Lectures du jeudi de la 5e semaine de Carême, année paire. 26 03 2026

Lectures du jeudi de la 5e semaine de Carême, année paire. 26 03 2026

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« Les Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus« , par James Tissot (1836–1902).
Brooklyn Museum – Aquarelle, gouache sur graphite sur papier vélin gris.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Tu deviendras le père d’une multitude de nations » (Gn 17, 4).

Lecture du livre de la Genèse (17, 3-9).

En ces jours-là,
3  Abram tomba face contre terre
et Dieu lui parla ainsi :
4  « Moi, voici l’alliance que je fais avec toi :
tu deviendras le père d’une multitude de nations.
5  Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram,
ton nom sera Abraham,
car je fais de toi le père d’une multitude de nations.
6  Je te ferai porter des fruits à l’infini,
de toi je ferai des nations,
et des rois sortiront de toi.
7  J’établirai mon alliance entre moi et toi,
et après toi avec ta descendance,
de génération en génération ;
ce sera une alliance éternelle ;
ainsi je serai ton Dieu
et le Dieu de ta descendance après toi.
8  À toi et à ta descendance après toi
je donnerai le pays où tu résides,
tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle,
et je serai leur Dieu. »
9  Dieu dit à Abraham :
« Toi, tu observeras mon alliance,
toi et ta descendance après toi,
de génération en génération. »

Commentaire de Gemini (IA).

Ce texte prépare à la fête de Pâques en soulignant l’alliance éternelle que Dieu a conclue avec Abraham, dont les chrétiens se considèrent les héritiers spirituels.

Psaume

Psaume 104 (105), 4-5, 6-7, 8-9

R/ Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance. (104, 8a)

4 Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face ;
5 souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça.

6 Vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
7 Le Seigneur, c’est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l’univers.

8 Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
9 promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.

Commentaires de Thierry Jallas.

Ce psaume célèbre l’alliance avec Abraham, objet de la première lecture. Ceci illustre pourquoi le psaume, à la messe, est appelé psaume « responsorial ».

Évangile

« Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour » (Jn 8, 56).

Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.
(cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8, 51-59).

En ce temps-là,
Jésus disait aux Juifs :
51  « Amen, amen, je vous le dis :
si quelqu’un garde ma parole,
jamais il ne verra la mort. »
52  Les Juifs lui dirent :
« Maintenant nous savons bien que tu as un démon.
Abraham est mort, les prophètes aussi,
et toi, tu dis :
“Si quelqu’un garde ma parole,
il ne connaîtra jamais la mort.”
53  Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ?
Il est mort, et les prophètes aussi sont morts.
Pour qui te prends-tu ? »
54  Jésus répondit :
« Si je me glorifie moi-même,
ma gloire n’est rien ;
c’est mon Père qui me glorifie,
lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
55  alors que vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais
et, si je dis que je ne le connais pas,
je serai comme vous, un menteur.
Mais je le connais,
et sa parole, je la garde.
56  Abraham votre père a exulté,
sachant qu’il verrait mon Jour.
Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
57  Les Juifs lui dirent alors :
« Toi qui n’as pas encore cinquante ans,
tu as vu Abraham ! »
58  Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
avant qu’Abraham fût,
moi, JE SUIS. »
59  Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter.
Mais Jésus, en se cachant,
sortit du Temple.

Parcours de Carême : « Je suis celui qui est« . Méditation de l’abbé Mario Saint-Pierre, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo Bessala FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Sylvestre Beladjolo, FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Aujourd’hui Seigneur, les Juifs te disent (Jn 8, 58-59) :
« Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Et tu leur réponds : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
          Alors ils ramassent des pierres pour te les jeter. Mais toi, en te cachant, tu sors du Temple.

Aujourd’hui, Seigneur, tu déclares aux juifs que tu es « Je suis », exactement ce que ton Père a dit à Moïse au milieu du buisson ardent (Exode 3, 14) : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. »

Et cette proclamation de ta divinité rend hystériques, hors d’eux-mêmes, fous de rage, les juifs qui t’entourent. Tu oses blasphémer, toi qui n’es qu’un simple mortel, un homme, tu oses dire que tu es « Je suis », la présence de Dieu, Dieu, lui-même.

