Lectures du jeudi de Pâques, commentées. 09 04 2026

Lectures du jeudi de Pâques, commentées. 09 04 2026

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«  Apparition du Christ au cénacle », peint entre 1886 et 1894 par James Tissot (1836–1902). Brooklyn Museum – Gouache sur graphite sur papier vélin gris.
Le Christ apparaît à ses disciples au cénacle, la chambre haute où ils avaient partagé la dernière Cène. Exposant ses blessures éclatantes, Jésus se révèle à eux – pour leur plus grand plaisir et leur émerveillement – tandis que les serviteurs des disciples regardent à travers les rideaux avec étonnement.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la (conscience et de la) liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.
1ère lecture : « Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts » (Ac 3, 11-26)
« Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts » (Ac 3, 11-26)

Lecture du livre des Actes des Apôtres (3, 11-26).

     En ces jours-là,
11 l’infirme que Pierre et Jean venaient de guérir
     ne les lâchait plus.
     Tout le peuple accourut vers eux
     au Portique dit de Salomon.
     Les gens étaient stupéfaits.
12 Voyant cela, Pierre interpella le peuple :
     « Hommes d’Israël,
     pourquoi vous étonner ?
     Pourquoi fixer les yeux sur nous,
     comme si c’était en vertu de notre puissance personnelle
     ou de notre piété
     que nous lui avons donné de marcher ?
13 Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères,
     a glorifié son serviteur Jésus,
     alors que vous, vous l’aviez livré,
     vous l’aviez renié en présence de Pilate
     qui était décidé à le relâcher.
14 Vous avez renié le Saint et le Juste,
     et vous avez demandé
     qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.
15 Vous avez tué le Prince de la vie,
     lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
     nous en sommes témoins.
16 Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ :
     c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme
     que vous regardez et connaissez ;
     oui, la foi qui vient par Jésus
     l’a rétabli dans son intégrité physique,
     en votre présence à tous.
17 D’ailleurs, frères, je sais bien
     que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs.
18 Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé
     par la bouche de tous les prophètes :
     que le Christ, son Messie souffrirait.

19 Convertissez-vous et tournez-vous vers Dieu
     pour que vos péchés soient effacés.
20 Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur,
     et il enverra le Christ Jésus
     qui vous est destiné.
21 Il faut en effet que le ciel l’accueille
     jusqu’à l’époque où tout sera rétabli,
     comme Dieu l’avait dit par la bouche des saints,
     ceux d’autrefois, ses prophètes.
22 Moïse a déclaré :
     Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous,
     du milieu de vos frères, un prophète comme moi :
     vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira.
23 Quiconque n’écoutera pas ce prophète
     sera retranché du peuple.

24 Ensuite, tous les prophètes
     qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs,
     aussi nombreux furent-ils,
     ont annoncé les jours où nous sommes.
25 C’est vous qui êtes les fils des prophètes et de l’Alliance
     que Dieu a conclue avec vos pères,
     quand il disait à Abraham :
     En ta descendance seront bénies
     toutes les familles de la terre.

26 C’est pour vous d’abord
     que Dieu a suscité son Serviteur,
     et il l’a envoyé vous bénir,
     pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion du 3e dimanche de Pâques, année B.

Ce jour-là, le passage lu (Ac 3, 13-15.17-19) est constitué de 6 des 16 versets de la lecture d’aujourd’hui.

 

   En ces jours-là, devant tout le peuple,
     Pierre prit la parole :
     « Hommes d’Israël,
13 le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
     le Dieu de nos pères,
     a glorifié son serviteur Jésus,
     alors que vous, vous l’aviez livré ;
     vous l’aviez renié en présence de Pilate, qui était décidé à le relâcher,
     vous l’aviez rejeté.
14 Vous avez renié le Saint et le Juste
     et vous avez demandé
     qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.
15 Vous avez tué le Prince de la vie
     lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
     nous en sommes témoins.
17 D’ailleurs, frères, je sais bien
     que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs.
18 Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé
     par la bouche de tous les prophètes :
     que le Christ, son Messie, souffrirait.
19 Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu
     pour que vos péchés soient effacés. »
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LA GUÉRISON DE L’INFIRME DE LA BELLE PORTE

