Lectures du vendredi de la 3e semaine du temps ordinaire, année paire. 30 01 2026

Lectures du vendredi de la 3e semaine du temps ordinaire, année paire. 30 01 2026

« Jésus et la parabole de la graine de moutarde », auteur inconnu.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »

De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Tu m’as méprisé et tu as pris la femme d’Ourias pour qu’elle devienne ta femme » (2 S 11, 1-4a.5-10a.13-17)

Lecture du deuxième livre de Samuel (11, 1-4a.5-10a.13-17).

1 Au retour du printemps,
à l’époque où les rois se mettent en campagne,
David envoya Joab en expédition,
avec ses officiers et toute l’armée d’Israël ;
ils massacrèrent les fils d’Ammone
et mirent le siège devant Rabba.
David était resté à Jérusalem.
2    Un soir, il se leva de sa couche
pour se promener sur la terrasse du palais.
De là, il aperçut une femme en train de se baigner.
Cette femme était très belle.
3    David fit demander qui elle était,
et on lui répondit :
« Mais c’est Bethsabée, fille d’Éliam,
la femme d’Ourias le Hittite ! »
4    Alors David envoya des gens la chercher.
Elle vint chez lui ; il coucha avec elle.
5    La femme devint enceinte,
et elle fit savoir à David :
« Je suis enceinte ! »
6    Alors David expédia ce message à Joab :
« Envoie-moi Ourias le Hittite. »
Et Joab l’envoya à David.

7    Lorsque Ourias fut arrivé auprès de lui,
David lui demanda comment allaient Joab,
et l’armée, et la guerre.
8    Puis il lui dit :
« Descends chez toi, prends du repos. »
Ourias sortit du palais,
et l’on portait derrière lui une portion de la table du roi.
9    Mais Ourias se coucha à l’entrée du palais
avec les serviteurs de son maître ;
il ne descendit pas chez lui.
10    On annonça à David :
« Ourias n’est pas descendu chez lui. »
13    Le lendemain, David l’invita à manger et à boire à sa table,
et il l’enivra.
Le soir, Ourias sortit et alla se coucher à nouveau
avec les serviteurs de son maître ;
mais il ne descendit pas chez lui.
14    Le matin suivant, David écrivit une lettre pour Joab,
et la fit porter par Ourias.
 15   Il disait dans cette lettre :
« Mettez Ourias en première ligne,
au plus fort de la mêlée,
puis repliez-vous derrière lui ;
qu’il soit frappé et qu’il meure ! »

16    Joab, qui assiégeait la ville, plaça Ourias à un endroit
où il savait que les ennemis étaient en force.
17    Les assiégés firent une sortie contre Joab.
Il y eut des tués dans l’armée, parmi les serviteurs de David,
et Ourias le Hittite mourut aussi.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 11e dimanche du temps ordinaire, année C. Ce jour-là, l’évangile n’est pas celui lu aujourd’hui, mais la suite : David reconnaît sa faute.

* * * * *

Lecture du deuxième livre de Samuel  12, 7-10. 13

     En ces jours-là,
     après le péché de David,
7   le prophète Nathan lui dit :
« Ainsi parle le SEIGNEUR Dieu d’Israël :
     Je t’ai consacré comme roi d’Israël,
     je t’ai délivré de la main de Saül,
8   puis je t’ai donné la maison de ton maître,
     j’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître ;
     je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda
     et, si ce n’est pas assez,
     j’ajouterai encore autant.
9   Pourquoi donc as-tu méprisé le SEIGNEUR
     en faisant ce qui est mal à ses yeux ?
     Tu as frappé par l’épée Ourias le Hittite ;
     sa femme, tu l’as prise pour femme ;
     lui, tu l’as fait périr par l’épée des fils d’Ammone.
10 Désormais, l’épée ne s’écartera plus jamais de ta maison,
     parce que tu m’as méprisé
     et que tu as pris la femme d’Ourias le Hittite
     pour qu’elle devienne ta femme. »
13 David dit à Nathan :
     « J’ai péché contre le SEIGNEUR ! »
     Nathan lui répondit :
     « Le SEIGNEUR a passé sur ton péché,
     tu ne mourras pas. »
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Voi­là l’un des épi­so­des les plus cé­lè­bres de l’histoire du roi Da­vid : pas le plus flat­teur peut-être, pour le roi, puis­que la Bi­ble ne nous ca­che pas la peu brillan­te ma­chi­na­tion à la­quel­le il s’est li­vré ce jour-là. On était en temps de guer­re, l’armée ve­nait de met­tre le siè­ge de­vant la ville de Rab­bat Am­mon (Am­man aujourd’hui). Le roi Da­vid, lui, était à Jé­ru­sa­lem dans son pa­lais. Un soir, en se pro­me­nant sur sa ter­ras­se, il aper­çoit une ra­vis­san­te créa­ture qui pre­nait son bain. Il en tom­be amou­reux et la fait ve­nir au pa­lais. El­le était ma­riée pour­tant, mais son ma­ri, Ourias le Hit­ti­te1, était au front. Les cho­ses se com­pli­quent très vi­te lorsqu’elle lui fait di­re quel­ques jours plus tard qu’elle est en­cein­te. Da­vid se sou­cie alors de fai­re re­ve­nir au plus vi­te le ma­ri à Jé­ru­sa­lem ; dès qu’il au­ra pas­sé le seuil de sa mai­son, on pour­ra lui at­tri­buer la pa­ter­ni­té de l’enfant que sa fem­me at­tend.

