Lectures du mercredi de la 3e semaine du temps ordinaire, année paire. 28 01 2026

Lectures du mercredi de la 3e semaine du temps ordinaire, année paire. 28 01 2026

« La parabole du semeur« , œuvre d’Herrade de Landsberg (1130–1195) dans Hortus Delicarum (Le jardin des délices), vers 1180.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. »

De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité : « La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre… ».

Première lecture

« Je te susciterai dans ta descendance un successeur, et je rendrai stable sa royauté » (2 S 7, 4-17)

Lecture du deuxième livre de Samuel (7, 4-17).

4 Cette nuit-là,
la parole du Seigneur fut adressée à Nathan :
5    « Va dire à mon serviteur David :
Ainsi parle le Seigneur :
Est-ce toi qui me bâtiras une maison
pour que j’y habite ?
6    Depuis le jour où j’ai fait monter d’Égypte les fils d’Israël
et jusqu’à ce jour,
je n’ai jamais habité dans une maison ;
j’ai été comme un voyageur,
sous la tente qui était ma demeure.
7    Pendant tout le temps où j’étais comme un voyageur
parmi tous les fils d’Israël,
ai-je demandé à un seul des juges
que j’avais institués pasteurs de mon peuple Israël :
“Pourquoi ne m’avez-vous pas bâti
une maison de cèdre ?”

8     Tu diras donc à mon serviteur David :
Ainsi parle le Seigneur de l’univers :
C’est moi qui t’ai pris au pâturage,
derrière le troupeau,
pour que tu sois le chef de mon peuple Israël.
9    J’ai été avec toi partout où tu es allé,
j’ai abattu devant toi tous tes ennemis.
Je t’ai fait un nom aussi grand
que celui des plus grands de la terre.
10    Je fixerai en ce lieu mon peuple Israël, je l’y planterai,
il s’y établira et ne tremblera plus,
et les méchants ne viendront plus l’humilier,
comme ils l’ont fait autrefois,
11    depuis le jour où j’ai institué des juges
pour conduire mon peuple Israël.
Oui, je t’ai accordé la tranquillité
en te délivrant de tous tes ennemis.

Le Seigneur t’annonce
qu’il te fera lui-même une maison.
12    Quand tes jours seront accomplis
et que tu reposeras auprès de tes pères,
je te susciterai dans ta descendance un successeur,
qui naîtra de toi,
et je rendrai stable sa royauté.
13    C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom,
et je rendrai stable pour toujours son trône royal.
14    Moi, je serai pour lui un père ;
et lui sera pour moi un fils.
S’il fait le mal,
je le corrigerai avec le bâton, à la manière humaine,
je le frapperai comme font les hommes.
15    Mais ma fidélité ne lui sera pas retirée,
comme je l’ai retirée à Saül
que j’ai écarté de devant toi.
16    Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi,
ton trône sera stable pour toujours. »

17    Toutes ces paroles, toute cette vision,
Nathan les rapporta fidèlement à David.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut (texte puis vidéo), à l’occasion du 4e dimanche de l’Avent, année B. La première lecture de ce jour-là (2 S  7, 1-5.8b-12.14a.16) est proche de celle d’aujourd’hui : il y manque certains versets (6 à 8a, 13, 14b, 15 et 17) et il comporte en plus les versets 1 à 3 (reproduits ci-après).

* * * * * 

1 Le roi David habitait enfin dans sa maison.
Le Seigneur lui avait accordé la tranquillité
en le délivrant de tous les ennemis qui l’entouraient.
2 Le roi dit alors au prophète Nathan :
« Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre,
et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! »
3 Nathan répondit au roi :
« Tout ce que tu as l’intention de faire,
fais-le,
car le Seigneur est avec toi. »

PREMIÈRE SURPRISE : LE REFUS DE DIEU

Le roi David avait un projet : construire un temple à Jérusalem pour abriter l’Arche d’Alliance. À première vue, son intention était des plus louables ! Et donc, dans un premier temps, le prophète Nathan consulté lui répond : « Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le, car le SEIGNEUR est avec toi ».

