Lectures du vendredi de la 1ère semaine de Carême, année paire. 2702 2026

Lectures du vendredi de la 1ère semaine de Carême, année paire. 2702 2026

« La colère » (détail), par Dosso Dossi – Galerie du palais Cini, à Venise.
Photo de  Nicola Quirico, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Pour être informé de chaque nouvel article sur notre site, il suffit de cliquer sur l’icône verte « Follow » en haut à droite du site puis de renseigner son adresse mail.
Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’informations hebdomadaire.

 * * * * * *  

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? » (Ez 18, 21-28)

Lecture du livre du prophète Ézékiel (18, 21-28).

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
21 Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis,
s’il observe tous mes décrets,
s’il pratique le droit et la justice,
c’est certain, il vivra, il ne mourra pas.
22 On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis,
il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée.
23 Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant
– oracle du Seigneur Dieu –,
et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite
et qu’il vive ?
24 Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal
en imitant toutes les abominations du méchant,
il le ferait et il vivrait ?
Toute la justice qu’il avait pratiquée,
on ne s’en souviendra plus :
à cause de son infidélité et de son péché,
il mourra !
25 Et pourtant vous dites :
« La conduite du Seigneur n’est pas la bonne. »
Écoutez donc, fils d’Israël :
est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ?
N’est-ce pas plutôt la vôtre ?
26 Si le juste se détourne de sa justice,
commet le mal, et meurt dans cet état,
c’est à cause de son mal qu’il mourra.
27 Si le méchant se détourne de sa méchanceté
pour pratiquer le droit et la justice,
il sauvera sa vie.
28 Il a ouvert les yeux
et s’est détourné de ses crimes.
C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

Psaume

Psaume 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8

R/ Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
(129, 3)

1 Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
2 Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

3 Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
4 Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

5 J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
6 Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

7 Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
8 C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

Ce psaume a fait l’objet, par Marie Noëlle Thabut, de commentaires en 2 occasions au moins, dans une version à chaque fois complète (Ps 129, 1-8). Nous allons reproduire ci-dessous cette version complète, puis les commentaires.

1   Des profondeurs je crie vers toi, SEIGNEUR,
2   Seigneur, écoute mon appel !
     Que ton oreille se fasse attentive
     au cri de ma prière !

3   Si tu retiens les fautes, SEIGNEUR,
     Seigneur, qui subsistera ?
4   Mais près de toi se trouve le pardon
     pour que l’homme te craigne.

5   J’espère le SEIGNEUR de toute mon âme ;
     je l’espère, et j’attends sa parole.
6   Mon âme attend le Seigneur
     plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.   

7   Oui, près du SEIGNEUR, est l’amour ;
     près de lui, abonde le rachat.
8   C’est lui qui rachètera Israël
     de toutes ses fautes.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, 5e dimanche de Carême, année A.

PRÈS DE TOI SE TROUVE LE PARDON

Il y a dans le psautier un ensemble de quinze psaumes qui portent un nom particulier : chacun d’eux commence par ces mots « cantique des montées ». En hébreu, le verbe « monter » est employé pour dire « Aller à Jérusalem en pèlerinage ».

Dans les Évangiles, d’ailleurs, l’expression « monter à Jérusalem » apparaît plusieurs fois dans le même sens : elle évoque le pèlerinage pour les trois fêtes annuelles et, en particulier, la plus importante d’entre elles, la fête des Tentes.

