Lectures du vendredi de la 5e semaine de Carême, année paire. 27 03 2026

Lectures du vendredi de la 5e semaine de Carême, année paire. 27 03 2026

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« Le prophète Jérémie« , scène du plafond de la chapelle Sixtine, peinte entre 1508 et 1512 par Michel-Ange Buronarroti (1475–1564).
Domaine public, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable » (Jr 20, 11).

Lecture du livre du prophète Jérémie (20, 10-13).

     Moi Jérémie,
10 j’entends les calomnies de la foule :
     « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
     celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
     Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
     « Peut-être se laissera-t-il séduire…
     Nous réussirons,
     et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
11 Mais le SEIGNEUR est avec moi, tel un guerrier redoutable :
     mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
     Leur défaite les couvrira de honte,
     d’une confusion éternelle, inoubliable.
12 SEIGNEUR de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
     toi qui vois les reins et les cœurs,
     fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
     car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
13 Chantez le SEIGNEUR, louez le SEIGNEUR :
     il a délivré le malheureux de la main des méchants.

Commentaire de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 12e dimanche du temps ordinaire, année A.

Ce jour-là, le passage lu correspond exactement à celui d’aujourd’hui.

* * * * *

LES CONFIDENCES DE JÉRÉMIE 

Ce passage fait partie de ce qu’on appelle les « Confessions de Jérémie », on pourrait dire les « Confidences de Jérémie » ; là il dévoile le plus intime de lui-même : et les quelques lignes d’aujourd’hui nous résument bien ses sentiments ; sa vie est un continuel paradoxe : ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance… est aussi la source de toutes ses souffrances ; c’est la Parole de Dieu. Elle n’est pas nommée ici mais elle est sous-entendue. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu « à temps et à contre-temps » (comme dit saint Paul) qu’il est persécuté ; mais c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer.

On dit souvent que « Nul n’est prophète en son pays », cela s’applique parfaitement à Jérémie. Il a été un très grand prophète mais c’est seulement après sa mort qu’on s’en est aperçu. De son vivant, sa parole était trop dérangeante. Il précise lui-même très exactement la date de sa prédication : « De la treizième année du règne de Josias jusqu’à la déportation de Jérusalem », ce qui veut dire de 627 à 587 avant J.-C. Quarante années, au cours desquelles il a vu se succéder plusieurs rois à Jérusalem : mais bien peu l’ont écouté. 

Que lui reprochait-on ? Simplement d’avoir le courage de dire la vérité. Et la vérité n’était pas brillante : du haut en bas de l’échelle sociale, les infidélités à l’Alliance se multipliaient dans tous les domaines. Voici un exemple de sa prédication :

« Ils sont tous adultères, une bande de traîtres (9, 1) … « Du plus petit jusqu’au plus grand, ils sont tous assoiffés de profits ; du prophète jusqu’au prêtre, ils s’adonnent tous au mensonge. » (8,10). Traduisez : la corruption et l’amour de l’argent ont gangrené toute la société ; la religion n’est plus que de façade.

Comme on peut s’y attendre, ce genre de rappels à l’ordre n’est pas du goût de tout le monde. D’autant plus qu’il sait être cinglant : « Un Éthiopien peut-il changer de peau, une panthère, changer de pelage ? Et vous pourriez faire le bien, vous, les habitués du mal ? » (Jr 13, 23). Où l’on voit qu’il a le sens des formules. Il passe donc une bonne partie de sa vie à hurler, provoquer, injurier. Il fait aussi quelquefois des choses étranges pour alerter le roi, la cour, les prêtres, tous les responsables qui entraînent le peuple vers sa ruine.

 

LE COURAGE DE LA VÉRITÉ

Sur le plan politique, il essaie d’ouvrir les yeux de ses compatriotes et ose prédire ce qui est l’évidence, à savoir que Nabuchodonosor ne fera bientôt qu’une bouchée de la ville de Jérusalem. Et, pour se faire comprendre, il accomplit un geste spectaculaire : il casse en public une cruche toute neuve sortant de la main du potier pour annoncer le sort qui attend Jérusalem : elle va être réduite en miettes (Jr 19, 1-11).

Mais, au lieu de l’écouter, on l’accuse de complot avec l’ennemi : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, on le sait bien.