Mais la nuit porte conseil, même aux prophètes. Cette nuit-là, Dieu vient dire à Nathan ce qu’il pense, lui Dieu, de ce projet ; et tout bascule. La réponse de Nathan tient en deux points : d’abord un refus, puis une promesse. Commençons par le refus : il est assez surprenant, il faut bien le dire, « Est-ce toi qui me bâtiras une maison ? » : en bon hébreu, c’est un NON catégorique : « Non, toi, David, tu ne me bâtiras pas une maison. » Pour cela trois arguments très clairs : premièrement, je ne t’ai rien demandé. Deuxièmement, crois-tu que je suis un Dieu qu’on peut installer, fixer quelque part ? Troisièmement, ne cherche pas à renverser les rôles : entre Dieu et David, comme toujours entre Dieu et l’homme, celui qui est en position de bienfaiteur, c’est Dieu. Rappelle-toi les bienfaits de Dieu à ton égard.

Je reprends ces trois arguments du prophète, l’un après l’autre.

Premièrement, je ne t’ai rien demandé : Dieu n’attend pas le moins du monde que David lui bâtisse une maison. Simple tente ou palais princier, nos constructions n’ajoutent rien à la grandeur de Dieu.

D’autre part, le projet de Dieu n’est pas du tout un temple de pierre : sa volonté va beaucoup plus loin que des constructions matérielles ; ce qu’il veut, c’est établir durablement son peuple ; il le redit encore par l’intermédiaire de Nathan : « Je fixerai en ce lieu mon peuple Israël, je l’y planterai, il s’y établira, il ne tremblera plus, et les méchants ne viendront plus l’humilier… » C’est le peuple (et non le roi) qui est au centre du projet de Dieu. Et si Dieu protège le roi, c’est au bénéfice du peuple ; il le redit ici à David : « Je t’ai fait un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre… Je t’ai accordé la tranquillité en te délivrant de tous tes ennemis », mais il précise bien que c’est au profit du peuple : il suffit de noter la triple reprise de l’expression « mon peuple Israël » (aux versets 8 à 11).

Deuxièmement, crois-tu que je suis un Dieu qu’on peut installer, fixer quelque part ? Depuis le Sinaï, l’arche d’Alliance a toujours été abritée sous une simple tente de nomade et elle a accompagné le peuple dans tous ses déplacements ; comme un signe visible de la présence permanente de Dieu au milieu de son peuple. Et, depuis l’installation du peuple sur sa terre, cet état de choses n’a pas été remis en question ; (dans d’autres versets qui ne font pas partie de la liturgie de ce dimanche) Dieu envoie Nathan dire à David : « Je ne me suis pas installé dans une maison depuis le jour où j’ai fait monter d’Égypte les fils d’Israël : je cheminais sous une tente… je n’ai jamais réclamé qu’on me construise une maison. » (versets 6-7). Plus tard, ce sera très important de ne pas oublier que, quoi qu’il arrive, Dieu est toujours au milieu de son peuple, même dans les périodes où le temple est détruit, et même encore lorsque le peuple est loin de Jérusalem. (Je veux parler de l’Exil, bien sûr).

Troisièmement, ne cherche pas à renverser les rôles : entre Dieu et David, comme toujours entre Dieu et l’homme, celui qui est en position de bienfaiteur, c’est Dieu. On pourrait traduire : mon ami David, il ne faut pas te tromper :  Dieu seul construit, Dieu seul fait vivre. « Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ?… C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu sois le chef de mon peuple Israël. J’ai été avec toi partout où tu es allé : j’ai abattu devant toi tous tes ennemis. » Autrement dit, c’est David qui est dans la main de Dieu et non l’inverse.

