Lectures du mercredi de Pâques, commentées. 08 04 2026

« Les pèlerins d’Emmaüs en chemin », peint entre 1886 et 1894 par James Tissot (1836–1902).
Brooklyn Museum – Aquarelle, gouache sur graphite sur papier vélin gris.
Domaine public, via Wikimedia Commons.
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1ère lecture : « Ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus, lève-toi et marche » (Ac 3, 1-10).
« Ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus, lève-toi et marche » (Ac 3, 1-10)
Lecture du livre des Actes des Apôtres (3, 1-10).
En ces jours-là,
1 Pierre et Jean montaient au Temple
pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure.
2 On y amenait alors un homme, infirme de naissance,
que l’on installait chaque jour à la porte du Temple,
appelée la « Belle-Porte »,
pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient.
3 Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple,
il leur demanda l’aumône.
4 Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui,
et il dit :
« Regarde-nous ! »
5 L’homme les observait,
s’attendant à recevoir quelque chose de leur part.
6 Pierre déclara :
« De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ;
mais ce que j’ai, je te le donne :
au nom de Jésus Christ le Nazaréen,
lève-toi et marche. »
7 Alors, le prenant par la main droite,
il le releva
et, à l’instant même,
ses pieds et ses chevilles s’affermirent.
8 D’un bond, il fut debout
et il marchait.
9 Entrant avec eux dans le Temple,
il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu.
10 On le reconnaissait :
c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple
pour demander l’aumône.
Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés
devant ce qui lui était arrivé.
Commentaires de Gemini (Intelligence Artificielle).
Ce texte est l’un des plus percutants des Actes des Apôtres, car il marque le passage de la théorie à la pratique : la puissance de la Résurrection ne concerne plus seulement Jésus, elle passe désormais par les mains des Apôtres.
Voici quelques points clés pour approfondir votre lecture d’Actes 3, 1-10 :
1. Le paradoxe de la richesse
Le verset 6 contient l’une des phrases les plus célèbres de la Bible : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »
Le commentaire : Pierre déplace le curseur de la charité. L’infirme demandait une aumône pour survivre un jour de plus (le matériel) ; Pierre lui offre une dignité nouvelle pour changer de vie (le spirituel). Cela nous rappelle que la mission de l’Église n’est pas seulement sociale, elle est avant tout porteuse d’une force de vie.
2. Le regard qui restaure
Le texte insiste sur le contact visuel : « Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui et dit : « Regarde-nous. » » (v. 4).
Le commentaire : Dans l’Antiquité, le mendiant était souvent un « invisible ». En le forçant à croiser son regard, Pierre lui redonne son statut de sujet et d’être humain avant même de le guérir physiquement. La guérison commence par cette reconnaissance de la personne.
3. La « Belle Porte » : un symbole fort
L’infirme est assis à la porte du Temple nommée « la Belle ».
Le commentaire : Il y a une ironie tragique ici : l’homme est au seuil du sacré (la Belle Porte), mais sa condition d’infirme lui interdisait l’accès complet au culte. Il est à la fois tout près et très loin de Dieu. En le guérissant, Pierre ne fait pas que réparer ses jambes, il lui ouvre les portes du Temple : au verset 8, l’homme entre dans le Temple en « sautant et louant Dieu ».
4. La puissance du « Nom »
Pierre ne guérit pas par son propre charisme ou son magnétisme personnel.
Le commentaire : Il agit « au nom de Jésus ». Dans la pensée biblique, le nom représente la personne elle-même. Cela signifie que c’est le Christ qui continue d’agir à travers ses envoyés. Pierre est ici l’instrument, le canal d’une force qui le dépasse totalement.
5. La réaction de la foule : l’étonnement
Le texte se termine sur la stupeur des gens.
