Lectures du mercredi de la 2e semaine de Carême, année paire. 4 03 2026

Lectures du mercredi de la 2e semaine de Carême, année paire. 4 03 2026

« Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur… » (Mt 20, 25b-26a).

« Le théâtre du pouvoir » à la Petite Galerie (Musée du Louvre, Paris).
Au centre, Louis XIII couronné par la Victoire (Siège de la Rochelle, 1628) Oeuvre de Philippe de Champaigne (1602-1674) 1635 Huile sur toile Musée du Louvre.
À droite, groupe impérial en Mars et Vénus Marbre blanc entre 120 et 140 après J.-C. puis repris vers 170-175 après J.-C. Musée du Louvre

La nouvelle exposition de la Petite Galerie décode les représentations du pouvoir politique depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Photo de Jean-Pierre Dalbéra, de Paris, France ; licence CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Allons, attaquons-le » (Jr 18, 18-20)

Lecture du livre du prophète Jérémie

18 Mes ennemis ont dit :
« Allons, montons un complot contre Jérémie.
La loi ne va pas disparaître par manque de prêtre,
ni le conseil, par manque de sage,
ni la parole, par manque de prophète.
Allons, attaquons-le par notre langue,
ne faisons pas attention à toutes ses paroles. »

19 Mais toi, Seigneur, fais attention à moi,
écoute ce que disent mes adversaires.
20 Comment peut-on rendre le mal pour le bien ?
Ils ont creusé une fosse pour me perdre.
Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence
pour te parler en leur faveur,
pour détourner d’eux ta colère.

Psaume

Psaume 30 (31), 5-6, 14, 15-16

R/ Sauve-moi, mon Dieu, par ton amour. (30, 17)

5 Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ;
oui, c’est toi mon abri.
6 En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

14 J’entends les calomnies de la foule :
de tous côtés c’est l’épouvante.
Ils ont tenu conseil contre moi,
ils s’accordent pour m’ôter la vie.

15 Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
16 Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du Vendredi saint. Ce jour-là, l’extrait lu (Ps 30 2ab.6, 12, 13-14ad, 15-16, 17.25) a les versets 6, 14ad, 15 et 16 en commun avec celui d’aujourd’hui.
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PSAUME 30/31, 2ab.6, 12, 13-14ad, 15-16, 17.25)

2    En toi, SEIGNEUR, j’ai mon refuge ;
      garde-moi d’être humilié pour toujours.
6    En tes mains je remets mon esprit ;
      tu me rachètes, SEIGNEUR, Dieu de vérité.

12  Je suis la risée de mes adversaires
      et même de mes voisins ;
      je fais peur à mes amis,
      s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

13  On m’ignore comme un mort oublié,
      comme une chose qu’on jette.
14a J’entends les calomnies de la foule :
      ils s’accordent pour m’ôter la vie.

15  Moi, je suis sûr de toi, SEIGNEUR,
      je dis : « Tu es mon Dieu ! »
16  Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
      des mains hostiles qui s’acharnent.

17  Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
      sauve-moi par ton amour.
25  Soyez forts, prenez courage,
      vous tous qui espérez le SEIGNEUR !
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LES CROYANTS DANS LA TOURMENTE

D’un bout à l’autre, ce psaume alterne cris de détresse et paroles de confiance. Et la phrase « Père, en tes mains, je remets mon esprit », qui fut la dernière phrase de Jésus sur la croix (d’après l’Évangile selon saint Luc) le résume assez bien. Mais, avant Jésus de Nazareth, c’est le peuple d’Israël tout entier qui s’exprime dans cette prière. Israël qui a connu au long des siècles, bien des situations de détresse. À certaines époques, sa survie même, en temps que peuple, n’était pas assurée.

Pour dire ses malheurs, Israël se compare à des personnages connus : à Job, d’abord, le grand malade, accablé de mille maux et qui sait bien que l’on parle de lui dans son dos, en supputant sur le délabrement de sa santé et l’avancement de la maladie : « Je fais peur à mes amis, s’ils me voient dans la rue, ils me fuient… On m’ignore comme un mort oublié, comme une chose qu’on jette. » Il avait eu ses heures de gloire, quand il était jeune, beau, bien portant. Maintenant, il n’intéresse plus personne, on va jusqu’à se moquer de lui : « Je suis la risée de mes adversaires et même de mes voisins. » Job décrivait longuement cette souffrance de l’abandon de ceux que l’on avait jusque-là considérés comme des amis ; curieusement, au moment de l’épreuve, quand on aurait tant besoin d’eux, ils se font très discrets, voire totalement absents. Job compare leur amitié à un torrent de montagne bondissant l’hiver, mais soudain tari l’été : « Mes frères, eux, ont trahi comme un torrent, comme le lit des torrents passagers : la glace les assombrit, sur eux s’amoncelle la neige ; mais à la saison brûlante, ils tarissent, sous l’ardeur du soleil, sur place, ils s’évaporent » (Jb 6,15-17). Mais le cri de douleur du malheureux résonne dans le vide : « Ainsi êtes-vous pour moi à présent : à ma vue, saisis d’effroi, vous êtes pris de panique » (Jb 6,21). Parfois, l’abandon est le fait des plus intimes : « Mes proches ont disparu, mes intimes m’ont oublié. Les hôtes de ma maison et mes servantes me considèrent comme un inconnu ; à leurs yeux, je suis devenu un étranger. Si j’appelle mon serviteur, il ne répond pas, je dois le supplier de ma bouche… Même les garnements ont pour moi du mépris ; si je me lève, ils parlent contre moi. Tous mes confidents m’ont en horreur, ceux que j’aimais se sont tournés contre moi » (Jb 19,14-16.18-19). Cette comparaison est très parlante pour qui connaît l’histoire des habitants de Jérusalem : on n’oubliera jamais que les peuples voisins, qui furent parfois des alliés, se sont joints aux troupes de Nabuchodonosor, au moment de la prise de Jérusalem, pour piller et saccager la ville.