En lisant le livre de Jérémie, on pense inévitablement à cette phrase du psaume 68/69 : « Le zèle de ta maison me dévorera » (que saint Jean a citée bien plus tard à propos de Jésus) ; elle résume tout-à-fait bien la vie de Jérémie ; mais rien ni personne n’a pu le détourner de sa mission. On peut se demander quel fut son secret : la conscience d’être en mission, tout simplement. Et les croyants savent que Dieu leur donnera toujours les forces nécessaires à l’accomplissement de celle qui est la leur. Il suffit d’aller à la source.

Le deuxième secret est là : Jérémie se savait trop petit pour la tâche, et ne cherchait donc pas ses forces en lui-même, mais en Dieu.

« Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » disait Paul (2 Co 12, 10) : c’est-à-dire « lorsque j’expérimente et reconnais ma propre faiblesse, je vais chercher la force où elle se trouve, c’est-à-dire en Dieu ». De fait, Jérémie a expérimenté la présence de Dieu au cœur de toutes ses épreuves : « Je suis avec toi pour te délivrer », lui avait-il promis, au jour de sa vocation (Jr 1,19).

Reste cette prière étonnante du prophète : « SEIGNEUR, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. » Cela m’inspire trois remarques : premièrement, le désir de revanche est bien humain et le prophète reste un homme comme les autres ; sa mission particulière ne le rend pas insensible ou surhumain. Deuxièmement, il ne cherche pas à prendre sa revanche lui-même, il s’en décharge sur Dieu ; c’est déjà un progrès par rapport à la vengeance directe. L’idéal du pardon de toutes les offenses sans condition n’est apparu que plus tard en Israël, dans la prédication du deuxième Isaïe. Troisièmement, au-delà d’une revanche personnelle, ce qu’il appelle de tous ses vœux, c’est le triomphe de la vérité. Comme tout vrai prophète, il sait déjà que l’amour de Dieu sera plus fort que tout, et parviendra un jour à supprimer tout mal de la terre. C’est cela qu’il appelle la « revanche » de Dieu, le triomphe éternel de Dieu sur les forces du mal.

Psaume

Psaume 17 (18), 2-3, 4, 5-6, 7

R/ Dans mon angoisse, j’appelai le Seigneur ;
il entend ma voix.
(cf. 17, 7)

2 Je t’aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
3 Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

4 Louange à Dieu !
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.

5 Les liens de la mort m’entouraient,
le torrent fatal m’emportait ;
6 des liens infernaux m’étreignaient :
j’étais pris aux pièges de la mort.

7 Dans mon angoisse, j’appelai le Seigneur ;
vers mon Dieu, je lançai un cri ;
de son temple il entend ma voix :
mon cri parvient à ses oreilles.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 30e dimanche ordinaire, année A.

Ce psaume jour-là, le passage lu (Ps 17, 2-3, 4. 20, 47. 51ab) comporte les versets 2 à 4 en commun avec le passage d’aujourd’hui.

 * * * * 

2   Je t’aime, SEIGNEUR, ma force :
3   SEIGNEUR, mon roc, ma forteresse,
     Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
     mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

4   Louange à Dieu ! Quand je fais appel au SEIGNEUR,
     je suis sauvé de tous mes ennemis.
20 Lui m’a dégagé, mis au large,
     il m’a libéré, car il m’aime   

47 Vive le SEIGNEUR ! Béni soit mon Rocher !
     Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire.
51 Il donne à son roi de grandes victoires,
     il se montre fidèle à son messie.
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QUAND JE FAIS APPEL AU SEIGNEUR, JE SUIS SAUVÉ

Pour comprendre ce psaume, il faut connaître l’histoire de David : on sait qu’à plusieurs reprises, celui-ci a été poursuivi par le roi Saül. Et le Seigneur l’a secouru. Je vous rappelle son histoire. Cela se passe un peu avant l’an mille avant J.-C. À l’époque le roi légitime d’Israël, choisi par Dieu et consacré par l’onction d’huile du prophète Samuel, ce n’était pas David (pas encore), mais Saül, le premier roi d’Israël.

