Lectures du lundi de la 1ère semaine du temps ordinaire, année paire. 12 01 2026

Lectures du lundi de la 1ère semaine du temps ordinaire, année paire. 12 01 2026

« Jésus appelle Simon Pierre et André« , peint par Michel Corneille le Jeune (1642–1708) – Musée des Beaux-Arts de Rennes.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.

Première lecture

« Sa rivale cherchait à la mettre en colère parce que le Seigneur avait rendu Anne stérile » (1 S 1, 6)

Lecture du premier livre de Samuel (1, 1-8).

1    Il y avait un homme de la ville de Rama,
dans la montagne d’Éphraïm ;
il s’appelait Elcana,
c’était un Éphratéen.
 2   Cet homme avait deux femmes.
L’une s’appelait Anne, l’autre Peninna.
Peninna avait des enfants,
mais Anne n’en avait pas.
 3   Chaque année, Elcana montait de sa ville au sanctuaire de Silo
pour se prosterner devant le Seigneur de l’univers
et lui offrir un sacrifice.
C’est à Silo que résidaient, comme prêtres du Seigneur,
les deux fils d’Éli, Hofni et Pinhas.
4    Un jour, Elcana offrait le sacrifice ;
il distribua des parts de la victime à sa femme Peninna,
à tous ses fils et à toutes ses filles.
5    Mais à Anne, il donna une part de choix
car il aimait Anne,
que pourtant le Seigneur avait rendue stérile.
 6   Sa rivale cherchait, par des paroles blessantes,
à la mettre en colère
parce que le Seigneur l’avait rendue stérile.
7    Cela recommençait tous les ans,
quand Anne montait au sanctuaire du Seigneur :
Peninna cherchait à la mettre en colère.
Anne pleura et ne voulut rien manger.
8    Son mari Elcana lui dit :
« Anne, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ne manges-tu pas ?
Pourquoi ton cœur est-il triste ?
Et moi, est-ce que je ne compte pas à tes yeux
plus que dix fils ? »

Commentaire de Thierry Jallas.

Je vois dans cette lecture un exemple de manque de liberté chez Peninna : je la crois prisonnière de ce qu’un énoncé du principe personnaliste appelle « poussées instinctives » : ici, la jalousie.  Cette jalousie conduit Peninna à faire du mal à Anne, via une tentative de « contrainte psychologique » (ou de « jeu de pouvoir« ). Sans le dire explicitement, Peninna cherche à faire ressentir à Anne de la honte, de l’humiliation.
Je crois que le projet de Dieu, dans cette situation, est que Peninna soit libérée de sa jalousie et que par voie de conséquence, Anne soit libérée de sa honte et de sa souffrance.

Psaume 115 (116b), 12-13, 14.17, 18-19

R/ Seigneur, je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce.
ou : Alléluia !
(Ps 115, 17a)

12 Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
13 J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

14 Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple !
17 Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

18 Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple,
19 à l’entrée de la maison du Seigneur,
au milieu de Jérusalem !

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut.

Ce psaume est commenté 3 fois par Marie-Noëlle Thabut dans 3 occasions différentes, où l’extrait commenté n’est que partiellement celui d’aujourd’hui. Voici d’abord le psaume en entier, puis les 3 commentaires précités.

Psaume 115

10 Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert,
11 moi qui ai dit dans mon trouble : « L’homme n’est que mensonge. »
12 Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ?
13 J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.
14 Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple !
15 Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens !

16 Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, ton serviteur, le fils de ta servante, * moi, dont tu brisas les chaînes ?
17 Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur.
18 Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple,
19 à l’entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem !
– – –
Jeudi saint ABC : PSAUME 115 (116b),12-13,15-16a. c, 17-18

TOUT LE BIEN QUE LE SEIGNEUR M’A FAIT

Ce psaume fait partie des psaumes du Hallel, (les psaumes 112/113 à 117/118 qui étaient chantés à l’occasion de la fête juive de la Pâque) ; Jésus l’a donc chanté le soir du Jeudi saint. Mais nous allons d’abord l’écouter comme le chant du peuple d’Israël. « Comment rendrai-je au SEIGNEUR tout le bien qu’il m’a fait ? » C’est le peuple croyant qui parle ici, le cœur noyé de reconnaissance. Cette prise de conscience de la Présence bienfaisante de Dieu à nos côtés en permanence, c’est cela la foi. Et c’est cela qui engendre en nous une confiance indéracinable quoi qu’il arrive.

