Lectures du vendredi de la 4e semaine de Carême, année paire. 20 03 2026
« Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. » (Sg 2, 19).
Les 4 tableaux du cycle la Passion de Louis Joseph Watteau (1731–1798), en l’ église Saint-Maurice de Lille.
De gauche à droite : L’arrestation du Christ – Le Christ aux outrages
Jésus tombe pour la première fois sous le poids de la croix – Le Christ en croix.
Photo de Pierre André Leclercq (1945–), domaine public, via Wikimedia Commons.
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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine). D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »
De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 25e dimanche du temps ordinaire, année B.
Ce jour-là, le passage lu (Sg 2, 12.17-20) est un extrait de celui d’aujourd’hui.
RESTER FIDÈLES AU MILIEU DES PAÏENS
Pour comprendre ce texte difficile, il faut le replacer dans son contexte. Le livre de la Sagesse est très particulier à tous points de vue : tout d’abord il est le dernier écrit de l’Ancien Testament, trente ou cinquante ans seulement avant la naissance du Christ ; ensuite il a été écrit en Égypte et non sur la terre d’Israël comme la plupart des autres livres bibliques ; enfin, il est écrit en grec et non pas en hébreu ou en araméen.
Depuis les conquêtes d’Alexandre le Grand, vers 330 av. J.-C., toute une colonie juive s’était implantée en Égypte, à Alexandrie, sur le delta du Nil. Ils jouissaient d’une totale liberté religieuse, ils avaient des lieux de prière reconnus dans leurs villages (ou leurs quartiers, s’ils habitaient en ville), et pouvaient donc parfaitement continuer à pratiquer leur religion et la transmettre à leurs enfants ; comme toute la région parlait grec, ils se sont mis eux aussi à parler en grec, certainement dès la deuxième génération ; c’est là que, pour qu’ils puissent comprendre les Écritures, la Bible a été traduite en grec pour donner ce que nous appelons la Bible des Septante.
Un certain nombre de Juifs d’Alexandrie sont donc restés très fidèles à la foi de leurs ancêtres ; mais c’était moins facile qu’on ne le pense : cette population avait une double appartenance, juive d’abord, mais aussi grecque puisqu’ils étaient immergés en milieu grec. Or les deux religions, juive et grecque, étaient totalement incompatibles. Pour un Juif plongé en milieu grec, l’intégration, comme on dit aujourd’hui, signifiait l’abandon de toutes ses pratiques. Il fallait donc choisir : ou décider de rester fidèle en tous points à la religion juive, au risque de s’isoler, ou s’intégrer à son nouveau pays au risque de s’éloigner de la communauté juive et d’abandonner l’une après l’autre toutes les pratiques juives. Il est bien évident qu’au sein même de la communauté juive, ces deux positions ont existé et ont engendré des conflits parfois très durs.
Ces conflits rendent la fidélité encore plus difficile ; parce qu’on sait bien que les querelles religieuses sont les plus terribles ! Or ceux qui gardent la foi sont un reproche vivant pour ceux qui l’abandonnent. Ils seront donc persécutés, non par les Grecs, très libéraux sur ce point, mais par leurs propres frères, qui n’ont pas trop bonne conscience et vont se venger sur eux. C’est classique : généralement, on n’aime pas les donneurs de leçons ! Quand on sait qu’on est en tort, on n’aime pas ceux qui nous le font remarquer.
Pour le voleur, l’homme honnête est un reproche vivant ; pour le violent, l’homme pacifique et doux est intolérable. Deux solutions : changer de conduite ou bien faire taire celui qui nous fait de l’ombre.
