Lectures du 27e dimanche du temps ordinaire, année A, commentées. 4 octobre 2026.

Lectures du 27e dimanche du temps ordinaire, année A, commentées. 4 octobre 2026.

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Codex Aureus Epternacensis, scène: « Les vignerons homicides », Folio 77 recto.
Peint vers 1035-1040 par le Maître du Codex Aureus Epternacensis.
Enluminure, école de Reichenau sous l’abbé Humbert von Echternach (1028-1051).
Musée national allemand à Nuremberg.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la (conscience et de la) liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.
1ère lecture : « La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 1-7).
« La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 1-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 5, 1-7).

1  Je veux chanter pour mon ami
    le chant du bien-aimé à sa vigne.
   

    Mon ami avait une vigne
    sur un coteau fertile.
2  Il en retourna la terre, en retira les pierres,
    pour y mettre un plant de qualité.
    Au milieu, il bâtit une tour de garde
    et creusa aussi un pressoir.
    Il en attendait de beaux raisins,
    mais elle en donna de mauvais.

3  Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda,
    soyez donc juges entre moi et ma vigne !
4  Pouvais-je faire pour ma vigne
    plus que je n’ai fait ?
    J’attendais de beaux raisins,
    pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?
5  Eh bien, je vais vous apprendre
    ce que je ferai de ma vigne :
    enlever sa clôture
    pour qu’elle soit dévorée par les animaux,
    ouvrir une brèche dans son mur
    pour qu’elle soit piétinée.
6  J’en ferai une pente désolée ;
    elle ne sera ni taillée ni sarclée,
    il y poussera des épines et des ronces ;
    j’interdirai aux nuages
    d’y faire tomber la pluie.

7  La vigne du SEIGNEUR de l’univers,
    c’est la maison d’Israël.
    Le plant qu’il chérissait,
    ce sont les hommes de Juda.
    Il en attendait le droit,
    et voici le crime ;
    il en attendait la justice,
    et voici les cris.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

UNE CHANSON DE VENDANGES DEVENUE CHANT DE NOCES

Cela commence comme une chanson de vendanges : « Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. » 

La vigne, en Israël, est chose précieuse ! Et tout le monde sait quels soins patients et attentifs elle requiert de la part du vigneron. Si bien qu’une chanson de vendanges vantant la sollicitude du vigneron était devenue une chanson de noces : on invitait le jeune époux à prodiguer autant de soins à son épouse.

LES NOCES, IMAGE DE L’ALLIANCE ENTRE DIEU ET SON PEUPLE

Le prophète Isaïe, à son tour, reprend la même chanson, mais cette fois pour parler de l’Alliance entre Dieu et Israël. De la chanson de vendanges devenue chant de noces, il a tiré une véritable parabole. Ses auditeurs ne s’y tromperont donc pas, il ne s’agit pas d’une simple chanson de vendanges, ni même de fête de mariage !

D’ailleurs, c’est le prophète lui-même qui déchiffre la parabole. « La vigne du SEIGNEUR de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda ». Quant aux fruits, Isaïe est tout aussi clair : le bon raisin attendu, c’est le droit et la justice ; le mauvais raisin, c’est ce qu’il appelle « le crime et les cris ».

LES MAUVAIS FRUITS DE CETTE VIGNE

Dans la suite de ce chapitre, il précise ses reproches : « Malheureux, vous qui ajoutez maison à maison, qui joignez champ à champ, jusqu’à occuper toute la place et habiter, seuls, au milieu du pays ! » C’est la recherche égoïste de l’argent et de la propriété qui est visée ici. Et cette insouciance des riches pour le malheur des pauvres qui caractérise souvent les périodes prospères : « Malheureux, ceux qui, dès le petit matin, courent après la boisson forte et que le vin échauffe encore, tard dans la soirée !…Ce ne sont que cithares et harpes, tambourins et flûtes, et vin pour leurs beuveries. Mais sur l’œuvre du SEIGNEUR ils n’ont pas un regard ; ce qu’il fait de ses mains, ils ne le voient pas. » (Is 5,8.11-12).

Il y a  pire encore, c’est la perte de toute moralité et la perversion de la justice : « Malheureux, ces gens qui déclarent bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui rendent amer ce qui est doux et doux ce qui est amer !… Ils acquittent le coupable contre un cadeau (autrement dit, les juges se font acheter), ils privent les innocents de leur justice ! (Is 5,20.23).

