Lectures du mardi de la 3e semaine du temps ordinaire, année paire. 27 01 2026
« David dansant devant l’Arche d’alliance« , dans un cadre décoratif.
Aquarelle de Giulio Clovio (1498–1578), vers 1540 (?). Musée Städel, Francfort-sur-le-Main.
PDM-owner, via Wikimedia Commons.
Première lecture
« David et tout le peuple d’Israël firent monter l’arche du Seigneur parmi les ovations » (2 S 6, 12b-15.17-19)
Lecture du deuxième livre de Samuel (6, 12b-15.17-19).
En ces jours-là,
12b David fit monter l’arche de Dieu
de la maison d’Obed-Édom
jusqu’à la Cité de David,
au milieu des cris de joie.
13 Quand les porteurs de l’Arche eurent avancé de six pas,
il offrit en sacrifice un taureau et un veau gras.
14 David, vêtu d’un pagne de lin, dansait devant le Seigneur,
en tournoyant de toutes ses forces.
15 David et tout le peuple d’Israël
firent monter l’arche du Seigneur
parmi les ovations, au son du cor.
17 Ils amenèrent donc l’arche du Seigneur
et l’installèrent à sa place, au milieu de la tente
que David avait dressée pour elle.
Puis il offrit devant le Seigneur
des holocaustes et des sacrifices de paix.
18 Quand David eut achevé d’offrir les holocaustes
et les sacrifices de paix,
il bénit le peuple au nom du Seigneur des armées.
19 Il fit une distribution à tout le peuple,
à la foule entière des Israélites, hommes et femmes :
pour chacun une galette de pain, un morceau de rôti
et un gâteau de raisins.
Ensuite tout le monde s’en retourna chacun chez soi.
Psaume
Psaume 23 (24), 7, 8, 9, 10
R/ Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur. (cf. Ps 23, 8a)
7 Portes, levez vos frontons !
élevez-vous, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !
8 Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.
9 Portes, levez vos frontons !
levez-les, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !
10 Qui donc est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut à l’occasion de la fête de la Présentation du Seigneur au Temple (2 février), où l’extrait du psaume 23 est identique.
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PORTES, LEVEZ VOS FRONTONS !
« Portes, levez vos frontons … » Vous avez remarqué cette formule un peu étonnante : « Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles … ». On imagine mal que les linteaux des portes puissent se lever ! On comprendrait mieux une formule du genre « Ouvrez vos portes à deux battants » (sous-entendu pour laisser passer le cortège) ! Mais, bien sûr, on est en poésie, ici ! C’est une hyperbole pour dire la grandeur de ce roi de gloire qui entre solennellement dans le temple de Jérusalem. Cette expression « roi de gloire » désigne Dieu lui-même, le Seigneur de l’univers.
On ne peut pas ne pas penser à la grande fête de la Dédicace du Premier Temple par le roi Salomon vers 950 av. J.-C. Imaginez l’immense procession, les marches grouilllantes de fidèles… Comme dit le psaume 67/68 : « Dieu, ils ont vu tes cortèges, les cortèges de mon Dieu, de mon roi, dans le sanctuaire : en tête les chanteurs, les musiciens derrière, parmi les filles jouant du tambourin » (Ps 67/68,25).
La Dédicace du premier Temple par Salomon est décrite dans le premier livre des Rois : « Salomon rassembla à Jérusalem – auprès de lui, le roi Salomon – les anciens d’Israël, tous les chefs des tribus, les princes des familles des fils d’Israël, pour faire monter de la cité de David, c’est-à-dire de Sion, l’Arche du SEIGNEUR… Tous les hommes d’Israël se rassemblèrent près du roi Salomon (au mois d’Etanim), le septième mois pendant la fête (sous-entendu la fête des tentes). Quand tous les anciens d’Israël furent arrivés, les prêtres portèrent l’Arche. Ils firent monter l’Arche du SEIGNEUR, la tente de la rencontre et tous les objets sacrés qui étaient dans la tente – ce sont les prêtres et les lévites qui les firent monter. Le roi Salomon et toute la communauté d’Israël réunie près de lui, présente avec lui devant l’Arche, sacrifiaient tant de petit et gros bétail qu’on ne pouvait ni le compter, ni le dénombrer. Les prêtres amenèrent l’Arche de l’Alliance du SEIGNEUR à sa place, dans la chambre sacrée de la Maison, dans le lieu très saint, sous les ailes des chérubins. »
Au passage, il faut préciser que les chérubins, dans la Bible, ne ressemblent pas aux petits angelots de notre imagination. Ce sont des animaux ailés à visage humain qui ressemblent plutôt aux sphynx Égyptiens. En Mésopotamie, c’étaient les gardiens des temples. Dans le Temple de Jérusalem, au-dessus de l’Arche d’Alliance étaient disposées deux statues en bois doré représentant ces animaux. Leurs ailes déployées au-dessus de l’Arche symbolisaient le trône de Dieu
QU’IL ENTRE LE ROI DE GLOIRE, LE MESSIE SAUVEUR
Dans ce contexte, on imagine bien (ce n’est bien sûr qu’une hypothèse), la foule ou une chorale chantant « Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles ; qu’il entre le roi de gloire ! » Et un autre chœur répond « Qui est ce roi de gloire ? C’est le SEIGNEUR, le fort, le vaillant, le SEIGNEUR le vaillant des combats. » Derrière ces titres guerriers qui nous surprennent aujourd’hui, il faut entendre le rappel de toutes les batailles qu’il a fallu livrer pour se faire une place au soleil, si j’ose dire : depuis le don de la Loi au Sinaï, l’arche accompagnait le peuple d’Israël dans tous ses combats, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple.