Le texte que nous lisons ce dimanche reflète exactement ce contexte : personne ne sait qui l’a écrit puisque le Livre de la Sagesse n’est pas signé. Mais visiblement, il s’agit d’un croyant qui assiste à l’érosion de la communauté juive, et qui veut encourager ses frères à rester fidèles. Il leur dit : il faut choisir : oui, la fidélité est difficile, d’abord parce que la loi juive est exigeante. Mais aussi parce que vous serez en butte à ceux qui ne feront pas comme vous et qui verront en vous des donneurs de leçons : « Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes : Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie… il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation. »
TENIR BON DANS LA PERSÉCUTION
Que fait un croyant fidèle quand il est ainsi exposé à la persécution de ses plus proches ? Il essaie de tenir le coup en s’appuyant sur sa foi et se disant « Dieu ne m’abandonnera pas ». Alors l’auteur ajoute : il y aura pire. ‘Cette confiance que vous manifestez en Dieu quand vous dites « il est notre Père, il ne nous abandonnera pas ») … cette confiance même vous sera reprochée comme de la prétention’. C’est exactement la suite du texte ; les persécuteurs disent : « Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira. Si ce Juste est fils de Dieu, (comme il le prétend), Dieu l’assistera et le délivrera de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un veillera sur lui. »
Évidemment, on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est exactement ce qui s’est passé pour Jésus-Christ. Sa conduite qui importunait… la haine grandissante de tous ceux qui voyaient en lui un donneur de leçons, un gêneur… les bonnes raisons de le supprimer : « il vaut mieux qu’un seul homme meure pour tout le peuple.. » dira Caïphe (Jn 11,50). Mais le livre de la Sagesse ne parlait pas pour Jésus-Christ, il parlait pour ses contemporains dont il voulait encourager la fidélité, quel qu’en soit le prix. Il avait certainement en tête quelques exemples célèbres, à commencer par tous les prophètes. Ils ont tous eu à souffrir de leur franc parler.
L’exemple de Jérémie était particulièrement célèbre ; dans ce qu’on appelle ses « Confessions », il décrivait tout ce qu’il avait dû subir ; par exemple : « Quel malheur, ma mère, que tu m’aies enfanté : moi qui suis, pour tout le pays, l’homme contesté et contredit… tous me maudissent. » (15,l)…» À longueur de journée, on me tourne en ridicule, tous se moquent de moi… Je suis en butte, à longueur de journée, aux outrages et aux sarcasmes… J’entends les propos menaçants de la foule… Tous mes intimes guettent mes défaillances… » (20,7-8).
Une fois même, il a entendu des menaces qui le concernaient sans qu’il le sache (« Détruisons l’arbre en pleine sève, supprimons-le du pays des vivants ; que son nom ne soit même plus mentionné ! ») mais il n’a pas compris tout de suite qu’il s’agissait de lui ; il raconte : « Quand le SEIGNEUR m’a mis au courant et que j’ai compris, alors j’ai découvert leurs manœuvres. Moi, j’étais comme un agneau docile, mené à la boucherie ; j’ignorais que leurs sinistres propos me concernaient. » (11,18-19).
L’auteur du livre de la Sagesse fait probablement allusion à cette terrible expérience de Jérémie, mais ses lecteurs savent aussi le plus important, à savoir que Dieu n’a jamais abandonné aucun de ses prophètes et qu’il n’abandonne donc jamais ceux qui vont jusqu’au bout de leur foi. Dans les versets suivants, il affirme : « Quand les méchants font leurs raisonnements, ils se trompent : leur perversité les aveugle… ils ne connaissent pas les secrets desseins de Dieu. » Il ajoute : « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, aucun tourment ne les atteindra ». Sa conviction est telle qu’il va jusqu’à affirmer : même si vos ennemis réussissaient à vous tuer, eh bien, au-delà de la mort, Dieu ne nous abandonnera pas (chap. 3). Manière de dire : Tenez bon… (Le vrai bonheur est là.) La vraie Sagesse est dans la fidélité.
Première lecture
« Condamnons le juste à une mort infâme » (Sg 2, 20).
Lecture du livre de la Sagesse (2, 1a.12-22).
1 Les impies ne sont pas dans la vérité
lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes :
12 « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie,
il s’oppose à nos entreprises,
il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu,
et nous accuse d’infidélités à notre éducation.
13 Il prétend posséder la connaissance de Dieu,
et se nomme lui-même enfant du Seigneur.
14 Il est un démenti pour nos idées,
sa seule présence nous pèse ;
15 car il mène une vie en dehors du commun,
sa conduite est étrange.