Pierre s’adresse à un public juif : « Hommes d’Israël ». Il leur parle comme à des frères, il dit « frères » d’ailleurs, mais en même temps on voit bien qu’il n’est plus tout à fait du même bord, si l’on peut dire ; il est clair qu’il a pris parti pour Jésus-Christ et il s’adresse à ceux qui sont responsables de sa mort, « responsables mais pas coupables », dirait-on aujourd’hui. Ce public auquel il s’adresse est certainement tout ouïe parce qu’il vient d’assister à quelque chose d’extraordinaire : nous sommes au Temple de Jérusalem, vers trois heures de l’après-midi, l’heure de la prière. À l’une des portes du Temple, celle qu’on appelle la Belle Porte, un infirme tendait la main aux passants, comme chaque jour, depuis des années ; parmi ces passants, se trouvaient Pierre et Jean ; et Pierre a dit au mendiant « De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, marche ! » Et, raconte Luc, prenant l’infirme par la main droite, Pierre l’a fait lever ; à l’instant même l’homme a senti ses pieds et ses chevilles s’affermir ; d’un bond, il était debout, lui qui n’avait jamais marché, et il est entré dans le Temple, en marchant, en bondissant plutôt, et en louant Dieu.

Évidemment, après une chose pareille, les spectateurs sont prêts à écouter les explications. Pierre improvise donc un discours : « Israélites, pourquoi vous étonner de ce qui vient d’arriver ? Et pourquoi nous regardez-vous comme des bêtes curieuses ? Ce n’est ni notre piété personnelle ni notre propre puissance qui ont fait ce miracle…  C’est Jésus lui-même qui l’a guéri. » Voilà donc le contexte dans lequel Pierre prend la parole : c’est une véritable plaidoirie ; pour lui, il s’agit de faire franchir à ses interlocuteurs une étape capitale dans la foi ; tous partagent la même foi dans le Dieu des Pères, tous attendent le Messie, tous connaissent les prophéties de l’Ancien Testament ; mais comment les convaincre que ces prophéties sont réalisées en Jésus-Christ ? Au fond Pierre essaie d’ouvrir les yeux des Juifs sur ce qu’on peut appeler une « erreur judiciaire ».

 

UNE ERREUR JUDICIAIRE

L’erreur, d’après Pierre, c’est d’avoir livré à tort un innocent à la justice, d’avoir fait grâcier un meurtrier, Barabbas, et obtenu la peine de mort contre l’innocent, tout cela par ignorance. L’erreur, c’est de n’avoir pas reconnu dans cet homme juste le Messie. Jésus lui-même l’a dit sur la croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34).

Il faut reconnaître qu’il y avait de quoi se tromper ; Jésus de Nazareth ne ressemblait guère au Messie qu’on attendait. Et sa mort même, sa déchéance plaidait contre lui ; sûrement, si Dieu était comme l’on croyait, il lui aurait évité de souffrir…

Pierre affirme tranquillement « Dieu avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes que son Messie souffrirait ». En fait, on ne trouve nulle part dans l’Ancien Testament une affirmation aussi claire du genre « le Messie de Dieu sera d’abord rejeté, injustement condamné, mais c’est comme cela qu’il sauvera l’humanité » ; on trouve beaucoup d’annonces du Messie sous les traits d’un roi qui libérera son peuple, d’un prêtre qui obtiendra le pardon des péchés, d’un prophète qui apportera le salut de Dieu, d’un Fils de l’homme victorieux de toutes les forces du mal ; mais dans toutes ces annonces, on entend surtout un langage de victoire ; restent les fameux chants du Serviteur et en particulier le chant du Serviteur souffrant dans le livre d’Isaïe, mais, visiblement, ils n’inspiraient guère les chefs des prêtres à l’époque de Jésus. Bien sûr, après coup, pour ceux qui ont été témoins de la résurrection du Christ, pour ceux dont le cœur a été « ouvert à l’intelligence des Écritures », comme dit ailleurs saint Luc, tout est lumineux ; ils relisent les prophéties d’Isaïe et ils redécouvrent ces fameux textes qui présentaient le Messie sous les traits d’un Serviteur innocent mais persécuté et finalement mis à mort avant d’être glorifié par Dieu, et ils les relisent comme une annonce des souffrances et de la glorification de Jésus.

