Lectures du Lundi saint, commentées.

Lectures du Lundi saint, commentées.

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« Le parfum de Madeleine« , peint entre 1886 et 1894 par James Tissot (1836–1902).
Aquarelle, gouache sur graphite sur papier vélin gris.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

N.-B. : pour comprendre pourquoi James Tissot assimile Marie, la sœur de Marthe et Lazare, à « Madeleine », alias « Marie Madeleine », ou Marie de Magdala, voir ici.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Il ne criera pas, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors » (Is 42, 1-7).

Lecture du livre du prophète Isaïe (42, 1-7).

Ainsi parle le Seigneur :
1  « Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu qui a toute ma faveur.
J’ai fait reposer sur lui mon esprit ;
aux nations, il proclamera le droit.
2  Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton,
il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.
3  Il ne brisera pas le roseau qui fléchit,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
il proclamera le droit en vérité.
4  Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas,
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et que les îles lointaines
aspirent à recevoir ses lois. »

5  Ainsi parle Dieu, le Seigneur,
qui crée les cieux et les déploie,
qui affermit la terre et ce qu’elle produit ;
il donne le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent :
6  « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ;
je te saisis par la main, je te façonne,
je fais de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations :
7   tu ouvriras les yeux des aveugles,
tu feras sortir les captifs de leur prison,
et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion de la fête du Baptême-du-Seigneur, année A.

Ce jour-là, le passage lu (Is 42, 1-4.6-7) est le même qu’aujourd’hui, mais amputé du verset 5.

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LE JUGE DONT NOUS N’AVONS RIEN À CRAINDRE 

La difficulté de ce texte vient de sa richesse ! Comme beaucoup de prédications des prophètes, celle-ci est très touffue : beaucoup de choses sont dites en quelques phrases. Je vais essayer de décomposer le texte.

Pour commencer, visiblement, il comprend deux parties : c’est Dieu qui parle d’un bout à l’autre, mais, dans la première partie, il parle de celui qu’il appelle « son serviteur » (« Voici mon serviteur que je soutiens… »), tandis que, dans la seconde, il parle directement à son serviteur (« Moi, le SEIGNEUR, je t’ai appelé »).

Je m’attache d’abord à la première partie : première remarque, je devrais dire premier étonnement : le mot « droit » (au sens de jugement) revient trois fois. « Aux nations, il proclamera le droit… il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre. »

Or c’est peut-être là que nous allons avoir des surprises, car ce jugement, curieusement, ne ressemble pas à un verdict ; pourtant, spontanément, pour nous, le mot « jugement » est souvent évocateur de condamnation, surtout quand il s’agit du jugement de Dieu. Mais ici, il n’est pas question de condamnation, il n’est question que de douceur et de respect pour tout ce qui est fragile, « le roseau qui fléchit », « la mèche qui faiblit » : « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit ; il n’éteindra pas la mèche qui faiblit ». 

Autre caractéristique de ce jugement, il concerne toute l’humanité : tout le développement sur le jugement est encadré par deux affirmations concernant les nations, c’est-à-dire l’humanité tout entière ; voici la première : « Aux nations, il proclamera le droit » et la deuxième : « Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. »

On ne peut pas mieux dire que la volonté de Dieu est une volonté de salut, de libération, et qu’elle concerne toute l’humanité. Il attend avec impatience « que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois », c’est-à-dire son salut.

Tout cela veut dire qu’à l’époque où ce texte a été écrit, on avait compris deux choses : premièrement, que le jugement de Dieu n’est pas un verdict de condamnation mais une parole de salut, de libération. (Dieu est ce « juge dont nous n’avons rien à craindre » comme le dit la liturgie des funérailles). Deuxièmement, que la volonté de salut de Dieu concerne toute l’humanité. Enfin, dernier point très important, dans le cadre de cette mission, le serviteur est assuré du soutien de Dieu : « Voici mon serviteur que je soutiens… J’ai fait reposer sur lui mon esprit ».


