Lectures du Mardi saint, commentées. 31 03 2026

Lectures du Mardi saint, commentées. 31 03 2026

0
(0)

 » La Cène. Judas met la main dans le plat« , peint entre 1886 et 1894 par James Tissot (1836–1902). Aquarelle, gouache sur graphite sur papier vélin gris.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

Pour être informé de chaque nouvel article sur notre site, il suffit de cliquer sur l’icône verte « Follow » en haut à droite du site puis de renseigner son adresse mail.
Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’informations hebdomadaire.

* * * * * *

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »
De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 6).

Lecture du livre du prophète Isaïe (49, 1-6).

1 Écoutez-moi, îles lointaines !
Peuples éloignés, soyez attentifs !
J’étais encore dans le sein maternel
quand le Seigneur m’a appelé ;
j’étais encore dans les entrailles de ma mère
quand il a prononcé mon nom.
2  Il a fait de ma bouche une épée tranchante,
il m’a protégé par l’ombre de sa main ;
il a fait de moi une flèche acérée,
il m’a caché dans son carquois.
3  Il m’a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël,
en toi je manifesterai ma splendeur. »
4  Et moi, je disais :
« Je me suis fatigué pour rien,
c’est pour le néant, c’est en pure perte
que j’ai usé mes forces. »
Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur,
ma récompense, auprès de mon Dieu.
5  Maintenant le Seigneur parle,
lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob,
que je lui rassemble Israël.
Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur,
c’est mon Dieu qui est ma force.
6  Et il dit :
« C’est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob,
ramener les rescapés d’Israël :
je fais de toi la lumière des nations,
pour que mon salut parvienne
jusqu’aux extrémités de la terre. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion de la solennité de la Nativité-de-Saint-Jean-Baptiste.

à l’occasion de la solennité de la Nativité-de-Saint-Jean-Baptiste.

Ce jour-là, le passage lu est le même qu’aujourd’hui. L’Église voit en effet en Jean-Baptiste l’accomplissement parfait de la prophétie d’Isaïe : celui qui a été « appelé dès le ventre de sa mère » pour préparer les voies du Seigneur et ramener Israël a Dieu.

Commentaires de Gemini (Intelligence Artificielle).

Pourquoi ce texte est-il lu également à l’occasion de la solennité de la Nativité-de-Saint-Jean-Baptiste ?

Parce que l’Église voit en Jean-Baptiste l’accomplissement parfait de la prophétie d’Isaïe : celui qui a été « appelé dès le ventre de sa mère » pour préparer les voies du Seigneur et ramener Israël a Dieu.

Psaume

Psaume 70 (71), 1-2, 3, 5a.6, 15ab.17

R/ Ma bouche annonce ton salut, Seigneur. (cf. 70, 15ab)

1 En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :
garde-moi d’être humilié pour toujours.
2 Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

3 Sois le rocher qui m’accueille,
toujours accessible ;
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c’est toi !

5 Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
6 Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère ;
tu seras ma louange toujours !

15 Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut.
17 Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 4e dimanche du temps ordinaire, année C.

Ce jour-là, l’extrait lu (Ps 70, 1-2, 3, 5-6ab, 15ab.17) est presque identique avec celui d’aujourd’hui. Seule la 3e strophe diffère un peu.

* * * * *

5  SEIGNEUR mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
6ab Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère.

L’EXPÉRIENCE SPIRITUELLE D’ISRAËL

On pourrait croire que ce psaume parle du prophète Jérémie, dont nous avons un peu deviné l’expérience spirituelle dans la première lecture. Il pourrait signer sans hésiter, si j’ose dire ! Par exemple, lui qui était ébloui de son intimité avec Dieu, aurait parfaitement pu dire « SEIGNEUR mon Dieu, tu es mon appui dès ma jeunesse… tu m’as choisi dès le ventre de ma mère… ma forteresse et mon roc, c’est toi ! » Mais en réalité, le psaume 70/71 n’a pas été écrit pour Jérémie. Nous entendons bien quelqu’un parler à la première personne, mais, comme toujours dans les psaumes, ce JE est collectif. Le psaume est écrit à la première personne du singulier, mais il faut s’habituer à lire « Nous, peuple d’Israël, avec toute l’expérience spirituelle qui est la nôtre depuis Abraham, depuis Moïse… »

C’est l’expérience d’Israël qui est décrite sous forme de comparaisons, traduite en images, peinte comme le portrait d’un individu particulier. C’est ce que l’on appelle le phénomène du « Revêtement » que nous connaissons bien : par exemple, nous avons déjà rencontré plusieurs psaumes dans lesquels Israël est comparé à un lévite, tellement heureux d’avoir été choisi pour le service de Dieu et du Temple : « SEIGNEUR, mon partage et ma coupe, de toi dépend mon sort… » (Ps 15/16).