 

DEUXIÈME SURPRISE : LA PROMESSE DE DIEU

Voilà donc pour le refus. Ensuite vient la promesse : elle est double d’ailleurs ; encore une fois la reprise de l’antique promesse de la terre, mais surtout une nouvelle promesse, c’est celle qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui : c’est moi, dit Dieu qui te bâtirai une maison. Évidemment, vous n’imaginez pas Dieu avec une truelle à la main ; l’hébreu comme le français permet un jeu de mots : la maison, c’est l’habitation (la maison familiale ou le palais du roi ou le temple de Dieu), mais on peut dire aussi la maison royale dans le sens de descendance (comme on dit la maison royale de Belgique ou d’Angleterre, par exemple). Dieu dit : Non, tu ne me bâtiras pas une maison (au sens d’habitation), c’est moi, Dieu, qui te bâtirai une maison (au sens de dynastie) : « Le SEIGNEUR t’annonce qu’il te fera lui-même une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté… Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

Dans un premier temps, David a entendu dans ces paroles la promesse d’une dynastie et de la consolidation de son royaume. De même que Dieu a choisi un peuple, et qu’il lui a assigné une terre et une ville, il a choisi une dynastie royale pour régner dans cette ville et gouverner son peuple.

Dans un deuxième temps, c’est à cause de cette promesse qu’on a commencé à attendre un Messie. « Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi » a dit Dieu. On en déduit que l’on peut compter sur le soutien indéfectible de Dieu à la dynastie qu’il a choisie ; de là est née l’espérance d’Israël ; depuis ce jour, pour entretenir l’espérance, on se répète en Israël ce mot « toujours ».

Encore aujourd’hui le peuple juif l’attend parce qu’il sait que Dieu est fidèle.
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Complément

« Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. » (verset 14). C’était une formule de contrat d’alliance, habituellement employée par le suzerain envers son vassal. Elle était prononcée sur le roi le jour de son sacre, d’où le titre de Fils de Dieu porté par le roi (cf infra, le commentaire du psaume 88/89). Au cours de l’histoire biblique, grâce à la Révélation, le peuple d’Israël, dès l’Ancien Testament, a découvert que la relation de l’homme à Dieu était beaucoup plus belle que celle d’un vassal à son suzerain mais que le peuple des croyants peut dire en vérité « Notre Père ».

Psaume

Psaume 88 (89), 4-5, 27-28, 29-30

R/ Sans fin je lui garderai mon amour. (Ps 88, 22a)

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges.

« Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
Et moi, j’en ferai mon fils aîné,
le plus grand des rois de la terre !

« Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle ;
je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 4e dimanche de l’Avent, année B, et du 24 décembre au matin. L’extrait lu ces jours-là (2-3, 4-5, 27.29) est relativement proche de celui lu aujourd’hui : il y manque les versets 28 et 30, mais il s’y ajoute les versets 2 et 3.

* * * * *

R/ Ton amour, Seigneur,
sans fin je le chante !
 
(cf. 88, 2a)

2 L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
3 Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.

4 « Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
5 J’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges.

27 « Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
29 Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »

L’ALLIANCE DE DIEU AVEC LA DYNASTIE DE DAVID

Dès le début de ce psaume, nous reconnaissons la promesse faite par Dieu à David : « J’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. » Vous vous rappelez l’histoire : quand David, plein de bonnes intentions, a proposé de construire pour Dieu un temple aussi beau ou même encore plus beau que son propre palais, curieusement, Dieu ne semblait pas du tout intéressé par cette proposition ; par l’intermédiaire du prophète Nathan, il a fait une contre-proposition avec ce jeu de mots sur le mot « maison » que l’hébreu permet aussi bien que le français : tu veux me construire une « maison » pour que j’y habite, a dit Dieu, mais ce n’est pas cela qui m’intéresse… C’est moi qui te bâtirai une « maison », au sens de famille royale, de dynastie.

Et c’est Dieu qui prenait l’initiative et qui parlait d’Alliance : « Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David mon serviteur ». Si on y réfléchit, il y a là une grande audace théologique : Dieu est engagé par serment. « J’ai juré à David mon serviteur ».

Cette alliance entre Dieu et David s’exprime dans les mêmes termes que les traités de l’époque entre un suzerain et son vassal : « Il me dira : Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut ! Et moi, j’en ferai mon fils aîné » : c’est la reprise exacte de la promesse de Dieu par l’intermédiaire du prophète Nathan : « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils, dit Dieu » ; ici « père » veut dire « suzerain », et « fils » veut dire « vassal ». On ne rêve pas encore d’autre relation à Dieu que celle-là ; mais c’est déjà l’assurance de la fidélité sans faille d’un tel suzerain.

