Lectures de l’Annonciation-du-Seigneur, années ABC, commentées. 25 03 2026

Lectures de l’Annonciation-du-Seigneur, années ABC, commentées. 25 03 2026

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«L’Annonciation», peint entre 1886 et 1894 par James Tissot (1836–1902).
Brooklyn Museum. Aquarelle, gouache sur graphite sur papier vélin gris.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la (conscience et de la) liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »

De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.

Retraite Objectif Pâques – première instruction : L’Annonciation par le père Albert-Marie Crignon (Des-Pères-qui-Prêchent – Fraternité Saint-Vincent-Ferrier), le 30 mars 2020.

1ère lecture.

« Voici que la vierge concevra » (Is 7, 10-14 ; 8, 10)

Lecture du livre du prophète Isaïe (7, 10-14 ; 8, 10).

      En ces jours-là, le SEIGNEUR
10  parla ainsi au roi Achaz :
11  « Demande pour toi un signe de la part du SEIGNEUR ton Dieu,
      au fond du séjour des morts
      ou sur les sommets, là-haut. »
12  Achaz répondit :
      « Non je n’en demanderai pas,
      je ne mettrai pas le SEIGNEUR à l’épreuve. »
13  Isaïe dit alors :
      « Écoutez, maison de David !
      Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes :
      il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
14  C’est pourquoi le Seigneur lui-même
    vous donnera un signe :
      Voici que la vierge est enceinte,
      elle enfantera un fils,
      qu’elle appellera Emmanuel,
8, 10  car Dieu est avec nous.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut.

LA PANIQUE EST MAUVAISE CONSEILLÈRE

On a compris qu’il est question d’une naissance, ce qui pourrait être assez banal. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle naissance : il s’agit d’un fils de roi et ce n’est pas dans n’importe quelle dynastie. Nous sommes à Jérusalem, là où règne la descendance de David, celle dont doit naître le Messie. Nous sommes en 735 av. J.-C. Le roi tout fraîchement consacré s’appelle Achaz, il a vingt ans. Serait-il stérile, qu’il faille un miracle pour lui donner un héritier et un prophète pour l’annoncer ?

Non, c’est beaucoup plus grave que cela. Je vous rappelle le contexte : la situation politique est inquiétante, le petit royaume de Jérusalem est pris en étau entre deux camps rivaux : le premier camp, c’est la puissance montante au Proche-Orient, l’empire Assyrien, dont la capitale est Ninive (actuellement, les ruines de Ninive sont tout près de Mossoul) ; il menace toute la région, et ses campagnes l’ont déjà mené jusqu’à Damas, la capitale de la  Syrie, et en Samarie ; en 738, le roi de Damas et le roi de Samarie, vaincus, ont été obligés de capituler et de payer tribut.

L’autre camp, ce sont précisément ces deux petits royaumes de Syrie et de Samarie qui se révoltent contre Ninive et font le siège de Jérusalem pour détrôner Achaz et le remplacer par un autre roi qui acceptera d’être leur allié dans la guerre d’indépendance contre Ninive.

Achaz est pris de panique ; les versets précédents racontent que « son cœur et le cœur de son peuple furent secoués comme les arbres de la forêt sont secoués par le vent » (Is 7,2). Isaïe commence par l’inviter au calme et à la confiance ; il lui dit quelque chose comme ‘fais confiance à Dieu, ta dynastie ne peut pas s’éteindre, puisque Dieu l’a promis’ ; et donc le conseil d’Isaïe c’est ‘affronte tranquillement les menaces qui se présentent, mise sur ta foi et sur les ressources de ton peuple’. Et il ajoute : ‘la foi est votre survie ; si vous ne croyez pas, toi et ton peuple, vous ne subsisterez pas.’

Mais Achaz n’écoute plus ; lui, le dépositaire de la foi au Dieu unique, offre des sacrifices à toutes les idoles et il va même jusqu’à faire la chose la plus atroce, malheureusement courante à cette époque dans les autres peuples, mais que tous les prophètes ont toujours interdite : il a tué son fils unique pour l’offrir en sacrifice ; le deuxième livre des Rois dit : « il fit passer son fils par le feu » (2 R 16,3). Ce faisant, il tuait l’héritier du trône et ruinait l’espérance de la dynastie de David.

Sur le plan politique, Achaz ne voit qu’une issue : pour éviter la menace immédiate de ses deux voisins, les rois de Damas et de Samarie, il est décidé à demander l’appui de l’empereur assyrien ; Isaïe est très opposé à cette solution, car tout se paie ! Achaz, en demandant cet appui, en acceptant de devenir vassal de l’Assyrie, perd son indépendance politique et religieuse : c’est balayer d’un coup toute l’œuvre de libération entreprise depuis Moïse. 

