« De Léon XIII à Léon XIV : la pensée sociale en 12 papes » sur KTO-TV
Le 13 septembre 2025, KTO a entrepris la diffusion d’émissions hebdomadaires sur la Doctrine Sociale de l’Église (DSÉ). Je m’en réjouis et souhaite diffuser régulièrement, sur notre site, la vidéo de ces émissions, en l’accompagnant d’éventuels commentaires personnels.
J’apprécie beaucoup KTO et invite chacun à soutenir cette chaîne.
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Thierry JALLAS
Président de Syndicatho
Voici la vidéo de l’émission n° 2 de cette série, précédée de la présentation qui en est faite par KTO, puis de commentaires de ma part.
Avec « Rerum Novarum » à l’heure de la révolution industrielle, le pape Léon XIII posait les bases de la doctrine sociale de l’Église. Comment cette pensée sociale catholique s’est-elle déployée dans le temps et le magistère au fil des pontificats ? Une mise en perspective historique pour bien comprendre la doctrine sociale de l’Église, d’hier à aujourd’hui. Durant tout le mois de septembre, Amaury Guillem explore ce sujet avec Nicolas Masson, membre des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens et spécialiste de la doctrine sociale de l’Église, et Augustin Destremau, entrepreneur et cofondateur de « Rerum NovAIrum ».
Commentaires de Thierry Jallas.
J’invite les visiteurs de notre site à ne pas prendre pour argent comptant nos propos ou les propos qui sont présentés sur notre site.
C’est le cas, par exemple, vers la fin de la 4e minute de la vidéo (à partir de 3’50 ») où j’entends Nicolas Masson dire « … sur un point qui moi, m’a profondément touché, c’est … le pape explique d’un côté une condamnation du libéralisme et avec un langage viril en parlant des « travailleurs isolés sans défense livrés à la main de maîtres cupides et… », je ne sais plus exactement, mais c’est très violent et juste après, il va expliquer pas très loin « … et le remède proposé par le socialisme est pire que le mal. » ».
Or j’ai constaté – et le lecteur pourra le vérifier avec l’outil de recherche de son navigateur Internet – que le mot libéral ou « libéralisme » n’apparaît pas une seule fois dans « Rerum novarum » ! J’ai l’impression que Nicolas Masson assimile le libéralisme à l’idée de « maîtres cupides ». Voici la définition du mot « libéralisme » que j’ai trouvée dans mon dictionnaire Larousse Illustré : « 1. Doctrine économique de la libre entreprise, selon laquelle l’État ne doit pas, par son intervention, gêner le libre jeu de la concurrence. 2. Doctrine politique visant à limiter les pouvoirs de l’État au regard des libertés individuelles ». Cela n’a donc rien à voir avec des « maîtres cupides ».
J’ai vérifié – le lecteur pourra le faire aussi – que Léon XIII est très critique vis-à-vis de la doctrine socialiste. Cela apparaît dès le 7e et le 8e paragraphes (et dans les suivants) que voici :
« Les socialistes, pour guérir ce mal, poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches. Ils prétendent que toute propriété de biens privés doit être supprimée, que les biens d’un chacun doivent être communs à tous, et que leur administration doit revenir aux municipalités ou à l’État. Moyennant ce transfert des propriétés et cette égale répartition entre les citoyens des richesses et de leurs avantages, ils se flattent de porter un remède efficace aux maux présents.
Mais pareille théorie, loin d’être capable de mettre fin au conflit, ferait tort à la classe ouvrière elle-même, si elle était mise en pratique. D’ailleurs, elle est souverainement injuste en ce qu’elle viole les droits légitimes des propriétaires, qu’elle dénature les fonctions de l’État et tend à bouleverser de fond en comble l’édifice social. De fait, comme il est facile de le comprendre, la raison intrinsèque du travail entrepris par quiconque exerce un métier, le but immédiat visé par le travailleur, c’est d’acquérir un bien qu’il possédera en propre et comme lui appartenant. »
De même, j’ai été très agacé et triste d’entendre, à partir de 5’30 » « On était dans une société libre où le renard était libre ». J’entends souvent cette image utilisée pour dénigrer le libéralisme, doctrine visant pourtant à défendre, comme la Doctrine Sociale de l’Église, la liberté individuelle ! La vision des libéraux, à laquelle j’adhère bien davantage, est que le renard libre, qui viole les droits naturels des citoyens, c’est plutôt l’État que les dirigeants d’entreprise.

