Lectures du jeudi de la 1ère semaine de Carême, année paire. 26 02 2026

Lectures du jeudi de la 1ère semaine de Carême, année paire. 26 02 2026

« … lequel d’entre vous donnera […] à son fils […] un serpent,
quand il lui demande un poisson ? » (Mt 7, 9-10).
Bassin décoré d’un serpent, de poissons et de lézards -Terre cuite, vers 1600.
Photo de Jérémy-Günther-Heinz Jähnick (1988–) à l’occasion de l’inauguration de Louvre-Lens le 4 décembre 2012, à Lens, Pas-de-Calais. – Licence Creative Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Je n’ai pas d’autre secours que toi, Seigneur » (Est 4)

Lecture du livre d’Esther 4, 17n.p-r.aa.bb.gg.hh (Néovulgate).

En ces jours-là,
 la reine Esther, dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait,
chercha refuge auprès du Seigneur.
Se prosternant à terre avec ses servantes du matin jusqu’au soir,
elle disait :
« Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob,
tu es béni.
Viens à mon secours car je suis seule,
et je n’ai pas d’autre défenseur que toi, Seigneur.
Car je vais jouer avec le danger.

Dans les livres de mes ancêtres, Seigneur,
j’ai appris que ceux qui te plaisent,
tu les libères pour toujours, Seigneur.
Et maintenant, aide-moi, car je suis solitaire
et je n’ai que toi, Seigneur mon Dieu.
Maintenant, viens me secourir car je suis orpheline,
et mets sur mes lèvres un langage harmonieux
quand je serai en présence de ce lion ;
fais que je trouve grâce devant lui,
et change son cœur :
qu’il se mette à détester celui qui nous combat,
qu’il le détruise avec tous ses partisans.
Et nous, libère-nous de la main de nos ennemis ;
rends-nous la joie après la détresse
et le bien-être après la souffrance. »

Psaume

Psaume 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 7c-8

R/ Quand je crie vers toi, Seigneur,
tu réponds à mon appel.
(cf. Ps 137, 3a)

1 De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
2 vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
3 Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

7 Ta droite me rend vainqueur.
8 Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

Ce psaume a fait l’objet, par Marie Noëlle Thabut, de commentaires en 3 occasions au moins, dans une version à chaque fois un peu différente. Nous allons les reproduire ci-dessous.

 

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, 21e dimanche du temps ordinaire, année A.

PSAUME  137 (138), 1-3. 6.8

1   De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce,
     tu as entendu les paroles de ma bouche.
     Je te chante en présence des anges,
2   vers ton temple sacré, je me prosterne.

     Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
     car tu élèves au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
3   Le jour où tu répondis à mon appel,
     tu fis grandir en mon âme la force.

6   Si haut que soit le SEIGNEUR, il voit le plus humble ;
     de loin, il reconnaît l’orgueilleux ;
8   SEIGNEUR, éternel est ton amour :
     n’arrête pas l’œuvre de tes mains.
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LA PRIÈRE DU PAUVRE TRAVERSE LES NUÉES 

Ce psaume est très court, puisque nous venons de l’entendre presque en entier, mais chacun de ses vers, chacun de ses mots est chargé de toute une histoire ; cette histoire, toujours la même, bien sûr, que nous retrouvons dans tous les psaumes, celle de l’Alliance entre Dieu et Israël. C’est Israël qui a été le peuple choisi par Dieu pour être son confident, son prophète.

Confident de Dieu, il a eu cette révélation que Dieu est Amour ; prophète de Dieu, il est chargé de le dire au monde entier. C’est, je crois, exactement le sens de ce psaume 137/138. Encore une fois c’est Israël tout entier qui parle : le  « je » est un sujet collectif comme dans tous les psaumes.

Je le reprends tout simplement dans l’ordre : et vous verrez qu’il est moins limpide qu’il ne paraît ; d’autant plus que la traduction ne simplifie pas toujours les choses. Notre liturgie a choisi le texte grec, mais le psaume a été originellement écrit en hébreu, il ne faut pas l’oublier. Or le texte primitif hébreu et sa traduction en grec sont par moments assez différents.

