« Tous responsables les uns des autres » sur KTO-TV
Le 13 septembre 2025, KTO a entrepris la diffusion d’émissions hebdomadaires sur la Doctrine Sociale de l’Église (DSÉ). Je m’en réjouis et souhaite diffuser régulièrement, sur notre site, la vidéo de ces émissions, en l’accompagnant d’éventuels commentaires personnels.
J’apprécie beaucoup KTO et invite chacun à soutenir cette chaîne.
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Thierry JALLAS
Président de Syndicatho
Voici la vidéo de l’émission n° 5 (publiée le 11 octobre 2025) de cette série, précédée de la présentation qui en est faite par KTO, puis de commentaires de ma part.
La doctrine sociale de l’Église invite à oeuvrer pour et avec les pauvres. Mais les pauvretés sont diverses. A chaque baptisé de trouver alors sa façon de s’engager, en articulant justice et charité. Durant tout le mois d’octobre, Amaury Guillem explore ce sujet avec Sophie Izoard-Allaux, professeur de théologie à l’Université Catholique de Lille, et Christian Dubié, président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour le Cher et l’Indre.
Commentaires de Thierry Jallas.
Voici quelques commentaires personnels sur le sujet.
- Vers 4’40 » est abordée la question des œuvres de miséricorde. Je trouve dommage que l’article 208 du Compendium ne soit pas évoqué à ce moment-là : « L’œuvre de miséricorde grâce à laquelle on répond ici et maintenant à un besoin réel et urgent du prochain est indéniablement un acte de charité, mais l’engagement tendant à organiser et à structurer la société de façon à ce que le prochain n’ait pas à se trouver dans la misère est un acte de charité tout aussi indispensable (…) ». Je regrette que cette deuxième forme de charité, appelée par certains « charité politique », ne soit pas évoquée par les intervenants et que les seuls exemples donnés, pour faire face à la pauvreté, relèvent de la première forme. Compendium.
- J’apprécie l’intervention de Sophie Izoard-Allaux, vers 9’30 », au sujet de l’articulation justice/charité. Je lis, dans Caritas in veritate, de Benoît XVIII, que « Je ne peux pas donner à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Qui aime les autres avec charité est d’abord juste envers eux (…) la charité exige la justice : la reconnaissance et le respect des droits légitimes des individus et des peuples » (CIV, 6). J’en déduis qu’avant de se prétendre charitable avec les pauvres, l’État devrait faire œuvre de justice envers eux et le reste de la population en cessant de priver celle-ci, par son recours permanent à la contrainte, de « la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image » (Comp. 135).
- J’entends Christian Dubié, vers 7’15 », dire « Quand Ozanam parle parle justice (Justice ?), il parle de l’État… » puis « C’est à la Justice (justice ?), donc à l’État, de faire en sorte que les agressions n’arrivent pas ». Ces propos m’inspirent la réflexion suivante : la Justice bénéficie, de la part de l’État, d’un monopole (contraire, à mes yeux, au principe de la destination universelle des biens, puisqu’il interdit aux citoyens l’accès à d’autres potentiels prestataires de services de justice) fondé sur la contrainte, donc sur l’injustice et cela me semble absurde.