Et c’est là qu’Isaïe prononce les paroles que nous avons entendues aujourd’hui : il dit à Achaz ‘puisque tu as du mal à croire, demande à Dieu un signe ; tu peux le demander au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut’. C’est une manière imagée de dire que Dieu règne partout.

Mais Achaz lui fait une réponse abominablement hypocrite : lui qui a déjà pris sa décision, tout-à-fait contraire aux conseils du prophète, et pire, lui qui, dans sa panique, a sacrifié son fils unique, sur qui reposait la promesse de Dieu, il dit : ‘Oh non ! Loin de moi l’idée d’oser exiger quelque chose de Dieu !’ :

« Non je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le SEIGNEUR à l’épreuve. »

LA FIDÉLITÉ DE DIEU FACE À L’INFIDÉLITÉ DES HOMMES

C’est là qu’Isaïe, qui n’est pas dupe, lui dit « il ne vous suffit pas de fatiguer les hommes, il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu » et intentionnellement, il dit « mon Dieu » car il estime qu’Achaz se conduit comme s’il n’était plus dans l’Alliance.

Mais même devant ces infidélités répétées d’Achaz, Isaïe annonce que Dieu, lui, reste fidèle ; et Dieu va en donner la preuve : la reine est déjà enceinte. Il y aura donc un nouvel héritier du trône. Entre parenthèses, notre lecture dit « la vierge est enceinte ». Mais, dans le texte hébreu, la phrase d’Isaïe dit « la jeune femme » ce qui est une manière de dire « la reine ».*

Cette annonce dit donc plus qu’un heureux événement : plus que d’un berceau, elle parle de pardon. Car, en sacrifiant son fils, le dauphin, à une divinité païenne, le dieu Moloch, sous prétexte que l’ennemi était aux portes de la ville sainte, le jeune roi Achaz vient de commettre l’irréparable. C’est évidemment un grave manque de confiance en Dieu, mais c’est aussi un sabotage caractérisé de l’avenir de la dynastie. Car Dieu avait promis à David une royauté perpétuelle sur le trône de Jérusalem. Après le crime du roi, que restait-il de cette promesse ? Mais c’est compter sans la fidélité de Dieu ! Isaïe vient donner la preuve de la fidélité de Dieu au-delà de toutes nos défaillances.

Et l’enfant qui va naître s’appellera justement « Dieu est avec nous ». Car ni les ennemis qui veulent détrôner Achaz, ni lui-même qui immole son fils n’empêcheront la fidélité promise par Dieu à la descendance de David et à son peuple.


Note.

1 – « Voici que la vierge est enceinte » : le texte hébreu du livre d’Isaïe emploie ici un mot qui ne signifie pas « la jeune fille vierge », mais une jeune femme mariée, ici, très certainement l’épouse du roi. C’est la traduction grecque qui a transformé le mot » femme » en « vierge » ; et l’évangile de Matthieu a repris le mot « vierge ».

« Dès le 2e s av. J.-C., et peut-être déjà avant, une partie de la tradition juive a vu dans cette naissance exceptionnelle, encore attendue, la naissance virginale du messie. À la suite de Mt 1, 23, la tradition chrétienne ancienne a appliqué cet oracle à Marie. » (note de la TOB sur Is 7, 14).

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion du 4e dimanche de l’Avent, année A.

Ce jour-là, le passage lu (Is 7, 10-16) est le même que celui d’aujourd’hui, mais complété avec la fin du verset 14, les versets 15 et 16, et amputé du verset 8, 10.

14 C’est pourquoi le Seigneur lui-même
    vous donnera un signe :
    Voici que la vierge est enceinte,
    elle enfantera un fils,
    qu’elle appellera Emmanuel
    (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
15 De crème et de miel il se nourrira,
    jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
16 Avant que cet enfant sache rejeter le mal
    et choisir le bien,
    la terre dont les deux rois te font trembler
    sera laissée à l’abandon. »
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LA PANIQUE EST MAUVAISE CONSEILLÈRE

Sans le savoir, nous venons d’assister à l’une des pages les plus dramatiques de l’histoire du peuple d’Israël ; nous sommes vers 735 avant J.-C. : l’ancien royaume de David est divisé en deux petits royaumes, depuis environ deux cents ans ; deux rois, deux capitales : Samarie au Nord, Jérusalem au Sud ; c’est là, à Jérusalem, que règne la dynastie de David, celle dont naîtra le Messie ; pour l’instant, il est clair que le Messie n’est pas encore né ! Un jeune roi de 20 ans, Achaz, vient de monter sur le trône de Jérusalem, et dès le dernier son des trompettes du couronnement, il doit prendre des décisions très difficiles.