Que fait le vigneron mal récompensé de ses efforts ? Il finit par admettre que la terre est trop mauvaise et il abandonne l’entreprise. Le beau carré bien ordonnancé sera vite redevenu un terrain vague où pousseront des épines et des ronces, comme dit Isaïe.

C’est toujours la même leçon : dès qu’on s’éloigne de la fidélité aux commandements, on fait fausse route et le peuple créé pour que tous ses membres soient heureux et libres, devient le règne de tous les égoïsmes et de tous les vices ; et cela se termine toujours mal. Tout comme un beau carré de vigne laissé à l’abandon devient la proie des bêtes sauvages.

LA COLÈRE DU VIGNERON

Ce qui est troublant, une fois de plus, dans ce message du prophète c’est qu’Isaïe attribue à Dieu lui-même l’exercice du châtiment : le vigneron de la parabole d’Isaïe ne se contente pas de laisser faire le cours des choses ; c’est lui-même qui enlève la clôture et ouvre une brèche dans le mur pour que la vigne soit piétinée et dévorée par les animaux…

En réalité, comme dimanche dernier, avec le prophète Ézéchiel, nous sommes à une étape de la pédagogie de Dieu. Avec Isaïe, nous sommes même avant Ézéchiel, donc à une époque où l’on dit volontiers que Dieu punit nos mauvaises actions ; à une époque surtout où on n’est pas débarrassé de l’idolâtrie : et donc pour le prophète, il s’agit avant tout d’affirmer qu’il n’existe qu’une puissance au monde ; aucune autre divinité n’est à craindre. Dans tout ce qui nous arrive, c’est vers le Dieu d’Israël qu’il faut se tourner. Lui, le Saint d’Israël, est totalement étranger à toutes les bassesses et les injustices des hommes. Ceux-ci n’ont donc aucune chance de survie s’ils ne changent pas de vie.

Là Isaïe fait la grosse voix, pourrait-on dire, mais n’oublions pas que le même Isaïe, plus tard, quand il faudra remonter le moral des troupes, reprendra son chant de la vigne avec d’autres couplets : « Ce jour-là, chantez la vigne exquise ! Moi, le SEIGNEUR, j’en suis le gardien ; je l’arrose en temps voulu. De peur qu’on ne la visite, je la garde nuit et jour. Je ne suis plus en fureur. » (Is 27,2-4a).

Notre  chance à nous, deux mille cinq cents ans plus tard, c’est de savoir que Dieu n’est jamais en fureur !

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COMPLÉMENTS

– À propos de la vigne : entendons-nous bien, quand on pense à la vigne, il ne s’agit pas d’un seul pied, mais d’un carré de vigne : ce qui veut dire déjà un lopin de terre bien à soi. Puisqu’elle exige des soins constants, elle signifie culture, installation ; tout le monde se souvient de Noé, le premier vigneron. La vigne est le premier arbre cultivé, premier signe de civilisation après le déluge : Gn 9,20-22 ; cela veut dire aussi période de paix, où l’on est assuré de pouvoir travailler sa terre encore le lendemain.

Pendant toute la traversée du désert, évidemment, il n’était pas question de vigne et c’est l’un des reproches que l’on fait à Moïse, justement, quand on perd le moral : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte, et nous avoir amenés dans ce lieu de malheur où l’on ne peut rien semer, où il n’y a ni figuiers, ni vignes, ni grenadiers, et même pas d’eau à boire ! » (Nb 20,5).

À l’inverse, lorsque Moïse organisa une première mission de reconnaissance dans la terre de Canaan que Dieu lui avait promise, les explorateurs furent aussitôt impressionnés par la richesse des vignobles ; c’était la saison des premiers raisins. « Ils allèrent jusqu’à la vallée d’Eshkol où ils coupèrent un sarment et une grappe de raisin. Ils la portaient à deux au moyen d’une perche. Ils avaient aussi cueilli des grenades et des figues. » (Nb 13,23). Désormais, quand on veut parler d’une période de bonheur et de prospérité, on dit : « Juda et Israël habitèrent en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier, de Dane jusqu’à Bershéba, durant toute la vie de Salomon » (1 R 5,5 ). De même, quand on parle du règne de Dieu dans l’avenir, le règne de la paix et de la justice, on dit : « Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Chacun pourra s’asseoir sous sa vigne et son figuier » (Mi 4,4).

– Isaïe 5,6 : « Il y poussera des épines et des ronces » : « Il arrivera, en ce jour-là, que tout lieu planté de mille vignes et valant mille pièces d’argent ne sera que des épines et des ronces. On y viendra avec un arc et des flèches ; oui, tout le pays ne sera que des épines et des ronces. » (Isaïe 7,23-24). On ne peut pas s’empêcher de penser aux épines et aux chardons qui envahissent le sol après la faute d’Adam. (Gn 3,18).