VOICI MON SERVITEUR ISRAËL

La deuxième partie du texte reprend ces mêmes thèmes : c’est Dieu lui-même qui explique à son serviteur la mission qu’il lui confie : « Tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. » Ici, non seulement il n’est pas question de condamnation, mais le jugement est un véritable « non-lieu » ou même plus exactement une levée d’écrou ! L’image est forte : vous avez entendu le lien entre le mot « cachot » et le mot « ténèbres ». Je m’explique : les cellules des prisons de l’époque étaient dépourvues de fenêtres ; sortir de prison, c’était retrouver la lumière du jour, au point d’en être ébloui après un long temps passé dans l’obscurité.

Le caractère universel de la mission du serviteur est également bien précisé. Dieu lui dit : « Je fais de toi la lumière des nations ». Enfin, le soutien de Dieu est également rappelé : « Moi, le SEIGNEUR, je t’ai appelé… je te saisis par la main ».

Évidemment, une question se pose tout de suite : de qui parle Isaïe ? Une telle description d’un serviteur de Dieu, investi d’une mission de salut pour son peuple et pour toute l’humanité, et sur qui repose l’esprit de Dieu, c’était exactement la définition du Messie qu’on attendait en Israël. C’est lui qui devait instaurer le règne de Dieu sur la terre et apporter à tous le bonheur et la liberté.

Qui est ce serviteur, investi d’une telle mission ? Le prophète Isaïe qui prêchait au sixième siècle avant notre ère, pendant l’Exil à Babylone, ne nous précise pas l’identité de ce serviteur : sans doute cela était-il trop évident pour avoir besoin d’être dit. Heureusement pour nous, lorsque la Bible hébraïque a été traduite en grec, à partir du 3e siècle (cette traduction que nous appelons la Septante), les traducteurs juifs ont éclairé ce point.

Voici le début de notre texte dans la Septante : « Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur, Jacob, que je soutiens, mon élu, Israël, en qui j’ai mis toute ma joie ».

Alors on comprend mieux l’intention du prophète lorsqu’il adressait cette prédication à ses contemporains : l’auteur (qu’on appelle le Deuxième Isaïe) a vécu et prêché au temps de l’Exil à Babylone donc au sixième siècle av. J.-C. C’était une période particulièrement dramatique et le peuple d’Israël croyait être condamné à disparaître et n’avoir plus aucun rôle à jouer dans l’histoire. Alors le prophète Isaïe a consacré toutes ses forces à redonner courage à ses compatriotes, à tel point qu’on appelle son œuvre « le livre de la consolation d’Israël ». Or, une bonne manière de remonter le moral des troupes consistait à leur dire : tenez bon, Dieu compte encore sur vous, le petit noyau que vous formez est appelé à être son serviteur privilégié dans son projet de salut du monde.

Déjà, le prophète Michée, au huitième siècle, avait eu l’intuition que le Messie ne serait pas un individu, mais un être collectif ; désormais, avec cette prédication d’Isaïe, l’idée d’un Messie collectif s’affirme de plus en plus.

Le jour de son baptême dans le Jourdain, Jésus est venu prendre la tête de ce peuple.

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Compléments

– La lecture liturgique ajoute la première phrase : « Ainsi parle le SEIGNEUR » probablement pour compenser la suppression du verset 5 au milieu du texte.

– Voici le verset 5 : « Ainsi parle Dieu, le SEIGNEUR, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ; il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent. » La deuxième partie du livre d’Isaïe (celle qu’on appelle « le livret de la consolation d’Israël) est riche d’évocations superbes de la Création : c’est dans les périodes les plus difficiles que l’on développe ce thème de la puissance créatrice de Dieu et de son amour pour ses créatures : c’est le meilleur argument pour garder l’espoir. Sa puissance créatrice et sa fidélité sont le meilleur gage de notre libération.