Mais celui-ci ne remplissait plus sa mission ; son règne, bien commencé, se terminait mal. Au lieu d’écouter le prophète, il avait sciemment transgressé ses ordres, et le prophète Samuel l’avait désavoué. C’est alors qu’il avait choisi David encore très jeune pour qu’il soit formé à la cour et qu’il succède plus tard à Saül. Saül est donc resté le roi en titre jusqu’à sa mort, mais il a dû supporter de voir grandir à la cour David, son rival de plus en plus populaire et à qui tout réussissait. Si bien qu’une haine farouche remplit peu à peu le cœur de Saül et qu’il essaya, à plusieurs reprises, mais vainement, de se débarrasser de David. Une fois entre autres, Saül poursuivait David et c’est dans une caverne que David a trouvé refuge. D’où l’expression : « Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite… » Choisi, à sa grande surprise, pour être le futur roi, David savait qu’il pouvait compter sur la protection de Dieu : « Quand je fais appel au SEIGNEUR, je suis sauvé de tous mes ennemis. » Ou encore : « Dieu, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! »

Le deuxième livre de Samuel dit que David a chanté ce psaume pour remercier Dieu de l’avoir délivré de tous ses ennemis, à commencer par Saül ; et si vous avez la curiosité de consulter ce deuxième livre de Samuel au chapitre 22, vous y retrouverez le texte de ce psaume 17/18 presque à l’identique. Cela ne prouve pas que, historiquement, David a dit textuellement ces paroles-là, mais que le rédacteur final du livre de Samuel a pensé que ce psaume s’appliquait particulièrement bien à David.

Mais, bien sûr, le vrai sujet du psaume, comme toujours, n’est pas un personnage particulier, pas même le roi David : c’est le peuple tout entier. Et quand il veut rendre grâce à Dieu pour son soutien et sa sollicitude au long des siècles, il se compare au roi David poursuivi par Saül.

LE ROCHER D’ISRAËL

Le peuple d’Israël tout entier, lui aussi, peut dire ces versets en toute vérité : « SEIGNEUR, mon roc… Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite… Lui m’a dégagé, mis au large, il m’a libéré car il m’aime. Vive le SEIGNEUR ! Béni soit mon Rocher ! … » Tout d’abord, bien avant David, on avait expérimenté qu’une caverne dans un rocher peut être un lieu d’asile ; le livre des Juges en donne des exemples ; dire que Dieu est notre Rocher, c’est donc d’abord dire qu’il est notre secours, notre appui le plus sûr. Par exemple, on trouve dans le Deutéronome le fameux cantique de Moïse au Rocher d’Israël : « C’est le nom du SEIGNEUR que j’invoque ; à notre Dieu, reportez la grandeur. Il est le Rocher : son œuvre est parfaite ; tous ses chemins ne sont que justice. Dieu de vérité, non pas de perfidie, il est juste, il est droit. » (Dt 32,3-4). À une époque où on pense que chaque peuple a son dieu protecteur, on admet bien que les autres peuples puissent avoir leur rocher, mais il ne vaut quand même pas celui d’Israël ; on trouve dans le même cantique cette phrase superbe : « Le Rocher de nos ennemis n’est pas comme notre Rocher » (Dt 32,31).

LE ROCHER DE MASSA ET MÉRIBA

Moïse, quand il parle de rocher, lui donne certainement encore un autre sens ; car on a là, de toute évidence, un écho de la libération d’Égypte (« Le SEIGNEUR m’a libéré car il m’aime ») et aussi de l’Exode, la longue marche au Sinaï ; tout au long de ce périple éprouvant, dans la chaleur, la faim, la soif, parmi les scorpions et les serpents brûlants, la présence de Dieu, sa sollicitude ont été le secours du peuple ; une sollicitude qui est allée jusqu’à faire couler l’eau du Rocher : c’est le célèbre passage de Massa et Mériba ; là où on a eu tellement soif qu’on a eu peur d’en mourir et qu’on a accusé Moïse de vouloir la mort du peuple… L’histoire de cette révolte hante la mémoire d’Israël car elle est typique des doutes qui assaillent le croyant ; mais ici, ce n’est pas la révolte qui est évoquée, c’est la bonté de Dieu qui répond à la révolte par un don plus grand encore :

« Là, le peuple souffrit de la soif. Il récrimina contre Moïse et dit : ‘Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ?’ Moïse cria vers le SEIGNEUR : ‘Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront !’ » Et Dieu répondit : « Tu frapperas le Rocher, il en sortira de l’eau et le peuple boira » (Ex 17, 3…6).

