Lectures du samedi de la 4e semaine de Carême, année paire. 21 03 2026
« Jésus et Nicodème » – Auteur : Providence Lithograph Company (1904).
Domaine public, via Wikimedia Commons.
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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine). D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »
De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».
Première lecture
« Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir » (Jr 11, 19).
Lecture du livre du prophète Jérémie (11, 18-20).
18 « Seigneur, tu m’as fait savoir,
et maintenant je sais,
tu m’as fait voir leurs manœuvres.
19 Moi, j’étais comme un agneau docile
qu’on emmène à l’abattoir,
et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi.
Ils disaient :
“Coupons l’arbre à la racine,
retranchons-le de la terre des vivants,
afin qu’on oublie jusqu’à son nom.”
20 Seigneur de l’univers, toi qui juges avec justice,
qui scrutes les reins et les cœurs,
fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
car c’est à toi que j’ai remis ma cause. »
Commentaires de Gemini (IA).
Dans la liturgie catholique, le chapitre 11 du livre de Jérémie (plus précisément les versets 18 à 20) est lu chaque année lors du samedi de la quatrième semaine de Carême.
Contexte de la lecture
Ce passage est choisi durant le Carême car il préfigure la Passion du Christ. Jérémie y exprime sa souffrance face aux complots de ses ennemis, utilisant une image célèbre :
« Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir, et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi. » (Jr 11, 19).
Pourquoi ce jour-là ?
Lien avec l’Évangile : Ce samedi-là, l’Évangile (Jean 7, 40-53) relate les divisions de la foule et des chefs religieux à propos de Jésus, certains voulant l’arrêter. Le texte de Jérémie fait écho à cette hostilité croissante envers l’Envoyé de Dieu.
Thème du Carême : À l’approche de la Semaine sainte, la liturgie souligne la figure du « Juste souffrant » qui remet sa cause à Dieu, annonçant ainsi le sacrifice de Jésus.
La lutte d’un prophète contre la trahison (Jérémie 11, 18-20)
Cette vidéo propose un commentaire spirituel sur ce passage précis de Jérémie, soulignant son lien avec l’annonce de la Passion.
Psaume
Psaume 7, 2-3, 9bc-10, 11-12a.18b
R/ Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge. (7, 2a)
2 Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
3 Sinon ils vont m’égorger, tous ces fauves,
me déchirer, sans que personne me délivre.
9 Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
10 Mets fin à la rage des impies, affermis le juste,
toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le juste.
11 J’aurai mon bouclier auprès de Dieu,
le sauveur des cœurs droits.
12 Dieu juge avec justice ;
18 je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut.
Commentaires de Gemini (IA).
C’est l’un des rares moments de l’année où ce psaume est mis en avant dans la liturgie de la Parole à la messe, illustrant parfaitement la figure du juste persécuté qui remet sa cause entre les mains de Dieu.
Évangile
Est-ce de Galilée que vient le Christ ? (Jn 7, 41).
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (cf. Lc 8, 15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 40-53).
En ce temps-là,
Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
40 Dans la foule, on avait entendu ses paroles,
et les uns disaient :
« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
41 D’autres disaient :
« C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient :
« Le Christ peut-il venir de Galilée ?
42 L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la descendance de David
et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
43 C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
44 Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui.
45 Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens,
qui leur demandèrent :
« Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
46 Les gardes répondirent :
« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
47 Les pharisiens leur répliquèrent :
« Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
48 Parmi les chefs du peuple et les pharisiens,
y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
49 Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! »
50 Nicodème, l’un d’entre eux,
celui qui était allé précédemment trouver Jésus,
leur dit :
51 « Notre Loi permet-elle de juger un homme
sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
52 Ils lui répondirent :
« Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
53 Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.
Commentaires de l’Intelligence Artificielle (Gemini) :
L’Évangile (Jean 7, 40-53) nous plonge au cœur d’une tension dramatique à Jérusalem. C’est le moment où le mystère de l’identité de Jésus commence à fracturer radicalement la société de l’époque.