Encore un mot sur le titre « fils de Dieu » : primitivement, il était donc seulement synonyme de roi ; c’est le jour de son sacre que le roi le recevait officiellement ; le psaume 2 en porte la trace quand il rapporte la phrase qui était prononcée sur le roi par le prophète le jour du sacre : « Tu es mon fils, aujourd’hui, je t’ai engendré ». 

Je reviens sur l’expression « J’ai juré à David mon serviteur ». En quoi David est-il le serviteur de Dieu ? Est-il au service de la gloire de Dieu ? Pas du tout. David est au service du peuple de Dieu : c’est l’une des très grandes insistances de tous les textes sur la royauté dans la Bible.

Il suffit de lire la très belle prière que David a formulée après la visite du prophète Nathan. Dans le deuxième livre de Samuel, c’est la suite du texte que nous lisons aujourd’hui. Clairement, David avait compris que l’Alliance proposée par Dieu était bien plus profonde, bien plus belle que ce que nous aurions imaginé ; David faisait des rêves de grandeur à l’échelle humaine : un trône stable, durable, une dynastie à perte de vue… Dieu voit bien plus loin, bien plus grand : David proposait un temple grandiose : « Je vais bâtir une maison digne de toi, je vais te rendre gloire »… Dieu répond : « moi, je vais faire ton bonheur et le bonheur de mon peuple »…

 Au fond, c’est toujours pareil ; c’est l’homme qui parle de grandeur, alors que Dieu parle de bonheur ! L’Alliance proposée par Dieu est une alliance pour le bonheur du peuple. Car le véritable bénéficiaire de la promesse de Dieu, on l’a déjà dit, ce n’était pas le roi lui-même, c’était le peuple.

Vous savez la suite : David n’a pas bâti de temple, il s’est contenté d’abriter l’Arche d’Alliance sous une toile de tente comme pendant la longue marche de l’Exode. Mais il a surtout compris une autre leçon, beaucoup plus importante : c’est que le roi n’est que le serviteur du peuple de Dieu.

PEUT-ON ENCORE Y CROIRE ?

Tous les versets que nous avons entendus aujourd’hui insistent donc sur cette promesse de Dieu au roi David ; mais, soyons francs, si, dans ce psaume, on rappelle avec tant de vigueur la promesse, c’est qu’on est en grand danger de ne plus y croire ! Effectivement, après la période de royauté prospère de David, puis Salomon, la Bible raconte que sont venus des jours moins glorieux.

En particulier, pendant l’Exil à Babylone : on avait tout perdu, la terre, le temple, la royauté… quant au peuple, il n’était plus qu’un petit reste… On pouvait bien se demander ce qui subsistait des promesses de Dieu. Pour le dire autrement, que pouvait bien signifier cette promesse faite à David au moment même où on était privé de roi et où le peuple n’était plus qu’un groupe de prisonniers loin de sa terre ? Dans la suite de ce psaume qui est très long, de nombreux versets sont effectivement des rappels de la détresse du peuple pendant l’Exil à Babylone.

Mais n’oublions pas que le peuple de la Bible est croyant ! Et voilà la merveille de la foi : justement parce qu’on avait apparemment tout perdu, sauf la foi, on a relu les vieilles promesses. « J’établirai ta dynastie pour toujours » : dans la foi, on ne peut pas douter de la promesse de Dieu ; forcément elle s’accomplira ; Dieu n’a certainement pas promis cela à la légère… donc, au moment même où il n’y a plus de roi sur le trône de Jérusalem, on continue à espérer : la dynastie de David ne peut pas s’éteindre ; il peut y avoir des jours sombres parce que la promesse de Dieu était assortie d’une condition de fidélité de la part du roi. Or les rois les uns après les autres ont manqué à leurs engagements envers Dieu et envers le peuple. C’est comme cela qu’on explique l’Exil à Babylone. Mais on est convaincus que la promesse de Dieu reste valable : il suffit que l’on retrouve le chemin de la fidélité.