Ces quinze psaumes, donc, accompagnaient l’ensemble du pèlerinage. Avant même d’arriver à Jérusalem, ils évoquaient par avance le déroulement de la fête. Pour certains, on peut même deviner à quel moment du pèlerinage ils étaient chantés ; par exemple, le psaume 121 (122) « J’étais dans la joie quand je suis parti vers la maison du SEIGNEUR… maintenant, nous voici devant tes portes, Jérusalem… » était probablement le psaume de l’arrivée.1

Le psaume 129 (130) est donc l’un de ces cantiques des Montées ; il était probablement chanté pendant la fête des Tentes (l’une des trois grandes fêtes de pèlerinage), à l’automne, au cours d’une cérémonie pénitentielle. C’est pourquoi le vocabulaire de la faute et du pardon est relativement important dans ce psaume. « Si tu retiens les fautes, SEIGNEUR, Seigneur, qui subsistera ? »

Le pécheur qui parle ici, et qui supplie, certain déjà d’être pardonné, c’est le peuple qui reconnaît à la fois l’infinie bonté de Dieu, son inlassable fidélité (sa « Hessed ») et l’incapacité foncière de l’homme à répondre à l’Alliance. Ces infidélités répétées à l’Alliance sont vécues comme une véritable « mort spirituelle » : « Des profondeurs, je crie vers Toi » ; mais ce cri s’adresse à celui dont l’Être même est le Pardon : c’est le sens de l’expression « Près de toi est le pardon ».

Dieu est Amour et Il est Don, c’est la même chose ; or le « Par-Don » n’est pas autre chose : c’est le don « par-delà ». Pardonner, c’est continuer à proposer une Alliance, un avenir possible, au-delà des infidélités de l’autre. Rappelez-vous l’histoire de David : après le meurtre du mari de Bethsabée par le roi, le prophète Natan lui avait annoncé le pardon de Dieu avant même que David ait eu le temps d’exprimer la moindre parole de regret, ni le moindre aveu.

Curieusement, cette idée que Dieu pardonne toujours n’est pas du goût de tout le monde ; mais pourtant, incontestablement, c’est l’une des affirmations majeures de la Bible, et ce dès l’Ancien Testament. Et Jésus reprend avec force le même enseignement : par exemple, dans la parabole de l’enfant prodigue, chez Luc (chapitre 15), le père est là sur le chemin à attendre son fils (ce qui prouve qu’il lui a déjà pardonné) et il lui ouvre les bras avant que le fils, lui, ait ouvert la bouche. Et l’exemple du pardon de Dieu absolument gratuit nous est donné par Jésus lui-même sur la croix : ceux qui sont en train de le tuer n’ont pas eu la moindre parole de repentir et pourtant, il dit bien « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

MON ÂME ATTEND LE SEIGNEUR PLUS QU’UN VEILLEUR NE GUETTE L’AURORE.

C’est dans son pardon, précisément, nous dit la Bible, que Dieu révèle sa puissance. Cela encore, c’est une des grandes découvertes d’Israël ; vous connaissez cette phrase du livre de la Sagesse : « Ta force (Seigneur) est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose… toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement. » L’idée, c’est que quelqu’un dont le pouvoir est incontesté n’a pas besoin de l’étaler. (Sg 12,16.18).

Certains craignent que l’annonce de la miséricorde de Dieu incite au laisser-aller ; à mon avis c’est le contraire : une fois qu’on est vraiment convaincus de la tendresse et du pardon inconditionnel de Dieu, on a envie d’y correspondre et d’essayer de lui ressembler. Donc la certitude de la « miséricorde » de Dieu n’engendre chez le croyant ni présomption ni indifférence au péché, mais reconnaissance humble et émerveillée.

« Près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne » : cette formule très ramassée dit  quelle doit être l’attitude du croyant face à ce Dieu qui n’est que don et pardon. Nous trouvons là encore une définition de la « crainte de Dieu » : ce n’est pas la crainte du châtiment. Toute la pédagogie de Dieu au long de l’histoire biblique cherche à nous libérer de toute peur ; car la peur n’est pas une attitude d’homme libre et Dieu veut nous libérer totalement. La « crainte de Dieu » au sens biblique, c’est une adoration pleine d’émerveillement devant la Toute-Puissance de Dieu faite seulement d’amour. « Craindre » le Seigneur, c’est l’adorer et lui faire tellement confiance qu’on fera tout son possible pour obéir à sa Loi dans la certitude que cette Loi n’est dictée que par son amour paternel.