– En Israël, la métaphore de la vigne va très loin : dans certains textes bibliques, le pressoir est présenté comme une image du jugement.

 

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

PSAUME

Psaume 79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20

R/ La vigne du Seigneur de l’univers,
c’est la maison d’Israël.
(cf. Is 5, 7a)

9    La vigne que tu as prise à l’Égypte,
      tu la replantes en chassant des nations.

12  Elle étendait ses sarments jusqu’à la mer,
      et ses rejets, jusqu’au Fleuve.

13  Pourquoi as-tu percé sa clôture ?
      Tous les passants y grappillent en chemin ;
14  le sanglier des forêts la ravage
      et les bêtes des champs la broutent.
     

15  Dieu de l’univers, reviens !
      Du haut des cieux, regarde et vois :
      visite cette vigne, protège-là,
16  celle qu’a plantée ta main puissante.

19  Jamais plus nous n’irons loin de toi :
      fais-nous vivre et invoquer ton nom !
20  SEIGNEUR, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ;
      que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

Psaume extraits des « Psaumes des dimanches et fêtes de l’année A, musique de Barbara Delattre », chantés par Sœur Agathe et le chœur ADF. Merci et bravo à toutes ces personnes !

Version de Thomas Ospital.

Version de Michel Wackenheim.

Version de Jean-Paul Lécot (avec acclamation de l’évangile).

Version de Jean-Pascal Hervy.

Version de Grazia Previdi, par GPS-Trio.

Version d’André Gouzes.

Version de Sœur Marie Thao Lien sur UyenChi-Channel.

Version de Metjp.

Version de Moulon Art.43

Version du père Louis Groslambert, pat le chœur Orphée.

Version de Georges Djesmy MAMBU par la chorale Mater-Dei de la cathédrale de Boma (RDC), sur la chaîne MBG-PRODUCTION-Officiel.

Version de Charles-Éric Hauguel, aux éditions de l’Emmanuel, sur la chaîne d’Alain Dumont.

Version d’Alain Hounzavi pour Verbum Vivum.

Version de ManuPinto.

Version de instrumentale de ManuPinto, d’après Richard Vidal.

Version de Claudine Naze pour EffataSaintMarc.

Version de la chorale de Maniron.

Version de Psaumes-du-Dimanche.

Version d’OL pour Louange-&-Liturgie.(partition disponible sur demande à gml.ablis@gmail.com).

Version de  Jean-Luc Ponzio, pour Laudate Pop Liturgie.

Version de Richard Vidal, sur la chaîne de Wendy Wank.

Version d’Yves Lafargue.

Version de NDML.

Version de Claire Lauvergne, à 3 voix égales.

Version de l’ensemble vocal Dédicace.

Version de l’ensemble vocal Resurrexit, dirigé par Étienne Uberall, pour la chaîne Chantons-Dieu!

Version(s) de Cathoglad.

Version de SDM-Music.

Version de Matinées-Chantantes.

Version de JFD trouvée sur  » Un dimanche, un psaume « . Partition sur le site https://www.sos-messe.fr/ .

Version trouvée sur la chaîne de Robert Laurin. Chantée par le chœur de l’abbaye Notre-Dame-de Tamié ?

Version de #bible.

Version sur la chaîne « Chants-et-Textes-Liturgiques« .

Version sans refrain, trouvée sur la chaîne Liturgie-des-Heures.

Version de Daniel Pialat.

Version du frère Lévi MISAMBO MOSENGO, Missionnaire Clarétain (CMF).

Version sur la chaîne SMA-TOGO-TV.

Version de la chorale Marie-Reine-des-Apôtres MCNDA (Mission Catholique Notre-Dame-d’Afrique) Montréal.

Version de la chaîne L’ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST.

Version d’Adrien Cavarec (chœur dirigé par Oriane R.), sur la chaîne Homélies-du-Dimanche.

Version d’Étienne Durier.

Version de la chaîne Worship-and Meditation-Lounge.

Version sur la chaîne DIEU-SAUVE.

Version de Lana.

Version de Claudine Naze, sur la chaîne EffataSaintMarc.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

LA VIGNE DE DIEU C’EST ISRAËL

Pour qui a entendu le chant de la vigne d’Isaïe, dans la première lecture de ce vingt-septième dimanche, ce psaume en est l’écho parfait. Le thème est le même : Israël est comparé à une vigne dont Dieu est le vigneron. Celui-ci a fait pour sa vigne tout ce qu’un vigneron peut faire ; il l’a soignée, protégée, gardée… hélas, la vigne n’a rien donné : « Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais » (Is 5,1-2).