Quand le peuple d’Israël chante ce psaume, il rappelle donc cette présence fidèle depuis toujours à ses côtés de Celui dont le Nom même est « Je suis avec vous » ; mais ce rappel est aussi la source de son espérance ; car tout comme David, ce peuple attend la réalisation des promesses du Dieu fidèle, la venue du Messie qui libèrera définitivement l’humanité. « Vive le SEIGNEUR ! Béni soit mon Rocher ! Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire. Il donne à son roi de grandes victoires, il se montre fidèle à son Messie ».
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Complément

David et Goliath

Vous vous rappelez également la lutte entre David et Goliath : David armé d’une simple fronde affrontait le géant équipé de pied en cap et armé jusqu’aux dents ; vexé de l’accoutrement excessivement simple de son rival, Goliath lui avait dit : « Suis-je donc un chien, pour que tu viennes contre moi avec un bâton ?… Viens vers moi, que je te donne en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! » Et David lui avait répondu : « Tu viens contre moi avec épée, lance et javelot, mais moi, je viens contre toi avec le nom du SEIGNEUR des armées, le Dieu des troupes d’Israël que tu as défié. Aujourd’hui le SEIGNEUR va te livrer entre mes mains…Toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël, et tous ces gens rassemblés sauront que le SEIGNEUR ne donne la victoire ni par l’épée ni par la lance, mais que le SEIGNEUR est maître du combat, et qu’il vous livre entre nos mains. » (1 S 17, 43-47).

Évangile

« Ils cherchaient à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains » (Jn 10, 39).

Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant !

Tes paroles, Seigneur,
sont esprit et elles sont vie ;                          
tu as les paroles de la vie éternelle.
Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant !
(cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 31-42).

En ce temps-là,
31  de nouveau, des Juifs prirent des pierres
pour lapider Jésus.
32  Celui-ci reprit la parole :
« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
qui viennent du Père.
Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
33  Ils lui répondirent :
« Ce n’est pas pour une œuvre bonne
que nous voulons te lapider,
mais c’est pour un blasphème :
tu n’es qu’un homme,
et tu te fais Dieu. »
34  Jésus leur répliqua :
« N’est-il pas écrit dans votre Loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
35  Elle les appelle donc des dieux,
ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
et l’Écriture ne peut pas être abolie.
36  Or, celui que le Père a consacré
et envoyé dans le monde,
vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
37  Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
continuez à ne pas me croire.
38  Mais si je les fais,
même si vous ne me croyez pas,
croyez les œuvres.
Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
que le Père est en moi,
et moi dans le Père. »
39  Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
mais il échappa à leurs mains.

40  Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
et il y demeura.
41  Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
« Jean n’a pas accompli de signe ;
mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
était vrai. »
42  Et là, beaucoup crurent en lui.

Parcours de Carême : « La grâce du repli« . Méditation de l’abbé Benoît de Maintenant, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo Bessala FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Sylvestre Beladjolo, FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Commentaires de Gemini (IA).

L’évangile est un passage d’une intensité dramatique incroyable. On quitte l’image paisible du « Bon Pasteur » pour entrer dans un climat de haute tension judiciaire et spirituelle.
​Voici quelques pistes pour méditer ce texte (Jean 10, 31-42) que l’on lit justement aujourd’hui, en ce vendredi 27 mars 2026 :

​1. Le paradoxe des pierres et des œuvres.
​Le texte commence par une violence physique : les Juifs ramassent des pierres. Jésus ne s’enfuit pas tout de suite ; il les interroge sur ses « belles œuvres ».
​Le commentaire : Jésus déplace le débat du plan idéologique au plan concret. Il demande : « Regardez ce que je fais (guérir, nourrir, consoler), est-ce que cela mérite la mort ? » C’est un appel à regarder la réalité des fruits de sa mission plutôt que de rester bloqué sur des concepts juridiques.

​2. « Vous êtes des dieux » (L’argument biblique).
​Pour se défendre de l’accusation de blasphème, Jésus cite le Psaume 82 (81).
​Le commentaire : C’est un argument d’une finesse extrême. Si l’Écriture appelle « dieux » de simples hommes à qui la parole de Dieu a été adressée, à combien plus forte raison celui que le Père a consacré et envoyé ! Jésus rappelle ici la dignité immense de l’être humain, appelé à la ressemblance divine, tout en affirmant sa propre identité unique de Fils.