Cette certitude du « Par-don », du Don toujours acquis au-delà de toutes les fautes inspire à Israël une attitude d’espérance extraordinaire. Israël repentant attend son pardon « plus qu’un veilleur ne guette l’aurore ». « C’est Lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes » : nous rencontrons régulièrement dans les textes bibliques des expressions similaires. Elles annoncent à Israël sa libération définitive, la libération de toutes les fautes de tous les temps.

Israël attend plus encore : précisément parce que le peuple de l’Alliance expérimente sa faiblesse et son péché toujours renaissant, mais aussi la Fidélité de Dieu, il attend de Dieu lui-même la réalisation définitive de ses promesses. Au-delà du pardon immédiat, c’est l’aurore définitive que ce peuple attend de siècle en siècle, qu’il « espère contre toute espérance » (comme Abraham), l’aurore du Jour de Dieu. Tous les psaumes sont traversés par l’attente messianique.

Les chrétiens savent encore plus sûrement que notre monde va vers son accomplissement : un accomplissement qui se nomme Jésus-Christ : « Notre âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore ».

———————————————————————————————————————————

Note 

La Bible grecque a traduit « Cantiques des degrés », c’est-à-dire des « marches ». Or, un escalier de quinze marches reliait la Cour des femmes au parvis du Temple : certains en déduisent que chacun de ces quinze psaumes était chanté sur l’une des marches. Quand on imagine, au moins pour les jours de grandes fêtes, la foule innombrable qui se pressait aux abords du Temple, sur les divers parvis et sur ces fameuses quinze marches, il est hautement improbable qu’on ait pu attribuer des psaumes précis à des marches précises sauf, peut-être, pour des démarches individuelles. Il est très probable, au contraire, que ces quinze psaumes aient été composés pour accompagner l’ensemble du pèlerinage.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, 10e dimanche du temps ordinaire, année B.

PRÈS DE TOI SE TROUVE LE PARDON

Nous avons tellement pris l’habitude de chanter ce psaume dans certaines circonstances, en particulier les enterrements, que nous en oublions qu’il a été composé pour tout autre chose ! En fait, il fait partie d’un ensemble de quinze psaumes qui portent tous le même sous-titre : « Psaume des montées », qu’on peut traduire « Psaumes de pèlerinage ». Tout simplement parce que, en hébreu, le verbe « monter » était employé pour dire « Aller à Jérusalem en pèlerinage ». Dans les Évangiles, d’ailleurs, l’expression « monter à Jérusalem » apparaît plusieurs fois dans le même sens : elle évoque le pèlerinage pour les trois fêtes annuelles, et en particulier, la plus importante d’entre elles, la fête des Tentes. Et ceux qui connaissent la région de Jérusalem comprennent tout de suite ! Jérusalem est à huit cents mètres d’altitude, à peu près, Jéricho à moins trois cents mètres ; on peut réellement parler d’une montée ! Encore que, bien sûr, le sens soit encore plus spirituel que géographique !

La Bible grecque a traduit « cantique des degrés », c’est-à-dire des « marches ». Or un escalier de quinze marches reliait la Cour des femmes au parvis du Temple ; certains en déduisent que chacun de ces quinze psaumes était chanté sur l’une des marches. Mais il est plus probable qu’ils accompagnaient l’ensemble du pèlerinage. Avant même d’arriver à Jérusalem, ces psaumes évoquaient par avance le déroulement de la fête.