Par conséquent, malgré toutes les apparences contraires, on attend un nouveau roi descendant de David. C’est comme cela qu’est née l’attente du Messie. Et le mot « toujours » a pris alors la dimension d’une espérance invincible. On attend, on attendra aussi longtemps qu’il le faudra : le roi idéal promis par Dieu viendra. C’est ce qui a inspiré la fameuse profession de foi de Maïmonide (12e siècle) : « Je crois d’une foi parfaite en la venue du Messie et, même s’il tarde à venir, je l’attendrai jusqu’au jour où il viendra ».
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Complément

Pour qui a la curiosité de ne pas se contenter des versets d’aujourd’hui mais de lire ce psaume en entier dans la Bible, il y a de quoi être surpris ! Il y a de tout dans ce psaume : la confiance tranquille pour commencer « L’amour du Seigneur, à jamais je le chante, et sa fidélité d’âge en âge ; je le dis, c’est un amour bâti pour toujours »… et puis une hymne au Dieu de l’univers « C’est toi qui maîtrises l’orgueil de la mer, quand ses flots se soulèvent, c’est toi qui les apaises ». Car le seul vrai roi sur la terre, on le sait bien, c’est Dieu lui-même.

Mais il y a aussi des cris et des larmes : « Où donc, Seigneur, est ton premier amour, celui que tu jurais à David sur ta foi ? » (verset 50) ; ce qui veut dire qu’on est dans une période où le danger est grand de douter de l’amour de Dieu. Comme s’il avait rompu des fiançailles…

Il y a même presque un procès avec l’accumulation de tous les griefs que le peuple pourrait avoir à l’égard de Dieu : « Tu as méprisé, rejeté ton serviteur ; tu t’es emporté contre ton messie ; tu as jeté à terre et profané sa couronne… tu as brisé l’alliance… tu as mis en joie tous nos ennemis… tu as déversé sur nous la honte… » Et cette litanie se termine par « Combien de temps laisseras-tu flamber le feu de ta colère ? » Cette partie-là du psaume au moins a donc certainement été écrite à partir de l’expérience de l’Exil à Babylone.

Évangile

« Voici que le semeur sortit pour semer » (Mc 4, 1-20)

Alléluia. Alléluia.
La semence est la parole de Dieu ;
le semeur est le Christ,
celui qui le trouve demeure pour toujours.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 1-20).

En ce temps-là,
 1   Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée.
Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui,
si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit.
Il était sur la mer,
et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.
2    Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles,
et dans son enseignement il leur disait :
3    « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
4    Comme il semait,
du grain est tombé au bord du chemin ;
les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.
5    Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux,
où il n’avait pas beaucoup de terre ;
il a levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde ;
6    et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé
et, faute de racines, il a séché.
7    Du grain est tombé aussi dans les ronces,
les ronces ont poussé, l’ont étouffé,
et il n’a pas donné de fruit.
8    Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ;
ils ont donné du fruit
en poussant et en se développant,
et ils ont produit
trente, soixante, cent, pour un. »
9    Et Jésus disait :
« Celui qui a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »

10    Quand il resta seul,
ceux qui étaient autour de lui avec les Douze
l’interrogeaient sur les paraboles.
11    Il leur disait :
« C’est à vous qu’est donné
le mystère du royaume de Dieu ;
mais à ceux qui sont dehors,
tout se présente sous forme de paraboles.
12    Et ainsi, comme dit le prophète :
Ils auront beau regarder de tous leurs yeux,
ils ne verront pas ;
ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles,
ils ne comprendront pas ;
sinon ils se convertiraient
et recevraient le pardon. 
»
13    Il leur dit encore :
« Vous ne saisissez pas cette parabole ?
Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?
14    Le semeur sème la Parole.
15    Il y a ceux qui sont au bord du chemin
où la Parole est semée :
quand ils l’entendent,
Satan vient aussitôt
et enlève la Parole semée en eux.
16    Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence
dans les endroits pierreux :
ceux-là, quand ils entendent la Parole,
ils la reçoivent aussitôt avec joie ;
17    mais ils n’ont pas en eux de racine,
ce sont les gens d’un moment ;
que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
ils trébuchent aussitôt.
18    Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces :
ceux-ci entendent la Parole,
19    mais les soucis du monde, la séduction de la richesse
et toutes les autres convoitises
les envahissent et étouffent la Parole,
qui ne donne pas de fruit.
20    Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre :
ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent,
et ils portent du fruit :
trente, soixante, cent, pour un. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, à l’occasion du 15e dimanche du temps ordinaire B, où le passage correspondant, dans l’évangile selon saint Matthieu (Mt 13, 1-23), est lu.

