Lectures du vendredi de la 2e semaine de Carême, année paire. 6 03 2026
« Joseph vendu par ses frères« , peint en 1817 par Johann Friedrich Overbeck (1789–1869).
Fresques de la Casa Bartholdy, à Rome. Alte Nationalgalerie, à Berlin.
Domaine public, via Wikimedia Commons.
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Première lecture
« Voici l’expert en songes qui arrive ! Allons-y, tuons-le » (Gn 37, 19b.20a)
Lecture du livre de la Genèse 37, 3-4.12-13a.17b-28.
3 Israël, c’est-à-dire Jacob,
aimait Joseph plus que tous ses autres enfants,
parce qu’il était le fils de sa vieillesse,
et il lui fit faire une tunique de grand prix.
4 En voyant qu’il leur préférait Joseph,
ses autres fils se mirent à détester celui-ci,
et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.
12 Les frères de Joseph étaient allés à Sichem
faire paître le troupeau de leur père.
13 Israël dit à Joseph :
« Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ?
Va donc les trouver de ma part ! »
17b Joseph les trouva à Dotane.
18 Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux,
ils complotèrent de le faire mourir.
19 Ils se dirent l’un à l’autre :
« Voici l’expert en songes qui arrive !
20 C’est le moment, allons-y, tuons-le,
et jetons-le dans une de ces citernes.
Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré,
et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
21 Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains.
Il leur dit :
« Ne touchons pas à sa vie. »
22 Et il ajouta :
« Ne répandez pas son sang :
jetez-le dans cette citerne du désert,
mais ne portez pas la main sur lui. »
Il voulait le sauver de leurs mains
et le ramener à son père.
23 Dès que Joseph eut rejoint ses frères,
ils le dépouillèrent de sa tunique,
la tunique de grand prix qu’il portait,
24 ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne,
qui était vide et sans eau.
25 Ils s’assirent ensuite pour manger.
En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites
qui venait de Galaad.
Leurs chameaux étaient chargés d’aromates,
de baume et de myrrhe
qu’ils allaient livrer en Égypte.
26 Alors Juda dit à ses frères :
« Quel profit aurions-nous à tuer notre frère
et à dissimuler sa mort ?
27 Vendons-le plutôt aux Ismaélites
et ne portons pas la main sur lui,
car il est notre frère,
notre propre chair. »
Ses frères l’écoutèrent.
28 Des marchands madianites qui passaient par là
retirèrent Joseph de la citerne,
ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites,
et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.
Commentaires de Thierry Jallas.
Je vois dans l’histoire de Joseph et ses frères une nouvelle illustration du principe personnaliste et des conséquences de sa non-application.
Les frères de Joseph ne sont pas libres intérieurement, mais asservis à leur jalousie ; C’est ce qui les conduits à recourir à la contrainte contre lui, à le priver de sa liberté et à ne pas respecter sa dignité. Ils ne peuvent pas être libres, parce qu’ils ne sont pas conscients de leur jalousie. Plus tard, ils en prendront conscience, grâce à l’attitude de Joseph, qui ne se laissera pas asservir par quelque soif de vengeance que ce soit.
Psaume
Psaume 104 (105), 4a.5a.6, 16-17, 18-19, 20-21
R/ Souvenez-vous des merveilles
que le Seigneur a faites. (104, 5a)
4 Cherchez le Seigneur et sa puissance,
5 souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
6 vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
16 Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
17 Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.
18 On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
19 il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.
20 Le roi ordonne qu’il soit relâché,
le maître des peuples, qu’il soit libéré.
21 Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion de la fête de la Sainte-Famille, année B. Ce jour-là, l’extrait lu (1-2, 3-4, 5-6, 8-9) comporte les versets 4a, 5a, et 6 en commun avec l’extrait d’aujourd’hui.
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1 Rendez grâce au SEIGNEUR, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits :
2 chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.
3 Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
4 Cherchez le SEIGNEUR et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
5 Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça,
6 vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
8 Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
9 promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.
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RENDEZ GRÂCE AU SEIGNEUR
Il est rare que la Bible nous raconte une célébration liturgique ; mais justement le premier livre des Chroniques nous en rapporte une au cours de laquelle ce psaume 104/105 a été chanté, au moins en partie. Cela se passait quand David a choisi Jérusalem pour capitale, donc vers l’an 1000 av. J.-C. : David était très conscient d’avoir tout reçu de Dieu… et donc, très logiquement, un de ses premiers soucis a été de bâtir un autel et d’installer l’Arche d’Alliance dans un lieu digne d’elle. Il a choisi la colline la plus élevée, celle qui dominait son palais au Nord et il y a fait solennellement monter l’Arche ; ce fut une grande fête populaire et, pour marquer le coup, David fit distribuer à chaque famille une miche de pain, un gâteau de dattes et un gâteau de raisins.
