Lectures du jeudi de la 4e semaine du temps ordinaire, année paire. 5 02 2026

Lectures du jeudi de la 4e semaine du temps ordinaire, année paire. 5 02 2026

« … il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture… » (Mc 6, 8).
Image générée par IA.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Je m’en vais par le chemin de tout le monde. Sois fort, Salomon, sois un homme courageux ! » (1 R 2, 1-4.10-12)

Lecture du premier livre des Rois

1 Comme les jours de David approchaient de leur fin,
il exprima ses volontés à son fils Salomon :
2    « Je m’en vais par le chemin de tout le monde.
Sois fort, sois un homme courageux !
 3      Tu garderas les observances du Seigneur ton Dieu,
en marchant dans ses chemins.
Tu observeras ses décrets, ses commandements,
ses ordonnances et ses édits,
selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse.
Ainsi tu réussiras
dans tout ce que tu feras et entreprendras,
4   et le Seigneur réalisera cette parole qu’il m’a dite :
“Si tes fils veillent à suivre leur chemin
en marchant devant moi avec loyauté,
de tout leur cœur et de toute leur âme,
jamais tes descendants ne seront écartés
du trône d’Israël.”

10    David mourut,
il reposa avec ses pères,
et il fut enseveli dans la Cité de David.
11    Le règne de David sur Israël avait duré quarante ans :
il avait régné sept ans à Hébron,
et trente-trois ans à Jérusalem.
12    Salomon prit possession du trône de David son père,
et sa royauté fut solidement établie.

Cantique

Premier livre des Chroniques 29, 10, 11abc, 11de-12a, 12bcd

R/ Seigneur, c’est toi, le Maître de tout. (1 Ch 29, 12b)

10 Béni sois-tu, Seigneur,
Dieu de notre père Israël,
depuis les siècles et pour les siècles !

11 À toi, Seigneur, force et grandeur,
éclat, victoire, majesté,
tout, dans les cieux et sur la terre !

À toi, Seigneur, le règne,
la primauté sur l’univers :
12 la richesse et la gloire viennent de ta face !

C’est toi, le Maître de tout :
dans ta main, force et puissance ;
tout, par ta main, grandit et s’affermit.

Évangile

« Il commença à les envoyer en mission » (Mc 6, 7-13)

Alléluia. Alléluia.
Le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.
Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (6, 7-13).

     En ce temps-là,
7   Jésus appela les Douze ;
     alors il commença à les envoyer en mission deux par deux.
     Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
8   et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route,
     mais seulement un bâton
     pas de pain, pas de sac,
     pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
9   « Mettez des sandales,
     ne prenez pas de tunique de rechange. »
10 Il leur disait encore :
     « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison,
     restez-y jusqu’à votre départ.
11 Si, dans une localité,
     on refuse de vous accueillir et de vous écouter,
     partez et secouez la poussière de vos pieds :
     ce sera pour eux un témoignage. »
12 Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
13 Ils expulsaient beaucoup de démons,
     faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades,
     et les guérissaient.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 15e dimanche du temps ordinaire, année B, où l’extrait de l’évangile de Marc est le même qu’aujourd’hui.

* * * * *

CONSIGNES POUR MISSIONNAIRES

Voici les Douze au tout début de leur activité missionnaire : Jésus avait certainement formé depuis quelque temps déjà le projet de les envoyer ; puisque, dès le chapitre 3, Marc nous raconte qu’il les avait choisis dans ce but : « Il gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. » (3, 16-19). Depuis, ils l’ont suivi partout et ont reçu son enseignement. Ils ont été témoins de sa puissance : les premiers chapitres de Marc rapportent de nombreux miracles de toute sorte.

Avec le texte d’aujourd’hui, voici que Jésus les envoie à leur tour, munis eux aussi du pouvoir de chasser les démons : « Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer… Il leur donnait autorité sur les esprits impurs. » Il leur donne également trois consignes : aller deux par deux, n’emporter que le strict nécessaire, ne pas se laisser impressionner par la persécution inévitable, avec cette expression « secouer la poussière de ses pieds ».

Premièrement, aller deux par deux : cela semble une pratique habituelle de Jésus ; Marc en donne quelques exemples par la suite : par exemple, pour préparer l’entrée à Jérusalem : « Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, près de Bethphagé et de Béthanie, vers le mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez au village qui est devant vous… vous trouverez un ânon attaché… » (11, 1-2) ; même chose pour préparer la Pâque : « Il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme viendra à votre rencontre, portant une cruche d’eau… » (14, 13). Il y a là peut-être la trace de la coutume juive selon laquelle un témoignage n’était recevable que quand il était porté par deux personnes au moins : « C’est sur les déclarations de deux ou de trois témoins qu’on pourra instruire une affaire. » (Dt 19, 15).  L’évangélisation, elle aussi, est affaire de témoignage, elle n’est pas une affaire individuelle. Plus tard, les Apôtres garderont cette habitude : ainsi Pierre et Jean vont ensemble prêcher au temple de Jérusalem (Ac, 1) ; Paul et Barnabé font équipe longtemps en Syrie et en Asie Mineure (Ac 13-15) ; après leur séparation, Paul continue la mission avec Silas (Ac 16-17).