On connaît la fin de la chanson : le vigneron se met en colère : « Je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie » (Is 5,5-6).

L’HISTOIRE DE CETTE VIGNE, C’EST L’HISTOIRE D’ISRAËL

 Visiblement la métaphore de la vigne était parfaitement comprise quand on chantait ce psaume au Temple de Jérusalem, car les malheurs d’Israël sont exprimés avec les mêmes images. Par exemple, on dit à Dieu : « Pourquoi as-tu percé sa clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ; le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent ». Traduisez, nous sommes en période d’occupation étrangère ; les bêtes féroces, ce sont les ennemis du moment. Dans un autre verset, on dit encore « La voici détruite, incendiée » et aussi : « Tu fais de nous la cible des voisins : nos ennemis ont vraiment de quoi rire ! »

De quels ennemis s’agit-il précisément ? On ne peut pas le dire. Malheureusement, toutes les guerres et toutes les occupations étrangères, où que ce soit à la surface du globe, apportent avec elles le même cortège d’atrocités et de malheur ; une autre phrase dit encore : « Vas-tu longtemps encore opposer ta colère aux prières de ton peuple, le nourrir du pain de ses larmes, l’abreuver de larmes sans mesure ? » Cela ne suffit pas pour situer les circonstances concrètes qui ont inspiré cette supplication ; il est donc impossible de savoir quand ce psaume a été écrit ; est-ce au moment où la grande puissance assyrienne envahissait toute la région, en commençant par le royaume du Nord ? Cela nous reporterait bien avant l’Exil à Babylone, entre le neuvième et le septième siècles av. J.-C. (puisque la capitale du royaume du Nord, Samarie, a été écrasée en 721). Est-ce bien plus tard, après la prise de Jérusalem par Babylone, c’est-à-dire au sixième siècle ? Et il y a encore d’autres hypothèses possibles. De toutes manières, quelles que soient les circonstances concrètes dans lesquelles est né ce psaume, le peuple d’Israël a pu le redire à nouveau à plusieurs reprises. (Et, aujourd’hui, à la surface du globe, nous connaissons plusieurs peuples qui pourraient le réinventer pour leur propre compte).

LA COMPOSITION TRÈS SOIGNÉE DE CE PSAUME

Lorsqu’on lit ce psaume en entier, il se présente comme un cantique composé de quatre couplets et quatre refrains ; les couplets disent l’histoire d’Israël : vigne choisie par Dieu, et prise à l’Égypte ; autrement dit le peuple que Dieu s’est choisi, qu’il a rassemblé, libéré de l’esclavage en Égypte et fait entrer dans la Terre Promise : « La vigne que tu as prise à l’Égypte, tu la replantes en chassant des nations. Tu déblaies le sol devant elle, tu l’enracines pour qu’elle emplisse le pays »… Et maintenant c’est la désolation, le pain des larmes.

Le refrain c’est la phrase : « Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ». L’expression « fais-nous revenir » est typique des célébrations pénitentielles : le mot « revenir » signifie « se convertir », faire demi-tour. Car on sait bien que si la vigne a donné de mauvais fruits, ce n’est pas de la faute du vigneron ; les prophètes l’avaient assez dit, Isaïe entre autres ! Les bons fruits que Dieu attendait, c’étaient le droit et la justice ; comme le dit Michée dans une phrase superbe : « Homme, on t’a fait connaître ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR réclame de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu » (Mi 6,8).

Ils avaient beau être prévenus, les croyants, libérés par le Dieu qui veut l’homme libre, ils ont pourtant écrasé le pauvre et réduit le frère à l’esclavage. Ils n’ont pas cultivé la justice, ils ont cultivé la richesse égoïste.

DIEU DE L’UNIVERS, REVIENS !… FAIS-NOUS REVENIR

Le refrain est donc une demande de pardon. Ce qui est remarquable, c’est que la formule oscille entre « Dieu de l’univers, reviens ! » et « Dieu de l’univers, fais-nous revenir ! » Quand on supplie Dieu de revenir en disant « Dieu, reviens », on sous-entend « reviens nous sauver » : évidemment, on sait bien qu’il ne s’est pas éloigné ; mais c’est un appel au secours ; la deuxième formule « Dieu de l’univers, fais-nous revenir » dit bien que la conversion est à la fois œuvre de Dieu et œuvre de l’homme, c’est le demi-tour de l’homme retourné par l’Esprit de Dieu.         

