Lectures du samedi de la férie du temps de Noël après l’Épiphanie. 10 01 2026
« Saint Jean Baptiste montrant Jésus Christ à ses disciples« , estampe d’après le modèle du graveur Ciro Ferri (1634-1689).
Bloemaert, Cornelis II (le Jeune) (Utrecht, vers 1603 – Rome, vers 28–09–1692), graveur, CC0, via Wikimedia Commons.
Première lecture
« Il nous écoute en toutes nos demandes »
Lecture de la première lettre de saint Jean (5, 14-21).
Bien-aimés,
14 voici l’assurance que nous avons auprès de Dieu :
si nous faisons une demande selon sa volonté,
il nous écoute.
15 Et, puisque nous savons qu’il nous écoute
en toutes nos demandes,
nous savons aussi que nous obtenons
ce que nous lui avons demandé.
16 Si quelqu’un voit son frère commettre un péché
qui n’entraîne pas la mort,
il demandera, et Dieu lui donnera la vie,
– cela vaut pour ceux dont le péché n’entraîne pas la mort.
Il y a un péché qui entraîne la mort,
ce n’est pas pour celui-là que je dis de prier.
17 Toute conduite injuste est péché,
mais tout péché n’entraîne pas la mort.
18 Nous le savons :
ceux qui sont nés de Dieu ne commettent pas de péché ;
le Fils engendré par Dieu les protège
et le Mauvais ne peut pas les atteindre.
19 Nous savons que nous sommes de Dieu,
alors que le monde entier est au pouvoir du Mauvais.
20 Nous savons aussi
que le Fils de Dieu est venu nous donner l’intelligence
pour que nous connaissions Celui qui est vrai ;
et nous sommes en Celui qui est vrai,
en son Fils Jésus Christ.
C’est lui qui est le Dieu vrai,
et la vie éternelle.
21 Petits enfants,
gardez-vous des idoles.
Commentaire de Thierry Jallas.
Je lis ce dernier verset (« Petits enfants, gardez-vous des idoles ») comme une invitation à la liberté. Les idoles, ce sont les faux dieux, tout ce qui nous détourne de la confiance en Dieu, en sa bonté, son amour, sa justice, son enseignement. Ce ne sont pas seulement les baals, les veaux d’or, mais aussi le pouvoir, l’argent, le jeu, la drogue, le sexe, l’envie, les écrans, etc. L’idole actuelle la plus dévastatrice me semble être l’État, vers qui la plupart des hommes se tourne dès qu’elle a un problème.
Avec tristesse, je vois ça aussi dans l’Église, notamment à travers la « complaisance » de la hiérarchie de l’Église vis-à-vis du pouvoir politique, ou à travers les intentions de prière universelle pour les dirigeants du monde. Je prends l’exemple de celle proposée par Prions-en-Église pour le 11/01/2026 :
« Je t’ai appelé selon la justice ». Prions pour nos responsables politiques, charger de légiférer en faveur de la justice et de la protection des plus fragiles. […]
Je ne comprends pas qu’on puisse imaginer que les responsables politiques puissent légiférer « en faveur de la justice et de la protection des plus pauvres ». Cela voudrait dire que les lois des hommes, faites de contraintes, sont « justes » c’est-à-dire ajustées au projet divin de libération de l’humanité ! Cela voudrait dire aussi qu’accabler la population de prélèvements obligatoires, d’interdictions et d’obligations, c’est vouloir la protéger ! Le Christ nous a-t-il invités à compter sur le pouvoir politique pour faire régner la justice ? Au contraire, il a connu l’injustice de deux Hérode, puis de Pilate, et nous a donné en contre-exemple les chefs des nations (qui « commandent en maîtres ») et les grands (qui « font sentir leur pouvoir ») (Mt 20, 25-26).
Le dimanche 4/01/2026, Prions-en-Église nous proposait l’intention suivante, que je trouve tout aussi idolâtre que la précédente :
Avec les mages venus offrir l’or à l’Emmanuel en hommage à sa royauté, prions pour nos élus et pour nos responsables politiques. Qu’ils œuvrent en faveur de la paix et de la justice.