On in­ven­te donc une mis­sion de ren­sei­gne­ment : Ourias est convo­qué à Jé­ru­sa­lem au pa­lais et prié de don­ner tous les dé­tails pos­si­bles concer­nant la ba­taille. La jour­née se pas­se donc à ra­con­ter la vie au front. Le soir ve­nu, Da­vid fé­li­ci­te Ourias et l’engage à ren­trer dor­mir chez lui ; mais voi­là : d’après la loi de Moï­se, les guer­riers en cam­pa­gne étaient te­nus à la conti­nen­ce. Da­vid le sait bien lui aus­si mais il pré­fé­re­rait l’ignorer ! Le tex­te bi­bli­que n’épargne pas le roi : il est dé­crit com­me fai­sant peu de cas de la loi, alors que son of­fi­cier, un étran­ger pour­tant (un Hit­ti­te, donc un païen) se mon­tre scru­pu­leux : so­li­dai­re de ses frè­res de com­bat, il ne veut pas bé­né­fi­cier de cet­te fa­veur in­so­li­te. Deux soirs de sui­te, donc, il re­fu­se d’aller dans sa mai­son re­join­dre sa fem­me mal­gré l’insistance de Da­vid qui va jusqu’à l’enivrer pour le fai­re cé­der. Dra­me pour Da­vid : Ourias n’ayant pas fran­chi le seuil de sa mai­son, l’enfant ne pour­ra lui être at­tri­bué. Il ne res­te plus qu’une so­lu­tion : se dé­bar­ras­ser du ma­ri gê­nant ; alors Beth­sa­bée pour­ra être la fem­me du roi et conce­voir un en­fant de lui. Qu’à ce­la ne tien­ne : dans une let­tre qu’il fait por­ter par Ourias lui-mê­me, le roi don­ne à Joab, chef de son ar­mée, l’ordre de pla­cer Ou­rias au plus fort du com­bat, afin qu’il soit tué. Quel­ques jours plus tard, un mes­sa­ger ap­por­te l’annonce de sa mort. Le dé­lai de deuil ache­vé, Da­vid fait cher­cher Be­thsa­bée et l’installe chez lui. L’enfant naît, c’est un gar­çon.

C’est alors que le pro­phè­te Na­than se pré­sen­te chez Da­vid : très ha­bi­le­ment, il ne lui fait pas une le­çon de mo­ra­le ; il lui dit : je vais te ra­con­ter une his­toi­re qui vient de se pas­ser dans une ville de ton royau­me : il y avait deux hom­mes, l’un ri­che et l’autre pau­vre. Le ri­che avait pe­tit et gros bé­tail en très gran­de abon­dan­ce. Le pau­vre n’avait rien du tout qu’une agnel­le, une seu­le pe­ti­te qu’il avait ache­tée. Il la nour­ris­sait et el­le gran­dis­sait chez lui en mê­me temps que ses en­fants… Un jour, l’homme ri­che eut un in­vi­té : que crois-tu qu’il a fait pour le dî­ner ? Il avait tout ce qu’il fal­lait dans son trou­peau ; eh bien non ! Il a vo­lé l’agnelle du pau­vre pour son festin. » Da­vid est hor­ri­fié, il faut sé­vir. Mais Na­than l’arrête aus­si­tôt : « Cet hom­me, c’est toi ! » On s’attendrait alors à ce que l’homme de Dieu pro­fi­te de son a­van­tage et fas­se re­mar­quer à Da­vid tou­tes ses tur­pi­tu­des ; et ce se­rait bien fa­ci­le : le roi, ri­che, en­tou­ré de fem­mes, a pris à Ou­rias le Hit­ti­te son épou­se puis sa vie.