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NOTES

– On peut être heurté dans ce psaume par l’image qu’il nous donne d’un Dieu qui punit : ici, comme dans le texte d’Isaïe, c’est bien le vigneron qui a volontairement livré la vigne aux bêtes sauvages. Mais il faut se rappeler que la découverte de Dieu est progressive au long de l’histoire biblique et que ce psaume reflète l’état de la réflexion théologique à l’époque où il a été écrit : à cette époque-là, on considère que tout vient de Dieu : si on lui attribue le bonheur, il faut bien lui attribuer aussi le malheur ; ce n’est que très tardivement dans l’histoire de l’Ancien Testament que cette conception sera abandonnée.

– La partie centrale du livre de Job reflète un état plus tardif de la réflexion d’Israël et l’abandon de la logique de rétribution (punition : nos malheurs seraient des châtiments) ; mais on n’a pas encore, même à cette étape, abandonné l’idée que Dieu commande tous nos bonheurs et tous nos malheurs. C’est ce qui est affirmé dans le Prologue mais que la suite du livre ne dément pas : « Le SEIGNEUR a donné, le SEIGNEUR a ôté ; que le nom du SEIGNEUR soit béni ! (Job 1,21)… Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l’accepterions-nous pas aussi ? » (Job 2,10).

– Il a fallu encore bien des siècles pour découvrir que Dieu respecte tellement la liberté humaine qu’il ne tire pas toutes les ficelles de l’histoire !

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« Mettez cela en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous » (Ph 4, 6-9)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (4, 6-9).

    Frères,
6  ne soyez inquiets de rien,
    mais, en toute circonstance,
    priez et suppliez, tout en rendant grâce,
    pour faire connaître à Dieu vos demandes.
7  Et la paix de Dieu,
    qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir,
    gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

8  Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble,
    tout ce qui est juste et pur,
    tout ce qui est digne d’être aimé et honoré,
    tout ce qui s’appelle vertu
    et qui mérite des éloges,
    tout cela, prenez-le en compte.
9  Ce que vous avez appris et reçu,
    ce que vous avez vu et entendu de moi,
    mettez-le en pratique.
    Et le Dieu de la paix sera avec vous.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

PARCE QUE LE SEIGNEUR DU BUISSON ARDENT EST PROCHE

« Ne soyez inquiets de rien », dit Paul et nous avons envie de lui répondre que ce n’est pas toujours facile ! Mais il faut relire le verset qui précède ce texte dans la lettre de Paul : « Le Seigneur est proche ». Voilà pour Paul la meilleure, et même la seule raison de rester sereins, quoi qu’il arrive… Derrière cette petite phrase (« Le Seigneur est proche »), il me semble qu’on peut entendre deux choses.

Premièrement, le Seigneur est proche de nous, cela on le sait depuis bien longtemps en Israël, depuis l’épisode du Buisson ardent : Dieu est proche de nous parce qu’il nous aime.

LE ROYAUME DE DIEU EST DEJÀ INAUGURÉ

Deuxièmement, le Seigneur est proche parce que les temps sont accomplis, parce que le Royaume de Dieu est déjà inauguré et que nous sommes dans les derniers temps ; on connaît cette autre phrase de Paul, « le temps est limité » ; elle traduit une expression empruntée au vocabulaire nautique : « Le temps a cargué ses voiles » (1 Co 7,29) : comme un bateau près d’entrer au port replie ses voiles (c’est le sens du mot « carguer »), de la même façon, l’histoire humaine est tout près du port.

Être chrétien, c’est être tendu vers cet accomplissement de l’histoire ; non seulement le Royaume s’est approché de nous en Jésus-Christ, (parce que le Royaume c’est Jésus-Christ présent en tous) mais mieux encore, il nous attire comme un aimant.

Le reste du texte en découle : puisque le Seigneur est proche, nous ne sommes inquiétés par rien ; on croit entendre ici l’écho de cette superbe leçon sur la prière chez saint Matthieu : « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?… Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6,25…34).

« NE SOYEZ INQUIETS DE RIEN »

Ce n’est pas de l’insouciance, c’est de la confiance, de la sérénité. « Ne soyez inquiets de rien »… puisque tout est déjà donné, il n’y a qu’à puiser : nous n’avons qu’à nous laisser emporter dans le torrent de la grâce. Prier, au fond, c’est se plonger dans le don de Dieu.