Je reviens à notre cortège qui entre dans le Temple : si l’on retient cette hypothèse d’une grande procession avec l’Arche d’Alliance, cela oblige à imaginer que ce psaume soit très ancien, puisqu’on a perdu toute trace de l’Arche depuis l’Exil à Babylone : aucun texte biblique ne parle plus d’elle de façon claire ni pendant ni après l’Exil ; on ne sait pas ce qu’elle est devenue : a-t-elle fait partie du butin emporté par Nabuchodonosor au moment de la prise de Jérusalem et de l’Exil ? A-t-elle été cachée par Jérémie au mont Nebo, comme certains le racontent ? Personne n’en sait rien.
Et pourtant ce psaume a été chanté régulièrement dans les cérémonies au Temple de Jérusalem bien après l’installation de l’Arche par Salomon, et même bien après l’Exil à Babylone ; à une époque, donc, où il n’y avait plus de procession autour de l’Arche. Il n’en a pris que plus d’importance d’ailleurs ; après qu’on ait définitivement perdu ce signe tangible de la présence de Dieu, ce psaume était tout ce qui restait de la splendeur passée ; il enseignait au peuple le dépouillement nécessaire : la présence de Dieu n’est pas attachée à un objet si chargé de mémoire soit-il !
Et puis, peu à peu, au cours des siècles, il se chargeait d’un sens nouveau : « qu’il entre le roi de gloire ! » est devenu le cri de l’impatience pour la venue du Messie ; oui, qu’il vienne enfin, le roi éternel qui régnera sur l’humanité renouvelée de la fin des temps. Il sera vraiment « le Seigneur des combats », celui qui remporte la victoire définitive sur le Mal et les puissances de mort ; il sera vraiment le « Seigneur, Dieu de l’univers1 », car c’est l’humanité tout entière qui partagera sa victoire.
Cela, c’était l’attente d’Israël qui se creusait de siècle en siècle ; évidemment, on ne s’étonne pas que la liturgie chrétienne chante précisément ce psaume 23/22 le jour où elle célèbre la fête de la Présentation de l’enfant Jésus au Temple de Jérusalem : manière d’affirmer que cet enfant est le roi de gloire, c’est-à-dire Dieu lui-même.
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Note
1 – La traduction liturgique donne au verset 10 un accent nouveau : en hébreu, on peut lire « Qui donc est ce roi de gloire ? C’est le SEIGNEUR des armées » (SEIGNEUR Sabbaoth), ce qui est tout à fait parallèle au verset 8. Dans les deux cas, quand on dit « le Seigneur des combats », on évoque le Dieu qui accompagnait le peuple dans sa lutte pour sa liberté et pour sa survie. Tandis que la traduction liturgique donne : « C’est le SEIGNEUR, Dieu de l’univers » ; aujourd’hui, on aime traduire « Dieu Sabbaoth » par « Dieu de l’univers ». Parce que, dans cette formule, nous entendons que Dieu n’est pas seulement le Dieu d’Israël. Manière de dire que Dieu a choisi Israël, certes, mais au sein d’un projet qui concerne l’humanité tout entière. Ce choix des traducteurs modernes donne un accent universaliste qui n’y était peut-être pas à l’origine.
Évangile
« Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (Mc 3, 35)
Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 31-35).
En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
31 arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors,
ils le font appeler.
32 Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
33 Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
34 Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
35 Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 10e dimanche du temps ordinaire B, où l’extrait est plus complet.
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ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC 3, 20-35
En ce temps-là,
20 Jésus revint à la maison avec ses disciples,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
21 Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »
22 Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :
« Il est possédé par Béelzéboul ;
c’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
23 Les appelant près de lui,
Jésus leur dit en parabole :
« Comment Satan peut-il expulser Satan ?
24 Si un royaume est divisé contre lui-même,
ce royaume ne peut pas tenir.
25 Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,
ces gens ne pourront pas tenir.