Eh bien non, jus­te­ment ! Et c’est la le­çon éton­nan­te du tex­te d’aujourd’hui : avant mê­me d’obtenir de Da­vid des mots de repentir, le pro­phè­te vient lui an­non­cer que Dieu, pour au­tant, ne re­nie au­cun de ses bien­faits et va mê­me jusqu’à vou­loir le com­bler en­co­re da­van­tage ! « Je t’ai sa­cré roi d’Israël, je t’ai sau­vé de la main de Saül, puis je t’ai don­né la mai­son de ton maî­tre, je t’ai don­né les épou­ses du roi ; je t’ai don­né la mai­son d’Israël et de Ju­da et, si ce n’est pas en­co­re as­sez, j’y ajou­te­rai tout ce que tu vou­dras. » Cet­te der­niè­re phra­se « Si ce n’est pas en­co­re as­sez, j’y ajou­te­rai tout ce que tu vou­dras » est la plus bel­le dé­fi­ni­tion du par­don : par-de­là le pé­ché, l’infidélité, Dieu conti­nue d’aimer, de don­ner. No­tons en­co­re une fois que Da­vid n’a pas en­co­re eu le temps d’exprimer la moin­dre de­man­de de par­don ! Les dons  de Dieu ne sont pas condi­tion­nés par no­tre condui­te. C’est le sens mê­me du mot « par­don » : Par-don si­gni­fie don au-de­là ;  le par­don de Dieu n’est pas un évé­ne­ment ponc­tuel, c’est le don cons­tant de son amour mal­gré nos in­fi­dé­li­tés ré­pé­tées.

Mais par­don ne veut pas di­re re­tour à l’Innocence ! Nos ac­tes por­tent des fruits, nous le sa­vons bien, cer­tains bons, d’autres vé­né­neux. C’est mê­me ce qui fait la gran­deur de nos vies, il n’y a pas de coup d’éponge pos­si­ble : la cu­pi­di­té, le meur­tre em­poi­son­ne­ront dés­or­mais la vie de Da­vid ; c’est le sens de ce cons­tat dou­lou­reux du pro­phè­te : « Dés­or­mais, l’épée ne ces­se­ra plus ja­mais de frap­per ta mai­son ». C’est l’engrenage de la vio­len­ce qui nous est si sou­vent rap­pe­lé dans la Bi­ble. « Mé­pri­ser le Sei­gneur », c’est-à-di­re fai­re du mal à nos frè­res, c’est in­é­vi­ta­ble­ment se­mer la hai­ne et fi­na­le­ment la souf­fran­ce pour les au­tres et pour nous-mê­mes. Les com­man­de­ments (la Loi) ne nous ont été don­nés que pour nous in­di­quer le seul moyen d’être heu­reux en so­cié­té.

          Alors, tout d’un coup, Da­vid prend cons­cien­ce de l’horreur et de l’injustice de ses ac­tes, et aus­si de leurs ter­ri­bles consé­quen­ces. Il dit sim­ple­ment : « J’ai pé­ché contre le Sei­gneur. » Alors le pro­phè­te peut lui di­re la seu­le phra­se pour la­quel­le il était ve­nu : « Le Sei­gneur a par­don­né ton pé­ché ».      

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Note

1 – Ou­rias est un Hit­ti­te, c’est-à-di­re un non-Is­raé­li­te, de­ve­nu of­fi­cier dans l’armée du roi Da­vid. Les Hit­ti­tes sont l’un des peu­ples qui ha­bi­taient le pays de Ca­naan avant l’arrivée des Is­raé­li­tes. D’après le pro­phè­te Na­tan, fai­re du mal à cet étran­ger c’est mé­pri­ser le Sei­gneur lui-mê­me. Une fois de plus, la Bi­ble nous in­vi­te au res­pect de l’étranger.