Comme un certain nombre de psaumes, celui-ci commence par les deux mots « de David » qui ne nous ont pas été répétés et pour cause parce que personne ne sait très bien ce qu’ils veulent dire au juste ; je crois qu’on pourrait traduire « à la manière de David ». En tout cas, il y a fort peu de chances que ce psaume ait été composé par David, mais que David ait eu le cœur plein d’action de grâce, c’est certain.

Je reprends le premier verset : « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce » : le texte hébreu ne dit pas la raison de cette action de grâce, sans doute est-elle évidente ; mais le texte grec explicite : « Je te rends grâce car tu as entendu les paroles de ma bouche ». N’est-ce pas justement la caractéristique du croyant que d’être assuré en toutes circonstances que Dieu entend ses cris ? Pour le peuple d’Israël, c’est une conviction bien ancrée depuis l’épisode du buisson ardent. Ce jour-là, Dieu avait dit à Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. » (Ex 3,7). Dieu sait, Dieu entend, Dieu connaît nos difficultés, nos souffrances et il nous donne la force de tenir debout, de ne pas nous laisser submerger par le mal. « Si haut que soit le SEIGNEUR, il voit le plus humble » avons-nous entendu dans ce psaume. Beaucoup plus tard, Ben Sirac le Sage écrira : « La prière du pauvre traverse les nuées » (35,21). Sous-entendu, elle atteint Dieu. Et, plus tard encore, un autre fils d’Israël dira : « (Père), Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours » ; vous avez reconnu la prière de Jésus lorsqu’il se rendit devant le tombeau de Lazare (Jn 11,42).

UN PSAUME À CHANTER DANS TOUTES LES LANGUES

Je continue le psaume : « Je te chante en présence des anges » : là encore une difficulté, ou au moins une différence entre les deux textes hébreu et grec : le mot traduit ici par « anges » était en hébreu « Élohim » qui veut dire « les dieux » ; voilà donc deux formulations franchement différentes ! Dans ces cas-là, il ne faut pas jouer une traduction contre l’autre : les deux sont inspirées, les deux doivent nous inspirer ; « Je te chante en présence des anges », c’est la phrase du croyant déjà transporté dans la liturgie céleste où les serviteurs de Dieu chantent sans fin « Saint ! Saint ! Saint, le SEIGNEUR Dieu de l’univers ! » (Vous avez reconnu là le chant des séraphins au cours de la grande vision d’Isaïe qui détermina sa vocation ; Is 6,3). L’autre traduction possible, « Je te chante devant les Élohîm », est la profession de foi d’Israël : Dieu seul est Dieu, les Élohîm, c’est-à-dire les idoles, les dieux des autres peuples ne sont que néant.

Et si vous avez la curiosité de poursuivre la recherche, vous verrez que le texte syriaque (araméen), lui, a traduit « rois », ce qui veut dire encore autre chose : « je te chante en présence des rois », cette fois c’est l’engagement missionnaire qui est dit : Israël n’oublie pas sa vocation de témoin au milieu des nations. Tous ces sens s’ajoutent les uns aux autres car cette parole de Dieu est vivante dans le cœur de ceux qui la scrutent de génération en génération.

« Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité » : l’expression « ton amour et ta vérité » est l’une des formules préférées pour rappeler l’Alliance de Dieu et son œuvre en faveur de son peuple ; voilà encore un écho de l’événement de l’Exode, car c’est la définition que Dieu a donnée de lui-même à Moïse au Sinaï :

« (Je suis) le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». (Ex 34,6). Cette expression « amour et vérité » est devenue très habituelle dans la religion juive.  Elle rappelle à tous la fidélité absolue de Dieu à l’Alliance qu’il a lui-même proposée à son peuple au Sinaï.