Le psaume 129/130 est donc l’un des cantiques des Montées ; il semble évoquer un sacrifice de réparation qui devait être offert pendant la fête des Tentes, au cours d’une célébration pénitentielle. C’est pourquoi le vocabulaire de la faute et du pardon est relativement important dans ce psaume. Le pécheur qui parle ici, et qui supplie, sûr déjà d’être pardonné, c’est le peuple qui reconnaît à la fois l’infinie bonté de Dieu (sa Hessed) et l’incapacité foncière de l’homme à répondre à l’Alliance. Ces infidélités répétées à l’Alliance sont vécues comme une véritable « mort spirituelle » : « Des profondeurs, je crie vers Toi ». Mais ce cri s’adresse à celui dont l’Être même est le Pardon : c’est le sens de l’expression « Près de toi se trouve le pardon ». C’est dans son pardon que Dieu révèle sa puissance : Dieu est AMOUR et Il est DON, c’est la même chose ; or le PAR-DON n’est pas autre chose que le don : c’est le DON « par-delà », le don parfait, parachevé. Pardonner, c’est continuer à proposer une Alliance, un avenir possible, au-delà des infidélités de l’autre.

On sait que cette faculté de pardon de Dieu est l’une des grandes découvertes de Moïse ; c’est dans le livre de l’Exode que l’on entend cette magnifique définition du « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour ». Les prophètes ont répercuté cette Bonne Nouvelle, chaque fois qu’il fallait rendre l’espérance au peuple ; rappelez-vous Michée : « À quel Dieu te comparer, toi qui ôtes le péché, toi qui passes sur les révoltes ? Pour l’amour du reste (d’Israël), son patrimoine, loin de s’obstiner dans sa colère, lui, il se plaît à faire grâce. » (Mi 7,18). Et ce fameux texte d’Isaïe : « Recherchez le SEIGNEUR puisqu’il se laisse trouver, appelez-le puisqu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme malfaisant, ses pensées. Qu’il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu qui pardonne abondamment. » (Is 55, 6-7).

« Près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne » : cette formule très ramassée dit quelle doit être l’attitude du croyant face à ce Dieu qui n’est que don et pardon. Nous trouvons là encore une définition de la « crainte de Dieu » : ce n’est pas la crainte du châtiment ; au contraire, toute la pédagogie de Dieu au long de l’histoire biblique cherche à nous libérer de toute peur ; car la peur n’est pas une attitude d’homme libre et Dieu veut nous libérer totalement ; la « crainte de Dieu » au sens biblique, c’est une adoration pleine d’émerveillement devant la Toute-Puissance de Dieu faite seulement d’amour et de pardon ; une adoration, un émerveillement qui conduisent logiquement le croyant à obéir désormais à la Parole de Dieu, à ses commandements ; la « crainte de Dieu » n’est donc pas de la crainte au sens de la peur, mais une adoration confiante qui conduit à l’obéissance. Désormais, on fera tout son possible pour obéir à sa Loi dans la certitude que cette Loi n’est dictée que par son amour paternel.

LE PARDON DE DIEU, PILIER DE NOTRE ESPÉRANCE

Qu’on se rassure, cette certitude de la « miséricorde » de Dieu n’engendre pas chez le croyant la présomption ou l’indifférence au péché : au contraire ! Notre prise de conscience de la miséricorde de Dieu résonne en nous comme un appel à une vie meilleure ; et elle ouvre nos yeux sur les conséquences de nos actes.

Car le Par-don ne signifie pas pour autant effacement ni coup d’éponge : rien ne pourra effacer le mal que nous avons fait, ni le bien d’ailleurs ; et c’est bien ce qui fait la grandeur et la gravité, au sens étymologique du terme, le poids, de nos vies d’hommes ; le pardon, qu’il soit accordé par Dieu, ou par ceux qui ont souffert à cause de nous, n’efface rien, mais il permet de repartir dans une relation renouvelée. Il ne s’agit donc pas d’ignorer ou de minimiser nos fautes, mais de repartir toujours de l’avant, grâce au pardon de Dieu.