Alors nous comprenons pourquoi, dans la prière, supplication et action de grâce sont toujours liées ; c’est une caractéristique de la prière juive qui dit toujours en même temps « Tu es béni, Seigneur, toi qui nous donnes… s’il te plaît, donne-nous ». C’est logique d’ailleurs : si l’on prie Dieu c’est parce qu’on sait qu’il peut et qu’il veut notre bonheur… et qu’il y travaille sans cesse. Lui demander quelque chose, c’est, implicitement au moins, lui rendre grâce. C’est très exactement ce que dit Paul : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes ».

Mais, comme disait Jésus, « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur !’ qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 7,21).

Paul fait la même recommandation : « tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur… prenez-le en compte ». Il attache certainement une grande importance à cette pratique d’une vie droite puisqu’il la met exactement en parallèle avec la prière. Il commence par parler de la prière et il conclut « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. » Puis il parle du comportement des chrétiens pour terminer par la phrase « le Dieu de la paix sera avec vous ». Il me semble que ce parallélisme, certainement voulu, signifie qu’aux yeux de Paul, prière rime avec vie communautaire. En cela, d’ailleurs, il ne fait que reprendre la prédication des prophètes de l’Ancien Testament.

PRIÈRE RIME AVEC VIE COMMUNAUTAIRE

Pour revenir au Nouveau Testament, vous connaissez la phrase de Jésus dans l’évangile de Marc : « Quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez… » (Mc 11, 25) ; et saint Pierre fait les mêmes rapprochements : « La fin de toutes choses est proche. Soyez donc raisonnables et sobres en vue de la prière. Avant tout, ayez entre vous une charité intense. » (1 Pi 4,7-8).

À en croire Paul, la paix est donc au bout de ce chemin où vie de prière et valeurs communautaires marchent de pair : « Ne soyez inquiets de rien… priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes… et la paix de Dieu gardera vos cœurs et vos pensées »… « tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur… prenez-le en compte et le Dieu de la paix sera avec vous ».

Si nous prenons au sérieux cette insistance des Écritures sur le lien nécessaire entre la prière et l’amour fraternel, il y a là sans aucun doute une leçon pour nous : non seulement nos inquiétudes nous font oublier que Dieu nous aime, mais elles nous ferment le cœur… Si nous nous préoccupions moins de notre pain du lendemain, il y aurait du pain aujourd’hui pour beaucoup d’autres.

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)

Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (21, 33-43).

      En ce temps-là,
      Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
33  « Écoutez cette parabole :
      Un homme était propriétaire d’un domaine ;
      il planta une vigne, l’entoura d’une clôture,
      y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
      Puis il
il loua cette vigne à des vignerons,
      et partit en voyage.
34  Quand arriva le temps des fruits,
      il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
      pour se faire remettre le produit de sa vigne.
35  Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
      frappèrent l’un,
      tuèrent l’autre,
      lapidèrent le troisième.
36  De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
      plus nombreux que les premiers ;
      mais on les traita de la même façon.
37  Finalement, il leur envoya son fils,
      en se disant :
      ‘Ils respecteront mon fils.’
38  Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
      ‘Voici l’héritier :
      venez ! tuons-le,
      nous aurons son héritage !’
39  Ils se saisirent de lui,
      le jetèrent hors de la vigne
      et le tuèrent.
40  Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
      que fera-t-il à ces vignerons ? »
41  On lui répond :
      « Ces misérables, il les fera périr misérablement.
      Il louera la vigne à d’autres vignerons,
      qui lui en remettront le produit en temps voulu ».
42  Jésus leur dit : 
      « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
      La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
      est devenue la pierre d’angle :
      c’est là l’œuvre du Seigneur,
      la merveille devant nos yeux !

43  Aussi, je vous le dis :
      Le royaume de Dieu vous sera enlevé
      pour être donné à une nation
      qui lui fera produire ses fruits. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

LA PARABOLE DE LA VIGNE

On reconnaît tout de suite dans cette parabole de Jésus les emprunts qu’il fait au chant de la vigne du prophète Isaïe : « Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde ». Le propriétaire entoure sa vigne des mêmes soins que le vigneron d’Isaïe ; mais les similitudes s’arrêtent là. Dans l’évangile, la parabole prend un tour nouveau et propose donc une leçon nouvelle.1

Chez Isaïe, le propriétaire est en même temps le vigneron ; la vigne représente le peuple d’Israël, une vigne entourée de soins, mais décevante et qui ne donnait que des mauvais fruits.