Le commentaire : Ce miracle n’est pas une fin en soi. Il sert de « signe » (un sèmeion en grec) pour préparer le terrain au discours de Pierre qui suit. Le miracle ouvre les cœurs et suscite l’interrogation, ce qui permet à la Parole d’être semée.
Ce qu’il faut retenir : Ce passage est le récit d’une reconstitution. L’homme qui était porté par les autres devient capable de marcher seul ; celui qui demandait est maintenant celui qui rend grâce. C’est l’illustration parfaite de ce que le temps pascal veut signifier : la victoire de la vie sur la paralysie et la fatalité.
Psaume : Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ! ou : Alléluia ! Psaume 104 (105), 1-2, 3-4, 6-7, 8-9
PSAUME
Psaume 104 (105), 1-2, 3-4, 6-7, 8-9
R/ Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ! ou : Alléluia ! (104, 3b)
1 Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
2 chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.
3 Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
4 Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
6 Vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
7 Le Seigneur, c’est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l’univers.
8 Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
9 promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion de la fête de la Sainte-Famille, année B.
Ce jour-là, le passage lu (Ps 104(105) 1-2, 3-4, 5-6, 8-9) est presque identique à celui d’aujourd’hui.
1 Rendez grâce au SEIGNEUR, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits :
2 chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.
3 Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
4 Cherchez le SEIGNEUR et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
5 Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça,
6 vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
8 Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
9 promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.
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RENDEZ GRÂCE AU SEIGNEUR
Il est rare que la Bible nous raconte une célébration liturgique ; mais justement le premier livre des Chroniques nous en rapporte une au cours de laquelle ce psaume 104/105 a été chanté, au moins en partie. Cela se passait quand David a choisi Jérusalem pour capitale, donc vers l’an 1000 av. J.-C. : David était très conscient d’avoir tout reçu de Dieu… et donc, très logiquement, un de ses premiers soucis a été de bâtir un autel et d’installer l’Arche d’Alliance dans un lieu digne d’elle. Il a choisi la colline la plus élevée, celle qui dominait son palais au Nord et il y a fait solennellement monter l’Arche ; ce fut une grande fête populaire et, pour marquer le coup, David fit distribuer à chaque famille une miche de pain, un gâteau de dattes et un gâteau de raisins.
Puis il organisa le service du culte autour de l’Arche : des prêtres chargés d’offrir les sacrifices, mais aussi des lévites, musiciens et chanteurs (1 Ch 16,5s) ; parmi ces lévites, musiciens et chanteurs, un certain Asaph dont le nom revient en tête de quelques psaumes. Les quinze premiers versets de ce psaume 104/105 sont cités tels quels dans le livre des Chroniques au moment de l’installation de l’Arche à Jérusalem ; cela veut dire peut-être, qu’ils étaient chantés à Jérusalem, dès l’époque de David, donc avant même que Salomon construise le Temple. Et lorsque, trois cents ans plus tard, vers 700 av. J-.C., le roi Ézéchias qui était pieux, voulut faire une grande réforme religieuse et rétablir le culte dans toute sa pureté à la manière de David, on dit qu’il fit reprendre le chant d’Asaph, c’est-à-dire très probablement ce psaume entre autres (2 Ch 29,18-36). Ce qui veut dire que ce psaume 104/105 est considéré comme typique de la fidélité à l’Alliance avec Dieu ; il est donc très important pour nous de voir ce qu’il a de particulier !