Psaume

Psaume 50 (51), 3-4, 5-6ab, 6cd-7, 10-11

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché ! (cf. Ps 50, 3)

3 Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
4 Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

5 Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
6 Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
7 Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

10 Fais que j’entende les chants et la fête :
ils danseront, les os que tu broyais.
11 Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du

  1. Mercredi des Cendres,
  2. 1er dimanche de Carême, année A.

Ces deux jours-là, l’extrait du psaume 50 (3-4, 5-6, 12-13, 14.17) n’a que le début (versets 3 à 6) en commun avec celui d’aujourd’hui.  Nous publions ci dessous ledit extrait, puis les commentaires de Marie-Noëlle Thabut pour ces deux jours.

* * * * *

3   Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
     selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
4   Lave-moi tout entier de ma faute,
     purifie-moi de mon offense.

5   Oui, je connais mon péché,
     ma faute est toujours devant moi.
6   Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
     ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

12 Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
     renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
13 Ne me chasse pas loin de ta face,
     ne me reprends pas ton esprit saint.

14 Rends-moi la joie d’être sauvé ;
     que l’esprit généreux me soutienne.
17 Seigneur, ouvre mes lèvres,
     et ma bouche annoncera ta louange.
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Mercredi des Cendres.

LA GRANDE DÉCOUVERTE DE DAVID

« Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. » Le peuple d’Israël est en pleine célébration pénitentielle au Temple de Jérusalem. Il se reconnaît pécheur, mais il sait aussi l’inépuisable miséricorde de Dieu. Et d’ailleurs, s’il est réuni pour demander pardon, c’est parce qu’il sait d’avance que le pardon est déjà accordé.

Cela avait été, rappelez-vous, la grande découverte du roi David : David avait fait venir au palais sa jolie voisine, Bethsabée ; (au passage, il ne faut pas oublier de préciser qu’elle était mariée avec un officier, Urie, qui était à ce moment-là en campagne). C’est d’ailleurs bien grâce à son absence que David avait pu convoquer la jeune femme au palais ! Quelques jours plus tard, Bethsabée avait fait dire à David qu’elle attendait un enfant de lui. Et, à ce moment-là, David avait organisé la mort au champ d’honneur du mari trompé pour pouvoir s’approprier définitivement sa femme et l’enfant qu’elle portait.

Or, et c’est là l’inattendu de Dieu, quand le prophète Nathan était allé trouver David, il n’avait pas d’abord cherché à obtenir de lui une parole de repentir, il avait commencé par lui rappeler tous les dons de Dieu et lui annoncer le pardon, avant même que David ait eu le temps de faire le moindre aveu. (2 S 12). Il lui avait dit en substance : « Regarde tout ce que Dieu t’a donné… eh bien, sais-tu, il est prêt à te donner encore tout ce que tu voudras ! »

Et, mille fois au cours de son histoire, Israël a pu vérifier que Dieu est vraiment « le SEIGNEUR miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté » selon la révélation qu’il a accordée à Moïse dans le désert (Ex 34,6).

Les prophètes, eux aussi, ont répercuté cette annonce et les quelques versets du psaume que nous venons d’entendre sont pleins de ces découvertes d’Isaïe et d’Ézéchiel. Isaïe, par exemple : « Moi, Dieu, je suis tel que j’efface, par égard pour moi, tes révoltes, que je ne garde pas tes fautes en mémoire » (Is 43,25).

Cette annonce de la gratuité du pardon de Dieu nous surprend parfois : cela paraît trop beau, peut-être ; pour certains, même, cela semble injuste : si tout est pardonnable, à quoi bon faire des efforts ? C’est oublier un peu vite, peut-être, que nous avons tous sans exception besoin de la miséricorde de Dieu ; ne nous en plaignons donc pas ! Et ne nous étonnons pas que Dieu nous surprenne, puisque, comme dit Isaïe, « les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. » Et justement, Isaïe précise que c’est en matière de pardon que Dieu nous surprend le plus.

 

« MOI, DIEU, JE NE GARDE PAS TES FAUTES EN MÉMOIRE »

Cela nous renvoie à la phrase de Jésus dans la parabole des ouvriers de la onzième heure : « Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien ? Ou alors ton œil est-il mauvais parce que je suis bon ? » (Mt 20,15). On peut penser également à la parabole de l’enfant prodigue (Luc 15) : lorsqu’il revient chez son père, pour des motifs pourtant pas très nobles, Jésus met sur ses lèvres une phrase du psaume 50 : « Contre toi et toi seul j’ai péché », et cette simple phrase renoue le lien que le jeune homme ingrat avait cassé.