Commentaires de Gemini (Intelligence Artificielle). À l’approche de la Pâque, l’Église utilise les chants du Serviteur d’Isaïe pour préparer les fidèles à la Passion du Christ. Ce texte souligne la douceur et la détermination du Serviteur de Dieu : ​« Il ne criera pas, il ne haussera pas la ton, on n’entendra pas sa voix dans la rue… » ​On lit également une version très proche (Is 42, 1-4.6-7) lors de la fête du Baptême du Seigneur (le dimanche qui suit l’Épiphanie) durant l’année A du cycle liturgique. C’est un choix stratégique : les paroles d’Isaïe font directement écho à la voix du Père qui retentit lors du baptême de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… » ​ Pourquoi ce texte est-il si important ? ​La liturgie lie ce passage à la figure de Jésus pour trois raisons majeures : ​L’élection divine : « Voici mon serviteur que je soutiens. » ​La mission de justice : Il apporte le droit aux nations sans violence. ​La libération : Il est envoyé pour « ouvrir les yeux des aveugles » et « tirer les captifs de leu r prison ».

Psaume

Psaume 26 (27), 1, 2, 3, 13-14

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut (26, 1a).

1 Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

2 Si des méchants s’avancent contre moi
pour me déchirer,
ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires,
qui perdent pied et succombent.

3 Qu’une armée se déploie devant moi,
mon cœur est sans crainte ;
que la bataille s’engage contre moi,
je garde confiance.

13 J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
14 « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 3e dimanche du temps ordinaire, année A.

Ce jour-là, l’extrait lu (Ps 26, 1, 4abcd, 13-14) comporte les versets 1, 13 et 14 en commun avec celui d’aujourd’hui.

* * * * *

1  Le SEIGNEUR est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le SEIGNEUR est le rempart de ma
vie ;
devant qui tremblerais-je ?

4  J’ai demandé une chose au SEIGNEUR,
la seule que je cherche :
habiter la maison du SEIGNEUR
tous les jours de ma vie.

13 Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du SEIGNEUR
sur la terre des vivants.
14
« Espère le SEIGNEUR, sois fort et prends courage ;
espère le SEIGNEUR
. »
——————————————————————————————

« LE SEIGNEUR EST MA LUMIÈRE ET MON SALUT »

« Le Seigneur est MA lumière et MON salut » : ces expressions à la première personne du singulier ne nous trompent pas : il s’agit d’un singulier collectif : c’est le peuple d’Israël tout entier qui exprime ici sa confiance invincible en Dieu, en toutes circonstances. Périodes de lumière, périodes de ténèbres, circonstances gaies, circonstances tristes, ce peuple a tout connu ! Et au milieu de toutes ses aventures, il a gardé confiance, il a approfondi sa foi. Ce psaume en est un superbe témoignage.

Ici il exprime en images les diverses péripéties de son histoire : vous connaissez ce procédé qui est très fréquent dans les psaumes et qu’on appelle le revêtement ; le texte fait allusion à des situations individuelles très précises : un malade, un innocent injustement condamné, un enfant abandonné, ou un roi, ou un lévite… (et d’ailleurs, si nous lisions en entier ce psaume 26/27, nous verrions qu’elles y sont toutes) ; mais en fait, toutes ces situations apparemment individuelles ont été à telle ou telle époque la situation du peuple d’Israël tout entier ; il faut lire : « Israël est comme un malade guéri par Dieu, comme un innocent injustement condamné, comme un enfant abandonné, comme un roi assiégé » et c’est de Dieu seul qu’il attend sa réhabilitation, ou sa délivrance… En parcourant l’Ancien Testament, on retrouve sans peine toutes les situations historiques précises auxquelles il est fait allusion.