* * * * *

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU   13, 1-23

1   Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison,
     et il était assis au bord de la mer.
2   Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
     qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
     toute la foule se tenait sur le rivage.
3   Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
     « Voici que le semeur sortit pour semer.
4   Comme il semait,
     des grains sont tombés au bord du chemin,
     et les oiseaux sont venus tout manger.
5   D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
     où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
     ils ont levé aussitôt,
     parce que la terre était peu profonde.
6   Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
     et, faute de racines, ils ont séché.
7   D’autres sont tombés dans les ronces ;
     les ronces ont poussé et les ont étouffés.
8   D’autres sont tombés dans la bonne terre,
     et ils ont donné du fruit
     à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
9   Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
10 Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
     « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
11 Il leur répondit :
     « À vous il est donné de connaître
     les mystères du royaume des Cieux,
     mais ce n’est pas donné à ceux-là.
12 À celui qui a, on donnera,
     et il sera dans l’abondance ;
     à celui qui n’a pas,
     on enlèvera même ce qu’il a.
13 Si je leur parle en paraboles,
     c’est parce qu’ils regardent sans regarder,
     et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe :
     Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
     Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
15 Le cœur de ce peuple s’est alourdi :
     ils sont devenus durs d’oreille,
     ils se sont bouché les yeux,
     de peur que leurs yeux ne voient,
     que leurs oreilles n’entendent,
     que leur cœur ne comprenne,
     qu’ils ne se convertissent, –
     et moi, je les guérirai.
16 Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient,
     et vos oreilles puisqu’elles entendent !
17 Amen, je vous le dis :
     beaucoup de prophètes et de justes
     ont désiré voir ce que vous voyez,
     et ne l’ont pas vu,
     entendre ce que vous entendez,
     et ne l’ont pas entendu.
18 Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
19 Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre,
     le Mauvais survient
     et s’empare de ce qui est semé dans son cœur :
     celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
20 Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux,
     c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ;
21 mais il n’a pas de racines en lui,
     il est l’homme d’un moment :
     quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
     il trébuche aussitôt.
22 Celui qui a reçu la semence dans les ronces,
     c’est celui qui entend la Parole ;
     mais le souci du monde et la séduction de la richesse
     étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre,
     c’est celui qui entend la Parole et la comprend :
     il porte du fruit
     à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »
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À CELUI QUI A, ON DONNERA

La « parabole » est un genre littéraire de la tradition juive qui ressemble à ce que nous appelons une « fable » : son but est pédagogique ; il s’agit d’amener l’auditeur à changer de point de vue.1

Pourquoi donc Jésus parle-t-il en paraboles ? Les disciples ne manquent pas de lui poser la question. La réponse de Jésus tient en trois points : premièrement une distinction entre les disciples et les autres interlocuteurs de Jésus, deuxièmement un constat (les autres écoutent sans comprendre) et enfin, troisièmement, ce qui ressemble à un dicton « À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. »2

Je reprends ces trois points : premièrement la distinction entre les disciples et certains autres interlocuteurs de Jésus : « À vous, il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. » Pour éclairer cette distinction, il faut remettre l’enseignement de Jésus dans son contexte : dans l’évangile de Matthieu, comme dans celui de Marc, cet enseignement en paraboles suit immédiatement le récit des polémiques avec les Pharisiens et avec ceux qui, comme eux, refuseront de reconnaître en Jésus le Messie de Dieu.