 

LE SERVITEUR SOUFFRANT ANNONCÉ PAR ISAÏE

Le quatrième chant du Serviteur, en particulier, s’applique parfaitement à la Passion du Christ : « Il n’avait ni aspect, ni prestance tels que nous le remarquions, ni apparence telle que nous le recherchions. Il était méprisé, laissé de côté par les hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, tel celui devant qui on cache son visage ; oui, méprisé, nous ne l’estimions nullement. En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées, et nous, nous l’estimions frappé par Dieu et humilié… Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent : elle est muette ; lui n’ouvre pas la bouche. Sous la contrainte, sous le jugement, il a été enlevé… Il a été retranché de la terre des vivants… »

Ce texte dit aussi la glorification du Serviteur souffrant : « Voici que mon Serviteur triomphera, il sera haut placé, exalté, élevé à l’extrême. De même que les foules ont été horrifiées à son sujet, de même à son sujet des foules de nations vont être émerveillées… Sitôt reconnu comme juste, il dispensera la justice, lui, mon Serviteur, au profit des foules… » (Is 53,2… 11).

On voit bien l’importance qu’un tel texte a pu prendre pour les premiers chrétiens dans leur méditation sur le mystère du Christ. Et c’est à cette découverte-là que Pierre veut amener les Juifs aux quels il adresse son discours ; et il leur dit en substance : « rien n’est jamais perdu ; il est toujours temps de réparer une erreur judiciaire, de réhabiliter un innocent ; et la merveille de la miséricorde de Dieu, c’est qu’elle s’applique à vous, justement, la prière du Christ : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. Je sais bien que vous agi dans l’ignorance, vous et vos chefs… Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés ».

PSAUME

Psaume 8, 4-5, 6-7, 8-9

R/ Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom,
par toute la terre ! ou : Alléluia !
(Ps 8, 2)

4 À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
   la lune et les étoiles que tu fixas,
5 qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
   le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?

6 Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
   le couronnant de gloire et d’honneur ;
7 tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
   tu mets toute chose à ses pieds.

8 Les troupeaux de bœufs et de brebis,
   et même les bêtes sauvages,
9 les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
   tout ce qui va son chemin dans les eaux.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion de la solennité de la Sainte-Trinité.

Ce jour-là, l’extrait lu est identique à celui d’aujourd’hui.

 

AU SEIN DE L’IMMENSITÉ DU MONDE

« À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas… » Peut-être sommes-nous dans le cadre d’une célébration de nuit ; hypothèse tout à fait vraisemblable, puisque le prophète Isaïe fait parfois allusion à des célébrations nocturnes, par exemple quand il dit : « Vous chanterez comme la nuit où l’on célèbre la fête, vous aurez le cœur joyeux… » (Is 30,29). Imaginons donc que nous sommes un soir d’été, à Jérusalem, au cours d’un pèlerinage, une célébration à la belle étoile.

Nous n’avons pas lu ce psaume en entier, mais si nous nous reportons à notre Bible, ce qui saute aux yeux dès la lecture de ce psaume, c’est que la première et la dernière phrases sont exactement identiques ! « O SEIGNEUR notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! » Donc pas besoin de chercher plus loin le thème de ce psaume : c’est une hymne à la grandeur de Dieu !

Au passage, d’ailleurs, remarquons que le nom employé pour Dieu ici, c’est une fois de plus le nom de l’Alliance, les fameuses quatre lettres, YHVH, le Nom très saint qu’on ne prononce jamais : donc, même si le mot Alliance n’est pas employé une seule fois, il est sous-entendu ; c’est le peuple de l’Alliance qui s’exprime ici.