 Dans les versets retenus par le missel pour aujourd’hui, il y a deux images : la première, c’est celle d’un roi ; parfois on a pu comparer Israël à un roi assiégé par des ennemis ; son Dieu l’a toujours soutenu ; « Le SEIGNEUR est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le SEIGNEUR est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ? » (Voici maintenant les versets 2-3 : « Si des méchants s’avancent contre moi pour me déchirer, ce sont eux, mes adversaires, qui perdent pied et succombent. Qu’une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; que la bataille s’engage contre moi, je garde confiance »). Que ce soit l’attaque par surprise des Amalécites dans le désert du Sinaï, au temps de Moïse, ou bien la menace des rois de Samarie et de Damas contre le pauvre roi Achaz terrorisé vers 735, ou encore le siège de Jérusalem en 701 par le roi assyrien, Sennachérib, et j’en oublie, les occasions n’ont pas manqué.

Face à ces dangers, il y a deux attitudes possibles : la première, c’est celle du roi David, un homme comme les autres, pécheur comme les autres (son histoire avec Bethsabée était célèbre), mais un croyant assuré en toutes circonstances de la présence de Dieu à ses côtés. Il est resté un modèle pour son peuple. En revanche, nous avons rencontré pendant l’Avent dans un texte du prophète Isaïe le roi Achaz, qui n’avait pas la même foi sereine : je vous avais cité à ce propos une phrase très expressive du livre d’Isaïe pour dire que le roi cédait à la panique au moment du siège de Jérusalem : « Le cœur du roi et le cœur de son peuple se mirent à trembler comme les arbres de la forêt sont agités par le vent. » (Is 7, 2). Et la mise en garde d’Isaïe avait été très ferme ; il avait dit au roi : « Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir » (on pourrait dire en français d’aujourd’hui « vous ne tiendrez pas le coup »). Soit dit en passant, Isaïe faisait un jeu de mots sur le mot « Amen » car c’est le même mot, en hébreu, qui signifie « croire, tenir dans la foi » et « tenir fermement » : cela peut nous aider à comprendre le sens du mot « foi » dans la Bible.

Je reviens aux deux attitudes contrastées de David et d’Achaz : le peuple d’Israël a, bien sûr, connu tour à tour ces deux types d’attitude, mais dans sa prière, il se ressource dans la foi de David.

J’AI DEMANDE UNE CHOSE AU SEIGNEUR, LA SEULE QUE JE CHERCHE

Ou encore, et c’est la deuxième image, Israël peut être comparé à un lévite, un serviteur du Temple, dont toute la vie se déroule dans l’enceinte du temple de Jérusalem : « J’ai demandé une chose au SEIGNEUR, la seule que je cherche, habiter la maison du SEIGNEUR tous les jours de ma vie. » Quand on sait que les lévites étaient attachés au service du Temple de Jérusalem et montaient la garde jour et nuit dans le Temple, l’allusion est très claire ; derrière ce lévite, on voit bien se profiler le portrait du peuple tout entier. Comme la tribu des lévites est, parmi les douze tribus d’Israël, celle qui est consacrée au service de la « Maison du Seigneur » (c’est ainsi qu’on appelle le Temple de Jérusalem), le peuple d’Israël tout entier, est, parmi l’ensemble des peuples de la terre, celui qui est consacré à Dieu, qui appartient à Dieu.

Enfin, la dernière strophe « J’en suis sûr, je verrai les bontés du SEIGNEUR sur la terre des vivants » fait irrésistiblement penser à Job : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu. ». Ni l’auteur du psaume 26/27 ni celui du livre de Job n’envisageaient encore la possibilité de la résurrection individuelle ; l’expression « terre des vivants » vise bien cette terre-ci. Ils n’en ont que plus de mérite, peut-être : en Israël l’espérance est tellement forte qu’on est sûrs que Dieu interviendra pour nous. Bien sûr, ces textes prennent encore plus de force à partir du moment où la foi en la Résurrection est née. « J’en suis sûr, je verrai les bontés du SEIGNEUR sur la terre des vivants. »

Quant à la dernière phrase (« Espère le SEIGNEUR, sois fort et prends courage ; espère le SEIGNEUR. »), elle est peut-être une allusion à la parole que Dieu avait adressée à Josué, au moment d’entreprendre la marche vers la terre promise, la terre des vivants : « Sois fort et courageux. Ne crains pas, ne t’effraie pas, car le SEIGNEUR ton Dieu sera avec toi partout où tu iras. » (Jos 1, 9).