Cette certitude du PAR-DON, du DON toujours acquis au-delà de toutes les fautes inspire à Israël une attitude d’espérance extraordinaire. Israël repentant attend son pardon « plus qu’un veilleur ne guette l’aurore ». Il attend plus encore : au-delà du pardon ponctuel, ce qu’Israël attend, c’est la libération définitive du mal. Cette délivrance ne peut être l’œuvre que de Dieu seul : « C’est Lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes » : précisément parce que le peuple de l’Alliance expérimente sa faiblesse et son péché toujours renaissant, mais aussi la FIDÉLITÉ DE DIEU, il attend de Dieu lui-même la réalisation définitive de ses promesses. Au-delà du pardon immédiat, donc, c’est l’aurore définitive, l’aurore du Jour de  Dieu que ce peuple attend de siècle en siècle, qu’il « espère contre toute espérance » comme Abraham. Tous les psaumes sont traversés par cette attente. Tout comme le livre de la Genèse, que nous avons lu en première lecture, annonçait que le mal sera un jour définitivement vaincu, ce psaume 129/130 est habité par la même certitude.

Il ne nous vient jamais à l’idée que le jour pourrait oublier de se lever après la nuit… Les chrétiens savent encore plus sûrement que notre monde va vers son accomplissement : un accomplissement qui se nomme Jésus-Christ : « Notre âme attend le SEIGNEUR plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. »

Évangile

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 20-26)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Rejetez tous les crimes que vous avez commis, 
faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance
(Ez 18, 31).

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 20-26).

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
20 « Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas
celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
21 Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
22 Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
26 Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 6e dimanche du temps ordinaire, année A. Ce jour-là, le texte lu (Mt 5, 17-37) est le même qu’aujourd’hui, mais précédé des versets 17 à 19 et suivi des versets 27 à 37.

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples 
17 « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
    je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
18 Amen, je vous le dis :
    Avant que le ciel et la terre disparaissent,
    pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
    jusqu’à ce que tout se réalise.
19 Donc, celui qui rejettera
    un seul de ces plus petits commandements,
    et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
    sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
    Mais celui qui les observera et les enseignera,
    celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
20 Je vous le dis en effet :
    Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
    vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

21 Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
    Tu ne commettras pas de meurtre,
    et si quelqu’un commet un meurtre,
    il devra passer en jugement.
22 Eh bien ! moi, je vous dis :
    Tout homme qui se met en colère contre son frère
    devra passer en jugement.
    Si quelqu’un insulte son frère,
    il devra passer devant le tribunal.
    Si quelqu’un le traite de fou,
    il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
    si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande, là, devant l’autel,
    va d’abord te réconcilier avec ton frère,
    et ensuite viens présenter ton offrande.
25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
    pendant que tu es en chemin avec lui,
    pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
    le juge au garde,
    et qu’on ne te jette en prison.
26 Amen, je te le dis :
    tu n’en sortiras pas
    avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

27 Vous avez appris qu’il a été dit :
    Tu ne commettras pas d’adultère.
28 Eh bien ! moi, je vous dis :
    Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
    a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
29 Si ton œil droit entraîne ta chute,
    arrache-le et jette-le loin de toi,
    car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
    que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
30 Et si ta main droite entraîne ta chute,
    coupe-la et jette-la loin de toi,
    car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
    que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
31 Il a été dit également :
    Si quelqu’un renvoie sa femme,
    qu’il lui donne un acte de répudiation.

32 Eh bien ! moi, je vous dis :
    Tout homme qui renvoie sa femme,
    sauf en cas d’union illégitime,
    la pousse à l’adultère ;
    et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
    il est adultère.

33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
    Tu ne manqueras pas à tes serments,
    mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.

34 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
    ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
35 ni par la terre, car elle est son marchepied,
    ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
36 Et ne jure pas non plus sur ta tête,
    parce que tu ne peux pas
    rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
37 Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
    ‘non’, si c’est ‘non’.
    Ce qui est en plus
    vient du Mauvais. »
——————————————————————————————————————————

LE ROYAUME DE DIEU AVANCE LENTEMENT MAIS SÛREMENT

Nous avons entendu là un des maîtres mots de saint Matthieu : le mot « accomplir ». Il vise ce grand projet que Paul appelle « le dessein bienveillant de Dieu » ; et si le mot est de saint Paul, l’idée remonte beaucoup plus loin que lui ; depuis Abraham, toute la Bible est tendue vers cet accomplissement. Le chrétien, normalement, n’est pas tourné vers le passé, c’est quelqu’un qui est tendu vers l’avenir. Et il juge toutes les choses de ce monde en fonction de l’avancement des travaux, entendez l’avancement du Royaume ». Quelqu’un disait : « La Messe du dimanche, c’est la réunion du chantier du Royaume » : le lieu où on fait le point sur l’avancement de la construction.