Revenons à cette phrase qui est répétée au début et à la fin : « O SEIGNEUR notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! »  On a donc là une parfaite symétrie… Elle encadre quoi ? Une méditation sur l’homme. Cette construction est très intéressante. À la fois, l’homme est bien au centre de la création, ET en même temps tout, y compris l’homme, est rapporté à Dieu : Lui seul agit et l’homme contemple…Tout est « ouvrage des doigts de Dieu », tout est « œuvre de tes mains… Tu fixas les étoiles…Tu penses à l’homme, Tu en prends souci, Tu le couronnes de gloire et d’honneur, Tu l’établis sur l’œuvre de tes mains, Tu mets toute chose à ses pieds ».

La « couronne » de l’homme, c’est le cosmos justement : et ce n’est certainement pas un hasard si le psaume est construit de telle manière que l’énumération des œuvres créées par Dieu encadrent l’homme, lui faisant comme une couronne. Si on reprend la structure globale de ce psaume, il se présente comme des cercles concentriques : au centre l’homme « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme que tu en prennes souci ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; tu l’établis sur l’œuvre de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds »… Puis un premier cercle, la Création : de part et d’autre des versets qui concernent l’homme : d’un côté le ciel étoilé, et la lune… de l’autre tous les êtres vivants : troupeaux, bêtes sauvages, oiseaux, poissons… Puis deuxième cercle, la fameuse phrase répétée : l’homme contemple le vrai roi de la Création : » O SEIGNEUR notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! »

SPLENDEUR DE DIEU, SPLENDEUR DE L’HOMME

La royauté de Dieu est dite déjà par le mot « grand », un mot du langage de cour qui dit la puissance du roi vainqueur. Elle est dite aussi bien entendu par le mot « splendeur ». Ce roi est vainqueur de l’adversaire, de l’ennemi, sans difficulté apparemment, puisqu’il se contente pour rempart d’un gazouillis de nourrisson ; (la traduction de ce verset est très discutée… nous choisissons ici la traduction liturgique, puisque c’est celle-ci que nous entendons à la Messe et elle est très suggestive) : « Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte ». (Sous-entendu le chant des tout-petits : voilà le rempart que tu opposes à tes ennemis ; cela suffit).

Cette royauté, Dieu ne la garde pas jalousement pour lui : puisqu’il couronne l’homme à son tour. L’homme aussi a droit à un vocabulaire royal : l’homme est « à peine moindre qu’un dieu »… il est « couronné »… toutes choses sont « à ses pieds » : il y a là l’image d’un trône royal : les sujets se prosternent en bas des marches. Pour dire la même chose, le livre de la Genèse avait raconté la création de l’homme comme intervenant en dernier après toutes les autres choses, après tous les autres êtres vivants, pour bien montrer que l’homme était au sommet ; et puis le livre de la Genèse encore avait montré l’homme donnant un nom à toutes les créatures, ce qui est un signe de supériorité, de maîtrise… Dans la Création, la vocation de l’homme est bien d’être le roi de la Création : Au premier couple humain, Dieu avait dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! » (Gn 1,28).

Je reviens sur la phrase : « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? »  Belle manière de dire la présence de Dieu auprès de l’homme, sa sollicitude.

Évidemment, un tel psaume respire la joie de vivre ! Mais il peut bien arriver dans nos vies des jours où cette présence de Dieu auprès de l’homme sera ressentie comme pesante. C’est ce qui arrive à Job un jour de grande souffrance : il était un grand croyant, un priant et il connaissait ce psaume par cœur, très certainement ; eh bien, un jour, dans son désespoir, il en arrive à regretter d’avoir chanté ce psaume avec tant d’enthousiasme, quand tout allait bien : et il va jusqu’à dire : « Laisse-moi… Quand cesseras-tu de m’épier ?… Espion de l’homme… Qu’est-ce qu’un mortel pour en faire si grand cas, pour fixer sur lui ton attention ? » Ce jour-là, sa foi a bien failli basculer ; et certains d’entre nous, trop éprouvés, connaissent ce vertige ; mais pour eux, comme pour nous tous, comme pour Job, Dieu veille et continue quoi qu’il arrive à « prendre souci de l’homme ».