Or, ce qu’il a de particulier, c’est très simple : c’est un psaume de louange, qui énumère tous les bienfaits de Dieu. Il commence par une invitation solennelle adressée à tous les fidèles, du genre « Louez Dieu » (Alleluia !) : ce sont ces versets-là qui ont été retenus pour aujourd’hui ; on y lit toute une série d’impératifs : « Rendez grâce au SEIGNEUR, proclamez son nom, annoncez, chantez, jouez, redites sans fin ses merveilles… Glorifiez-vous de son nom… Cherchez le SEIGNEUR, souvenez-vous des merveilles qu’il a faites… ». Les merveilles qu’il a faites, cela se résume en quelques mots, c’est sa fidélité à l’Alliance qu’il a lui-même proposée à Abraham puis à chaque génération après lui. « Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, de ses prodiges, des jugements qu’il prononça, vous la race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob qu’il a choisis. Il s’est toujours souvenu de son Alliance, parole édictée à mille générations ; promesse faite à Abraham, garantie par serment à Isaac. »
Soyons francs, il ne s’est pas encore écoulé mille générations entre le temps d’Abraham et celui de David ! Tout au plus huit cent cinquante ans, ce qui fait une vingtaine ou une trentaine de générations au maximum. Mais le lyrisme poétique ne sait pas compter, on le sait bien ! Dans la Bible, ce nombre mille est symbolique, il signifie une Alliance éternelle.
Le reste du psaume détaille les œuvres de Dieu en faveur de son peuple depuis Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse… C’est un vrai cours d’histoire ! Dieu a fait Alliance avec Abraham et lui a promis la terre : « Je te donne la terre de Canaan, c’est le patrimoine qui vous échoit ». Cette promesse, elle a été faite à une poignée d’immigrants ; mais Dieu les a toujours protégés, et le psaume continue : « Il n’a laissé personne les opprimer… » Et tous les épisodes de l’histoire d’Israël sont relus comme des interventions de Dieu au bénéfice de son peuple. Y compris l’histoire de Joseph, par exemple : ce sont ses frères, jaloux, qui se sont débarrassés de lui, et il s’est retrouvé esclave en Égypte, mais Dieu, encore une fois, a tiré de ce mal un bien pour son peuple ; puisque c’est grâce à la présence de Joseph en Égypte que ses frères purent y trouver refuge un peu plus tard en période de famine. « Il envoya devant eux un homme, Joseph, qui fut vendu comme esclave. On lui entrava les pieds, on lui passa un collier de fer… mais le maître des peuples le fit relâcher… Alors Israël entra en Égypte… Et Dieu multiplia son peuple… » Et ainsi de suite… le psaume est une véritable litanie des œuvres de Dieu pour son peuple… Moïse, la libération d’Égypte, l’Exode…
SOUVENEZ-VOUS POUR CONTINUER À ESPÉRER
La clé de toute cette histoire, la voici : « Il s’est toujours souvenu de son alliance, parole édictée pour mille générations : promesse faite à Abraham, garantie par serment à Isaac. » Il faut noter au passage le vocabulaire typique de l’œuvre de libération de Dieu : « hauts faits, merveilles, prodiges ». Évidemment, toute cette rétrospective n’est pas un cours d’histoire ! Elle est une profession de foi ; la profession de foi du peuple qui, comme David, est conscient d’avoir tout reçu de Dieu, et qui proclame à la face du monde : Dieu est le vrai maître de notre histoire et il nous protège, nous son peuple, contre vents et marées. Ce peuple qu’il a librement choisi : « race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob, qu’il a choisis ». Dieu s’est librement engagé « promesse faite à Abraham, garantie par serment à Isaac ». Mais tout ceci, bien sûr, doit avoir des conséquences, que l’on peut exprimer ainsi : » Dieu s’est souvenu… alors, à votre tour, souvenez-vous ». Voilà la morale de cette histoire : garder précieusement cette Mémoire est vital pour le peuple bénéficiaire de toute cette sollicitude de Dieu ; parce que Dieu a accompli ses promesses dans le passé, son peuple trouve la force, au long des siècles, de garder la foi dans les promesses pas encore réalisées : parce qu’on peut répéter à ses enfants « Le Seigneur fit comme il l’avait dit », les enfants, à leur tour, croiront en lui et transmettront la foi à leurs enfants.