On enseigne très tôt au petit enfant à dire « Merci », c’est la moindre des choses pour toute la sollicitude dont il est l’objet. De la même manière, le croyant vient rendre grâce. « Comment rendrai-je au SEIGNEUR ? » Il y a le mot « rendre » : effectivement, notre attitude n’est que réponse à l’initiative de Dieu qui est toujours première. C’est lui qui nous a appelés à l’existence, je devrais dire « qui nous appelle à l’existence », chaque jour. « Tu envoies ton souffle, ils sont créés… Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière » chante le psaume 103/104. On entend ici l’écho du livre de la Genèse, lorsque Dieu, après avoir modelé l’homme avec la poussière du sol, insuffla dans ses narines l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant.

 

LA DÉCOUVERTE DU DIEU LIBÉRATEUR

Il y a plus encore que le don de la vie biologique : les croyants rendent grâce pour l’Alliance que Dieu a nouée avec son peuple en attendant le jour béni où l’humanité tout entière acceptera d’y adhérer. Le psalmiste qui a composé ce chant a cela en tête de toute évidence car il a choisi soigneusement son vocabulaire pour parler de Dieu. À chaque verset, il cite le SEIGNEUR, ce fameux mot hébreu en quatre lettres YHVH que Dieu a révélé à Moïse lorsqu’il s’est manifesté à lui dans le Buisson ardent. Chaque fois qu’un auteur biblique emploie ce mot de SEIGNEUR, il nous remet en présence du Buisson ardent et de la découverte incroyable qu’il a représentée pour Moïse et pour son peuple. « J’ai vu, disait Dieu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte… je suis descendu pour le délivrer… Va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » (Ex 3,7…10). Et l’on sait que ce fut un rude combat : Moïse se heurtant aux refus répétés du Pharaon, qui alla même jusqu’à interdire ce qu’il avait toujours permis jusqu’ici : une permission de trois jours pour célébrer la fête de printemps dans le désert. Peut-être avait-il peur que les Hébreux n’en profitent pour s’enfuir ?

Alors commença un véritable bras de fer entre le Pharaon et Moïse.

Soutenu par Dieu, Moïse persistait dans ses demandes mais le Pharaon se montrait inflexible : même devant toute une série de fléaux qui s’abattirent sur son peuple, et dans lesquels il voyait le doigt de Dieu, il s’endurcit au contraire. Parfois, il s’avouait vaincu et promettait de laisser enfin partir les Hébreux. Mais, toujours, une fois le danger écarté, il se reprenait et aggravait leur situation. Finalement, il y aura eu dix fléaux (ce qu’on appelle « les plaies d’Égypte »). Au dixième enfin, l’épidémie qui entraîna la mort de tous les fils aînés des Égyptiens, Pharaon, non seulement, donna enfin la fameuse permission, mais somma les Hébreux de déguerpir. C’était presque trop beau pour être vrai !

On connaît la suite : à peine les Hébreux partis, le Pharaon regretta d’avoir laissé échapper cette main-d’œuvre bon marché. Il se lança à leur suite avec toute sa cavalerie. Et les fugitifs se trouvèrent pris en tenailles entre la mer devant eux, infranchissable, et les troupes de Pharaon, à leurs trousses.

Et, là encore, Dieu est intervenu et ce fut le miracle de la mer qui s’ouvrit devant eux pour laisser passer les fugitifs à pied sec. De l’autre côté, Moïse entonna un cantique :

« Je chanterai pour le SEIGNEUR ! éclatante est sa gloire… Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR : il est pour moi le salut. Il est mon Dieu, je le célèbre, j’exalte le Dieu de mon père. » (Ex 15,1-2).

Lorsque, dans la Bible, on dit que Dieu est notre Rédempteur, c’est de cela qu’on parle.*

 

DE LA SERVITUDE AU SERVICE

À cette première libération s’ajoutent toutes les autres : celle de l’Exil, bien sûr, après la déportation et les travaux forcés à Babylone, dont le retour fut vécu et célébré comme une nouvelle entrée en Terre Promise. Et c’est désormais une conviction bien ancrée dans la foi juive que Dieu ne cesse de guider l’humanité sur les chemins de la liberté. Une liberté qui reste encore à conquérir. Car, depuis que le monde est monde, il y a bien d’autres chaînes à la surface du globe que celles de l’esclavage : elles s’appellent pauvreté, misère, précarité, maladie, déchéance physique. Sans parler du polythéisme, la bête noire des prophètes, ou encore de la domination des idéologies, du racisme et des fanatismes de tous ordres.