Face à cette annonce toujours renouvelée de la miséricorde de Dieu, le peuple d’Israël, parce que c’est lui qui parle ici comme dans tous les psaumes, se reconnaît pécheur : l’aveu n’est pas détaillé, il ne l’est jamais dans les psaumes de pénitence ; mais le plus important est dit dans cette supplication « pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché … » Et Dieu qui est toute miséricorde, c’est-à-dire comme aimanté par la misère, n’attend rien d’autre que cette simple reconnaissance de notre pauvreté. Vous savez d’ailleurs, que le mot pitié est de la même racine que le mot « aumône » : littéralement, nous sommes des mendiants devant Dieu. 

Alors il nous reste deux choses à faire : tout d’abord, remercier tout simplement pour ce pardon accordé en permanence ; la louange que le peuple d’Israël adresse à son Dieu, c’est sa reconnaissance pour les bontés de Dieu dont il a été comblé depuis le début de son histoire. Ce qui montre bien que la prière la plus importante dans une célébration pénitentielle, c’est la parole de reconnaissance des dons et pardons de Dieu : il faut commencer par le contempler, lui, et ensuite seulement, cette contemplation nous ayant révélé le décalage entre lui et nous, nous pouvons nous reconnaître pécheurs. Notre rituel de la réconciliation le dit bien dans son introduction : « Nous confessons l’amour de Dieu en même temps que notre péché ».

Et le chant de reconnaissance jaillira tout seul de nos lèvres, il suffit de laisser Dieu nous ouvrir le cœur : « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange » ; certains ont reconnu ici la première phrase de la Liturgie des Heures, chaque matin, qui est tirée de ce psaume 50/51. À elle seule, elle est toute une leçon : la louange, la reconnaissance ne peuvent naître en nous que si Dieu ouvre nos cœurs et nos lèvres.

Deuxième chose à faire et que Dieu attend de nous : pardonner à notre tour, sans délai, ni conditions… et c’est tout un programme !

1er dimanche de Carême A

SELON TA GRANDE MISÉRICORDE, EFFACE NOS PÉCHÉS

« Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. » Le peuple d’Israël est en pleine célébration pénitentielle au Temple de Jérusalem. Il se reconnaît pécheur, mais il sait aussi l’inépuisable miséricorde de Dieu. Et d’ailleurs, s’il est réuni pour demander pardon, c’est parce qu’il sait d’avance que le pardon est déjà accordé.

Cela avait été, rappelez-vous, la grande découverte du roi David : David avait fait venir au palais sa jolie voisine, Bethsabée ; (au passage, il ne faut pas oublier de préciser qu’elle était mariée avec un officier, Urie, qui était à ce moment-là en campagne). C’est d’ailleurs bien grâce à son absence que David avait pu convoquer la jeune femme au palais ! Quelques jours plus tard, Bethsabée avait fait dire à David qu’elle attendait un enfant de lui. Et, à ce moment-là, David avait organisé la mort au champ d’honneur du mari trompé pour pouvoir s’approprier définitivement sa femme et l’enfant qu’elle portait.

Or, et c’est là l’inattendu de Dieu, quand le prophète Nathan était allé trouver David, il n’avait pas d’abord cherché à obtenir de lui une parole de repentir, il avait commencé par lui rappeler tous les dons de Dieu et lui annoncer le pardon, avant même que David ait eu le temps de faire le moindre aveu. (2 S 12). Il lui avait dit en substance : « Regarde tout ce que Dieu t’a donné… eh bien, sais-tu, il est prêt à te donner encore tout ce que tu voudras ! »

Et, mille fois au cours de son histoire, Israël a pu vérifier que Dieu est vraiment « le SEIGNEUR miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté » selon la révélation qu’il a accordée à Moïse dans le désert (Ex 34,6).

Les prophètes, eux aussi, ont répercuté cette annonce et les quelques versets du psaume que nous venons d’entendre sont pleins de ces découvertes d’Isaïe et d’Ézéchiel. Isaïe, par exemple : « C’est moi, oui, c’est moi qui efface tes crimes, à cause de moi-même ; de tes péchés je ne vais pas me souvenir. » (Is 43,25) ; ou encore « J’efface tes révoltes comme des nuages, tes péchés comme des nuées. Reviens à moi, car je t’ai racheté. » (Is 44,22).