Puis il organisa le service du culte autour de l’Arche : des prêtres chargés d’offrir les sacrifices, mais aussi des lévites, musiciens et chanteurs (1 Ch 16,5s) ; parmi ces lévites, musiciens et chanteurs, un certain Asaph dont le nom revient en tête de quelques psaumes. Les quinze premiers versets de ce psaume 104/105 sont cités tels quels dans le livre des Chroniques au moment de l’installation de l’Arche à Jérusalem ; cela veut dire peut-être, qu’ils étaient chantés à Jérusalem, dès l’époque de David, donc avant même que Salomon construise le Temple. Et lorsque, trois cents ans plus tard, vers 700 av. J-.C., le roi Ézéchias qui était pieux, voulut faire une grande réforme religieuse et rétablir le culte dans toute sa pureté à la manière de David, on dit qu’il fit reprendre le chant d’Asaph, c’est-à-dire très probablement ce psaume entre autres (2 Ch 29,18-36). Ce qui veut dire que ce psaume 104/105 est considéré comme typique de la fidélité à l’Alliance avec Dieu ; il est donc très important pour nous de voir ce qu’il a de particulier !
Or, ce qu’il a de particulier, c’est très simple : c’est un psaume de louange, qui énumère tous les bienfaits de Dieu. Il commence par une invitation solennelle adressée à tous les fidèles, du genre « Louez Dieu » (Alleluia !) : ce sont ces versets-là qui ont été retenus pour aujourd’hui ; on y lit toute une série d’impératifs : « Rendez grâce au SEIGNEUR, proclamez son nom, annoncez, chantez, jouez, redites sans fin ses merveilles… Glorifiez-vous de son nom… Cherchez le SEIGNEUR, souvenez-vous des merveilles qu’il a faites… ». Les merveilles qu’il a faites, cela se résume en quelques mots, c’est sa fidélité à l’Alliance qu’il a lui-même proposée à Abraham puis à chaque génération après lui. « Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, de ses prodiges, des jugements qu’il prononça, vous la race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob qu’il a choisis. Il s’est toujours souvenu de son Alliance, parole édictée à mille générations ; promesse faite à Abraham, garantie par serment à Isaac. »
Soyons francs, il ne s’est pas encore écoulé mille générations entre le temps d’Abraham et celui de David ! Tout au plus huit cent cinquante ans, ce qui fait une vingtaine ou une trentaine de générations au maximum. Mais le lyrisme poétique ne sait pas compter, on le sait bien ! Dans la Bible, ce nombre mille est symbolique, il signifie une Alliance éternelle.
Le reste du psaume détaille les œuvres de Dieu en faveur de son peuple depuis Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse… C’est un vrai cours d’histoire ! Dieu a fait Alliance avec Abraham et lui a promis la terre : « Je te donne la terre de Canaan, c’est le patrimoine qui vous échoit ». Cette promesse, elle a été faite à une poignée d’immigrants ; mais Dieu les a toujours protégés, et le psaume continue : « Il n’a laissé personne les opprimer… » Et tous les épisodes de l’histoire d’Israël sont relus comme des interventions de Dieu au bénéfice de son peuple. Y compris l’histoire de Joseph, par exemple : ce sont ses frères, jaloux, qui se sont débarrassés de lui, et il s’est retrouvé esclave en Égypte, mais Dieu, encore une fois, a tiré de ce mal un bien pour son peuple ; puisque c’est grâce à la présence de Joseph en Égypte que ses frères purent y trouver refuge un peu plus tard en période de famine. « Il envoya devant eux un homme, Joseph, qui fut vendu comme esclave. On lui entrava les pieds, on lui passa un collier de fer… mais le maître des peuples le fit relâcher… Alors Israël entra en Égypte… Et Dieu multiplia son peuple… » Et ainsi de suite… le psaume est une véritable litanie des œuvres de Dieu pour son peuple… Moïse, la libération d’Égypte, l’Exode…
SOUVENEZ-VOUS POUR CONTINUER À ESPÉRER
La clé de toute cette histoire, la voici : « Il s’est toujours souvenu de son alliance, parole édictée pour mille générations : promesse faite à Abraham, garantie par serment à Isaac. » Il faut noter au passage le vocabulaire typique de l’œuvre de libération de Dieu : « hauts faits, merveilles, prodiges ». Évidemment, toute cette rétrospective n’est pas un cours d’histoire ! Elle est une profession de foi ; la profession de foi du peuple qui, comme David, est conscient d’avoir tout reçu de Dieu, et qui proclame à la face du monde : Dieu est le vrai maître de notre histoire et il nous protège, nous son peuple, contre vents et marées. Ce peuple qu’il a librement choisi : « race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob, qu’il a choisis ». Dieu s’est librement engagé « promesse faite à Abraham, garantie par serment à Isaac ». Mais tout ceci, bien sûr, doit avoir des conséquences, que l’on peut exprimer ainsi : » Dieu s’est souvenu… alors, à votre tour, souvenez-vous ». Voilà la morale de cette histoire : garder précieusement cette Mémoire est vital pour le peuple bénéficiaire de toute cette sollicitude de Dieu ; parce que Dieu a accompli ses promesses dans le passé, son peuple trouve la force, au long des siècles, de garder la foi dans les promesses pas encore réalisées : parce qu’on peut répéter à ses enfants « Le Seigneur fit comme il l’avait dit », les enfants, à leur tour, croiront en lui et transmettront la foi à leurs enfants.