Il nous revient de nous engager dans cette conquête de la liberté pour nous d’abord et pour les autres : alors la phrase « J’invoquerai le nom du SEIGNEUR » sonne comme une résolution : « J’invoquerai le nom du SEIGNEUR » (sous-entendu « et aucun autre »), je me détourne résolument des faux dieux. Nos idoles modernes ne sont pas des statues, mais nos addictions de tous ordres sont bien réelles. « Je garde le SEIGNEUR devant moi sans relâche » dit le psaume 15/16 (verset 8). C’est le seul moyen d’être vraiment libres. Alors, nous devenons capables de mettre au service de Dieu notre liberté reconquise
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Note

* En hébreu, le mot « rédempteur » signifie libérer.

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Le Saint-Sacrement -du-Corps-et-du-Sang-du-Christ, année B : PSAUME 115 (116),12-13.15-16ac.17-18

EN SOUVENIR DE LA LIBÉRATION D’ÉGYPTE

Nous retrouvons dans ce psaume tous les éléments importants de la première lecture de cette fête du Corps et du Sang du Christ : en tout premier, l’œuvre libératrice de Dieu, puis la reconnaissance par les croyants de cette initiative de Dieu, et enfin l’engagement d’obéissance. « Moi dont tu brisas les chaînes », voilà l’œuvre de Dieu ; et on sait bien à quelles chaînes le psalmiste pense : il s’agit d’abord de la libération d’Égypte ; chaque année, spécialement au moment de la Pâque, les descendants de ceux qui furent esclaves en Égypte revivent les grandes étapes de leur libération : la vocation de Moïse, ses multiples tentatives pour obtenir de Pharaon la permission de partir, sans avoir toute l’armée à leurs trousses, l’obstination du roi… et les interventions répétées de Dieu pour encourager Moïse à persévérer malgré tout dans son entreprise. Pour finir, le peuple a pu s’enfuir et survivre miraculeusement alors que l’endurcissement du Pharaon a causé sa perte.

Quand on chante ce psaume, des siècles plus tard, au Temple de Jérusalem, cette étape de la sortie d’Égypte est franchie depuis longtemps, mais elle n’est qu’une étape justement ; on sait bien qu’il ne suffit pas d’avoir quitté l’Égypte pour être vraiment un peuple libre ; que d’esclavages individuels ou collectifs sévissent encore à la surface de la terre ! Esclavage de la pauvreté, voire de la misère sous tant de formes ; esclavage de la maladie et de la déchéance physique ; esclavage de l’idéologie, du racisme, de la domination sous toutes ses formes… L’Égypte de la Bible a pris au long des siècles et prend encore aujourd’hui quantité de visages sous toutes les latitudes : mais on sait aussi que, inlassablement, Dieu soutient nos efforts pour briser nos chaînes.

Car l’histoire humaine qui nous donne, hélas, mille exemples d’esclavages, nous montre aussi (et c’est magnifique) la soif de liberté qui est inscrite au plus profond du cœur de l’homme, et qui résiste à toutes les tentatives pour l’étouffer. Cette soif de liberté, les croyants savent bien qui l’a insufflée dans l’homme ; ils l’appellent l’Esprit. Notre psaume sait « qu’il en coûte au SEIGNEUR de voir mourir les siens ! » et qu’il lui en coûte tellement qu’Il est à l’origine de tous les combats pour la vie et pour la liberté de tout homme, quel qu’il soit.

 

LE LIBRE CHOIX DU SERVICE

À ce Dieu qui a fait ses preuves, si l’on peut dire, on peut faire confiance. Ce n’est pas lui qui nous enchaînera, il est bien trop jaloux de notre liberté ! Et, alors, librement, on se met à sa suite, on l’écoute : « Ne suis-je pas, SEIGNEUR, ton serviteur, moi dont tu brisas les chaînes ? » ; le mot « serviteur » ici, peut s’entendre plutôt comme disciple. Dans la Bible, il ne s’agit pas de « servir » Dieu dans le sens où il aurait besoin de serviteurs…

Cela est valable pour les idoles, les dieux que l’homme s’est inventés : curieusement, quand nous imaginons des dieux, nous croyons qu’ils ont besoin de notre encens, de nos louanges, de nos compliments, de nos services.