Cette annonce de la gratuité du pardon de Dieu nous surprend parfois : cela paraît trop beau, peut-être ; pour certains, même, cela semble injuste : si tout est pardonnable, à quoi bon faire des efforts ? C’est oublier un peu vite, peut-être, que nous avons tous sans exception besoin de la miséricorde de Dieu ; ne nous en plaignons donc pas ! Et ne nous étonnons pas que Dieu nous surprenne, puisque, comme dit Isaïe, « les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. » Et justement, Isaïe précise que c’est en matière de pardon que Dieu nous surprend le plus.

 

UNE SEULE CONDITION, SE RECONNAÎTRE PÉCHEUR

Cela nous renvoie à la phrase de Jésus dans la parabole des ouvriers de la onzième heure : « N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20,15). On peut penser également à la parabole de l’enfant prodigue (Luc 15) : lorsqu’il revient chez son père, pour des motifs pourtant pas très nobles, Jésus met sur ses lèvres une phrase du psaume 50 : « Contre toi et toi seul j’ai péché », et cette simple phrase renoue le lien que le jeune homme ingrat avait cassé.

Face à cette annonce toujours renouvelée de la miséricorde de Dieu, le peuple d’Israël, parce que c’est lui qui parle ici comme dans tous les psaumes, se reconnaît pécheur : l’aveu n’est pas détaillé, il ne l’est jamais dans les psaumes de pénitence ; mais le plus important est dit dans cette supplication « pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché … » Et Dieu qui est toute miséricorde, c’est-à-dire comme aimanté par la misère, n’attend rien d’autre que cette simple reconnaissance de notre pauvreté. Vous savez d’ailleurs, que le mot pitié est de la même racine que le mot « aumône » : littéralement, nous sommes des mendiants devant Dieu. 

Alors il nous reste deux choses à faire : tout d’abord, remercier tout simplement pour ce pardon accordé en permanence ; la louange que le peuple d’Israël adresse à son Dieu, c’est sa reconnaissance pour les bontés de Dieu dont il a été comblé depuis le début de son histoire. Ce qui montre bien que la prière la plus importante dans une célébration pénitentielle, c’est la parole de reconnaissance des dons et pardons de Dieu : il faut commencer par le contempler, lui, et ensuite seulement, cette contemplation nous ayant révélé le décalage entre lui et nous, nous pouvons nous reconnaître pécheurs. Notre rituel de la réconciliation le dit bien dans son introduction : « Nous confessons l’amour de Dieu en même temps que notre péché ».

Et le chant de reconnaissance jaillira tout seul de nos lèvres, il suffit de laisser Dieu nous ouvrir le cœur : « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange » ; certains ont reconnu ici la première phrase de la Liturgie des Heures, chaque matin ; effectivement, elle est tirée du psaume 50/51. À elle seule, elle est toute une leçon : la louange, la reconnaissance ne peuvent naître en nous que si Dieu ouvre nos cœurs et nos lèvres. Saint Paul le dit autrement : « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » (Ga 4,6).

Cela fait irrésistiblement penser à un geste de Jésus, dans l’évangile de Marc : la guérison d’un sourd-muet ; touchant ses oreilles et sa langue, Jésus avait dit « Effétah », ce qui veut dire « Ouvre-toi ». Et alors, spontanément, ceux qui étaient là avaient appliqué à Jésus une phrase que la Bible réservait à Dieu : « Il fait entendre les sourds et parler les muets ». (cf Is 35,5-6). Encore aujourd’hui, dans certaines célébrations de baptême, le célébrant refait ce geste de Jésus sur les baptisés en disant « Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets ; qu’il vous donne d’écouter sa parole et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père ».

Deuxième chose à faire et que Dieu attend de nous : pardonner à notre tour, sans délai, ni conditions… et c’est tout un programme !

Évangile

« L’homme qui jette en terre la semence, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence grandit, il ne sait comment » (Mc 4, 27)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 26-34).

En ce temps-là,
26    Jésus disait aux foules :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme
qui jette en terre la semence :
 27   nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
28    D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
 29   Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »

30    Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
31    Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
32    Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

33    Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
34    Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 11e dimanche du temps ordinaire, année B, où l’extrait de l’évangile de Marc est le même qu’aujourd’hui.