Deuxièmement, Jésus fait un constat : « Ils (ses opposants) regardent sans regarder, ils écoutent sans écouter ni comprendre. » Et il leur applique une phrase que le prophète Isaïe, des siècles plus tôt, disait de ses propres contemporains : « Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux… » (Isaïe 6,9-10)3. De nombreuses fois, Jésus a pu faire ce constat : plus les auditeurs s’enferment dans leurs propres certitudes, plus ils deviennent imperméables à la Parole de Dieu. Et c’est pour cela qu’il leur parle en paraboles : c’est une pédagogie pour essayer de toucher ces cœurs endurcis. C’est dire l’importance des dispositions du cœur pour comprendre les enseignements de Jésus.

Troisièmement, cette phrase qui ressemble à un dicton : « À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. » Voilà une formulation particulièrement abrupte du thème des deux voies, classique dans l’Ancien Testament. Je vous rappelle ce thème des deux voies : on peut comparer l’existence humaine à un chemin qui débouche sur une grande route perpendiculaire : quelle direction prendre ? À gauche ? Ou à droite ? Si nous prenons la bonne direction (la bonne « voie »), chaque pas que nous faisons dans ce sens nous rapproche du but : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage ; si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9,9). Si, par malheur, nous choisissons la mauvaise direction, chaque pas fait dans ce sens nous éloigne du but.

À VOUS IL EST DONNÉ DE CONNAÎTRE LES MYSTÈRES DU ROYAUME

Le choix est clair : ou bien écouter, entendre, ouvrir ses oreilles pour laisser la Parole nous instruire et nous transformer peu à peu ; ou refuser d’entendre au risque de devenir de plus en plus durs d’oreille : « Le cœur de ce peuple s’est alourdi, ils sont devenus durs d’oreille. » Alors que le seul désir de Dieu était de les guérir : « Et moi, je les guérirai. »

La parabole du semeur, ainsi que l’explication que Jésus en donne, apparaît alors plus clairement comme une illustration des obstacles que rencontre la prédication évangélique. Jésus est la parole de Dieu venue habiter parmi les hommes (Jn 1,14) ; il ne dit que la Parole du Père : « La parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. » (Jn 14,24). Mais sa parole trouve difficilement le terrain favorable dans lequel elle va pouvoir germer ; il y a d’abord les difficultés inhérentes à tout chemin de conversion (les exigences du Royaume sont sans cesse étouffées par les soucis du monde (cf Mt 6,25-34) ; mais il y a aussi, plus profondément les difficultés pour les contemporains de Jésus de lui faire confiance au point de le reconnaître comme le Messie : les disciples eux-mêmes ont achoppé sur cet enseignement ; saint Jean nous a rapporté leurs réactions au discours sur le pain de vie : « Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : ‘Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ?’…À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : ‘Voulez-vous partir, vous aussi ?’ Simon-Pierre lui répondit : ‘Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.’ » (Jn 6,60… 68).

Je reviens à la parabole du semeur ; Jésus annonce qu’il y aura une récolte, (de cent, soixante ou trente pour un), et c’est certain, mais à quel prix ! Le règne de Dieu, il faut bien l’admettre, ne s’établira qu’au travers de nombreux échecs ; car entrer dans l’intelligence du Royaume ne peut être que l’effet d’un don de Dieu : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux… Heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !… Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend. » Cela suppose un cœur disponible, capable de recevoir de Dieu la lumière qui vient de Lui seul : cette disponibilité elle aussi doit être reçue comme un cadeau. Les Pharisiens et la foule n’y étaient pas encore prêts.
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Notes

  • Une parabole n’est pas une allégorie : chaque détail du conte ne prétend pas avoir une signification précise, c’est de l’ensemble de la comparaison que l’auditeur doit dégager une leçon bien concrète.
  • Jésus répétera cette formule dans la parabole des talents (Mt 25,29).
  • Paul faisait le même constat à Rome face à certains de ses interlocuteurs juifs qui refusaient sa prédication : il cite, lui aussi, la phrase d’Isaïe (Ac 28,26-27). Jean, dans son évangile, fait la même analyse (Jn 12,40).