A la fin du psaume, nous retrouverons ce thème de l’amour  de Dieu : « éternel est ton amour » ; c’est encore une autre manière de dire la fidélité de Dieu. On retrouve cette formule dans plusieurs psaumes, en particulier, c’est le refrain du psaume 135 (136).

Et le psaume se termine par une demande : « n’arrête pas l’œuvre de tes mains », ce qui veut dire « continue malgré nos infidélités répétées » ; il faut lire ensemble les deux phrases « SEIGNEUR, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains. » C’est parce que l’amour de Dieu est éternel que nous savons qu’il n’arrêtera pas « l’œuvre de ses mains ».

Noëlle Thabut, 5e dimanche du temps ordinaire, année C.

PSAUME 137 (138), 1-5.7c-8

1  De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce,
    tu as entendu les paroles de ma bouche.
    Je te chante en présence des anges,
2  vers ton temple sacré, je me prosterne.

    Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
    car tu élèves au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
3  Le jour où tu répondis à mon appel,
    tu fis grandir en mon âme la force.

4  Tous les rois de la terre te rendent grâce
    quand ils entendent les paroles de ta bouche.
5  Ils chantent les chemins du SEIGNEUR :
    « Qu’elle est grande, la gloire du SEIGNEUR ! »

7c Ta droite me rend vainqueur.
8  Le SEIGNEUR fait tout pour moi !
    SEIGNEUR, éternel est ton amour :
    n’arrête pas l’œuvre de tes mains.
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DE TOUT MON CŒUR, SEIGNEUR, JE TE RENDS GRÂCE

Il se dégage de ce psaume une impression très particulière, très douce, de joie profonde et de sérénité. Dès le premier verset, tout est dit. Par exemple, l’expression « rendre grâce » est répétée : « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce »… « Je rends grâce à ton nom ». Le croyant est celui qui vit dans la grâce de Dieu et qui le reconnaît tout simplement, le cœur noyé de reconnaissance.    

J’ait dit « le croyant », mais ce croyant n’est pas un individu particulier, c’est le peuple d’Israël, comme toujours dans les psaumes, qui parle ici et qui rend grâce pour l’Alliance que Dieu lui a proposée. Cela s’entend à la répétition du nom « SEIGNEUR » que l’on entend à plusieurs reprises dans ces quelques versets. C’est le fameux NOM de Dieu, ce que nous appelons le « tétragramme » puisqu’il s’agit de quatre consonnes, ce Nom révélé par Dieu à Moïse au Sinaï au moment de l’épisode du buisson ardent (Ex 3). Dieu s’est encore révélé à Moïse au cours de l’Exode dans le Sinaï, sous le nom de « amour et vérité » : nous l’entendons également ici : « Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité ». Nous retrouvons cette même expression « amour et vérité » à plusieurs reprises dans d’autres psaumes et dans l’ensemble de la Bible ; c’est la précieuse découverte d’Israël, grâce au souffle de Dieu, bien sûr. On peut la lire au chapitre 34 de l’Exode : « (je suis) le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». (Ex 34,6). Et ce n’est pas un hasard si cette révélation de la tendresse de Dieu est intervenue après l’épisode du veau d’or, c’est-à-dire une infidélité caractérisée du peuple. Car c’est précisément à l’occasion de ses infidélités répétées que le peuple d’Israël a fait l’expérience de l’inépuisable miséricorde de Dieu.

C’est cette fidélité de Dieu que l’on chante inlassablement au Temple de Jérusalem : « Vers ton temple sacré je me prosterne » …  le décor ici est le même que dans le récit de la vocation d’Isaïe que nous avons lu en première lecture… et le psaume continue : « Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité ». Dans le récit de la vocation d’Isaïe, l’accent était mis sur la sainteté de Dieu, le fossé qui nous sépare de Dieu, et que nous ne pouvons combler par nos propres forces ni par aucune action, si méritoire soit-elle… C’est Dieu lui-même qui en permanence comble ce fossé et nous invite à entrer dans son intimité. Dans ce psaume, nous découvrons en quoi consiste la sainteté de Dieu : Dieu est Amour et vérité : voilà sa sainteté… et il est vrai qu’en cela un fossé nous sépare de Lui.