Voici un commentaire structuré pour aider à méditer ce texte :
1. La fracture de l’opinion (v. 40-44).
Le texte s’ouvre sur une division (schisma en grec). Face à Jésus, la foule se fragmente en trois groupes :
Les convaincus : « C’est vraiment lui le Prophète ! » ou « C’est le Christ ! »
Les sceptiques « théologiens » : Ils s’appuient sur une lecture littérale des Écritures (« Est-ce que le Christ vient de Galilée ? »). Ils savent que le Messie doit naître à Bethléem, mais ignorent l’origine réelle de Jésus.
Les hostiles : Ceux qui veulent l’arrêter mais n’osent pas passer à l’acte.
Note spirituelle : Le texte nous montre que l’on peut avoir des connaissances bibliques exactes (le Messie vient de Bethléem) et passer totalement à côté du Christ par manque d’ouverture de cœur.
2. Le choc des gardes (v. 45-46)
C’est peut-être le passage le plus frappant. Les gardes du Temple, envoyés pour l’arrêter, reviennent les mains vides. À la question furieuse des chefs : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? », ils répondent par cette phrase sublime :
« Jamais homme n’a parlé de la sorte ! »
Ces hommes, habitués à l’ordre et à la force, ont été désarmés par la seule autorité de la Parole de Jésus. Ils n’ont pas d’arguments théologiques, ils ont une expérience directe de la vérité.
3. L’aveuglement des « Savoirs » (v. 47-49 / 52)
La réaction des pharisiens est empreinte d’un mépris intellectuel et social. Ils rejettent la foule (« cette multitude qui ne connaît pas la Loi ») et se considèrent comme les seuls détenteurs de la vérité. Leur orgueil devient un écran qui les empêche de voir les signes.
4. Le courage de Nicodème (v. 50-51)
Nicodème, que nous avons rencontré au chapitre 3 (la visite de nuit), intervient. Il n’ose pas encore se déclarer disciple, mais il invoque le droit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’avoir entendu ? ».
C’est une petite lumière dans l’obscurité du complot. Il rappelle que la justice exige la rencontre et l’écoute, et non le jugement a priori.
Conclusion pour la méditation.
Ce texte nous place devant un miroir. À quelques jours de la Semaine sainte, il nous demande :
Sommes-nous comme les gardes, capables de nous laisser toucher par la voix du Christ au-delà de nos préjugés ?
Ou sommes-nous comme les pharisiens, enfermés dans nos certitudes au point de ne plus voir Dieu agir là où on ne l’attend pas (en Galilée) ?
Le mot-clé de cet Évangile est « l’écoute » : les gardes ont écouté et ont été transformés ; les chefs ont refusé d’écouter et sont restés dans leur colère.
Parcours de Carême : « Faire tomber nos murs pour accueillir l’Esprit« . Méditation du père Étienne Roche, pour Cathoglad.
Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.
Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.
Méditation du père Gilles.
Méditation proposée par le père Léonard Katchekpele, pour « Prêtre ! Et alors ? ».
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie du père Achille José Nkomo Bessala FM, pour Magnificat-TV.
Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.
Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.
Commentaires du frère Paul Adrien.
Homélie de la messe du jour à Lourdes.
Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
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L’évangile de ce jour est à mes yeux une nouvelle illustration de la libération que le Christ souhaite nous apporter. Ici, les chefs du peuple et les pharisiens sont enfermés, prisonniers de leurs certitudes. Celles-ci sont telles qu’ils les prennent pour des vérités objectives, indiscutables et énoncent des jugements (opinions faussement présentées comme des réalités objectives) : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? », « Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! », « … jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! ».
Je crois que les jugements sont une tentative de jeu de pouvoir (contrainte psychologique), qui résulte d’un manque de liberté intérieure (ici, enfermement dans des croyances). Le mécanisme est toujours le même :
Manque de liberté intérieure -> contrainte sur autrui (psychologique et/ou physique).
Ici, la contrainte physique consiste à vouloir arrêter Jésus.
Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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