* * * * *

UN ROYAUME PAS COMME LES AUTRES

Jésus ne disait rien à la foule sans employer de paraboles, nous dit Marc ; c’était certainement la seule manière d’avoir un petit espoir d’être compris ! Car la leçon était quand même rude à faire passer ! Jésus lui-même annonce d’entrée de jeu qu’il va parler du Royaume de Dieu, mais tout le monde a déjà des idées là-dessus ; et les idées des hommes ne coïncident pas du tout avec les siennes, apparemment ! Alors il lui faut déployer toute une pédagogie dans la ligne de la conversion que l’Ancien Testament avait déjà entreprise.

Au début, le peuple d’Israël, comme tous les peuples, ne pouvait envisager le Règne de Dieu qu’en termes de Souveraineté.

Les psaumes, par exemple, chantent la souveraineté de Dieu sur le monde : « Le SEIGNEUR a établi son trône dans les cieux et sa royauté domine tout. » (Ps 102/103,19)… « Le SEIGNEUR, le Très-Haut est terrible ; il est le grand roi sur toute la terre. » (Ps 46/47,3)… « Le SEIGNEUR est roi, il est vêtu de majesté. » (Ps 92/93,1)… « Le SEIGNEUR est roi, que la terre exulte, que tous les rivages se réjouissent. » (Ps 96/97,1).

Dans cette optique, dire « À toi le règne, la puissance et la gloire » revient à dire « c’est toi le plus fort ! » Si les textes du livre de l’Exode nous présentent toujours les rencontres de Moïse avec Dieu dans l’orage, les éclairs, le feu et le tremblement de la montagne, c’est que sans toutes ces preuves de grandeur et de puissance, le peuple n’aurait jamais pu prendre ce Dieu au sérieux !

Même le grand prophète Élie, au début de sa carrière, ne peut pas imaginer Dieu autrement que dans des manifestations grandioses : et c’est le feu du ciel qu’il implore pour impressionner les prophètes des idoles. On se souvient de cette grande démonstration qui devait faire taire à tout jamais les incrédules : « À l’heure de l’offrande, le prophète Élie s’approcha et dit : SEIGNEUR, Dieu d’Abraham et d’Israël, fais que l’on sache aujourd’hui que c’est toi qui es Dieu en Israël… Réponds-moi, réponds-moi : que ce peuple sache que c’est toi, SEIGNEUR, qui es Dieu…  Et le feu du SEIGNEUR tomba et dévora l’holocauste, le bois, les pierres, la poussière, et il absorba même l’eau qui était dans le fossé. À cette vue, tout le peuple se jeta face contre terre et dit : C’est le SEIGNEUR qui est Dieu ; c’est le SEIGNEUR qui est Dieu ! » (1 R 18,36-39).

Ce jour-là, Dieu n’a pas désavoué son prophète, mais, quelque temps après… On se souvient comment, plus tard, Dieu a révélé au prophète Élie que sa puissance n’est pas ce que l’homme croit spontanément. C’est le fameux épisode d’Élie à l’Horeb : « Le SEIGNEUR dit à Élie : Sors et tiens-toi sur la montagne devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer. Il y eut devant le SEIGNEUR un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers ; le SEIGNEUR n’était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre ; le SEIGNEUR n’était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu ; le SEIGNEUR n’était pas dans le feu. Et après le feu, le bruissement d’un souffle ténu (une brise légère)*. Alors, en l’entendant, Élie se voila le visage avec son manteau. » (1 R 19,11-13). Cette fois, Élie avait tout compris : Dieu n’est pas dans les démonstrations de puissance que nous aimons tant, il est dans la brise légère.

Ce paradoxe, si on y réfléchit, parcourt toute la Bible, dès l’Ancien Testament : à commencer par le choix surprenant d’un tout petit peuple pour porter au monde la plus grande des nouvelles. Et que dire du choix d’un homme bègue (Moïse) comme porte-parole et d’un couple stérile (Abraham et Sara) pour porter l’espoir d’une descendance nombreuse comme les étoiles. Dieu a choisi un petit berger de Bethléem pour vaincre le géant Goliath ; et des siècles plus tard, c’est aussi de Bethléem, petit village insignifiant que sortira le Fils de Dieu lui-même ; lequel va vivre caché pendant trente ans dans une bourgade perdue dont on se demandait « Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? »

Ce qui sort de Nazareth, justement, c’est le Verbe, comme dit saint Jean, la Parole : comme une semence, elle est jetée à tous les vents, aux risques de la mauvaise terre et des piétinements ; et Dieu sait si le Verbe a été piétiné ; au risque même de se faire traiter de possédé du démon (Béelzéboul : Mc 3,22) ; mais il court le risque quand même, simplement parce que c’est la seule chose à faire. À travers même les échecs apparents du Christ, la déchéance et la mort sur la Croix, s’est levé sur le monde le triomphe de l’amour.