Belle leçon pour la fête de la sainte Famille : la famille humaine ne sera sainte que si elle garde, de génération en génération, la mémoire des œuvres de Dieu ; Il s’est souvenu… alors, à votre tour, souvenez-vous… le plus bel exemple nous en est donné par Marie dans le Magnificat : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son nom… Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent… Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais ».
Évangile : Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain (Lc 24, 13-35).
Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain (Lc 24, 13-35).
Alléluia. Alléluia.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Alléluia. (Ps 117, 24)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35).
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
13 deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
14 et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
15 Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
17 Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
18 L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
19 Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
20 comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
21 Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
22 À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
23 elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
25 Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
26 Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
27 Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.
28 Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
29 Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.
30 Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
32 Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
33 À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
34 « Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
35 À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion du 3e dimanche de Pâques, année A.
POURQUOI FALLAIT-IL ?
Vous avez remarqué certainement le parallèle (on dit « l’inclusion ») entre les deux formules « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (verset 16) et « alors leurs yeux s’ouvrirent » (verset 31) ; ce qui veut dire que les deux disciples d’Emmaüs sont passés du plus profond découragement à l’enthousiasme simplement parce que leurs yeux se sont ouverts. Et pourquoi leurs yeux se sont-ils ouverts ? Parce que Jésus leur a expliqué les Écritures. « Partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait ». J’en déduis que Jésus-Christ est au centre du projet de Dieu qui se révèle dans l’Écriture.
Il ne faudrait pas réduire pour autant l’Ancien Testament à un faire-valoir du Nouveau. Lire les prophètes comme s’ils n’annonçaient que la venue historique de Jésus-Christ, c’est trahir l’Ancien Testament et lui enlever toute son épaisseur historique. L’Ancien Testament est le témoignage de la longue patience de Dieu pour se révéler à son peuple et le faire vivre dans son Alliance. Les paroles des prophètes, par exemple, sont d’abord valables pour l’époque où elles ont été prononcées.
Il ne faut pas oublier non plus que la lecture qui consiste à considérer Jésus-Christ comme le centre de l’histoire humaine et donc aussi le centre de l’Écriture est une lecture « chrétienne », les Juifs en ont une autre… Nous sommes d’accord entre Juifs et chrétiens pour invoquer le Dieu Père de tous les hommes et lire dans l’Ancien Testament la longue attente du Messie. Mais n’oublions pas que la reconnaissance de Jésus comme Messie n’est pas une évidence ! Elle le devient pour ceux dont les yeux « s’ouvrent » d’une certaine manière. Et alors leur cœur devient « tout brûlant » comme celui des disciples d’Emmaüs.
On aimerait connaître évidemment la liste des textes que Jésus a parcourus avec les deux disciples d’Emmaüs ! À la fin de ce parcours biblique avec eux, Jésus conclut : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Je m’arrête sur cette formule qui représente une vraie difficulté pour nous : car elle se prête à deux lectures possibles :
Première lecture possible : « Il fallait que le Christ souffrît pour mériter d’entrer dans sa gloire ». Comme si il y avait là une exigence de la part du Père. Mais cette lecture est une « tentation » qui trahit les Écritures ; elle présente la relation de Jésus à son Père en termes de « mérite », ce qui n’est nullement conforme à la révélation de l’Ancien Testament et que Jésus a développée : que Dieu n’est que Amour et Don et Pardon. Avec Lui, il n’est pas question de balance, de mérite, d’arithmétique, de calcul. Il est vrai que le Nouveau Testament parle souvent de l’accomplissement des Écritures, mais ce n’est pas dans ce sens-là, nous y reviendrons tout à l’heure.
LE PLUS GRAND AMOUR EST CELUI QUI VA JUSQU’AU BOUT
Alors il y a une deuxième manière de lire cette phrase « Il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire » : la gloire de Dieu, c’est sa présence qui se manifeste à nous ; or Dieu est Amour. On pourrait donc transformer la phrase en « Il fallait que le Christ souffrît pour que l’amour de Dieu soit manifesté, révélé ».