À la fin du psaume, nous retrouvons une autre expression de cette prise de conscience de l’amour de Dieu : « éternel est ton amour », vous avez reconnu le refrain du psaume 135 (136) qui est, lui aussi, un rappel de la libération de l’Exode. L’allusion à la « droite » (traduisez la main) de Dieu (dans le verset « Ta droite me rend vainqueur ») est encore un autre rappel de l’Exode : car, selon l’expression consacrée, Dieu nous a libérés « à main forte et à bras étendu » (Dt 4,34).

TOUS LES ROIS DE LA TERRE TE RENDRONT GRÂCE

Cette Alliance du Sinaï a fait d’Israël le bénéficiaire de la Révélation, le confident de Dieu ; et c’est ce qui vient d’être exprimé de plusieurs manières. Mais Israël a découvert également que ce n’est pas le tout d’être le confident de Dieu. Désormais, il doit en être le prophète : c’est-à-dire qu’il a la charge, la responsabilité de proclamer l’amour et la vérité de Dieu à l’ensemble de l’humanité.

C’est le sens du verset : « Tous les rois de la terre te rendent grâce »1. À dire vrai, c’est pour le moins une anticipation ! Tous les rois de la terre ne sont pas encore convertis, ni au temps de David, ni même à la fin de l’Ancien Testament, et pas encore non plus aujourd’hui… loin de là ! Mais cette anticipation, on y tient : elle est un rappel du double aspect de la vocation d’Israël dont je viens de parler. Pour que les rois de la terre s’inclinent devant Dieu, il faudra qu’ils aient entendu la Bonne Nouvelle. Le psaume dit bien : « Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles de ta bouche ». Quand Israël aura rempli sa mission de témoin de Dieu, alors on pourra chanter vraiment : « De tout mon cœur je te rends grâce // tous les rois de la terre te rendent grâce ».

Dernière remarque à propos d’une phrase apparemment toute simple : « Je te chante en présence des anges ». Il est intéressant de noter que, dans la Bible en hébreu, la formule était : « Je te chante devant les dieux ». C’était une sorte de profession de foi, manière d’affirmer qu’Israël ne tombe pas dans l’idolâtrie : Dieu seul est Dieu, les dieux des autres peuples ne sont que néant. Mais s’il est utile de l’affirmer, c’est que le danger n’est pas totalement écarté. Cela sonne donc plutôt comme une résolution.

En revanche, quand la Bible hébraïque a été traduite en grec, les traducteurs, considérant probablement qu’il n’y avait plus de danger d’idolâtrie ont remplacé le mot « dieux » par « anges ». D’où notre verset : « Je te change en présence des anges ». (Or notre psautier liturgique s’inspire du grec).

Enfin, le psaume se termine par une prière : « N’arrête pas l’œuvre de tes mains », ce qui veut dire « continue malgré nos infidélités répétées » ; il faut lire ensemble les deux phrases « SEIGNEUR, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains. » C’est parce que l’amour de Dieu est éternel que nous savons qu’il n’arrêtera pas « l’œuvre de ses mains ».

Et c’est bien pour cela que nous ne cessons de rendre grâce : « Le SEIGNEUR fait tout pour moi », chante le psaume. Nous savons que nous sommes enveloppés en permanence de sa présence et de sa sollicitude. Comme dit saint Paul : « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Rm 8,28), c’est-à-dire « qui lui font confiance ».

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Note

1 – « Tous les rois de la terre te rendent grâce » : cette traduction par un indicatif présent est un choix. La forme du verbe en hébreu (qu’on appelle un inaccompli) pourrait tout aussi valablement être traduite par un futur (« Tous les rois de la terre te rendront grâce ») ou un subjonctif (« Que tous les rois de la terre te rendent grâce »). Cela change évidemment quelque peu le sens.

Noëlle Thabut, 17e dimanche du temps ordinaire, année C.