Le triste sort d’Israël fait penser également à Jérémie, le prophète honni, contesté, considéré comme un oiseau de mauvais augure, pour avoir eu simplement le courage de dire à ses contemporains leurs quatre vérités. À plusieurs reprises, il a bien failli le payer de sa vie : « J’entends les calomnies de la foule : “Dénoncez-le ! Allons le dénoncer…” » (Jr 20,10). À quoi le psaume répond en écho : « J’entends les calomnies de la foule : ils s’accordent pour m’ôter la vie. »

 

EN TES MAINS, JE REMETS MON ESPRIT

Mais la grande richesse des croyants, lorsqu’ils sont dans la tourmente, c’est leur foi, justement, leur confiance en Dieu. « Moi, je suis sûr de toi, SEIGNEUR, je dis : “Tu es mon Dieu !” Mes jours sont dans ta main… En toi, SEIGNEUR, j’ai mon refuge. » D’où leur vient cette belle assurance, même au plus fort de leurs épreuves ? De l’expérience du Buisson ardent. Ce fut la grande découverte de Moïse : son peuple était réduit à l’esclavage en Égypte et lui-même n’était plus qu’un paria. Lui qui avait été adopté par la fille du Pharaon et avait été élevé à la cour, parmi les grands, avait dû s’enfuir au loin pour avoir tué un Égyptien qui maltraitait un Hébreu. Désormais, son avenir était aussi bouché que celui de son peuple. C’est là, dans son exil, que Dieu est venu le rejoindre ; du cœur du buisson en feu, il lui a dit cette chose incroyable, dont personne n’avait jamais eu l’idée, à savoir que Dieu se penche sur toute douleur humaine :

« J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances » (Ex 3,7). Cette phrase-là, personne en Israël, désormais, ne peut l’oublier. Nous, chrétiens, qui sommes les héritiers d’Israël, nous la gardons également comme un trésor. « Un pauvre crie, le SEIGNEUR entend » dit le psaume 33/34.

C’est pour cela que le psalmiste peut, malgré tout, garder espoir et confiance. « En toi, SEIGNEUR, j’ai mon refuge », c’est vraiment le cri du croyant. Pour retrouver des forces, pour pouvoir assumer les épreuves qui l’accablent, il sait qu’il lui suffit de s’offrir à l’action de Dieu. Moïse a rencontré Dieu quand il était au fin fond de l’humiliation, Job a rencontré Dieu quand il a enfin abandonné toute prétention, Jérémie a trouvé la force de résister à toutes les tentations de désespoir quand il s’est remis humblement à l’action de Dieu. Nous ne pouvons accueillir le secours de Dieu que dans l’humilité. « Sur ton serviteur, que s’illumine ta face », c’est la prière de celui qui s’abandonne à l’action de Dieu. « Mon Père, mon Père, je m’abandonne à toi » disait Charles de Foucauld.

Évangile

« Ils le condamneront à mort » (Mt 20, 17-28)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 17-28).

En ce temps-là,
17 Jésus, montant à Jérusalem,
prit à part les Douze disciples
et, en chemin, il leur dit :
18 « Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l’homme sera livré
aux grands prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort
19 et le livreront aux nations païennes
pour qu’elles se moquent de lui,
le flagellent et le crucifient ;
le troisième jour, il ressuscitera. »

20 Alors la mère des fils de Zébédée
s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean,
et elle se prosterna pour lui faire une demande.
21 Jésus lui dit :
« Que veux-tu ? »
Elle répondit :
« Ordonne que mes deux fils que voici
siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ton Royaume. »
22 Jésus répondit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »
Ils lui disent :
« Nous le pouvons. »
23 Il leur dit :
« Ma coupe, vous la boirez ;
quant à siéger à ma droite et à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
24 Les dix autres, qui avaient entendu,
s’indignèrent contre les deux frères.
25 Jésus les appela et dit :
« Vous le savez :
les chefs des nations les commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
26 Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi :
celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur ;
27 et celui qui veut être parmi vous le premier
sera votre esclave.
28 Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Parcours de Carême : « La joie de se faire serviteur« . Méditation de Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Toulon, pour Cathoglad.

Commentaires du père Paul-Marie Chauvet, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 5’00 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo B. FM pour Magnificat-TV (Franciscains de Marie).

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille).

Commentaire de Thierry Jallas. Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) : « L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. » * * * * *

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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