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Complément

La Bible est un livre « heureux » ! Tout ce psaume respire la joie. La joie devant la splendeur de Dieu, et aussi devant la splendeur de l’homme. Ce roi humain de la Création se soumet à son tour à Celui qui en est le vrai Maître : il reconnaît sa petitesse, il reconnaît qu’il doit tout à son Créateur.

Sœur Marie-Raphaël du monastère des bénédictines d’Hurtebise nous propose des clés pour comprendre , apprécier, prier les psaumes. Elle nous invite aujourd’hui à méditer le Psaume 8.

La beauté de la création nous invite à un chant de louange. D’où vient la louange ? D’un mouvement irrésistible d’étonnement et de gratitude. Dans ce psaume, le regard, d’abord tourné vers Dieu, se porte aussi sur l’homme, le mystère de l’homme, si petit et si grand, au cœur de la création. Comment peut-il être « à l’image de Dieu » ? Le mouvement du psaume, à la manière d’un « da Capo » musical, nous entraîne vers les profondeurs de cette contemplation. Chapitres :
01:42 Ô !
02:52 La louange : aux tout-petits.
04:34 L’étonnement rebondit.
07:02 Se souvenir et visiter.
08:05 Un peu moindre qu’un dieu.
15:21 Da Capo en spirale.
16:33 Da Capo 1 : dompter les animaux.
19:21 Da Capo 2 : force de la faiblesse.
23:09 Da Capo 3 : le Fils de l’homme.
28:14 De la spirale à la Croix.

Citations bibliques :

  • Gn 1,26-28
  • Si 17,1-10
  • He 2,5-9

Commentaires de Gemini (Intelligence artificielle).

Le psaume responsorial de ce jour fait écho à la lecture des Actes 3, 11-26 (le discours de Pierre après la guérison de l’infirme). Le psaume chante la « gloire et l’honneur » dont Dieu a couronné l’homme, ce qui illustre parfaitement la restauration de l’infirme et, plus largement, la dignité rendue à l’humanité par la Résurrection.

« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour » (Lc 24, 46).

Alléluia. Alléluia.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Alléluia. (Ps 117, 24)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 35-48).

     En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs
     racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
35 ce qui s’était passé sur la route,
     et comment le Seigneur
     s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
36 Comme ils en parlaient encore,
     lui-même fut présent au milieu d’eux,
     et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
37 Saisis de frayeur et de crainte,
     ils croyaient voir un esprit.
38 Jésus leur dit :
     « Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
     Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
     Touchez-moi, regardez :
     un esprit n’a pas de chair ni d’os
     comme vous constatez que j’en ai. »
40 Après cette parole,
     il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
     et restaient saisis d’étonnement.
     Jésus leur dit :
     « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
42 Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
43 qu’il prit et mangea devant eux.
44 Puis il leur déclara :
     « Voici les paroles que je vous ai dites
     quand j’étais encore avec vous :
     Il faut que s’accomplisse
     tout ce qui a été écrit à mon sujet
     dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
45 Alors il ouvrit leur intelligence
     à la compréhension des Écritures.
46 Il leur dit :
     « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
     qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
47 et que la conversion serait proclamée en son nom,
     pour le pardon des péchés,
     à toutes les nations,
     en commençant par Jérusalem.
48 À vous d’en être les témoins. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion du 3e dimanche de Pâques, année B.

LE PROJET DE DIEU EN MARCHE

La phrase qui est au cœur de ce texte nous parle d’accomplissement : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. » Le thème de l’accomplissement court dans toute la Bible ; on pourrait comparer Dieu à un artiste qui a conçu une œuvre d’art : je me rappelle un sculpteur qui a entrepris, il y a quelques années, pour une église, une énorme croix en bronze doré. Dès les premiers croquis, il l’imaginait, il la voyait, et, déjà, elle le remplissait de joie ; il a fallu plusieurs mois, sinon plusieurs années, pour que son rêve devienne réalité : il a fallu aussi des collaborateurs qui lui ont fait confiance puisque lui seul avait le secret de son chef-d’œuvre ; elle est née, enfin, l’œuvre, après bien des efforts, des fatigues, la chaleur du four, et tous enfin, ont su à quelle merveille ils avaient collaboré. Après coup, ils peuvent enfin dire « oui, il fallait » bien tout cela pour en arriver là !