PSAUME 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 6-7ab, 7c-8

1  De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
    tu as entendu les paroles de ma bouche.
    Je te chante en présence des anges,
2  vers ton temple sacré, je me prosterne.

    Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
    car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
3  Le jour où tu répondis à mon appel,
    tu fis grandir en mon âme la force.
   

6  Si haut que soit le SEIGNEUR, il voit le plus humble ;
    de loin, il reconnaît l’orgueilleux.
7  Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
    ta main s’abat sur mes ennemis en colère.
   

    Ta droite me rend vainqueur.
8  Le
SEIGNEUR fait tout pour moi !
    SEIGNEUR, éternel est ton amour :
    n’arrête pas l’œuvre de tes mains.
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LES ÉCHOS DU SINAÏ

Ce psaume tout entier est un chant d’action de grâce pour l’Alliance que Dieu propose à l’humanité : l’Alliance qu’il a conclue avec son peuple Israël, d’abord, mais aussi l’Alliance dans laquelle toutes les nations entreront un jour. Et c’est précisément la vocation d’Israël que de les y faire entrer.

J’ai parlé d’action de grâce : l’expression revient trois fois : « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce », « Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité », et, dans un verset que nous n’entendons pas ce dimanche : « Tous les rois de la terre te rendent grâce ». Nous avons vu souvent que les auteurs bibliques aiment ce genre de répétitions, j’aurais envie de dire ce genre litanique. Mais il y a une progression : tout d’abord, c’est Israël qui parle en son nom propre : « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce », puis il précise le motif : « Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité », enfin c’est l’humanité tout entière qui rentre dans l’Alliance et qui rend grâce : « Tous les rois de la terre te rendent grâce ».

Puisqu’il est question de l’Alliance, il est normal d’entendre ici des allusions à l’expérience du Sinaï ; j’entends tout d’abord les échos de la grande découverte du buisson ardent. Je vous rappelle d’abord ce que dit le livre de l’Exode : « Les fils d’Israël gémirent du fond de la servitude et crièrent. Leur appel monta vers Dieu du fond de la servitude. Dieu entendit leur plainte… » (Ex 2,23-24). Et, du milieu du buisson en feu, Dieu dit à Moïse : « Oui, vraiment, j’ai vu la souffrance de mon peuple en Égypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer… ». En écho le psaume dit : « Le jour où tu répondis à mon appel »… « tu as entendu les paroles de ma bouche ».

Autre rappel de la révélation de Dieu au Sinaï, l’expression « Ton amour et ta vérité » : ce sont les mots mêmes de la définition que Dieu a donnée de lui-même à Moïse (Ex 34,6). Ensuite, la phrase « Ta droite me rend vainqueur » est, pour une oreille juive, une allusion à la sortie d’Égypte. La « droite », c’est la main droite, bien sûr, et, depuis le cantique de Moïse après le passage miraculeux de la Mer rouge (Ex 15), on a pris l’habitude de parler de la victoire que Dieu a remportée à main forte et à bras étendu : « Ta droite, SEIGNEUR, est magnifique en sa force… Tu étends ta main droite » (Ex 15,6.12).

Quant à l’expression « SEIGNEUR, éternel est ton amour », elle est elle aussi une manière d’évoquer toute l’œuvre de Dieu et en particulier la sortie d’Égypte. Vous connaissez le psaume 135/136 dont le refrain est précisément « SEIGNEUR, éternel est ton amour ».

SI HAUT QUE SOIT LE SEIGNEUR, IL VOIT LE PLUS HUMBLE

À relire le fameux cantique de Moïse dont je parlais il y a un instant, je m’aperçois que, lui aussi, parlait de la « grandeur » de Dieu : « La grandeur de ta gloire a brisé tes adversaires… Qui est comme toi parmi les dieux, SEIGNEUR ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté ?… Le SEIGNEUR régnera pour les siècles des siècles. » (Ex 15,7.11.18).