16 Il nous tient pour des gens douteux,
se détourne de nos chemins comme de la boue.
Il proclame heureux le sort final des justes
et se vante d’avoir Dieu pour père.
17 Voyons si ses paroles sont vraies,
regardons comment il en sortira.
18 Si le juste est fils de Dieu,
Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires.
19 Soumettons-le à des outrages et à des tourments ;
nous saurons ce que vaut sa douceur,
nous éprouverons sa patience.
20 Condamnons-le à une mort infâme,
puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »
21 C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ;
leur méchanceté les a rendus aveugles.
22 Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu,
ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée,
ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée.
Psaume
Psaume 33 (34), 17-18, 19-20, 21.23
R/ Le Seigneur est proche du cœur brisé. (33, 19a)
17 Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
18 Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
19 Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
20 Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
21 Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.
23 Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 21e dimanche du temps ordinaire, année B.
Ce jour-là, l’extrait lu comporte 4 versets (n° 17, 20, 21 et 23) en commun avec celui d’aujourd’hui.
PSAUME 33 (34), 2-3, 16-17, 20-21, 22-23
2 Je bénirai le SEIGNEUR en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
3 Je me glorifierai dans le SEIGNEUR :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !
16 Le SEIGNEUR regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
17 Le SEIGNEUR affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
20 Malheur sur malheur pour le juste,
mais le SEIGNEUR chaque fois le délivre.
21 Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.
22 Le mal tuera les méchants ;
ils seront châtiés d’avoir haï le juste.
23 Le SEIGNEUR rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.
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OÙ EST DIEU QUAND NOUS SOUFFRONS ?
Nous avons déjà chanté ce psaume deux dimanches de suite, et le revoici, avec d’autres versets, pour une part. La semaine dernière, nous avions achoppé sur le problème de la souffrance. Le psalmiste affirmait : « Saints du SEIGNEUR, adorez-le ; rien ne manque à ceux qui le craignent… Qui cherche le SEIGNEUR ne manquera d’aucun bien. » Ici, le psalmiste insiste de nouveau : « Le SEIGNEUR regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Malheur sur malheur pour le juste (c’est-à-dire même si les malheurs s’ajoutent les uns aux autres, ou quels que soient les malheurs qui s’acharnent sur lui), Malheur sur malheur pour le juste, mais le SEIGNEUR chaque fois le délivre. Il veille sur chacun de ses os : pas un ne sera brisé. »
Est-ce vrai au premier degré ? La Vierge Marie n’était-elle pas juste ? Elle n’a pas échappé à toute souffrance, pourtant. Jésus n’était-il pas le juste par excellence ? Peut-on dire qu’il a été délivré ? Problème éternel qui se repose à nous devant toute souffrance. Problème auquel le livre de Job tout entier s’est affronté. La Bible ne répond pas à toutes nos questions sur ce sujet, mais elle indique fermement le chemin ; il n’y en a pas d’autre que celui de la confiance éperdue. Il nous faut croire, envers et contre tout, et même si les apparences sont contraires, que Dieu est avec nous quand nous souffrons. Comme le dit le verset 16 : « Le SEIGNEUR écoute, attentif à leurs cris. » : on a là un écho de l’extraordinaire découverte du buisson ardent ; Moïse a entendu là de la bouche de Dieu lui-même cette phrase inoubliable : « J’ai vu, oui vraiment, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris… Je connais ses souffrances. » (Ex 3,7).
Pour autant, la sollicitude de Dieu n’est pas une baguette magique qui ferait disparaître tout désagrément, toute souffrance de nos vies… Au désert, derrière Moïse, ou en Canaan derrière Josué, le peuple n’a pas été miraculeusement épargné de tout souci ! Mais la présence de Dieu l’accompagnait en toutes circonstances pour lui faire franchir les obstacles ; c’est l’un des sens d’un verset du début de ce psaume : « L’ange du SEIGNEUR campe alentour pour libérer ceux qui le craignent. » D’après le livre de l’Exode, la nuit de la sortie d’Égypte, l’ange du Seigneur protégeait la fuite du peuple (Ex 14,19) ; et il guida la marche vers la terre promise (Ex 23,20. 23 ; Ex 32,34 ; Ex 33,2).