Compléments  

          – Jésus pensait-il à Ézéchiel lorsqu’il disait : « Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. » (verset 22) ? Voici comment le SEIGNEUR prévenait son prophète des difficultés qui l’attendaient dans l’annonce de la Parole : « Et toi, fils d’homme, les fils de ton peuple discutent à ton sujet le long des murs et aux portes des maisons, se parlant l’un à l’autre, chacun à son frère. Ils disent : “Venez écouter quelle parole vient du SEIGNEUR !” Et ils vont vers toi comme se rassemble le peuple ; ils s’asseyent devant toi, eux, mon peuple ; ils écoutent tes paroles sans les mettre en pratique ; car leur bouche est pleine des passions qu’ils veulent assouvir, et leur cœur s’attache au profit. Te voilà pour eux comme un chant passionné, à la sonorité agréable, avec une belle musique. Ils écoutent tes paroles, mais personne ne les met en pratique. » (Ez 33,30-32).

          – On est frappé par les échecs répétés du semeur. S’agit-il de Jésus qui est « sorti » au sens de « s’est incarné » ? Oui, certainement : une fois encore, ses contemporains sont affrontés au mystère de l’échec partiel du Messie : et c’est ce qui fera la différence entre ceux qui accepteront d’entrer dans le mystère et ceux qui rejetteront le mystère du dessein de Dieu et donc Jésus lui-même.

 

Fichier audio des lectures du jour, suivies d’un commentaire de 7′ 13 » à 9′ 30 » – Merci à « Parole et Évangile du jour – Cathoglad » !

Homélie du jour à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Homélie – « Parole et Évangile du jour », par MChrista, à partir de 8’48 ».

Méditation du père Gilles.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Commentaire de La Minute-Spi.

Homélie de la messe du jour à Notre-Dame-du-Laus.

Homélie du jour, à Notre-Dame de Paris.

Homélie de la messe du jour à Lourdes.

« La lèpre et François » – Évangile du jour & commentaire par le frère Paul ADRIEN (qui propose aussi « La Bible en un an ».

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

* * * * *

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici).
– – –

Aujourd’hui Seigneur, tu me racontes la parabole du Semeur et tu me l’expliques même ! (Marc 4, 1-20)

A travers cette parabole, tu m’enseignes qu’il y a plusieurs façons de réagir à ta Parole et aux événements que tu m’envoies. En effet, Parole (Dabar) et évènements (Devarim), c’est la même racine étymologique en hébreu. Tu me parles autant à travers ta parole qu’à travers les événements de ma journée car tu es maître de toute chose !

Tout d’abord, je peux être celui qui entend ta parole ou vit un événement sans les comprendre du tout, et le diable survient aussitôt, s’empare de ce que tu as semé dans mon cœur et je suis comme un terrain ensemencé au bord du chemin.

Autre possibilité, je peux être celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux : j’ai entendu ta parole ou vécu cet événement et je les ai reçus aussitôt avec joie ; mais je n’ai pas de racine de foi en moi, je suis l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de toi, je trébuche aussitôt.

Je peux être encore celui qui a reçu la semence dans les ronces : mon souci du monde et de la richesse étouffent cet événement vécu ou ta parole en moi et les empêchent de porter du fruit.

Enfin, je peux être celui qui a reçu la semence dans la bonne terre : j’entends ta parole, je vis cet événement et je les comprends comme venant de toi. Je porte alors du fruit abondamment, à la mesure de ce que tu as prévu pour moi.

Qui suis-je alors Seigneur ? Comment réagir à ta parole, aux événements que tu poses dans ma vie ? Suis-je condamné à vivre ma vie comme au bord du chemin, dans les pierres et les ronces ?

Seigneur, nettoie mon cœur, purifie ma terre, rends la accueillante, fertile, écarte les pierres et les ronces. Offre-moi ce cœur disponible pour accueillir vraiment ta parole et les événements de ma journée afin de porter du fruit.

Que le fiat de Marie me guide aujourd’hui pour avoir la juste attitude et être cette terre prête à recevoir ta présence dans ma vie, à travers ta parole et les événements de ce jour  !

C’est donc la chanson de l’Annonciation que je vous propose d’écouter pour clore cette méditation.

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