On peut noter encore un autre rapprochement entre ce psaume et le cantique de Moïse, c’est le lien entre toute l’épopée de la sortie d’Égypte, l’Alliance conclue au Sinaï et le Temple de Jérusalem. Moïse chantait : « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR : il est pour moi le salut. Il est mon Dieu, je le célèbre : j’exalte le Dieu de mon père… Tu conduis par ton amour ce peuple que tu as racheté ; tu les guides par ta force vers ta sainte demeure. » (Ex 15,1-2.13). Le psaume reprend en écho : « Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne. »

Le Temple, précisément, c’est le lieu où l’on fait mémoire de toute l’œuvre de Dieu en faveur de son peuple. Bien sûr, et heureusement pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter Jérusalem, on peut faire mémoire de l’œuvre de Dieu partout. On sait bien que la présence de Dieu ne se limite pas à un temple de pierre, mais ce temple, ou ce qu’il en reste, est un rappel permanent de cette présence. Et aujourd’hui encore, où qu’il soit dans le monde, tout Juif prie tourné vers Jérusalem, vers la montagne du temple saint : parce que c’est le lieu choisi par Dieu au temps du roi David pour donner à son peuple un signe de sa présence.

Enfin, je note que la grandeur de Dieu n’écrase pas l’homme ; en tout cas pas celui qui sait reconnaître sa petitesse : « Si haut que soit le SEIGNEUR, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l’orgueilleux. » Voilà encore un grand thème biblique : la grandeur de Dieu se manifeste précisément dans sa bonté pour la petitesse de l’homme. « Toi, Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence » dit le livre de la Sagesse (Sg 12, 18). Et le psaume 113/112 : « De la poussière il relève le faible, il retire le pauvre de la cendre » (Ps 113/112, 7). Évidemment on pense aussitôt au Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » Le croyant le sait et s’en émerveille : Le Dieu grand ne nous écrase pas… Au contraire, il nous fait grandir. »

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Compléments

– Tous ces rapprochements que j’ai notés, cette influence du cantique de Moïse et de l’expérience du Sinaï depuis le buisson ardent jusqu’à la sortie d’Égypte et l’Alliance sur le psaume de ce dimanche, se trouvent dans de nombreux autres psaumes et textes divers de la Bible. C’est dire à quel point cette expérience fut et reste le socle de la foi d’Israël.

Évangile

« Quiconque demande reçoit » (Mt 7, 8)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu ;  
rends-moi la joie d’être sauvé.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Ps 50, 12a.14a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 7-12).

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
7 « Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
8 En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
9 Ou encore :
lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils
quand il lui demande du pain ?
10 ou bien lui donnera un serpent,
quand il lui demande un poisson ?
11 Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent !
12 Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Parcours de Carême : « Comment discerner la volonté de Dieu ? ». Méditation de Victor, pour Cathoglad.

Commentaires du père Paul-Marie Chauvet, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 4’25 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo B. FM pour Magnificat-TV (Franciscains de Marie).

Homélie du père Santiago Martín pour Magnificat-TV (Franciscains de Marie).

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Aujourd’hui Seigneur, l’évangile selon saint Matthieu (Mt 7, 7-11) nous partage un de tes sermons :

« Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.

En effet, quiconque demande, reçoit ; qui cherche, trouve ; à qui frappe, on ouvrira.

Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent ! »

Aujourd’hui, tu m’invites Seigneur à te demander les choses, sincèrement !

Il faut beaucoup d’humilité, de simplicité pour te demander les choses, pour frapper afin d’être exaucé et que la porte s’ouvre.

Offre-moi la grâce de l’humilité, de la simplicité qui demande, encore et toujours pour obtenir les présents, les cadeaux que tu as prévus pour moi, pourvu que je te les demande sincèrement.

À chaque fois que je te demande les choses, je pose un acte de foi très clair : je crois en toi Seigneur, tu peux tout, viens m’aider, viens me secourir.

Pour clore cette méditation, je vous invite à écouter cette chanson qui dit : « Du fond des profondeurs, je crie vers toi Seigneur. Écoute mon appel, écoute ma prière. »

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