CONFIANCE, LA MOISSON VIENDRA

Telle est la leçon de ces paraboles, une magnifique leçon de confiance : Dieu agit, le royaume est une semence qui germe irrésistiblement, il est peut-être encore invisible, mais la moisson viendra. Jésus nous dit quelque chose comme : « Vous savez la puissance de vie qui se cache même dans une toute petite graine. Contentez-vous de semer : c’est votre travail de jardiniers. Dieu vous fait confiance pour cultiver son jardin. À votre tour, faites-lui confiance : la semence poussera toute seule, car c’est Dieu qui agit… C’est votre meilleure garantie. »

Jésus l’avait bien dit en parlant de lui-même : « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si, au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. » (Jn 12,24). C’est là que se manifeste la vraie puissance de Dieu : la parole semée dans la pauvreté et l’humilité devient peu à peu un arbre immense dont les bras sont assez grands pour accueillir l’humanité tout entière. Voilà le dessein bienveillant de Dieu : « Réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. »

« La graine de moutarde, quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères, et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
——————————————————————————————————————————-

*Une « brise légère », c’est la traduction liturgique, mais c’est encore beaucoup trop fort. À vrai dire, l’expression hébraïque est intraduisible, car il s’agit d’un oxymore : littéralement « le bruit d’une poussière de silence » (ou d’un silence pulvérisé). Par hypothèse, un silence, c’est l’absence de bruit !

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 5′ 35 » à 6′ 37 ».

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 6’45 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie du père Roger Wawa pour Radio-Maria-RDC.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

Commentaire de Thierry Jallas. Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) : « L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. » * * * * * Je vois que la première lecture nous montre David perdre sa liberté intérieure, ce qui le conduit à exercer une contrainte, directe (sur Joab et Bethsabée, pour les associer à son injustice à l’égard d’Ourias), et indirecte (sur Ourias). Je crois que c’est presque systématiquement notre manque de liberté intérieure qui nous entraîne à exercer une contrainte sur autrui, à piétiner sa liberté extérieure et donc sa dignité.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Aujourd’hui Seigneur, tu m’interroges sur ton règne, c’est-à-dire la relation que j’ai avec toi, dans ma vie présente. Voilà à quoi tu le compares :

« Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » (Marc 4, 26 ss)

Ton règne, ton royaume Seigneur dans mon cœur, est une semence insignifiante, une graine de moutarde. Pourtant, jour après jour, elle grandit, pour peu que je l’accueille dans la terre de ma vie. Elle grandit à mesure que j’en prends soin et notre communion finit par se voir comme un arbre majestueux. Les autres voient l’arbre de notre amour et surtout, les oiseaux viennent dans les branches de notre arbre pour se reposer, trouver un peu d’ombre et faire leur nid.

Il n’y a pas de royaume de Dieu dans ma vie s’il n’y a pas d’amour pour les autres, de capacité chez moi à les accueillir tels des oiseaux, à leur offrir un peu de repos, une ombre fraîche, suffisamment de stabilité et de tranquillité pour qu’ils décident de faire leur nid pour faire naître leurs petits.

Voilà les critères pour discerner si ton royaume a commencé à régner en moi : se développe-t-il ? Se voit-il comme un arbre ? Attire-t-il des prochains qui trouvent le repos et la fraîcheur d’une ombre apaisante dans mes branches ?

Si je ne vois aucun arbre et pas d’oiseau, je t’en supplie Seigneur, offre-moi cette graine de moutarde, ta parole, cette méditation, pour que tout commence entre nous, aujourd’hui, dans le jardin de ma vie.

Je vous invite à clore cette méditation avec le psaume 1 qui déclare « Heureux l’homme qui se complaît dans la parole du Seigneur et murmure ses psaumes jour et nuit. Il sera comme un arbre planté près des cours d’eau, qui donne du fruit en son temps. Ses feuilles ne sécheront jamais. » (chant sur mon groupe WhatsApp).

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