26 Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il s’est divisé,
il ne peut pas tenir ;
c’en est fini de lui.
27 Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort
et piller ses biens,
s’il ne l’a d’abord ligoté.
Alors seulement il pillera sa maison.
28 Amen, je vous le dis :
Tout sera pardonné aux enfants des hommes,
leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
29 Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
il n’aura jamais de pardon.
Il est coupable d’un péché pour toujours. »
30 Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit :
« Il est possédé par un esprit impur. »
31 Alors arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors, ils le font appeler.
32 Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
33 Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? »
34 Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit : « Voici ma mère et mes frères.
35 Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »
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IL EST VENU CHEZ LUI ET LES SIENS NE L’ONT PAS REÇU
On croirait entendre saint Jean nous dire en parlant de Jésus : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » et encore « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Marc le dit autrement, mais il me semble que c’est bien le même message.
Les siens, les voilà : sa famille d’origine, mais aussi, sa communauté religieuse, les scribes de Jérusalem. Pour les uns comme pour les autres, Jésus est surprenant, inattendu, voire choquant. Alors, chacun se forge une explication : soit il est fou (c’est l’explication de la famille), soit il a fait un pacte avec le diable (ce sont les autorités religieuses qui le disent).
Curieusement, Jésus ne cherche pas à discuter avec ceux qui le croient fou, mais il prend très au sérieux l’autre accusation, celle d’être possédé du démon. Il commence par faire appel à la logique : on dit souvent que l’union fait la force, à l’inverse, dit Jésus, tout groupe divisé va à sa perte. Un royaume divisé par la guerre civile sera la proie des autres peuples qui profiteront de ses divisions ; une famille qui n’a plus d’esprit de famille n’est plus une famille ; et si Satan travaille contre lui-même, il n’ira pas bien loin. Dans ce cas-là, a l’air de dire Jésus, vous n’auriez qu’à vous réjouir, vous qui êtes les ennemis du diable, par profession, si j’ose dire.
Jusqu’ici, les explications de Jésus sont claires. Il continue : « Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. » Marc nous a prévenus, il faut entendre cette phrase comme une parabole, on peut donc traduire : l’homme fort, c’est Satan ; si moi, Jésus, je me suis rendu maître dans la maison de Satan, puisque j’expulse les démons, c’est que je suis plus fort que Satan… entendez : Jésus est le vainqueur du mal. Le livre de la Genèse que nous avons entendu en première lecture, annonçait que le mal, un jour, serait vaincu : Jésus se présente ici comme celui qui enlève le mal du monde.
Puis Jésus quitte le registre des explications, le ton devient beaucoup plus grave : « Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes, leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
La première partie de la phrase ne nous étonne pas, heureusement ; nous sommes bien persuadés que Dieu pardonne toujours ; il pardonnera même, a l’air de dire Jésus, à ceux qui m’auront pris pour un fou. La miséricorde de Dieu est sans limite, l’Ancien Testament l’a tant de fois répété : « Oui, près du SEIGNEUR, est l’amour ; près de lui, abonde le rachat » disait le psaume 129/130.
LE SOUPÇON CONTRE DIEU, SEUL PÉCHÉ IMPARDONNABLE
Mais alors, la deuxième phrase nous choque : Jésus dit qu’il existe un péché impardonnable, ce qu’il appelle le blasphème contre l’Esprit. Pourquoi emploie-t-il cette expression ? Que s’est-il passé au juste ? Rappelez-vous le début de l’évangile de Marc : la réputation de Jésus est parvenue à Jérusalem, on dit partout qu’il guérit les malades, et qu’il expulse les démons. Le peuple, dans sa simplicité, ne s’y trompe pas et reconnaît là l’œuvre de Dieu. Et c’est bien pour cela que l’on vient à lui en foule.
Mais certains scribes, eux, sont tellement loin de Dieu, maintenant, qu’ils ne savent même plus reconnaître l’œuvre de Dieu. C’est bien cela que Jésus leur reproche : leur attitude ressemble à celle du serpent du jardin de la Genèse. Le serpent avait prétendu révéler à l’homme et à la femme que Dieu, en donnant sa loi, était profondément malfaisant, malveillant ; le discours du serpent, était : « Dieu vous interdit les fruits de cet arbre, sous prétexte qu’ils sont vénéneux, mais au contraire, c’est pour les garder pour lui, parce qu’ils sont excellents ».
Jésus ne traite pas les scribes de serpents, mais il n’en est pas loin ; leur discours, en effet, ressemble à une mise en garde sur le thème : « vous prenez Jésus pour un bienfaiteur de l’humanité, mais vous ne voyez pas qu’il est votre ennemi, puisqu’il est l’ennemi de la vraie religion. »
Prêter des arrière-pensées malveillantes à Celui qui n’est qu’Amour, c’est cela que Jésus appelle « blasphémer contre l’Esprit ». Car c’est au moment même où Jésus guérit que les scribes le traitent de démon ; c’est n’avoir vraiment rien compris à l’amour de Dieu. Et, du coup, ils deviennent incapables de l’accueillir. Car on sait bien que l’Amour ne peut se donner que s’il est accueilli. Voilà pourquoi Jésus dit que ce péché-là est impardonnable : ce n’est pas que Dieu refuserait de pardonner, ce sont les cœurs des scribes qui sont fermés.