La Bible n’est pas un livre d’histoire, nous le savons bien ; et si les paroles du prophète Isaïe nous ont été conservées et transmises, c’est parce que la question qui se pose à Achaz est d’abord une question de foi. Pour prendre des décisions valables, il doit s’appuyer sur sa foi, c’est-à-dire ne compter que sur Dieu seul : Dieu a promis que la dynastie de David ne s’éteindrait pas ; il a promis, il tiendra ses promesses. Il n’abandonnera pas son peuple. C’est la conviction d’Isaïe.

Mais il est vrai que pour le jeune roi la responsabilité est très lourde ; la situation politique est inquiétante, le petit royaume de Jérusalem est pris en étau entre deux camps rivaux : le premier camp, c’est la puissance montante au Proche-Orient, l’empire Assyrien, dont la capitale est Ninive (actuellement, les ruines de Ninive sont tout près de Mossoul) ; il menace toute la région, et ses campagnes l’ont déjà mené jusqu’à Damas, en  Syrie, et en Samarie ; en 738, le roi de Damas et le roi de Samarie, vaincus, ont été obligés de capituler et de payer tribut.

L’autre camp, ce sont précisément ces deux petits royaumes de Syrie et de Samarie qui se révoltent contre Ninive et font le siège de Jérusalem pour détrôner Achaz et le remplacer par un autre roi qui acceptera d’être leur allié dans la guerre d’indépendance contre Ninive.

Achaz est pris de panique ; les versets précédents racontent que « le cœur du roi et le cœur de son peuple furent secoués comme les arbres de la forêt sont secoués par le vent » (Is 7,2). Isaïe commence par l’inviter au calme et à la confiance ; il lui dit quelque chose comme « fais confiance à Dieu, ta dynastie ne peut pas s’éteindre, puisque Dieu l’a promis » ; et donc le conseil d’Isaïe c’est « affronte tranquillement les menaces qui se présentent, mise sur ta foi et sur les ressources de ton peuple ». Et il ajoute : « la foi est votre survie ; si vous ne croyez pas, toi et ton peuple, vous ne subsisterez pas. »

Mais Achaz n’écoute plus ; lui, le dépositaire de la foi au Dieu unique, offre des sacrifices à toutes les idoles et il va même jusqu’à faire la chose la plus atroce, malheureusement courante à cette époque dans les autres peuples, mais que tous les prophètes ont toujours interdite : il a tué son fils unique pour l’offrir en sacrifice ; le deuxième livre des Rois dit « il fit passer son fils par le feu » (2 R 16,3).

Finalement Achaz ne voit qu’une issue : pour éviter la menace immédiate de ses deux voisins, les rois de Damas et de Samarie, il est décidé à demander l’appui de l’empereur assyrien ; Isaïe est très opposé à cette solution, car tout se paie ! Achaz, en demandant cet appui, perd son indépendance politique et religieuse : c’est balayer d’un coup toute l’œuvre de libération entreprise depuis Moïse.

LA FIDÉLITÉ DE DIEU MALGRÉ L’INFIDÉLITÉ DES HOMMES

Et c’est là qu’Isaïe prononce les paroles que nous avons entendues aujourd’hui : comme on le voit, avant d’être adressées à nos oreilles de chrétiens, avec une signification pour nous, elles ont d’abord été prononcées dans une situation particulière très concrète. Il dit à Achaz (sous-entendu puisque tu as du mal à croire) « Demande pour toi un signe de la part du SEIGNEUR ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. » (puisque Dieu règne partout).

Achaz lui fait une réponse abominablement hypocrite : lui qui a déjà pris sa décision, tout-à-fait contraire aux conseils du prophète, et pire, lui qui, dans sa panique, a sacrifié son fils unique, sur qui reposait la promesse de Dieu, il dit en substance : « Oh non ! Loin de moi l’idée d’oser exiger quelque chose de Dieu ! » C’est là qu’Isaïe, qui n’est pas dupe, lui dit « il ne vous suffit pas de fatiguer les hommes, il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu » et intentionnellement, il dit « mon Dieu » car il estime qu’Achaz se conduit comme s’il n’était plus dans l’Alliance.

Mais même devant ces infidélités répétées d’Achaz, Isaïe annonce que Dieu, lui, reste fidèle ; et Dieu va en donner la preuve : la « jeune femme » 1 (c’est-à-dire la jeune reine) est enceinte ; et l’enfant qu’elle va donner au roi s’appellera justement « Dieu est avec nous ». Car ni les ennemis qui veulent détrôner Achaz, ni lui-même qui immole son fils n’empêcheront la fidélité promise par Dieu à la descendance de David et à son peuple.