Le dessein bienveillant de Dieu qui se réalise dès « avant la fondation du monde », comme dit Paul, est bien plus grandiose qu’une œuvre d’art, si belle soit-elle ! Et on peut lire tout au long de la Bible, l’histoire de ce projet en marche : la longue patience de Dieu à travers le temps, les étapes et les débuts de réalisation, les échecs et les recommencements, les collaborations. Dire que le dessein bienveillant de Dieu s’accomplit dans l’Histoire des Hommes, c’est dire que l’Histoire de l’Humanité a un « SENS », c’est-à-dire à la fois une « signification » et une « direction ». C’est un article de notre foi. Ce qui veut dire que nous n’avons jamais le droit de céder à la morosité ambiante ! Les croyants sont tournés vers l’avenir (l’à-venir) et non vers le passé ! Dans le Notre Père, ils disent : « Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », en d’autres termes, « que s’accomplisse ton projet ».

DIEU CHERCHE DES COLLABORATEURS

Comme notre sculpteur, Dieu cherche des partenaires pour son projet : la Bible nous dit que, depuis toujours Dieu propose à l’humanité de collaborer à son grand projet : il y a eu Adam, Noé, Abraham… et le choix du peuple d’Israël pour être le partenaire de Dieu au service de l’humanité tout entière. Ce choix de Dieu qu’on appelle l’élection d’Israël reste valable encore aujourd’hui : cette Alliance proposée à Israël n’a jamais été dénoncée par Dieu ! Israël est encore le peuple élu, car « Dieu ne peut se renier lui-même » (2 Tm 2, 13). Puis le Christ a pris chair au sein de ce peuple élu, et enfin, il a transmis la mission à tous ceux qui veulent bien entrer dans son Église. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie », dit-il dans l’évangile de Jean (Jn 20, 21).

Bien sûr, à force de parler de projet de Dieu, on peut se demander ce que devient notre Liberté. Or, l’une des découvertes d’Israël, c’est que Dieu ne tire pas toutes les ficelles, l’homme a une responsabilité dans son histoire ; il n’y a pas un scénario écrit d’avance. Au contraire, Dieu respecte la liberté de l’homme ; et, d’après saint Pierre, c’est justement parce que Dieu respecte la liberté de l’homme que le projet n’avance pas plus vite ! « Le Seigneur ne tarde pas à accomplir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion. » (2 P 3, 9). Quand les croyants relisent les Écritures, ils y déchiffrent cette longue patience de Dieu. Pierre dit encore : « Il y a une chose en tout cas, mes amis que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour » (2 P 3, 8).

Quand le Christ dit à ses apôtres « Il fallait », il leur apprend justement à reconnaître sous la surface des jours et des millénaires la lente mais sûre maturation de l’humanité nouvelle qui sera un jour réunie en lui. C’est cela « l’intelligence des Écritures ». Non pas « c’était écrit, programmé » ; mais c’est dans la ligne de l’œuvre de Dieu. Alors, pour les disciples, tout est devenu lumineux : bien sûr, le Dieu d’amour et de pardon ne pouvait qu’aller jusqu’au bout de l’amour et du pardon ; bien sûr, l’Alliance d’amour parfaite entre Dieu et l’humanité ne pouvait être scellée que dans l’homme-Dieu, celui qui est l’amour même. Bien sûr, pour nous entraîner au-delà de la mort, dans la lumière de la Résurrection, il fallait qu’il traverse lui-même la mort ; bien sûr, pour nous apprendre à surmonter la haine avec la seule force de l’amour, il fallait qu’il affronte lui-même la haine et la dérision ; bien sûr, pour inaugurer l’humanité qui connaît le Père, il fallait qu’il vienne nous révéler le vrai visage de Dieu sur un visage d’homme : « Qui m’a vu a vu le Père » ; ce « il fallait », Jésus lui-même l’a expliqué à Pilate au cours de la Passion (Jn 18, 37) : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité… »
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Complément

Notre mission de collaboration au projet de Dieu, c’est d’annoncer à notre tour (et de vivre le mieux possible) le dessein bienveillant de Dieu. C’est ce que Paul appelle « achever dans notre chair ce qui manque à l’œuvre du Christ ». « Achever dans notre chair » voulant dire tout simplement mettre notre vie quotidienne au service de ce grand projet.