Au contraire, le Dieu d’Israël, le Dieu libérateur n’a nul besoin d’esclaves à ses pieds, il nous demande seulement d’être ses disciples parce que lui seul peut nous faire avancer sur le difficile chemin de la liberté. Et l’expérience d’Israël, comme la nôtre, montre que dès qu’on cesse de se laisser mener par ce Dieu-là et par sa parole, on retombe très vite dans quantité de pièges, de déviations, de fausses pistes.

C’est pour cela que le psaume affirme si fort : « J’invoquerai le nom du SEIGNEUR » : résolution affirmée deux fois en quelques versets ; c’est une véritable résolution, effectivement, celle de ne pas invoquer d’autres dieux, donc de tourner le dos définitivement à l’idolâtrie. « J’invoquerai le nom du SEIGNEUR », cela revient à dire « je m’engage à ne pas en invoquer d’autre ! » Et on sait que les prophètes ont dû lutter pendant de nombreux siècles contre l’idolâtrie.

Il faut dire que la fidélité à cette résolution exigeait une grande confiance en Dieu, mais aussi bien souvent un immense courage face au polythéisme des peuples voisins. Pendant la domination grecque sur la terre d’Israël, par exemple, et ceci se passe très tardivement dans la Bible, peu avant la venue du Christ, les Juifs ont dû affronter l’effroyable persécution d’Antiochus IV Épiphane : rester fidèle à la promesse contenue dans cette phrase « J’invoquerai le nom du SEIGNEUR » revenait à signer son propre arrêt de mort.

Cette résolution « J’invoquerai le nom du SEIGNEUR » est associée à des rites : « J’élèverai la coupe du salut »… « Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce. » Nous retrouvons ici, comme dans le livre de l’Exode que nous lisons en première lecture, la transformation radicale apportée par Moïse : désormais, les gestes du culte ne sont plus des rites magiques, ils sont l’expression de l’Alliance, reconnaissance de l’œuvre de Dieu pour l’homme. La coupe s’appelle désormais « coupe du salut » ; le sacrifice, désormais, est toujours sacrifice d’action de grâce parce que l’attitude croyante n’est que reconnaissance.

Enfin, ce psaume 115/116 fait partie d’un petit ensemble qu’on appelle les psaumes du Hallel, qui sont une sorte de grand Alléluia, et qui étaient chantés lors des trois grandes fêtes annuelles, la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tentes.

Lors de sa dernière Pâque à Jérusalem, Jésus lui-même a donc chanté ces psaumes du Hallel et en particulier notre psaume d’aujourd’hui, le soir du Jeudi saint, alors qu’avec ses disciples, il venait d’élever une dernière fois la coupe du salut, alors qu’il allait offrir sa propre vie en sacrifice d’action de grâce : du coup, pour nous, ce psaume devient encore plus parlant ; nous savons que c’est Jésus-Christ qui délivre définitivement l’humanité de ses chaînes. À sa suite, et même avec lui, nous pouvons chanter : « Comment rendrai-je au SEIGNEUR tout le bien qu’il m’a fait ? ».

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2e dimanche de Carême, année B : PSAUME 115 (116), 10.15,16ac-17,18-19

IL EN COÛTE AU SEIGNEUR DE VOIR MOURIR LES SIENS

C’est le peuple croyant qui parle ; il a expérimenté, au sein même de la souffrance, que Dieu était son allié « Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert… moi dont tu brisas les chaînes ». La souffrance dont il parle, c’est celle de l’esclavage en Égypte : dix fois Pharaon a promis la liberté, mais toujours en définitive, il s’est comporté en ennemi ; seul Dieu a soutenu l’effort de libération de son peuple, et a couvert sa fuite.