Et réellement, le Royaume avance, lentement mais sûrement : c’est le cœur de notre foi. Bien sûr, cela ne se juge pas sur quelques dizaines d’années : il faut regarder sur la longue durée ; Dieu a choisi un peuple comme tous les autres : il s’est peu à peu révélé à lui et après coup, on est bien obligé de reconnaître qu’un énorme chemin a été parcouru. Dans la découverte de Dieu, d’abord, mais aussi dans la relation aux autres hommes ; les idéaux de justice, de liberté, de fraternité remplacent peu à peu la loi du plus fort et l’instinct de vengeance.

Ce lent travail de conversion du cœur de l’homme a été l’œuvre de la Loi donnée par Dieu à Moïse : les premiers commandements étaient de simples balises qui disaient le minimum vital en quelque sorte, pour que la vie en société soit simplement possible : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Et puis, au long des siècles on avait affiné la Loi, on l’avait précisée, au fur et à mesure que les exigences morales progressaient.

 Jésus s’inscrit dans cette progression : il ne supprime pas les acquis précédents, il les affine encore : « On vous a dit… moi je vous dis… » Pas question de gommer les étapes précédentes, il s’agit d’en franchir une autre : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ». Première étape, tu ne tueras pas, deuxième étape, tu t’interdiras même la colère et tu iras jusqu’au pardon. Dans un autre domaine, première étape, tu ne commettras pas l’adultère en acte, deuxième étape, tu t’interdiras même d’y penser, et tu éduqueras ton regard à la pureté. Enfin, en matière de promesses, première étape, pas de faux serments, deuxième étape, pas de serments du tout, que toute parole de ta bouche soit vraie.

Aller plus loin, toujours plus loin dans l’amour, voilà la vraie sagesse ! Mais l’humanité a bien du mal à prendre ce chemin-là ! Pire encore, elle refuse bien souvent les valeurs de l’Évangile et se croit sage en bâtissant sa vie sur de tout autres valeurs. Paul fustige souvent cette prétendue sagesse qui fait le malheur des hommes : « La sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction », lisions-nous dans la deuxième lecture.

Dans chacun de ces domaines, Jésus nous invite à franchir une étape pour que le Royaume vienne. Curieusement, mais c’est bien conforme à toute la tradition biblique, ces commandements renouvelés de Jésus visent tous les relations avec les autres. Si on y réfléchit, ce n’est pas étonnant : si le dessein bienveillant de Dieu, comme dit saint Paul, c’est de nous réunir tous en Jésus-Christ, tout effort que nous tentons vers l’unité fraternelle contribue à l’accomplissement du projet de Dieu, c’est-à-dire à la venue de son Règne. Il ne suffit pas de dire « Que ton Règne vienne », Jésus vient de nous dire comment, petitement, mais sûrement, on peut y contribuer.

Parcours de Carême : « La source du mal est en moi : comment pardonner ?« . Méditation du père Étienne Roche, pour Cathoglad.

Commentaires du père Paul-Marie Chauvet, pour Cathoglad.

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 5’33 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Achille José Nkomo B. FM pour Magnificat-TV (Franciscains de Marie).

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Commentaires du frère Paul Adrien.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Merci de nous suivre et de nous mettre un "J'aime":
RSS
Suivre par Email
X (ex-Twitter)
Visit Us
Follow Me
YouTube
LinkedIn
Share
RSS
Suivre par Email
X (ex-Twitter)
Visit Us
Follow Me
YouTube
LinkedIn
Share
Copier le lien
URL has been copied successfully!
×