Enfin les promesses concernent cet enfant-roi : « Il saura rejeter le mal et choisir le bien… » (ce qui veut dire : il recevra à son tour l’esprit du Seigneur pour être capable de rejeter le mal et de choisir le bien). Et la dernière promesse, c’est « Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, (c’est-à-dire avant même que cet enfant ait grandi), la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon ». Traduisez : quant à la menace des deux rois de Damas et de Samarie, elle sera vite oubliée puisque d’ici peu on ne parlera même plus d’eux. Effectivement, très peu de temps après les paroles d’Isaïe, les deux royaumes de Syrie et de Samarie ont été complètement écrasés par l’empire assyrien, leurs richesses emmenées à Ninive et leurs populations déplacées.

Il reste que les hommes et les rois demeurent libres ; et le jeune roi annoncé ici, le petit Ézéchias, commettra des erreurs à son tour ; mais la prophétie d’Isaïe restera toujours valable : quelles que soient les infidélités des hommes, rien n’empêchera la fidélité promise par Dieu à la descendance de David et à son peuple. C’est ainsi que, de siècle en siècle, on gardera au cœur les promesses de Dieu, avec la certitude qu’un jour, peut-être lointain, viendra enfin un roi digne de porter le nom d’Emmanuel.

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Note

1 – « Voici que la vierge est enceinte » : le texte hébreu du livre d’Isaïe emploie ici un mot qui ne signifie pas « la jeune fille vierge », mais une jeune femme mariée, ici, très certainement l’épouse du roi. C’est la traduction grecque qui a transformé le mot » femme » en « vierge » ; et l’évangile de Matthieu a repris le mot « vierge ».

Complément

Premier étonnement : en quoi une naissance d’un bébé au palais royal mérite-t-elle une annonce aussi solennelle ? En réalité cette annonce dit plus qu’un heureux événement : plus que d’un berceau, elle parle de pardon. Car, en sacrifiant son fils, le dauphin, à une divinité païenne, le dieu Moloch, sous prétexte que l’ennemi était aux portes de la ville sainte, le jeune roi Achaz vient de commettre l’irréparable. C’est évidemment un grave manque de confiance en Dieu, mais c’est aussi un sabotage caractérisé de l’avenir de la dynastie. Car Dieu avait promis à David une royauté perpétuelle sur le trône de Jérusalem. Après le crime du roi, que restait-il de cette promesse ? Mais c’est compter sans la fidélité de Dieu !

Psaume

PSAUME 39 (40), 7-8a, 8b-9, 10,11

R/ Me voici, Seigneur,
je viens faire ta volonté.
(cf. Ps 39, 8a.9a)

7    Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
      tu as ouvert mes oreilles ;
      tu ne demandais ni holocauste ni victime,
8    alors j’ai dit : « Voici, je viens.

      « Dans le livre, est écrit pour moi
9    ce que tu veux que je fasse. 
      Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
      ta loi me tient aux entrailles. »

10  J’annonce la justice
      dans la grande assemblée ; 
      vois, je ne retiens pas mes lèvres,
      SEIGNEUR, tu le sais.

11  Je n’ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur, 
      je n’ai pas caché ta fidélité, ton salut ;
      j’ai dit ton amour et ta vérité
      à la grande assemblée.

Psaume extraits des « Psaumes des dimanches et fêtes de l’année A, musique de Barbara Delattre », chantés par Sœur Agathe et le chœur ADF. Merci et bravo à toutes ces personnes !

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« DIS-MOI TES SACRIFICES, JE TE DIRAI QUEL EST TON DIEU »

Il fut un temps en Israël où l’on croyait faire plaisir à Dieu en faisant des sacrifices d’animaux. On égorgeait un animal, le plus beau possible, et on le faisait brûler sur un bûcher. On pensait que la fumée qui s’en dégageait montait jusqu’à Dieu et lui procurait du contentement. Parfois, on mangeait une partie de l’animal et on pensait entrer en communion avec Dieu.

Le psaume 39/40, lui, traduit une pensée religieuse complètement différente : parce que la prédication, je devrais dire la pédagogie des prophètes est passée par là. Sur ce point-là, comme sur tous les aspects de la religion d’Israël, toute la Bible est l’histoire d’un long apprentissage et, avec ce psaume 39/40, nous sommes à la phase finale de cette lente transformation des relations entre Israël et son Dieu. Si l’on étudie un peu l’histoire des sacrifices en Israël, on voit qu’elle se développe en même temps que progresse la connaissance de Dieu. C’est logique : « sacrifier », (« sacrum facere » en latin) signifie « faire du sacré », entrer en contact ou mieux en communion avec Dieu. Tout dépend évidemment de l’idée qu’on se fait de Dieu. Donc au fur et à mesure qu’on découvre le vrai visage de Dieu, la pratique sacrificielle va changer. On assiste au long des siècles à une véritable transformation, on pourrait dire une conversion du sacrifice. Cette conversion va porter sur trois points :