Deuxièmement, n’emporter que le strict nécessaire : « Il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Leurs seuls instruments doivent être ceux de la marche pour la mission. En entendant cette consigne, les apôtres ont probablement évoqué la marche de leurs pères dans la foi, la nuit de la fameuse Pâque de la sortie d’Égypte, « la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. » (Ex 12, 11). La longue marche de l’Église, peuple de Dieu, commence ici. Elle exige mobilité, disponibilité, liberté d’esprit.

Troisième consigne donnée par Jésus, ne pas se laisser impressionner par la persécution inévitable. D’après le récit de Marc, les apôtres viennent tout juste d’assister à l’échec de Jésus à Nazareth (6, 1-6) ; et, depuis le début de l’évangile, ils ont vu naître et grandir l’opposition des scribes et des pharisiens. Il semble bien que la persécution doive être de tout temps le lot des prédicateurs et des prophètes : la première lecture nous en donne un cuisant exemple avec Amos, renvoyé dans ses foyers au bout de quelques mois seulement de prédication (« Toi, le voyant, va-t-en d’ici » ; Am 7). On peut se demander pourquoi la persécution est inévitable, pourquoi « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison » comme l’a déclaré Jésus à Nazareth (6, 4) ; si l’évangélisation consiste à annoncer partout l’amour et le pardon de Dieu, pourquoi rencontre-t-elle tant d’oppositions ? Parce que nous avons la « nuque raide », comme disait Moïse ; parce que nous avons d’autres idées sur Dieu ; enfin, parce que nous avons le cœur endurci : or, si Dieu est amour et pardon, il va nous demander d’être à son image et donc nous remettre en question. C’est pour toutes ces mauvaises raisons que Jésus a été crucifié, et tant d’autres martyrisés à leur tour.

 

SECOUER LA POUSSIÈRE DE SES PIEDS

Face à ces refus, Jésus ne préconise pas la violence, ni le mépris évidemment ; mais la persévérance et la sérénité : « Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Soit dit en passant, c’est exactement ce qu’ont fait Paul et Barnabé à Antioche de Pisidie quand les choses se sont gâtées. (Ac 13, 51). Comment comprendre ce geste qui doit être pour les gens un « témoignage » ? C’est d’abord une manière de dire : nous respectons votre liberté, nous ne sommes pas venus chez vous pour prendre quoi que ce soit contre votre gré, fût-ce de la poussière. Saint Luc a cette formule : « Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le, le règne de Dieu s’est approché. » (Lc 10, 11).

C’est aussi une invitation à ne pas se laisser arrêter par les échecs, repartir le pied léger, quoi qu’il arrive.

Mais les apôtres, heureusement, ne rencontreront pas que de l’hostilité et des cœurs endurcis. La croissance irrésistible des communautés chrétiennes dès après la résurrection du Christ en est la preuve. Et les Actes des Apôtres rapportent les noms de nombreuses personnes qui ont ouvert leurs maisons aux prédicateurs de l’évangile. Dans ce cas-là, la recommandation de Jésus est simple : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. » Accepter l’hospitalité d’autrui, c’est l’honorer.

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 4′ 15 » à 8′ 30 ».

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 4’22 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Aujourd’hui Seigneur, tu envoies tes apôtres en mission pour annoncer que ton Royaume est tout proche et tu leur prescris de « ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. » (Mc 6, 7-13)

Cet évangile n’est pas une lecture distrayante, au cours de laquelle je découvrirais dans quelle galère tu as mis tes apôtres en les envoyant sans rien pour annoncer ton Royaume !

C’est moi que tu envoies aujourd’hui, là où je suis, pour annoncer aux gens qui m’entourent la conversion … comme au ski ! On va dans une direction et à un moment, on fait une conversion, on change de direction… de vie, parce que toi Seigneur tu entres dans notre histoire !

Tu m’as choisi comme domicile de ton amour, comme ton Royaume d’éternité ! C’est cette bonne nouvelle qu’il me faut annoncer aux autres en ne m’appuyant que sur un bâton ! Pour me soutenir dans la marche, pour m’éviter de trébucher, pour écraser la tête des serpents sur la route, pour me protéger des méchants. Il est celui grâce auquel la mer va s’ouvrir pour moi, le miracle de ta présence surviendra : ce bâton, c’est toi Seigneur, mon seul appui !

Tu ne veux pas que je prenne un sac avec plein d’affaires dedans, carnet d’adresses, connaissances, accointances, réseaux : je ne peux compter que sur toi, aucun soutien humain pour annoncer ta bonne nouvelle ! Tu ne veux pas non plus que je prenne du pain, pas de sécurité matérielle ou affective : je pars avec toi, et toi seul dans mon cœur, je m’entretiens avec toi, je t’invoque et tu m’aides, tu me précèdes pour annoncer ton Royaume là où tu auras prévu que je l’annonce !

Sois mon bâton aujourd’hui, « celui qui me guide » dans la mission, comme dit ce psaume mis en chanson.

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