Belle leçon pour la fête de la sainte Famille : la famille humaine ne sera sainte que si elle garde, de génération en génération, la mémoire des œuvres de Dieu ; Il s’est souvenu… alors, à votre tour, souvenez-vous… le plus bel exemple nous en est donné par Marie dans le Magnificat : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son nom… Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent… Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais ».
Commentaires de Thierry Jallas.
Je trouve qu’il apparaît ici clairement pourquoi le psaume, à la messe, est appelé « psaume responsorial » : il répond à la première lecture, il est choisi en cohérence avec elle (aujourd’hui, en rappelant l’histoire de Joseph).
Évangile
« Voici l’héritier : venez ! tuons-le ! » (Mt 21, 33-43.45-46)
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire ! (Jn 3, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43.45-46.
En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »
En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion du 26e dimanche du temps ordinaire, année C.
QUAND JÉSUS RÉADAPTE UN CONTE POPULAIRE
Elle est doublement terrible cette dernière phrase : « Quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus » ; d’abord elle semble désespérée, comme si rien ne pouvait forcer un cœur de pierre à changer ! Mais elle est plus terrible encore dans la bouche de Jésus : on peut se demander s’il pense à lui-même en disant cela ? « Quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts »… ? Et quand Luc écrit son évangile, il ne sait que trop bien que la Résurrection du Christ n’a pas converti tout le monde, loin de là, elle en a même endurci plus d’un.
Venons-en à l’histoire du riche et du pauvre Lazare : le riche, finalement, nous ne savons pas grand chose de lui, même pas son nom ; il n’est pas dit qu’il soit spécialement méchant, au contraire, puisqu’il pensera même plus tard à sauver ses frères du malheur dans l’au-delà. Simplement, il est dans son monde, dans son confort, « dans sa tour d’ivoire », pourrait-on dire, comme les Samaritains dont parlait Amos dans la première lecture. Tellement dans sa tour d’ivoire qu’il ne voit même pas à travers son portail, le mendiant qui crève de faim et qui se contenterait bien de ses poubelles.
Le mendiant, lui, a un nom « Lazare » qui veut dire « Dieu aide » et cela, déjà, est tout un programme : Dieu l’aide, non parce qu’il est vertueux, on n’en sait rien, mais parce qu’il est pauvre, tout simplement. Voilà peut-être la première surprise que Jésus fait à ses auditeurs en leur racontant cette parabole : car, en fait, cette histoire, ils la connaissaient déjà, c’était un conte bien connu, qui venait d’Égypte ; dans le conte égyptien, les deux personnages étaient un riche plein de péchés et un pauvre plein de vertus : arrivés dans l’au-delà, les deux passaient sur la balance : et on pesait leurs bonnes et leurs mauvaises actions. Et au fond la petite histoire ne dérangeait personne : les bons, qu’ils soient riches ou pauvres, étaient récompensés… les méchants, riches ou pauvres, étaient punis. Tout était dans l’ordre.
Les rabbins, eux aussi, avant Jésus, racontaient une histoire du même genre, elle aussi bien évidemment empruntée à l’Égypte. Le riche était un fils de publicain pécheur, le pauvre un homme très dévot ; eux aussi passaient sur une balance qui pesait soigneusement les mérites des uns et des autres ; très logiquement, le dévot était reconnu plus méritant que le fils du publicain.
LES VRAIS FILS D’ABRAHAM
Jésus bouscule un peu cette logique : il ne calcule pas les mérites et les bonnes actions ; car, encore une fois, il n’est dit nulle part que Lazare soit vertueux et le riche mauvais ; Jésus constate seulement que le riche est resté riche sa vie durant, pendant que le pauvre restait pauvre, à sa porte : c’est dire l’abîme d’indifférence, ou d’aveuglement si vous préférez, qui s’est creusé entre le riche et le pauvre, simplement parce que le riche n’a jamais entrouvert son portail.