Premier point, qui différencie Israël de tous les peuples voisins, et qui fait l’une des spécificités des sacrifices en Israël, c’est que, dès le début de l’histoire biblique, les sacrifices humains sont strictement interdits. Il y en a eu ; c’est vrai. Et même si il y en a eu peu, on ne peut pas nier qu’il y a eu des sacrifices humains en Israël. Cela ne prouve pas que cela était permis et approuvé ! Au contraire, c’est une constante dans la Bible : les sacrifices humains sont de tout temps considérés comme une horreur ; Jérémie dit de la part de Dieu : « Cela je ne l’ai jamais demandé et je n’ai jamais eu l’idée de faire commettre une telle horreur… » (Jr 32,35). Et le fameux récit du sacrifice d’Abraham, que les Juifs appellent « la ligature d’Isaac » est lu justement comme la preuve que, depuis le début de l’Alliance entre Dieu et ce peuple qu’il s’est choisi, les sacrifices humains sont strictement interdits. Abraham va découvrir que « sacrifier » (« faire sacré ») ne veut pas dire « tuer » ! Il a offert son fils, il ne l’a pas tué.

Si on y réfléchit, c’est tout ce qu’il y a de plus logique ! Dieu est le Dieu de la vie : impensable que pour nous rapprocher de Lui, il faille donner la mort ! Cette interdiction des sacrifices humains sera la première insistance de la religion de l’Alliance. On continuera à pratiquer seulement des sacrifices d’animaux.

 

« C’EST L’AMOUR QUE JE VEUX ET NON LES SACRIFICES »

Deuxième point, la conversion va porter sur le sens des sacrifices : dans la Bible, au fur et à mesure que l’on découvre Dieu, les sacrifices vont évoluer. En fait, on pourrait dire : ‘Dis-moi tes sacrifices, je te dirai quel est ton Dieu’. Notre Dieu est-il un Dieu qu’il faut apprivoiser ? Dont il faut obtenir les bonnes grâces ? Auprès duquel il faut acquérir des mérites ? Un Dieu courroucé qu’il faut apaiser ? Un Dieu qui exige des morts ? Alors nos sacrifices seront faits dans cet esprit là, ce seront des rites magiques pour acheter Dieu en quelque sorte. Ou bien notre Dieu est-il un Dieu qui nous aime le premier… un Dieu dont le dessein n’est que bienveillant… dont la grâce est acquise d’avance, parce qu’il n’est que Grâce… le Dieu de l’Amour et de la Vie. Et alors nos sacrifices seront tout autres. Ils seront des gestes d’amour et de reconnaissance. Les rites ne seront plus des gestes magiques mais des signes de l’Alliance conclue avec Dieu. Toute la Bible est l’histoire de ce lent apprentissage pour passer de la première image de Dieu à la seconde.

Troisième point, la conversion va aussi porter sur la matière des sacrifices : peu à peu on a découvert le véritable sacrifice que Dieu attend : accomplir des sacrifices au sens de « sacrum-facere » : « faire sacré », c’est tout à fait bien à condition de ne pas se tromper sur ce que Dieu attend de nous ! Tout se passe comme si les prophètes nous disaient : ‘Tu veux entrer en relation avec Dieu…? Fort bien ! … à condition de ne pas te tromper de Dieu !’

C’est peut-être une phrase du prophète Osée (au huitième siècle) qui résume le plus parfaitement cette prédication des prophètes : « Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. » (Os 6,6). On découvre peu à peu que le véritable « sacrifice », « faire sacré » consiste non plus à tuer mais à faire vivre. Dieu est le Dieu des vivants : donner la mort ne peut pas être la meilleure façon de nous rapprocher de Lui !  Faire vivre nos frères, voilà la seule manière de nous rapprocher de Lui. Et l’ultime étape de cette pédagogie des prophètes nous présentera l’idéal du sacrifice : c’est le service de nos frères.

Le psaume 39/40 résume donc admirablement la découverte biblique sur le Sacrifice : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles, tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. » sous-entendu pour me mettre à ton service et au service de mes frères.

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

2e lecture

« Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre » (He 10, 7).

Lecture de la lettre aux Hébreux (10, 4-10).

      Frères,
4    il est impossible que du sang de taureaux et de boucs
      enlève les péchés.
5    Aussi, en entrant dans le monde,
      le Christ dit :
      Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande,
      mais tu m’as formé un corps.
6    Tu n’as pas agréé les holocaustes
      ni les sacrifices pour le péché ;
7    alors, j’ai dit : Me voici,
      je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,
      ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.
8    Le Christ commence donc par dire :
      Tu n’as pas voulu ni agréé
      les sacrifices et les offrandes,
      les holocaustes et les sacrifices pour le péché,

      ceux que la Loi prescrit d’offrir.
9    Puis il déclare :
      Me voici, je suis venu pour faire ta volonté.
      Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.
10  Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés,
      par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps,
      une fois pour toutes.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« LA DISPONIBILITÉ VAUT MIEUX QUE TOUS LES SACRIFICES » 