Ici, dans notre psaume d’aujourd’hui, c’est bien Israël qui parle : « SEIGNEUR mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui dès ma jeunesse. Toi, mon soutien dès avant ma naissance, tu m’as choisi dès le ventre de ma mère. » Un peu plus loin, le psaume continue : « Pour beaucoup, je fus comme un prodige ; tu as été mon secours et ma force. Je n’avais que ta louange à la bouche, tout le jour, ta splendeur. » On voit bien de quoi il s’agit, toute la longue expérience que le peuple élu a faite de la présence constante de Dieu à ses côtés, si j’ose dire.

Mais ces verbes au passé (par exemple « je fus comme un prodige ») nous surprennent un peu ; on a envie de demander : « c’est donc fini ? » Alors il faut aller lire le reste de ce psaume ; et effectivement, le ton change : très clairement, ce psaume est écrit dans un moment de détresse (là on voit bien le danger de lire seulement quelques versets hors de leur contexte).

Dans les versets que nous ne lisons pas aujourd’hui, Israël est représenté comme une vieille épouse qui supplie celui qui l’a aimée quand elle était belle et jeune de ne pas l’abandonner : « Aux jours de la vieillesse et des cheveux blancs, ne me rejette pas, ô mon Dieu » (v.18).

Ce n’est pas l’image elle-même qui nous étonne : ce n’est pas la première fois que l’Alliance d’Israël est comparée à des fiançailles ou à un mariage. Mais ici, visiblement ce ne sont pas les joies du mariage qui sont évoquées ; à travers les lignes, on devine que l’épouse traverse une expérience douloureuse : celle de la vieillesse flétrie, abandonnée, en butte à l’arrogance des plus jeunes, dont c’est le tour aujourd’hui d’être belles, adulées, aimées : « Ne me rejette pas maintenant que j’ai vieilli ; alors que décline ma vigueur, ne m’abandonne pas » (v.9).

L’ALLIANCE COMPARÉE À DES NOCES

Mais, bien sûr, il ne s’agit que d’une comparaison, les noces sont une manière de parler de l’Alliance que Dieu a conclue avec Israël ; ce qui est décrit comme l’abandon de la vieille épouse par son époux, c’est la période de l’Exil à Babylone. Là, effectivement, on a parfois été tentés de croire que Dieu avait abandonné son peuple ; et pendant ce temps, les ennemis d’Israël se frottaient les mains, en pensant qu’Israël serait bientôt rayé de la carte : « Mes ennemis parlent contre moi, ils me surveillent et se concertent. Ils disent : Dieu l’abandonne ! … Il n’a plus de défenseur ! »

Tout ceci donne à l’ensemble du psaume un aspect un peu curieux, parce qu’il est un mélange constant de supplication et de louange : au sein même de la détresse, de la vieillesse, du délaissement apparent, l’épouse garde espoir et ne cesse de faire des projets : « Je dirai aux hommes de ce temps ta puissance, à tous ceux qui viendront tes exploits (18) … En toi, SEIGNEUR, j’ai mon refuge : garde-moi d’être humilié pour toujours. Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, tends l’oreille vers moi et sauve-moi. Sois le rocher qui m’accueille, toujours accessible ; tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c’est toi (1-3) … Toi qui m’as fait voir tant de maux et de détresses, tu me feras vivre à nouveau, à nouveau tu me tireras des abîmes de la terre, tu m’élèveras et me grandiras, tu reviendras me consoler. Et moi, je te rendrai grâce sur la harpe pour ta vérité, ô mon Dieu ! Je jouerai pour toi de ma cithare, Saint d’Israël ! Joie pour mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée ! » (20-23).

Dommage que la liturgie ne nous propose pas ce psaume plus souvent et en entier de préférence. Car il comporte de multiples résonances avec notre propre expérience. Dans la souffrance, la maladie, le deuil, nous connaissons bien ce mélange de sentiments ; le cri de la détresse, d’abord : « Mon Dieu, ne m’oublie pas, ne m’abandonne pas » ; et aussitôt, la peur d’offenser Dieu, alors nous ajoutons : « mais je sais bien que tu ne m’abandonnes jamais » ; ici le psaume dit : « tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c’est toi. » (3)

Mais pour continuer à espérer, le croyant a bien besoin de se rappeler tous les points d’appui de sa foi : « Mon Dieu, mon Rocher… SEIGNEUR mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui dès ma jeunesse (5) … (en ce temps béni) je n’avais que ta louange à la bouche » (8)… sous-entendu je sais, j’affirme que ces jours bénis reviendront : « je revivrai les exploits du SEIGNEUR en rappelant que ta justice est la seule (16)… moi qui ne cesse d’espérer, j’ajoute encore à ta louange » (14).