Dans sa leçon sur la prière, l’évangile de Luc nous dit exactement la même chose : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père, parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu de poisson ? Ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Luc 11,9-13). Reprenons encore une fois le texte : « Le SEIGNEUR regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. » Dans l’épreuve, la souffrance, la douleur, il est non seulement permis mais recommandé de crier.
OSER CRIER
Nous ne serons pas magiquement délivrés de toute difficulté, de toute douleur, mais nous les vivrons avec lui, remplis de son Esprit. Et nous trouverons la force de les supporter.
Je reviens sur cette expression : « Malheur sur malheur pour le juste » : « Le juste », ou « les justes », voilà un mot qui revient souvent dans ce psaume, opposé aux « méchants ». « Le SEIGNEUR regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le SEIGNEUR affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire. Malheur sur malheur pour le juste, mais le SEIGNEUR chaque fois le délivre… Le mal tuera les méchants ; ils seront châtiés d’avoir haï le juste. » Cette opposition est fréquente dans la Bible : l’objectif est de nous faire prendre en horreur une certaine manière de vivre et de nous exhorter à choisir le bon chemin ; celui de la sagesse. C’est ce qu’on appelle le « thème des deux voies ». Sous-entendu, il n’y a qu’une manière sage de vivre, si l’on veut être heureux, il n’y a qu’une manière de vivre pour plaire à Dieu, c’est la même puisqu’il veut notre bonheur. C’est de le chercher sans cesse, (en langage biblique, cela s’appelle la « crainte de Dieu »), c’est de suivre au jour le jour ses commandements. On ne s’étonne pas, évidemment, de trouver ce thème des deux voies dans un psaume alphabétique comme ce psaume 33/34, puisque l’alphabétisme est toujours un moyen de rendre grâce à Dieu pour le don de la Loi.
Pour autant, il ne faut pas prendre au pied de la lettre la sévérité qui semble menacer les méchants : premièrement, on est dans un type de langage qui se veut menaçant pour faire réfléchir ; deuxièmement, il n’y a pas sur terre un groupe des « méchants » et un groupe des « justes » ! Dieu, le juste juge, sait mieux que nous à quel point tout cœur humain est partagé. Dieu combat le mal, il ne combat pas les hommes. « Le SEIGNEUR affronte les méchants (c’est-à-dire le mal) pour effacer de la terre leur mémoire. » Mais, en chaque homme, il sait déceler, infiniment mieux que nous, la part même infime de bonne volonté qui sommeille ; voilà qui devrait nous rassurer pour nous-mêmes : « Je me glorifierai dans le SEIGNEUR : que les pauvres m’entendent et soient en fête ! »
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Complément
Saint Jean, faisait peut-être allusion à ce psaume lorsqu’il racontait la Passion de Jésus : vous savez que pour hâter la mort des crucifiés, on leur brisait les jambes ; or on était un vendredi, donc veille de sabbat et, de plus, veille de la Pâque. Les soldats sont donc allés, à la demande des Juifs, pour briser les jambes des condamnés. Jean raconte : « Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté… » Et Jean ajoute : « Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture (qui dit) ‘Aucun de ses os ne sera brisé’. » (Jn 19,33). C’est certainement une allusion aux agneaux qu’on immolait chaque année pour la Pâque et dont on ne devait pas briser les os (Ex 12,46 ; Nb 9,12) ; mais Jean évoque peut-être également notre psaume d’aujourd’hui qui dit que dans l’épreuve, Dieu protège ses serviteurs. « Malheur sur malheur pour le juste, mais le SEIGNEUR chaque fois le délivre. Il veille sur chacun de ses os : pas un ne sera brisé. »
Évangile
« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » (Jn 7, 1-2.10.14.25-30)
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 1-2.10.14.25-30).
En ce temps-là,
1 Jésus parcourait la Galilée :
il ne voulait pas parcourir la Judée
car les Juifs cherchaient à le tuer.