Et ta réaction, Seigneur, face à cette menace de lapidation est éloquente : tu te caches et tu sors du Temple. Comme la présence de Dieu se cachait dans le buisson ardent qui brûlait sans se consumer, toi aussi tu te caches et tu sors du lieu saint, le Temple pour partager ta divinité hors les murs sacrés.
Tu te caches aujourd’hui à ceux qui te refusent, les sages, les religieux aux cœurs durs, pour te montrer à ceux du dehors qui te cherchent d’un cœur sincère et qui accueillent avec joie, le « Je suis » que tu es !

Je vous invite à clore cette méditation avec deux tableaux de Tissot (un seul est publié ici, mis à la une du présent article) et le chant qui déclare « Il est pour les petits, il est caché aux grands, ce royaume qui vient, est pour les cœurs d’enfant. »

Commentaires de Gemini (IA).

La liturgie opère une transition magnifique : elle quitte le ton de l’exhortation morale pour entrer dans le mystère pur de l’identité de Jésus.
​Voici un commentaire structuré pour aider à saisir la profondeur de ce « face-à-face » entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.

​1. La Première Lecture : Genèse 17, 3-9
​Dans ce passage, Dieu change le nom d’Abram en Abraham (« Père d’une multitude »).
​L’Alliance : Ce n’est pas un contrat fragile, mais une alliance perpétuelle.
​La Promesse : Elle repose sur la fécondité et la terre. Pour un homme âgé comme Abraham, c’est un acte de foi pure.
​Le lien avec aujourd’hui : Dieu pose les fondations. Il prépare le terrain pour celui qui viendra accomplir cette promesse des siècles plus tard.

​2. Le Psaume 104 (105) : La réponse de l’homme.
​Le psaume chante la fidélité de Dieu. Le refrain du jour, « Le Seigneur se souvient de son alliance pour toujours », agit comme un pont. Il nous rappelle que même si l’homme oublie, Dieu, lui, reste « visé » sur sa promesse. C’est un chant de sécurité spirituelle.

3. L’Évangile : Jean 8, 51-59 (Le choc des identités)*.
​C’est l’un des passages les plus denses et les plus dramatiques de saint Jean. Jésus est encerclé par des détracteurs qui ne comprennent pas son langage.

​A. La promesse de vie éternelle.
​Jésus commence par une affirmation choc : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » Pour ses interlocuteurs, c’est une folie ou un blasphème. Ils citent Abraham et les prophètes qui, eux, sont morts. Ils demandent : « Pour qui te prends-tu ? »
​B. Le dialogue sur Abraham.
​Les Juifs se réclament de leur ascendance génétique (« Notre père, c’est Abraham »). Jésus, lui, déplace le débat sur le plan spirituel. Il affirme qu’Abraham a tressailli de joie en voyant « son jour » (le jour du Messie). Cela suggère que Jésus préexiste à l’histoire humaine.

​C. Le point culminant : « JE SUIS ».
​C’est le sommet du chapitre. À la question ironique « Tu n’as pas encore cinquante ans et tu as vu Abraham ? », Jésus répond :
​« Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
​L’aspect grammatical : Jésus n’utilise pas le passé (« J’étais »), mais le présent éternel.
L’aspect théologique : En disant « JE SUIS » (Ego eimi), il s’approprie le Nom divin révélé à Moïse au buisson ardent (YHWH).
​La réaction : Les auditeurs comprennent parfaitement l’affirmation de divinité : ils ramassent des pierres pour le lapider. Le blasphème, pour eux, est insupportable.

​Pourquoi ces lectures aujourd’hui ?
​À dix jours de Pâques, l’Église veut nous montrer que Jésus n’est pas seulement un grand prophète ou un successeur d’Abraham. Il est la source même de la vie d’Abraham.
​Abraham a reçu la promesse.
​Le Psaume a chanté la promesse.
​Jésus EST la promesse accomplie.
​C’est une invitation à passer d’une foi « historique » (croire en des événements passés) à une foi « existentielle » (reconnaître que celui qui parle est le Dieu vivant, ici et maintenant).

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Je vois dans l’évangile d’aujourd’hui un nouvel exemple du cercle infernal auquel conduit le manque de liberté intérieure. Il me semble que les Juifs sont enfermés dans leurs certitudes, leurs jugements sur Jésus, ce qui les conduit à vouloir contraindre celui-ci, à le lapider !

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