Dans la parabole de Jésus, le propriétaire n’est pas le vigneron, il n’exploite pas directement sa vigne, il la confie à d’autres vignerons ; écoutons saint Matthieu : « Il la loua à des vignerons et partit en voyage ».

QUI EST LA VIGNE ? ET QUI SONT LES VIGNERONS ?

Quant à savoir qui est la vigne, et qui sont les vignerons, ce n’est pas clair. De deux choses l’une : première hypothèse, la vigne représente Israël, comme chez Isaïe, et les vignerons sont les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient la charge de la vigne, le peuple d’Israël, et ils l’ont mal guidé puisqu’ils ont maltraité tous les prophètes et, en définitive, ils sont en train de rejeter le Fils Bien-Aimé du Père.

Deuxième hypothèse, la vigne représente le Royaume de Dieu et les vignerons, c’est le peuple d’Israël tout entier, qui en avait reçu la charge. C’est cette deuxième hypothèse qui est probablement la bonne, puisque Jésus termine en disant : « Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ».

LE ROYAUME DE DIEU VOUS SERA ENLEVÉ

Cette dernière phrase de Jésus est terrible : « Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ». Faut-il en conclure que le peuple d’Israël serait rejeté ? Grave question qui a empoisonné le dialogue entre Juifs et chrétiens depuis vingt siècles ; et à laquelle s’affrontait déjà douloureusement saint Paul, le Juif, dans la lettre aux Romains. Sa conclusion était que, de manière mystérieuse, mais de manière certaine, Israël reste le peuple élu au service du monde parce que « Dieu ne peut pas se rejeter lui-même ».

D’autre part, il ne faut pas oublier qu’une parabole n’est jamais un verdict, mais un appel à la conversion ; il est vrai que d’une parabole à l’autre, dans cette dernière étape de la vie de Jésus, le ton monte, mais c’est parce que l’urgence de la reconnaissance du Messie se fait pressante. Nous sommes à la veille de la Passion. Il ne faut jamais perdre de vue que le souhait constant de Jésus est de sauver les hommes, non de les condamner ; et que, s’il guérit les aveugles de naissance, il désire plus encore guérir ses compatriotes de leur aveuglement. On a donc là une ultime tentative de Jésus pour alerter les Pharisiens ; ses paroles sont sévères, mais elles ne constituent pas un jugement définitif.

Il ne s’agit en aucun cas d’un jugement sans appel du peuple juif dans son ensemble ni même de ses chefs ; ce serait contraire à tout l’Évangile. D’ailleurs l’annonce la plus importante ce n’est pas que le Royaume leur soit enlevé : ce qui compte c’est que, malgré les obstacles dressés par les hommes, le Royaume produise son fruit. Ce n’est pas le vigneron qui compte, c’est le raisin.

LA PIERRE REJETÉE PAR LES BÂTISSEURS

Mais surtout c’est le commentaire de Jésus qui nous donne la clé de la parabole : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. C’est là l’œuvre du SEIGNEUR, la merveille devant nos yeux ! » Dieu est un habitué de ces renversements de situation. Déjà, au livre de la Genèse, les fils de Jacob avaient dit à propos de leur frère Joseph « voilà le Bien-Aimé, tuons-le »… ils n’imaginaient pas que celui qu’ils voulaient supprimer était celui qui allait les sauver, eux et tout le peuple (Gn 37,20). D’une certaine manière, Jésus annonce ici sa Résurrection : lui, la pierre rejetée deviendra la clé de voûte de l’édifice ; traduisez le nouveau peuple, ce seront tous ceux qui se rassembleront autour de lui, quelle que soit leur origine. Et nul n’en est exclu : tous les vignerons sont englobés dans la phrase de Jésus sur la croix « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

———————————————————————————————————————————-

NOTE

1 – Cela veut dire que Jésus a bien repris le thème de la parabole de la vigne chez Isaïe, mais en a modifié le symbolisme, ce qui est une manière très habituelle chez les auteurs bibliques. Il suffit de voir comment les métaphores bibliques (comme celle de la pierre angulaire, par exemple) évoluent d’un auteur à l’autre.

COMPLÉMENTS

– Le jugement que Jérémie portait déjà sur le peuple d’Israël peut nous éclairer : « Le jour où je les fis sortir (vos pères) du pays d’Égypte… voici l’ordre que je leur ai donné : ‘Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux.’ Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères. Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas. Alors, tu leur diras : ‘Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du SEIGNEUR son Dieu, et n’a pas accepté de leçon !’ La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche. » (Jr 7,22-28)

– Matthieu écrit son évangile à la fin du premier siècle, à une époque où le refus des Juifs de reconnaître le Messie a favorisé l’entrée des païens dans l’Église ; il n’est donc pas étonnant de trouver dans des textes de cette période une pointe polémique contre ceux qui ont poussé le peuple juif à refuser le Christ.