C’est tout ce mélange d’expériences douloureuses, de souffrance, d’aveu des faiblesses passagères, mais aussi de foi retrouvée et d’espérance indéracinable qu’il faut entendre à travers les lignes que nous lisons ce dimanche : « SEIGNEUR mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui dès ma jeunesse. »
————————————————————————————————————————————–

Complément

On entend également dans ce psaume l’écho d’une autre expérience triste, celle de la flétrissure de l’amour : « Je n’avais que ta louange à la bouche » : l’épouse (traduisez Israël) reconnaît implicitement que sa tendresse (traduisez sa ferveur) l’a abandonnée ; les choses se sont gâtées… Alors il ne reste plus qu’à espérer l’indulgence de l’époux, traduisez encore : même si l’amour du peuple pour son Dieu s’est affaibli au long du temps, que Dieu lui, n’abandonne pas son épouse « Aux jours de la vieillesse et des cheveux blancs, ne m’abandonne pas, ô mon Dieu » (18).

Évangile

« L’un de vous me livrera… Le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois » (Jn 13, 21-33.36-38)

Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !

Salut, ô Christ, notre Roi :
obéissant au Père ;
comme l’agneau vers l’abattoir,
tu te laisses conduire à la croix.
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 21-33.36-38).

En ce temps-là,
au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples,
21  il fut bouleversé en son esprit,
et il rendit ce témoignage :
« Amen, amen, je vous le dis :
l’un de vous me livrera. »
22  Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras,
ne sachant pas de qui Jésus parlait.
23  Il y avait à table, appuyé contre Jésus,
l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.
24  Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus
de qui il veut parler.
25  Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus
et lui dit :
« Seigneur, qui est-ce ? »
26  Jésus lui répond :
« C’est celui à qui je donnerai la bouchée
que je vais tremper dans le plat. »
Il trempe la bouchée,
et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.
27  Et, quand Judas eut pris la bouchée,
Satan entra en lui.
Jésus lui dit alors :
« Ce que tu fais, fais-le vite. »
28  Mais aucun des convives ne comprit
pourquoi il lui avait dit cela.
29  Comme Judas tenait la bourse commune,
certains pensèrent que Jésus voulait lui dire
d’acheter ce qu’il fallait pour la fête,
ou de donner quelque chose aux pauvres.
30  Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt.
Or il faisait nuit.

31  Quand il fut sorti, Jésus déclara :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié,
et Dieu est glorifié en lui.
32  Si Dieu est glorifié en lui,
Dieu aussi le glorifiera ;
et il le glorifiera bientôt.

33  Petits enfants,
c’est pour peu de temps encore
que je suis avec vous.
Vous me chercherez,
et, comme je l’ai dit aux Juifs :
“Là où je vais,
vous ne pouvez pas aller”,
je vous le dis maintenant à vous aussi. »

36  Simon-Pierre lui dit :
« Seigneur, où vas-tu ? »
Jésus lui répondit :
« Là où je vais,
tu ne peux pas me suivre maintenant ;
tu me suivras plus tard. »
37  Pierre lui dit :
« Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ?
Je donnerai ma vie pour toi ! »
38  Jésus réplique :
« Tu donneras ta vie pour moi ?
Amen, amen, je te le dis :
le coq ne chantera pas
avant que tu m’aies renié trois fois. »

Parcours de Carême : « Pourquoi Dieu laisse-t-il faire le mal ?« . Méditation du frère Baptiste Sauvage, des Carmes de Toulouse, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.

Méditation du père Gilles.

Méditation proposée par le père Léonard Katchekpele, pour « Prêtre ! Et alors ? ».

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo Bessala FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Sylvestre Beladjolo, FM, pour Magnificat-TV.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus, le 11 avril 2022, par père Brice-Miguel Mekena Mekongo, vice-recteur.

Homélie du frère Jean-François NIAMKE, OP, de la fraternité Saint-Dominique, à Abidjan, le 29 mars 2021.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Quel intérêt avez-vous trouvé à cet article / cette page ?

Cliquez sur une étoile pour attribuer une note.

Note moyenne 0 / 5. Décompte des votes : 0

Aucun vote jusqu'à présent ! Soyez le premier à donner une note.

Merci de nous suivre et de nous mettre un "J'aime":
RSS
Suivre par Email
X (ex-Twitter)
Visit Us
Follow Me
YouTube
LinkedIn
Share
RSS
Suivre par Email
X (ex-Twitter)
Visit Us
Follow Me
YouTube
LinkedIn
Share
Copier le lien
URL has been copied successfully!
×