Je vous cite les versets que nous n’avons pas lus aujourd’hui et qui expliquent ce contexte : « (Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert,) moi qui ai dit dans mon trouble : l’homme n’est que mensonge. Comment rendrai-je au SEIGNEUR tout le bien qu’il m’a fait ? (verset 12). Ne suis-je pas, SEIGNEUR, ton serviteur, moi dont tu brisas les chaînes ? »

Les chaînes dont le peuple d’Israël parle ici, ce sont celles de l’Égypte ; mais au cours des siècles, on a connu bien d’autres chaînes, bien d’autres esclavages. Et chacun de nous sait que, même apparemment libre, on peut se forger des chaînes.

C’en est une, entre autres, et bien pire encore, que d’avoir une fausse image de Dieu : d’imaginer un Dieu qui serait rival de l’homme, par exemple (comme la mythologie mésopotamienne) ou d’imaginer un Dieu avide de sacrifices humains par exemple (comme la religion cananéenne). Quand le peuple hébreu s’est installé en Canaan, il a été en contact avec une religion qui exigeait des sacrifices humains ; et il a fallu résister, pas toujours avec succès, à cette contamination. Quand tout va mal, quand on a peur de la guerre, ou d’une catastrophe, on ferait bien n’importe quoi ; et si quelqu’un nous convainc que, pour l’obtenir, il faut satisfaire telle exigence de telle divinité, nous sommes prêts à tout…

C’est comme cela que, au huitième siècle av. J.-C., le roi Achaz a sacrifié son fils, croyant qu’il fallait aller jusque-là pour sauver son royaume.

C’est précisément pour cela qu’a été écrit le récit de l’épreuve d’Abraham, dans le livre de la Genèse. La découverte extraordinaire qu’Abraham a faite, c’est : Dieu veut que tout homme vive ; aucune mort ne l’honore, il ne veut pas de ce genre de sacrifices… Et quand on entend dans le psaume « Il en coûte au SEIGNEUR de voir mourir les siens… », on comprend que ce psaume nous soit proposé aujourd’hui, en écho au récit de l’épreuve d’Abraham.

Cette découverte, « Il en coûte au SEIGNEUR de voir mourir les siens… » n’est jamais acquise une fois pour toutes.

Le serpent du Jardin de la Genèse insinuait que Dieu préférerait voir l’homme mourir… et justement le récit biblique affirmait que cette pensée est une tentation à laquelle il ne faut pas succomber.

La tentation renaît sans cesse de voir en Dieu un rival de notre liberté et de notre vie. Lui qui semble pouvoir jouer avec notre vie à sa guise.

Évidemment, notre relation à Dieu dépend de l’image que nous nous faisons de lui :

Dans le schéma païen, on pourrait dire qu’il y a deux étapes : 1) l’homme souhaite quelque chose ; 2) pour l’obtenir, il essaie d’amadouer la divinité par tous les moyens possibles, y compris un sacrifice humain, s’il le faut.

Le psaume d’aujourd’hui traduit l’attitude croyante, qui est un retournement complet de ce schéma : il y a deux étapes, oui, mais inversées.

Premièrement, en Israël, on sait que c’est Dieu qui a l’initiative depuis toujours ; avec Adam, avec Noé, avec Abraham, chaque fois c’est Dieu qui a appelé l’homme à l’existence et à l’Alliance pour le bonheur de l’homme et non pour son profit, à lui, Dieu. Puis, quand le peuple a souffert en Égypte, Dieu est venu à son secours : « Le SEIGNEUR dit à Moïse : J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte et je l’ai entendu crier sous les coups des chefs de corvée. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens… Et maintenant, puisque le cri des fils d’Israël est venu jusqu’à moi, puisque j’ai vu le poids que les Égyptiens font peser sur eux, va, maintenant ; je t’envoie vers Pharaon, fais sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël ». (Ex 3,7… 10). Et Dieu a libéré son peuple.

Deuxièmement, et c’est la conséquence, tout geste de l’homme vis-à-vis de Dieu n’est qu’une réponse ; par exemple, quand le peuple rend grâce, il ne fait que reconnaître l’œuvre de Dieu ; « Comment rendrai-je au SEIGNEUR tout le bien qu’il m’a fait ? »

 

JE TIENDRAI MES PROMESSES AU SEIGNEUR

Et désormais l’action de grâce se manifestera non seulement par des sacrifices au Temple, mais aussi et surtout par un comportement quotidien fait d’obéissance à la volonté de Dieu. « Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du SEIGNEUR. Je tiendrai mes promesses au SEIGNEUR, oui, devant tout son peuple, à l’entrée de la maison du SEIGNEUR, au milieu de Jérusalem. »

Bien sûr, ce psaume prend tout son sens quand on sait qu’il fait partie des psaumes du Hallel, (les psaumes 112/113 à 117/118 qui étaient chantés à l’occasion de la fête juive de la Pâque) ; Jésus l’a donc chanté le soir du Jeudi saint.