Voilà la phrase de Paul : « Ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair pour son Corps qui est l’Église ; j’en suis devenu le ministre en vertu de la charge que Dieu m’a confiée à votre égard : achever l’annonce de la Parole de Dieu, le mystère tenu caché tout au long des âges et que Dieu a manifesté maintenant à ses saints. Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi vous… » (Col 1, 24-26).

Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.

Commentaire de saint Paul-VI, dans Évangile-et-Parole-du-Jour, pour Cathoglad.

Homélie de Mgr Michel Aupetit.

Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, dans l’église de Cancale, le

Homélie du frère Thibaut du Pontavice  à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes le

Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? »

Homélie de        ,  pour le Jour-du-Seigneur, le

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie prononcée par le père Achille José Bessala Nkomo FM, pour Magnificat-TV.

Commentaires de Parole-et-Évangile-du-Jour, sur la chaîne chrétienne Media-Christa.

Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.

Homélie du père Gilles.

Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes)

Commentaires de padre Joseph.

Homélie à Notre-Dame de Paris.

Homélie de  à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, le.

Homélie de Mgr Jean-Marc Micas (?), évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes, à la grotte de Massabielle, à Lourdes, le 9 avril 2026.

Homélie à la basilique du Sacré-Cœur, à Paris.

Homélie du père , à Notre-Dame du Laus.

Homélie de   à Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille).

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
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Aujourd’hui Seigneur, tu continues à distiller aux disciples ta pédagogie de la Résurrection ! Oui tu es ressuscité, mais en quoi ta résurrection est un nouveau point de départ pour ma vie ?

Chaque jour de cette octave de Pâques, à travers tes apparitions à Marie Madeleine, aux disciples d’Emmaüs, aux apôtres réunis au cénacle, tu viens détailler ta feuille de route pour que je puisse vivre de ta résurrection, que ta résurrection soit le cœur de ma vie, le moteur, le noyau nucléaire de ma vie de baptisé !

Aujourd’hui, tu mets un coup de projecteur sur au moins deux conséquences de ta résurrection dans ma vie !

Il s’agit pour moi d’ouvrir mon intelligence à l’annonce de ta résurrection dans les Écritures : mon salut, mon bonheur quotidien passe par le fait de prendre un peu de temps pour lire, découvrir, méditer ta parole comme annonçant, confirmant, imprimant en moi, la bonne nouvelle de ta résurrection ! Comprendre que ta parole ne fait que déployer la richesse de vie de ta résurrection pour moi ! Comprendre qu’à chaque fois que je lis et que j’écoute ta parole comme annonce et déploiement de ta résurrection pour ma vie, alors ta parole se met à toucher mon cœur, nourrir ma vie spirituelle, consoler et affermir ma foi en toi !

Mais cette nourriture de ta parole est à partager. Tu me demandes d’être témoin, de raconter, proclamer, annoncer ta résurrection autour de moi. Tu es ressuscité pour cela, pour que j’annonce cette nouvelle au monde entier. C’est ta demande et ma responsabilité quotidienne !

Et un des points de cette annonce c’est de proclamer que ta résurrection libère le cœur de l’homme : « la paix soit avec vous. » Ce sont tes premiers mots au cénacle. Ta résurrection apporte la paix dans la vie des personnes qui vont écouter mon témoignage ! Annoncer ta résurrection, c’est concrètement offrir la paix dans la vie des personnes ! Donc cette annonce n’est pas conceptuelle, intellectuelle, elle est prophétique, performative, miraculeuse : ce qu’elle dit, devient réalité pour le cœur qui l’écoute et croit en elle !

C’est avec joie que je vous partage la mise en chant de cette rencontre au cénacle, le soir du premier jour de la semaine, avec le chant « Ressuscité ».

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

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