​3. Croire aux œuvres à défaut de croire à la parole.
​Jésus fait une concession étonnante au verset 38 : « Si vous ne me croyez pas, croyez du moins à mes œuvres ».
Le commentaire : C’est une main tendue. Jésus accepte que sa divinité soit difficile à admettre par la seule parole. Il propose un chemin de foi plus accessible : observer l’amour en acte. C’est un message très actuel : pour beaucoup aujourd’hui, les actes de charité sont plus parlants que les grands discours théologiques.

4. Le retrait au Jourdain : Un retour aux sources.
​Le passage se termine par le départ de Jésus vers le lieu où Jean-Baptiste baptisait au début.
​Le commentaire : Symboliquement, c’est très fort. Avant d’affronter sa Passion à Jérusalem, Jésus retourne là où tout a commencé. Il se ressource dans le lieu de son baptême, là où la voix du Père l’avait désigné comme « Fils bien-aimé ». C’est une boucle qui se boucle avant le sacrifice final.

​En résumé.
​Ce passage nous montre un Jésus qui :

  • ​Affronte la violence avec la vérité.
  • ​Reste ancré dans les Écritures.
  • ​Invite à un discernement basé sur le bien accompli (les « œuvres »).

L’idée forte : On ne peut pas enfermer Dieu dans nos propres catégories. Les pierres que les hommes ramassent sont souvent le signe de leur fermeture à la nouveauté de l’Amour qui se révèle.

Lien avec la première lecture.

C’est fascinant de voir comment la liturgie a réuni ces deux textes précisément aujourd’hui, le vendredi 27 mars 2026. Le lien entre Jérémie 20 et Jean 10, 31-42 est ce qu’on appelle une « harmonie scripturaire » : l’Ancien Testament annonce ce que le Nouveau accomplit.
​Voici les trois points de rencontre majeurs entre le prophète et le Messie :

​1. La figure du « Prophète Persécuté ».
​Dans le texte de Jérémie que tu cherchais, le prophète dit : « J’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer ! » ».
​Le lien : Dans l’évangile de Jean, on voit exactement cette scène. La foule ne se contente plus de calomnier, elle ramasse des pierres. Jérémie est le « miroir » de Jésus : tous deux sont seuls face à une foule qui refuse d’entendre une vérité dérangeante.

​2. Le complot des « amis ».
​Jérémie se plaint : « Tous mes amis guettent ma chute ».
​Le lien : Jésus est à Jérusalem, entouré de ses propres compatriotes, ceux qui connaissent la Loi et les Prophètes. Ce ne sont pas des étrangers qui veulent le lapider, ce sont les siens. La douleur de la trahison et de l’incompréhension est commune aux deux récits.

​3. La confiance absolue malgré l’échec apparent.
​C’est le point le plus beau. Malgré la peur, Jérémie s’écrie : « Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable ».
Le lien : Jésus, face aux pierres, reste d’un calme souverain. Il ne répond pas par la violence, mais par la révélation : « Le Père est en moi et je suis dans le Père ». Là où Jérémie s’appuie sur Dieu comme sur un protecteur extérieur, Jésus affirme qu’il est intrinsèquement uni à Lui. La force de Jérémie préfigure la divinité de Jésus.

​Pourquoi lire ces deux textes aujourd’hui ?
​À quelques jours de la Semaine Sainte, l’Église nous prépare psychologiquement et spirituellement :

  • ​Elle nous montre que la souffrance pour la vérité n’est pas un accident, mais un chemin tracé depuis longtemps (Jérémie).
  • ​Elle nous invite à ne pas « lapider » les autres avec nos certitudes, mais à regarder leurs « belles œuvres » (Jésus).

​En résumé : Jérémie est celui qui souffre de la Parole, alors que Jésus est la Parole qui souffre.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Je vois dans l’évangile d’aujourd’hui un nouvel exemple du cercle infernal auquel conduit le manque de liberté intérieure. Il me semble que les Juifs sont enfermés dans leurs certitudes, leurs jugements sur Jésus (ex : « Tu blasphèmes »), ce qui les conduit à vouloir contraindre celui-ci, à l’arrêter puis le lapider !

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