Marc note : « Après avoir chanté les psaumes, (il s’agit des psaumes du jour, donc du Hallel, et en particulier de ce psaume-ci), ils sortirent pour aller au mont des Oliviers. » (Mc 14,26).1

Et ce qui est très frappant, c’est la parenté entre ce psaume que Jésus a chanté le Jeudi soir et celui qu’il dira sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (le psaume 21/22). L’un et l’autre évoquent la douleur : nous venons d’entendre le cri du psaume 21/22 (« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »), et je vous rappelle le premier verset d’aujourd’hui : « Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert ». L’un et l’autre se terminent par l’action de grâce, et presque dans les mêmes termes ; Psaume 21/22 : « Tu seras ma louange dans la grande assemblée ; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses… Vous qui le craignez, louez le SEIGNEUR, glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob… Car il n’a pas rejeté, il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s’est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte ».

En écho, notre psaume d’aujourd’hui, reprend la même résolution : « Je tiendrai mes promesses2 au SEIGNEUR, oui, devant tout son peuple, à l’entrée de la maison du SEIGNEUR, au milieu de Jérusalem !

Évangile

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile »

Alléluia. Alléluia.
Le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.
Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 14-20).

14 Après l’arrestation de Jean Baptiste,
     Jésus partit pour la Galilée
     proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :
15 « Les temps sont accomplis,
     le règne de Dieu est tout proche.
     Convertissez-vous
     et croyez à l’Évangile. »
16 Passant le long de la mer de Galilée,
     Jésus vit Simon et André le frère de Simon,
     en train de jeter les filets dans la mer,
     car c’étaient des pêcheurs.
17 Il leur dit :
     « Venez à ma suite.
     Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
18 Aussitôt, laissant leurs filets,
     ils le suivirent.
19 Jésus avança un peu
     et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
     qui étaient dans la barque
     et réparaient les filets.
20 Aussitôt, Jésus les appela.
     Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
     ils partirent à sa suite.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 3e dimanche du temps ordinaire, année B.

LE RÈGNE DE DIEU EST TOUT PROCHE   

Ceci se passe « Après que Jean eut été livré », nous dit Marc : l’arrestation brutale de Jean-Baptiste par la police d’Hérode vient de mettre fin à la mission du Précurseur. Marc emploie ici (dans le texte grec) le mot « livré » qu’il reprendra de nombreuses fois par la suite au sujet de Jésus (par exemple « le Fils de l’Homme va être livré aux mains des hommes » – 9,31), puis des apôtres (« on vous livrera aux tribunaux et aux synagogues » – 13,9). Manière de nous dire déjà : le sort de Jean-Baptiste préfigure celui de Jésus puis celui des apôtres : c’est le lot commun des prophètes, exactement comme le décrivait Isaïe dans les chants du Serviteur (Is 50 et 52-53) ; ou le livre de la Sagesse : « Traquons le juste, il nous gêne, il s’oppose à nos actions » (Sg 2,13).

Comme les prophètes, Jean-Baptiste d’abord, Jésus ensuite, proclament la conversion : Marc emploie les mêmes mots pour l’un et pour l’autre : « proclamer, conversion » ; ce n’est certainement pas un hasard ; quelques lignes plus haut, Marc disait : « Jean le Baptiste parut dans le désert, proclamant un baptême de conversion… », et ici « Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait… Convertissez-vous ». Le contenu de la prédication est le même ; cependant le décor a changé : « Jésus partit pour la Galilée » : après le baptême au bord du Jourdain (Mc 1,9-11) et son passage au désert (1,12), Jésus retourne en Galilée et c’est là qu’il commence sa prédication : sous-entendu la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu vient de Galilée, ce pays suspect, dont on se demandait « que peut-il sortir de bon ? » Et Jésus commence à proclamer : » Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».