Par deux fois, dans ces quelques lignes, nous avons entendu la même phrase : « Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté » ; elle est extraite du psaume 39/40. Quelques mots, d’abord, sur ce psaume : c’est un psaume d’action de grâces ; il commence par décrire le danger mortel auquel le peuple d’Israël a échappé : « D’un grand espoir j’espérais le SEIGNEUR : il s’est penché vers moi pour entendre mon cri. Il m’a tiré de l’horreur du gouffre, de la vase et de la boue ; il m’a fait reprendre pied sur le roc, il a raffermi mes pas. » Ce dont il est question ici, c’est la sortie d’Égypte ! Et c’est pour cette libération qu’on rend grâce. Le psaume continue : « Dans ma bouche, il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu. » Et un peu plus loin : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. »

Traduisez : la meilleure manière de rendre grâce à Dieu, ce n’est pas de lui offrir des sacrifices, c’est de nous rendre disponibles pour faire sa volonté.

Car, en définitive, ce « me voici », c’est la seule réponse que Dieu attend du cœur de l’homme ; c’est le fameux « me voici » des grands serviteurs de Dieu ; c’est celui d’Abraham, pour commencer, au moment du sacrifice d’Isaac ; entendant la voix de Dieu qui l’appelait, il a répondu simplement « me voici » ; et cette disponibilité du patriarche a toujours été donnée en exemple aux fils d’Israël : l’épisode que nous appelons le « sacrifice d’Isaac » (Gn 22) est considéré comme un modèle alors qu’on sait bien qu’Isaac n’a pas été immolé ; preuve qu’on a compris depuis longtemps que la disponibilité vaut mieux que tous les sacrifices.

LA DISPONIBILITÉ DES SERVITEURS DE DIEU

Un autre célèbre « me voici », ce fut celui de Moïse au buisson ardent ; et cette disponibilité a suffi à Dieu pour faire de ce berger qui se disait bègue le grand chef de peuple qu’il est devenu.

Quelques siècles plus tard, au temps des Juges, un autre « Me voici » fut celui du petit Samuel, celui qui devait devenir un grand prophète du peuple d’Israël. Rappelez-vous le récit de sa vocation : il avait été consacré par ses parents au service de Dieu dans le sanctuaire de Silo auprès du prêtre Éli, et il habitait avec le vieux prêtre. Une nuit, il avait entendu à plusieurs reprises une voix qui l’appelait ; ce ne pouvait être que le prêtre, bien sûr ; et par trois fois, l’enfant s’était levé précipitamment pour répondre au prêtre « tu m’as appelé, me voici ». Et celui-ci, chaque fois, répondait « mais non, je ne t’ai pas appelé ». À la troisième fois, le prêtre avait compris que l’enfant ne rêvait pas et lui avait donné ce conseil : « S’il t’appelle, tu diras : Parle SEIGNEUR, ton serviteur écoute. » (1 S 3, 1-9).

Et Samuel est resté dans la mémoire d’Israël comme un modèle de disponibilité à la volonté de Dieu. C’est lui qui, quelques années après cette nuit mémorable, devenu adulte, a osé dire au premier roi d’Israël (Saül) cette phrase superbe : « Le SEIGNEUR aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à sa parole ? Oui, l’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité vaut mieux que la graisse des béliers. » (1 S 15, 22). L’idéal de Samuel c’était tout simplement d’être un humble serviteur de Dieu, ce qu’il fut pendant de nombreuses années.

Et vous savez bien que le titre de « serviteur » de Dieu est le plus beau compliment que l’on puisse faire à un croyant dans la Bible. Au point que, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, dans les pays de langue grecque, on aimait donner à son enfant le prénom de « Christodule » (christodoulos) qui veut dire « serviteur du Christ » !

LA VIE TOUT ENTIÈRE DU CHRIST AU SERVICE DES HOMMES

L’auteur de la Lettre aux Hébreux reprend donc le texte du psaume 39/40 et il sait bien qu’il parle au nom du peuple tout entier ; mais il l’applique à Jésus-Christ, car personne mieux que lui ne peut dire en toute vérité : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. »  Notons bien que la disponibilité du Christ à la volonté du Père ne commence pas au soir du Jeudi saint. Ce n’est donc pas seulement la mort du Christ qui est la matière de son offrande, mais sa vie tout entière, l’amour donné à tous au jour le jour, depuis le début de sa vie : « En entrant dans le monde, le Christ dit… tu m’as formé un corps… me voici. » Désormais, bien sûr, le Corps du Christ, que nous sommes, n’a rien d’autre à faire que de continuer chaque jour à dire « me voici »… (et à agir en conséquence évidemment).