Or, je crois que Jésus a donné lui-même d’avance l’explication de sa mort lorsqu’il a dit à ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». C’est-à-dire, il fallait que l’amour aille jusque-là, jusqu’à affronter la haine, l’abandon, la mort pour que vous découvriez que l’amour de Dieu est « le plus grand amour ».
Pour que nous découvrions jusqu’où va l’amour de Dieu, qui est tellement au-dessus de nos amours humaines, tellement impensable, au vrai sens du terme, il fallait qu’il nous soit révélé… et pour qu’il nous soit révélé, il fallait qu’il aille jusque-là.
« Il fallait » ne veut donc pas dire une exigence de Dieu mais une nécessité pour nous. Dire que les événements de la vie de Jésus « accomplissent les Écritures »1, c’est dire que sa vie tout entière est révélation en actes de cet amour du Père, quelles que soient les circonstances, y compris la persécution, la haine, la condamnation, la mort.
La Résurrection de Jésus vient authentifier cette révélation que l’amour est plus fort que la mort.
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Note
1 – Ce thème de l’accomplissement des Écritures est très fréquent dans le Nouveau Testament, à commencer par cette phrase de Paul : « Lorsqu’est venue la plénitude des temps » (Ga 4,4 ; cf commentaire pour la Fête de sainte Marie, Mère de Dieu, le 1er janvier).
Autres commentaires, homélies, méditations, prédications, etc.
Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.
Commentaire de saint Augustin, dans Évangile-et-Parole-du-Jour, pour Cathoglad.
Homélie de Mgr Michel Aupetit.
Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.
Homélie du frère Thibaut du Pontavice, dans l’église de Cancale, le
Homélie du frère Thibaut du Pontavice à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes le
Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? »
Homélie de , pour le Jour-du-Seigneur, le
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie prononcée par le père Achille José Bessala Nkomo FM, pour Magnificat-TV.
Commentaires de Parole-et-Évangile-du-Jour, sur la chaîne chrétienne Media-Christa.
Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.
Homélie du père Gilles.
Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes).
Commentaires de padre Joseph.
Homélie à Notre-Dame de Paris.
Homélie de à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, le.
Homélie de , à la grotte de Massabielle, à Lourdes, le .
Homélie à la basilique du Sacré-Cœur, à Paris.
Homélie du père , à Notre-Dame du Laus.
Homélie de à Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille).
Homélie du père Sylvestre Beladjolo, FM, des Franciscains-de-Marie, pour Magnificat-TV, le .
Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
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Aujourd’hui Seigneur, à travers les disciples d’Emmaüs, tu me donnes deux nouvelles clés pour te voir dans ma vie. Sans ces clés précieuses, je suis condamné à être empêché de te voir, incapable de te reconnaître, incapable d’être témoin de ta résurrection, incapable d’annoncer la bonne nouvelle de ta vie éternelle plus forte que toutes les morts quotidiennes.
Tu m’invites tout d’abord à vivre en ta présence à travers la scrutation, la méditation, la lecture, la proclamation de la Bible, car tous les livres de cette bibliothèque parlent de toi. Si je veux apprendre à te connaître, ou à mieux te connaître encore, je dois me mettre au contact du texte biblique, de ta Parole.
La Bible n’est donc pas réservée à une élite, elle est offerte à quiconque veut te connaître, vivre en ta présence.
Et puis, l’autre recommandation pour te retenir, pour te garder dans ma vie, c’est de te re – connaître à la fraction du pain, c’est-à-dire, en vivant la communion à ton corps et à ton sang, participer à l’eucharistie, aller à la messe.
Célébrer ta parole, communier à ton corps et à ton sang sont les deux secrets que tu me partages aujourd’hui à travers les disciples d’Emmaüs.
Pour clore cette méditation, j’ai la joie de vous faire découvrir la mise en chant de cet évangile des disciples d’Emmaüs.
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
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