit un choix : le refus de toute compromission politique, de tout laisser-aller dans la pratique religieuse ; deux problèmes qui étaient à l’ordre du jour en 135. Le pharisianisme (en tant que mouvement) est donc tout à fait respectable. Et Jésus ne l’attaque jamais. Il ne refuse pas non plus de leur parler (Nicodème, Jn 3 ; Simon, Lc 7). Mais le plus bel idéal religieux peut avoir ses écueils : la rigueur d’observance peut engendrer une trop bonne conscience et rendre méprisant pour ceux qui n’en font pas autant. Plus profondément, vouloir être « séparé » n’est pas sans ambiguïté ; quand on sait que le dessein de Dieu est un projet de rassemblement dans l’amour. Ces déviances ont inspiré quelques paroles dures de Jésus : elles visent ce que l’on appelle le « pharisaïsme » ; de cela tous les mouvements religieux de tous les temps sont capables.

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 5′ 30 » à 6′ 43 », par Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 6’00 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à la basilique Notre-Dame-des-Victoires, à Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

J’ai eu l’œil attiré, dans l’évangile du jour, par les versets 3 et 4, où je lis successivement « … par attachement à la tradition des anciens… » puis « …ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques… ». Les mots soulignés évoquent pour moi un lien, une chaîne qui entrave notre liberté.

Je vois donc, dans cet évangile, un des nombreux passages où Jésus montre une des manières dont « il nous délivre du mal », pour reprendre la formulation du Notre-Père ; ici, le « mal » consiste, je crois, à agir en contradiction avec le principe personnaliste, en n’étant pas libres, mais asservis à une double contrainte : celle de la tradition, d’une part, et d’autre part celle du conditionnement à juger les autres lorsqu’ils ne pensent pas ou n’agissent pas comme nous.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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