On comprend sans peine pourquoi ce texte nous est proposé à l’occasion de la fête de l’Annonciation, qui nous fera entendre le « oui » de Marie.

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

Évangile.

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 31).

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
(Au Temps pascal : Alléluia. Alléluia.)

Le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous
et nous avons vu sa gloire (Jn 1, 14ab).
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38).

      En ce temps-là,
26  L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
      dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
27  à une jeune fille vierge,
      accordée en mariage à un homme de la maison de David,
      appelé Joseph ;
      et le nom de la jeune fille était Marie.
28  L’ange entra chez elle et dit :
      « Je te salue, Comblée-de-grâce,
      le Seigneur est avec toi. »
29  À cette parole, elle fut toute bouleversée,
      et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
30  L’ange lui dit alors :
      « Sois sans crainte, Marie,
      car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
31  Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
      tu lui donneras le nom de Jésus.
32  Il sera grand,
      il sera appelé Fils du Très-Haut ;
      le Seigneur Dieu
      lui donnera le trône de David son père ;
33  il règnera pour toujours sur la maison de Jacob,
      et son règne n’aura pas de fin. »
34  Marie dit à l’ange :
      « Comment cela va-t-il se faire,
      puisque je ne connais pas d’homme ? »
35  L’ange lui répondit :
      « L’Esprit Saint viendra sur toi,
      et la puissance du Très-haut
      te prendra sous son ombre ;
      c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
      il sera appelé Fils de Dieu.
36  Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
      a conçu, elle aussi, un fils
      et en est à son sixième mois,
      alors qu’on l’appelait la femme stérile.
37  Car rien n’est impossible à Dieu. »
38  Marie dit alors :
      « Voici la servante du Seigneur ;
      que tout m’advienne selon ta parole. »
      Alors l’ange la quitta.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

Chaque année, pour le dimanche des Rameaux, nous lisons le récit de la Passion dans l’un des trois évangiles synoptiques ; cette année, c’est donc dans l’évangile de Matthieu. Je vous propose de nous arrêter aux épisodes qui sont propres à Matthieu ; bien sûr, dans les grandes lignes, les quatre récits de la Passion sont très semblables ; mais si on regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que chacun des évangélistes a ses accents propres.

PASSAGES PROPRES À MATTHIEU

Voici donc quelques épisodes et quelques phrases que Matthieu est seul à rapporter.

Tout d’abord, on se souvient que c’est à prix d’argent que Judas a livré Jésus aux grands prêtres juifs. Matthieu est le seul à dire la somme exacte, trente pièces d’argent : ce détail n’est pas anodin, car c’était le prix fixé par la Loi pour l’achat d’un esclave. Cela veut dire le mépris que les hommes ont manifesté envers le Seigneur de l’univers.

Plus tard, le même Judas fut pris de remords* : « Alors, en voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ; il rendit les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens. Il leur dit : « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde ! » Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. » Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour y enterrer les étrangers. Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour le Champ-du-Sang. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Ils ramassèrent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. » (Mt 27,3-10).

Au cours de la comparution de Jésus chez Pilate, Matthieu est le seul à rapporter l’intervention de la femme de Pilate : Tandis qu’il (Pilate) siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » (Mt 27,19).

Et il est clair que le procès de Jésus mettait Pilate mal à l’aise. Un peu plus tard, Matthieu encore, raconte l’épisode du lavement des mains : « Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié. » (Mt 27, 24-26).

Au moment de la mort de Jésus, les trois évangélistes synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) racontent que le rideau du temple s’est déchiré du haut en bas, mais Matthieu, seul, ajoute : « la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. » (Mt 27, 51-53).

Enfin, Matthieu a noté le soin tout spécial que les autorités ont apporté à la garde du tombeau de Jésus : ils sont allés trouver Pilate pour obtenir l’autorisation de surveiller le sépulcre dans la crainte que les disciples ne viennent subtiliser le corps de Jésus pour faire croire qu’il était ressuscité. Et c’est exactement la légende qu’ils ont fait courir après la résurrection.

LA VRAIE GRANDEUR DE JÉSUS RECONNUE PAR DES PAÏENS

Ce qui est notable ici, en définitive, c’est l’aveuglement des autorités religieuses, qui les pousse à l’acharnement contre Jésus.

Et c’est le terrible paradoxe de ce drame : à savoir que, en dehors de sa famille, et de ses quelques disciples, ceux qui auraient dû être les plus proches de Jésus, les Juifs en général, l’ont méconnu, méprisé, humilié. Et que, en revanche, ce sont les autres, les païens, qui, sans le savoir, lui ont donné ses véritables titres de noblesse. Car l’une des caractéristiques de ce texte est bien l’abondance des titres donnés à Jésus dans le récit de la Passion, qui représente quelques heures, ses dernières heures de vie terrestre. Cet homme anéanti, blessé dans son corps et dans sa dignité, honni, accusé de blasphème, ce qui est le pire des péchés pour ses compatriotes… est en même temps honoré bien involontairement par des étrangers qui lui décernent les plus hauts titres de la religion juive. À commencer par le titre de « Juste » que lui a donné la femme de Pilate. Et, quant à celui-ci, il a fait afficher sur la croix le fameux écriteau qui désigne Jésus comme « le roi des Juifs ».