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.

Homélie/méditation du père Julien Fleury, pour Culture-Bible, le .

Commentaire de l’évangile du jour par le père Paul Dollié, pour Cathoglad, le 30 août 2026.

Homélie du père Dominique Dusang, à la Chapelle de l’Immaculée-Conception à Saint-Étienne, le .

Homélie de Mgr Michel Aupetit.

Homélie de l’abbé Guy Pagès.

Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Germain de Rennes, sur la chaîne Homélies-du-Dimanche, le dimanche 27 septembre 2026.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Méen de Cancale, sur la chaîne Homélies-du-Dimanche, le dimanche 8 octobre 2023.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Méen de Cancale, sur la chaîne Homélies-du-Dimanche, le dimanche 4 octobre 2020.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes, sur la chaîne Homélies-du-Dimanche, le 8 octobre 2017.

Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? ».

Homélie du père Achille José Bessala Nkomo, FM (Franciscains de Marie) pour Magnificat-TV.

Homélie du père Kolawole Chabi, OSA (Ordre de Saint-Augustin), sur sa chaîne Prédication-Louange-Adoration.

Homélie au Scolasticat Saint-Eugène-de-Mazenod/RDC, le 13 septembre 2020.

Homélie de l’abbé Donald Thomson, de l’église catholique à Magog, le .

Homélie prononcée par le chanoine Guy Balaes, en l’église Sainte-Gertrude à Lasne (diocèse de Malines-Bruxelles), pour « Le Jour-du-Seigneur », le 20 septembre 2026. Transcription écrite.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie de Mgr Sosthène Léopold BAYEMI MATJEI (diocèse d’Obala), le 4 octobre 2020.

Homélie du père Frédéric Kpoumie Peyou, cmf (missionnaire claretain) sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 20 septembre 2026.

Homélie du père Moïse Moumamassou, CMF, sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 7 septembre 2023.

Homélie du Fr. Dr. Biju Abraham M.S., le 6 septembre 2023.

Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.

Homélie du père Gilles Vadon.

Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes). 

Homélie à l’église de Belleville, pour la chaîne Homélies.

Homélie au sanctuaire de sainte Rita à Vendeville, le .

Homélie du père Jean Tardy, à la chapelle de l’Immaculée-Conception, à Saint-Étienne, pour Radio-Espérance.

Homélie du père Gabriel pour la chaîne « Un-Curé-vous-parle« .

Homélie pour Vie-Nouvelle.

Homélie pour Prédication-Louange-Adoration

Homélie à l’église de la Madeleine (Paris) le 6 octobre 2026.

Homélie de Mgr en la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, pour la fondation catholique Sel-et-Lumière-Média, le .

Homélie de padre Joseph : « De l’acédie à la joie ».

Commentaires de Joël Sérard.

Réflexions, commentaires homélitiques du père Christian Vermette, curé de la paroisse de Saint-Joseph-de-Chambly à Chambly, Québec, Canada, le 27 août 2023.

Homélie du père Patrick Mugisho, SJ, pour la chaîne Aime-et-Sois-Patient.

Homélie du frère Dominique Joseph, sur la chaîne de la Famille-de-Saint-Joseph, le 6 septembre 2017.

Homélie de padre Lesyr, le 2026.

Homélie du père Cyprien, à l’église Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villette (Paris, XIXe), le 13/09/2026.

Homélie du père Dominique Auzenet, de la paroisse Saint-Aubin (72), pour MissionWeb, le 24 septembre 2017.

Homélie du père Emmanuel de Boisbaudry, à la chapelle de l’Immaculée-Conception de Saint-Étienne, le 20 septembre 2020, pour Radio-Espérance.

Homélie du père Maurice Ruel, curé de la paroisse Saint-Stanislas, le 20 septembre 2011.

Homélie du père Michel Viot : « Le « oui » qui ment, le « non » qui disculpe ».

Homélie sur la chaîne Aime-et-sois-patient, le 4 octobre 2020.

Homélie du frère Innocent Bbetegan, op, sur la chaîne de la fraternité Saint-Dominique, à Abidjan, le 8 octobre 2023.

Homélie du père Luc-Franck JEAN-PIERRE, C.S.C Congrégation de la Sainte-Croix), le 8 octobre 2023.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
– – – –

Commentaire de Thierry Jallas. Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) : « L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

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