Je me demande, avec une ironie certaine, pourquoi les mages, s’ils comptaient sur Hérode pour œuvrer en faveur de la paix et de la justice, « regagnèrent leur pays par un autre chemin » ! Avec la même ironie, je m’étonne car, à ma connaissance, toute les déclarations de guerre, partout et depuis la nuit des temps, ont été faites par des dirigeants politiques, interrompant ainsi une paix qui régnait auparavant.
Il me semble que le premier livre de Samuel, au chapitre 8, explique très bien que mettre sa confiance dans un roi (ou un dirigeant politique) de la terre, c’est ne pas faire confiance en Dieu et en son fils, le Roi de l’univers. La seule prière qui plaise à Dieu, à mon avis, concernant les dirigeants politiques, est de demander au Seigneur de les libérer, avec notre collaboration, de leur addiction au pouvoir, à l’argent, à la gloire et aux honneurs qui l’accompagnent.
Psaume 149, 1-2, 3-4, 5-6a.9b
R/ Le Seigneur aime son peuple.
ou : Alléluia. (Ps 149, 4a)
1 Chantez au Seigneur un chant nouveau,
louez-le dans l’assemblée de ses fidèles !
2 En Israël, joie pour son créateur ;
dans Sion, allégresse pour son Roi !
3 Dansez à la louange de son nom,
jouez pour lui, tambourins et cithares !
4 Car le Seigneur aime son peuple,
il donne aux humbles l’éclat de la victoire.
5 Que les fidèles exultent, glorieux,
criant leur joie à l’heure du triomphe.
6 Qu’ils proclament les éloges de Dieu :
9b c’est la fierté de ses fidèles.
Évangile
« L’ami de l’époux est tout joyeux d’entendre la voix de l’époux » (Jn 3, 22-30)
Alléluia, Alléluia.
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
Alléluia. (Mt 4, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 22-30).
En ce temps-là,
22 Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ;
il y séjourna avec eux, et il baptisait.
23 Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim,
où l’eau était abondante.
On venait là pour se faire baptiser.
24 En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
25 Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif
au sujet des bains de purification.
26 Ils allèrent trouver Jean et lui dirent :
« Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain,
celui à qui tu as rendu témoignage,
le voilà qui baptise,
et tous vont à lui ! »
27 Jean répondit :
« Un homme ne peut rien s’attribuer,
sinon ce qui lui est donné du Ciel.
28 Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit :
Moi, je ne suis pas le Christ,
mais j’ai été envoyé devant lui.
29 Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ;
quant à l’ami de l’époux, il se tient là,
il entend la voix de l’époux,
et il en est tout joyeux.
Telle est ma joie : elle est parfaite.
30 Lui, il faut qu’il grandisse ;
et moi, que je diminue. »
Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 4′ 24 » à 6′ 37 » – Merci à « Parole et Évangile du jour – Cathoglad » !
Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.
Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista.
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.
Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.
Homélie de la messe du jour à Lourdes.
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
Je vois, dans l’évangile du jour, Jean Baptiste être un exemple de liberté intérieure pour ses disciples. Conformément au principe personnaliste, il est conscient de n’être que le précurseur et, au lieu de faire preuve d’orgueil, de jalousie, il s’efface avec joie devant l’Époux : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »
Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même.
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Aujourd’hui Jean-Baptiste déclare :
« Moi, je ne suis pas le Christ,
mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ;
et moi, que je diminue. » (Jn 3)
À la veille de la fête du baptême du Christ par son cousin Jean-Baptiste, ce dernier nous rappelle sa mission et la mission, la feuille de route de tout chrétien :
1. préparer la venue de Jésus
2. se réjouir en sa présence
3. et diminuer pour que Jésus grandisse !
Voilà ce que tu veux pour moi aujourd’hui : que je me comporte comme Jean-Baptiste, à travers mes paroles et mes gestes, pour PRÉPARER au travers de mon témoignage, ta venue dans le cœur des personnes ;
et puis, me RÉJOUIR de ta venue, de ta présence aujourd’hui, dans ma vie, dans mon cœur et dans les rencontres que je vais faire aussi.
Enfin, pour que tu puisses grandir dans ma vie, et dans celle des autres, il est bon que je DIMINUE, que mon égo soit vraiment au service de ta présence et non pas l’inverse.
Pour porter cette prière de Jean-Baptiste, voici la mise en musique de ce passage de l’évangile de Jean.


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