Enfin, le titre de Fils de Dieu lui est d’abord décerné par pure dérision, pour l’humilier : en commençant par les passants qui font cruellement remarquer à l’agonisant le contraste entre la grandeur du titre et son impuissance définitive ; puis ce sont les chefs des prêtres, les scribes et les anciens qui le défient : si réellement il était le Fils de Dieu, il n’en serait pas là. Mais ce même titre va lui être finalement décerné par le centurion romain : et alors il résonne comme une véritable profession de foi : « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu ».

Or cette phrase préfigure déjà la conversion des païens, ce qui revient à dire que la mort du Christ n’est pas un échec, elle est une victoire. Le projet de salut de l’humanité tout entière est en train de se réaliser.

Alors on comprend pourquoi Matthieu accentue le contraste entre la faiblesse du condamné et la grandeur que certains païens lui reconnaissent quand même : c’est pour nous faire comprendre ce qui est à première vue impensable : à savoir que c’est dans sa faiblesse même que Jésus manifeste sa vraie grandeur, qui est celle de Dieu, c’est-à-dire de l’amour infini.

—————————————————————————————————————————————

Note

*À propos du remords et du suicide de Judas, certains commentateurs supposent qu’il avait compris que Jésus était le Messie, et qu’en provoquant son procès, il aurait cherché à faire éclater cette vérité : Dieu ne manquerait pas de faire un miracle. Cette hypothèse est intéressante, mais impossible à vérifier.

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.

Homélie pour la solennité de l’Annonciation, à Saint-Jodard, par frère François-Marie, des Frères de Saint-Jean, le 25 mars 2021.

 

Évangile-et-Parole-du-Jour – Cathogald.
Commentaire de l’évangile du jour par l’Abbé Henri Vallançon de l’Abbaye de la Lucerne.

Homélie de  ,  pour le Jour-du-Seigneur.

Homélie du père Gilles.

Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? »

Homélie de Mgr Michel Aupetit.

Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, le 29 mars 2026, dans l’église de Cancale.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, le 26 mars 2023, dans l’église de Cancale.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, le 22 mars 2020, dans l’église de .

Homélie du frère Thibaut du Pontavice  à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes du dimanche 2 avril 2017.

Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes)

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, le 22 mars 2026.

Homélie du père Achille José Bessala Nkomo FM, pour Magnificat-TV.

Homélie de « Vie Nouvelle en Jésus-Christ« .

Commentaires de padre Joseph.

Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.

Regards-Protestants, le 21 décembre 2020.

Le récit de l’Annonciation à Marie est un des plus connus de l’évangile à cause de ses représentations picturales. Il fonde l’Évangile en annonçant un Dieu qui quitte son ciel pour venir habiter au milieu des humains. Allez directement aux chapitres :
00:07
Lecture de Luc 1, 26-38
02:11
Introduction
02:35
Points d’exégèse
05:47
Actualisation
08:59
Illustration

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp (pour cela, cliquer sur ce lien
https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2).
– – – –

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de l’Annonciation et l’évangile (Lc 1, 26-38) nous présente l’ange Gabriel.

Son prénom signifie « force de Dieu » et il est envoyé pour une mission impossible : convaincre Marie d’avoir un fils d’un autre que Joseph son fiancé, avec qui elle est déjà engagée !

Marie doit dire non, car accepter et être enceinte d’un autre, c’est commettre un adultère qui est puni par la lapidation dans la loi juive !

Sans le témoignage que Dieu est le maître de l’impossible, Marie risque de dire non !

C’est grâce à l’évocation par l’ange du miracle d’Élisabeth, sa cousine, stérile, trop vieille pour enfanter et pourtant enceinte, grâce à cette prédication, que l’Esprit-Saint touche et convainc l’esprit de Marie : Dieu est le maître de l’impossible, ce qu’il a fait avec Élisabeth, il le fera avec Marie !

Seigneur, offre-moi aujourd’hui une annonciation, un ange qui vient parler à ma vie, offre-moi le témoignage d’Élisabeth, une parole qui me montre ta puissance, pour que je puisse m’appuyer sur toi et te faire confiance !

Voici, pour clore cette méditation, le chant de l’Annonciation que je vous invite à écouter et partager, ainsi qu’une représentation de James Tissot de L’Annonciation (mise à la une du présent article).

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

Commentaires vidéo complets (4 lectures) de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

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