Cette dernière strophe reflète, une fois encore, la confiance indéracinable du peuple d’Israël : « J’en suis sûr, je verrai les bontés du SEIGNEUR sur la terre des vivants. »  Cette confiance, on le sait, est fondée sur la mémoire de l’œuvre de Dieu et c’est elle qui autorise l’espérance : « Espère le SEIGNEUR, sois fort et prends courage ; espère le SEIGNEUR. » L’espérance, c’est la foi conjuguée au futur. André Chouraqui l’appelait la « mémoire du futur ».

On ne s’étonne donc pas que ce psaume soit proposé pour les célébrations de funérailles : les jours de deuil sont ceux où nous avons bien besoin de nous ré-enraciner, de nous ressourcer dans la foi et l’espérance de nos pères.

Évangile

« Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! » (Jn 12, 7).

Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !

Salut, ô Christ, notre Roi :
toi seul as pris en pitié nos égarements.
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (12, 1-11).

1  Six jours avant la Pâque,
Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare,
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
2  On donna un repas en l’honneur de Jésus.
Marthe faisait le service,
Lazare était parmi les convives avec Jésus.

3  Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur
et de très grande valeur ;
elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus,
qu’elle essuya avec ses cheveux ;
la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
4  Judas Iscariote, l’un de ses disciples,
celui qui allait le livrer,
dit alors :
5  « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum
pour trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données à des pauvres ? »
6  Il parla ainsi, non par souci des pauvres,
mais parce que c’était un voleur :
comme il tenait la bourse commune,
il prenait ce que l’on y mettait.
7  Jésus lui dit :
« Laisse-la observer cet usage
en vue du jour de mon ensevelissement !
8  Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

9  Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là,
et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus,
mais aussi pour voir ce Lazare
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
10  Les grands prêtres décidèrent alors
de tuer aussi Lazare,
11  parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui,
s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Parcours de Carême : « Le sens de la mort« . Méditation de l’abbé Benoît de Maintenant, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo Bessala FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Sylvestre Beladjolo, FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus, le 11 avril 2022, par père Brice-Miguel Mekena Mekongo, vice-recteur.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus, le 29 mars 2021, par père Ludovic Frère.

Homélie du frère Jean-François NIAMKE, OP, de la fraternité Saint-Dominique, à Abidjan, le 29 mars 2021.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Je vois dans l’évangile du jour un nouvel exemple des dégâts occasionnés par les jugement que nous portons. J’appelle jugement toute opinion faussement présentée comme une vérité objective, indiscutable. C’est à mon avis un moyen que nous utilisons, le plus souvent de façon inconsciente, sans volonté de tromper, pour « faire sentir notre pouvoir » à autrui. Ici, je vois Caïphe en porter 3 en une seule phrase : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Je crois que les jugements sont le moyen le plus le plus fréquemment utilisé par chacun (notamment le personnel politique et les médias) pour exercer une contrainte psychologique sur autrui. En ce qui concerne le pouvoir politique (et religieux ?), il me semble qu’il a systématiquement recours aux jugements pour justifier ses  décisions contraignantes (ex : « Nous sommes en guerre »).

Je crois enfin que ledit pouvoir politique (comme Hérode ou Ponce Pilate) ou religieux (comme Caïphe) agit ainsi, non pas parce qu’il est composés d’hommes « mauvais », mais plutôt parce que ces hommes sont tout sauf libres, prisonniers de leur soif de pouvoir, de leur crainte de perdre celui-ci. Le Christ nous invite, à mon avis, non pas à les juger, les condamner, mais à les aider à se libérer.

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