« Les temps sont accomplis ! » Le peuple d’Israël a une notion de l’histoire tout-à-fait particulière : pour lui, l’histoire n’est pas un perpétuel recommencement, elle a un SENS, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction. Il y a un début et une fin de l’histoire et c’est dans le cadre de cette histoire humaine que Dieu déploie son projet d’Alliance avec l’humanité. Dire « Les temps sont accomplis », c’est dire que nous touchons au but. Comme dit Paul « le temps a cargué ses voiles », comme un bateau qui arrive au port. Ce but, c’est le Jour où « l’Esprit sera répandu sur toute chair », selon la promesse du prophète Joël (Jl 3,1). Or, justement, Jean-Baptiste a vu dans la venue de Jésus l’accomplissement de cette promesse : « Moi, je vous ai baptisés d’eau, mais lui vous baptisera d’Esprit Saint », a-t-il dit au moment du Baptême de Jésus.

Voilà la Bonne Nouvelle : le Jour de Dieu vient, » le Règne de Dieu est tout proche » (littéralement, dans le texte grec, « le Règne de Dieu s’est approché »)1 ; ce qui veut dire deux choses : premièrement, c’est le Royaume qui s’approche de nous : nous n’avons qu’à l’accueillir ; nous ne croirons jamais assez à la gratuité du don de Dieu. Deuxièmement, c’est déjà une réalité ; l’expression est au passé : « Le Règne de Dieu s’est approché » ; au-dessus de Jésus sortant des eaux du Jourdain, les cieux se sont déchirés : le ciel communique de nouveau avec la terre.

CONVERTISSEZ-VOUS, C’EST-À-DIRE CROYEZ QUE LA NOUVELLE EST BONNE

La conversion à laquelle Jésus nous invite consiste peut-être tout simplement à croire que ce don de Dieu est actuel et qu’il est gratuit. Une gratuité que le prophète Isaïe annonçait déjà : « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau » (Is 55). Cela nous permet de comprendre l’expression : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » : en français, ET veut dire « et en plus » ; en grec, le même mot peut signifier tantôt « en plus » comme en français, tantôt « c’est-à-dire » ; il faut donc comprendre : « Convertissez-vous, c’est-à-dire croyez à la Bonne Nouvelle » ; se convertir c’est croire à la Bonne Nouvelle, ou pour le dire autrement c’est croire que la Nouvelle est Bonne : Dieu est amour et pardon, et son amour est pour tous.

C’est sans doute pour cela que la première lecture qui nous est proposée ce dimanche est tirée du livre de Jonas ; il disait deux choses : d’une part, Dieu veut le salut de tous les hommes et non pas seulement de quelques privilégiés ; d’autre part, voyez l’exemple de Ninive : Dieu n’attend qu’un geste de vous. Il suffit de vous convertir pour entrer dans son pardon.

Dans le même ordre d’idées, Paul dit dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu », ce qui veut dire « croyez que son dessein est bienveillant », cessez de faire comme Adam qui croit que Dieu est mal intentionné ! C’est bien le sens du mot « conversion » en hébreu, c’est-à-dire demi-tour ; « convertissez-vous » veut dire « retournez-vous ». Si on se retourne, on verra Dieu tel qu’il est, c’est-à-dire le Dieu d’amour et de pardon. C’est bien la découverte du fils prodigue.

Quelques mots, enfin, sur l’appel des premiers disciples, Simon et André, Jacques et Jean. Comme dans toute vocation, il y a deux phases, l’appel et la réponse. Jésus passe, les voit, les appelle : l’initiative est de son côté ; pour les disciples, c’est bien le royaume qui s’approche et les appelle ; quant à la réponse, « Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent », elle fait penser à celle d’Abraham dont le livre de la Genèse dit tout simplement : « Abraham partit comme le SEIGNEUR le lui avait dit » (Gn 12). Jésus leur dit « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Il ne leur fait pas miroiter quelque chose pour eux-mêmes, mais pour les autres ; il les associe à son entreprise. Par là même, il leur dit quelque chose de sa propre mission : repêcher les hommes ; comme il le dit lui-même dans l’évangile de Jean (Jn 10,10) : « Je suis  venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.