La fin du texte va exactement dans le même sens : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? … Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » En d’autres termes, pour reconnaître le doigt de Dieu à l’œuvre, encore faut-il être de la famille de Dieu. Jésus dit cela en regardant tous ceux qui étaient en cercle autour de lui, c’est-à-dire cette foule qui accourait vers lui, parce qu’elle reconnaissait en lui la présence de l’Esprit. Là encore, on croit entendre saint Jean : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu… Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » (Jn 1,12).
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Complément
Jésus était-il « Fou » ? Ceux qui l’accusent de « folie » ne savent pas si bien dire ! Mais c’est la folie de Dieu. Le Dieu Tout-Autre ne peut pas ne pas nous surprendre (ses pensées ne sont pas nos pensées ; Is 55, 8). « Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes. » (1 Co 1,25). La prétendue sagesse des hommes a éliminé Jésus ; mais c’est bien la folie de Dieu qui a sauvé le monde.
Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 3′ 34 » à 5′ 35 » – Merci à « Parole et Évangile du jour – Cathoglad » !
Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.
Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 3’50 ».
Méditation du père Gilles.
Méditation proposée par le père Léonard Katchekpele, pour « Prêtre ! Et alors ? », à partir de 1’03 ».
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Commentaire de La Minute-Spi.
Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.
Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.
Homélie de la messe du jour à Lourdes.
« La lèpre et François » – Évangile du jour & commentaire par le frère Paul ADRIEN (qui propose aussi « La Bible en un an ».
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
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Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
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Aujourd’hui Seigneur, alors que tu es dans une maison, arrivent ta mère et tes frères. Restant au-dehors, ils te font appeler.
Une foule est assise autour de toi et on te dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. »
Mais tu leur réponds :
« Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard
ceux qui sont assis en cercle autour de toi, tu déclares :
« Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Mc 3, 31-35)
Aujourd’hui, Seigneur, tu m’interroges sur les liens entre ma foi et l’attachement à ma famille. En effet, tu déclares que celui qui fait la volonté de ton père, est pour toi un frère, une sœur, une mère. Et dans ce passage, faire la volonté de Dieu commence par s’asseoir pour t’écouter enseigner, être avec toi, à tes côtés.
Dans cet évangile, il y a donc ceux qui sont proches de toi et ceux qui sont au dehors, qui te cherchent au dehors de là où tu enseignes, demandant à ce que tu viennes les voir. Et pourquoi n’entrent-ils pas s’asseoir ? Pourquoi interrompent-ils ta prédication ? Parce qu’ils ne se sentent pas concernés ?
Devant ce comportement inadapté, tu leur annonces que ton frère, ta sœur, ta mère, sont ceux qui font la volonté de ton Père, et cette volonté passe par le fait d’être avec toi, proche de toi, assis à tes côtés, l’oreille ouverte pour t’écouter et recevoir ta parole de vie.
Le point de départ, c’est donc de me rapprocher de toi, de me mettre en ta présence, d’écouter ta parole, ton enseignement. Sans cette proximité, pas de fraternité spirituelle avec toi, pas de capacité à faire ta volonté.
Par ricochet, l’évangile d’aujourd’hui nous interroge sur la qualité spirituelle de nos relations familiales. Oui, j’ai une famille, des frères et des sœurs, des parents, mais à chaque fois que je rencontre quelqu’un qui t’écoute, Seigneur, qui s’assied pour écouter ta parole, qui donne du poids à ce que tu dis, il devient pour moi, un frère, une sœur, une mère, car il se met à faire ta volonté.
À contrario, à chaque fois qu’un proche dans ma famille, refuse de s’asseoir à tes côtés, de t’écouter, à chaque fois qu’il reste au dehors, il ne se comporte pas comme un frère, une sœur, une mère dans la foi. Il reste loin de ta volonté !
L’idée n’est donc pas de juger sa famille avec ses limites, mais de considérer que la vraie fraternité, la vraie maternité est d’abord spirituelle : des personnes assises à ton écoute, toutes proches de toi pour faire ta volonté.
Je vous invite à clore cette méditation avec le psaume 39 qui déclare : « Dans le livre, il est écrit pour moi, que je fasse, Seigneur ta volonté : mon Dieu, c’est ce que je désire, ta parole au creux de mes entrailles. » (voir le fichier audio communiqué via le groupe WhatsApp cité plus haut).


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