Autre détail qui a son importance dans le récit de Jésus : il n’est pas tout-à-fait exact qu’on ne sait rien du riche ; en fait, on sait comment il était habillé : de pourpre et de lin, ce qui est une allusion évidente aux vêtements des prêtres ! La couleur pourpre qui était primitivement la couleur des vêtements royaux, était devenue la couleur des grands prêtres parce qu’ils servent le roi du monde ; quant au lin c’était le tissu de la tunique du grand prêtre ; là, dans la bouche de Jésus, il y a certainement une petite pointe à l’égard de ses auditeurs : très pieux mais peut-être indifférents à la misère des autres ; Jésus leur dit quelque chose comme « grand-prêtre ou pas, si vous méprisez vos frères, vous ne méritez pas votre titre de fils d’Abraham ».
Car, on l’aura remarqué : Abraham est cité sept fois dans cette page ; c’est donc certainement une clé du texte. Au fond, la question de Jésus c’est « qui est vraiment fils d’Abraham ? » et sa réponse : si vous n’écoutez pas la Loi et les Prophètes, si vous êtes indifférents à la souffrance de vos frères, vous n’êtes pas les fils d’Abraham. Jésus va encore plus loin : le pauvre aurait bien voulu manger les miettes du riche, mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies ; or les chiens étaient des animaux impurs… ce qui fait que même si le riche pieux s’était donné la peine d’ouvrir son portail, il aurait été choqué de toute façon et il aurait fui cet homme impur léché par les chiens… la leçon de Jésus, là encore, c’est « vous attachez de l’importance aux mérites, vous veillez à rester purs, vous êtes fiers d’être les descendants d’Abraham… mais vous oubliez l’essentiel ». Cet essentiel est dit dans la loi et les prophètes ; et là, nous n’avons que l’embarras du choix, dans le livre d’Isaïe par exemple : « Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : …partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?… Si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres… » (Isaïe 58, 6-7.10). Pas besoin de signes extraordinaires pour nous convertir : nous avons la Loi, les Prophètes, les Évangiles : à nous de les écouter et d’en vivre !
Parcours de Carême : « Vaincre la convoitise pour porter du fruit« . Méditation de Julien, pour Cathoglad.
Commentaires du père Paul-Marie Chauvet, pour Cathoglad.
Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.
Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 7’35 ».
Méditation du père Gilles.
Méditation proposée par le père Léonard Katchekpele, pour « Prêtre ! Et alors ? ».
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie du père Achille José Nkomo B. FM pour Magnificat-TV (Franciscains de Marie).
Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.
Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.
Commentaires du frère Paul Adrien.
Homélie de la messe du jour à Lourdes.
Messe du jour à Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille).
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
* * * * *
À mon avis, la première lecture vise le fait de compter sur un dirigeant politique plutôt que sur le Seigneur pour trouver le bonheur. Autrement dit, c’est la reprise du thème du 1er livre de Samuel, chapitre 8.
J’observe que la liturgie de ce jour est construite comme un miroir, ou une préfiguration, de la Passion :
- Genèse 37 : Joseph est trahi par ses frères par jalousie, comme le sera Jésus par les autorités religieuses de son temps ;
- Psaume 104 : on rappelle que Dieu a permis cela pour sauver son peuple (« Joseph vendu comme esclave… pour préparer la subsistance », tout comme Dieu a permis la passion et la crucifixion du Christ pour le salut, la rédemption, la libération de son peuple ;
- Matthieu 21 : la parabole des vignerons qui tuent le fils du propriétaire.
Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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Aujourd’hui Seigneur, tu m’invites à prendre au sérieux la journée que tu as prévue pour moi, à être vigilant aux prochains que je vais rencontrer.
Tu as prévu des Lazare pour moi, à aimer, à secourir aussi. Malheur à moi si je ferme les yeux sur ces destins fragiles : l’enfer existe, la punition et le châtiment aussi pour celui qui détourne son regard.
Oui il y a une rétribution future pour mes actes présents.
Et pour me connecter à mon humanité, à mon cœur, tu as prévu des prophètes, des Moïse pour m’exhorter à sortir de mon Égypte … de l’esclavage de moi-même, de mon égoïsme, pour te suivre au désert, une terre éprouvante, où je dois te faire confiance pour survivre. Là, tu as prévu de montrer ta gloire en pourvoyant à ma vie.
Seigneur, envoie-moi ces prophètes aujourd’hui pour que je puisse écouter ce qu’ils me disent de toi et comment ils m’exhortent à aimer mon prochain.
Pour clore cette méditation, je vous invite à écouter le chant « En présence des anges » : ils sont ceux qui emportèrent au paradis le pauvre Lazare (fichier audio disponible dans le groupe WhatsApp précité).


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