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Note

1 – À l’époque de Jésus, le mot « évangile » (qui signifie « bonne nouvelle ») était employé pour signaler la venue du roi (sa naissance ou bien sa venue dans une ville). C’est donc tout à fait équivalent de dire : « Le règne de Dieu est tout proche » et « croyez à la Bonne Nouvelle ». En Jésus, le Règne de Dieu s’est approché.

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 4′ 10 » à 5′ 52 » – Merci à « Parole et Évangile du jour – Cathoglad » !

Méditation du père Gilles.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

Je vois, dans l’évangile du jour,  Jean Baptiste être un exemple de liberté intérieure pour ses disciples. Conformément au principe personnaliste, il est conscient de n’être que le précurseur et, au lieu de faire preuve d’orgueil, de jalousie, il s’efface avec joie devant l’Époux : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même.
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Aujourd’hui le psaume 115 déclare :

« Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur. »

Cette strophe du psaume 115 est un condensé de la vie du chrétien. Le Seigneur nous invite aujourd’hui à entrer dans la louange, car elle est la caractéristique, la spécificité du chrétien : « Comment rendre-je au Seigneur, tout le bien qu’il m’a fait ? »

Mais comment entrer dans la louange, quand il me semble que ma vie est tout sauf une occasion de te louer, Seigneur ? Rien ne va ou si peu, mon quotidien est ennuyant, mon métier, une routine ; mon époux ou mon épouse, acariâtre, triste ; ma solitude, pesante ; mes études, lourdes, fastidieuses et mes camarades de classe égoïstes et si peu profonds.

« Comment rendrai-je au Seigneur, tout le bien qu’il m’a fait ? » Comment te louer, entrer dans la louange qui est la marque de mon être chrétien ? Eh bien, ce psaume y répond : « J’élèverai la coupe du salut et j’invoquerai le nom du Seigneur. »

Élever la coupe du salut, c’est exactement ce que Jésus a fait en étant élevé de terre, en buvant la coupe que son père lui présentait, coupe du salut, car en étant crucifié, en acceptant la volonté de son père de mourir, il rendait possible le salut, il sauvait l’humanité par son sang.

Si bien que ce psaume 115 nous propose de vivre notre être chrétien, notre être de louange, à travers le fait de monter sur la croix de notre vie, d’élever la coupe du salut, à la condition d’invoquer le nom du Seigneur.

En effet, le christianisme n’est pas un masochisme : il ne s’agit pas de souffrir pour souffrir, de mourir, continuellement, des petites mort de nos journées, comme si la vie consistait à souffrir indéfiniment.

Non, il s’agit d’élever la coupe du salut, de nous laisser ligoter, crucifier, élever sur la croix que le Seigneur a prévue pour nous aujourd’hui : tes études, comme elles sont, ton mariage, ta solitude, ton métier, tes collègues, comme ils sont.

Mais au moment où nous élevons la coupe du salut, où nous entrons dans la lourdeur de la souffrance innocente, le psaume finit cette strophe en ajoutant : « j’invoquerai le nom du Seigneur. »

Et là se trouve le secret, la botte secrète, la spécificité géniale de l’être du chrétien : oui, ma vie est une louange, oui, ma vie consiste à porter ma croix, à vivre la souffrance innocente quotidienne que tu souhaites pour moi, Seigneur, mais oui aussi, il y a un esprit de résurrection, disponible, la possibilité d’invoquer ton nom, Seigneur.

Et ce nom, si je l’invoque, si je m’en saisis pour ma vie, si je le demande de toutes mes forces et avec confiance, il est là pour me ressusciter, pour me faire traverser la souffrance innocente avec toi, Seigneur.

De sorte qu’à la suite du psaume, je peux dire aujourd’hui : « Comment rendrai-je au Seigneur, tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur. »

Que ce psaume soit la lumière qui éclaire les ténèbres de notre journée : le Seigneur n’est pas sadique envers nous. Il a prévu une coupe, il a prévu la croix, il a prévu notre élévation. Mais surtout, il a prévu son nom, tout-puissant, qu’il nous invite à invoquer aujourd’hui pour pouvoir goûter à la joie, à la puissance de sa résurrection dans notre vie.

Alors réjouissons-nous, car la louange est à la porte de notre journée, pour peu que nous entrions avec confiance dans l’invocation du nom du Seigneur, quand nous aurons à élever la coupe du salut.

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