2 La fête juive des Tentes était proche.
10 Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem
pour la fête,
il y monta lui aussi,
non pas ostensiblement, mais en secret.
14 On était déjà au milieu de la semaine de la fête
quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
25 Quelques habitants de Jérusalem disaient alors :
« N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?
26 Le voilà qui parle ouvertement,
et personne ne lui dit rien !
Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu
que c’est lui le Christ ?
27 Mais lui, nous savons d’où il est.
Or, le Christ, quand il viendra,
personne ne saura d’où il est. »
28 Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria :
« Vous me connaissez ?
Et vous savez d’où je suis ?
Je ne suis pas venu de moi-même :
mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé,
lui que vous ne connaissez pas.
29 Moi, je le connais
parce que je viens d’auprès de lui,
et c’est lui qui m’a envoyé. »
30 On cherchait à l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui
parce que son heure n’était pas encore venue.
Commentaires de l’Intelligence Artificielle (Gemini) :
C’est un texte fascinant car il nous plonge en plein cœur d’un thriller théologique. Nous sommes au chapitre 7 de Jean, à un tournant où la tension entre Jésus et les autorités de Jérusalem devient électrique.
Voici quelques pistes de réflexion sur ce passage précis (Jean 7, 1-2. 10. 25-30) que l’on lit traditionnellement le vendredi de la 4e semaine de Carême :
1. La fête des Tentes (Soukkot) : un décor symbolique.
Le texte précise que c’est la « fête juive des Tentes ». C’est une fête de la récolte, mais aussi du souvenir de la marche au désert. On y attendait avec ferveur la venue du Messie. Le fait que Jésus y monte « en secret » (v. 10) souligne le contraste entre l’attente spectaculaire du peuple et la discrétion de l’action divine.
2. Le paradoxe de la connaissance.
C’est le point central des versets 25 à 27. Les habitants de Jérusalem disent :
« Celui-là, nous savons d’où il est ; or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »
Il y a une ironie tragique ici : les Juifs pensent connaître l’origine de Jésus (Nazareth, fils de Joseph), et c’est précisément ce « savoir » superficiel qui les empêche de reconnaître son origine divine. Ils voient l’homme, mais ils sont aveugles au Fils de Dieu.
3. « D’où je suis » : La double identité
Jésus leur répond avec force dans le Temple (v. 28-29). Il ne nie pas son origine terrestre, mais il affirme une origine plus profonde :
Il vient de « Celui qui est vrai ».
Il est l’Envoyé.
Le message est clair : pour connaître Jésus, il ne suffit pas de consulter son état civil ou son lieu de naissance ; il faut entrer dans une relation de foi avec Celui qui l’a envoyé (le Père).
4. Le mystère de « l’Heure ».
Le passage se termine sur une note de souveraineté absolue (v. 30) :
« Ils cherchaient à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue. »
C’est un thème récurrent chez Saint Jean. Rien n’arrive à Jésus par accident ou par la seule volonté des hommes. Il est le maître du temps. Ce n’est pas parce qu’il se cache qu’il échappe à ses ennemis, c’est parce que le moment du don total de sa vie (la Passion) est fixé par une volonté divine, et non par un complot humain.
Ce que ce texte nous dit aujourd’hui :
Ce texte nous invite à nous méfier de nos certitudes. Parfois, nous pensons « connaître » Dieu, la religion ou les autres, et ce sont ces étiquettes qui nous empêchent de voir la nouveauté de Dieu agir sous nos yeux. C’est un appel à passer du savoir (intellectuel) à la connaissance (du cœur).
Parcours de Carême : « Vous êtes un soldat de la vérité« . Méditation de Mgr Luc Ravel, pour Cathoglad.
Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.
Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.
Méditation du père Gilles.
Méditation proposée par le père Léonard Katchekpele, pour « Prêtre ! Et alors ? ».
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie du père Achille José Nkomo Bessala FM, pour Magnificat-TV.
Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.
Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.
Commentaires du frère Paul Adrien.
Homélie de la messe du jour à Lourdes.
Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
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Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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