Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
« CHERCHEZ LE SEIGNEUR PUISQU’IL SE LAISSE TROUVER. »
« Cherchez le SEIGNEUR tant qu’il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu’il est proche » : cela ne veut pas dire « Dépêchez-vous, il pourrait s’éloigner ! » Voilà, je crois, le contresens à ne pas faire ! Il n’existe pas de temps où Dieu ne se laisse pas trouver, il n’existe pas de temps où Dieu ne serait pas proche ! Il faut comprendre (et c’est le texte de la Traduction Œcuménique de la Bible, la TOB), « Cherchez le SEIGNEUR puisqu’il se laisse trouver. Invoquez-le puisqu’il est proche ». C’est toujours nous qui nous éloignons de Dieu. Et il est vrai que, dans notre liberté, nous nous éloignons parfois tellement de lui que nous perdons jusqu’au goût de le chercher.
Il faut bien voir dans quel esprit ces lignes sont écrites : Isaïe s’adresse ici à des gens complètement découragés ; en Exil à Babylone, dans des conditions extrêmement dures, le peuple d’Israël est tenté de croire que Dieu l’a abandonné. Et il en vient à se demander s’il est encore possible d’oser espérer le pardon de Dieu et la restauration du peuple élu. Ce doute et ce soupçon, il faut résolument leur tourner le dos ; ce sont, dit le prophète, des pensées méchantes, perverses. Elles nous trompent sur Dieu et nous éloignent de lui. La pensée perverse, précisément, ce serait de croire que Dieu pourrait n’être pas proche, que Dieu pourrait être inaccessible, que Dieu pourrait ne pas pardonner. Voilà déjà certainement une leçon très importante de ce texte. Ce n’est pas parce que Dieu semble silencieux qu’il est absent ou lointain.
On a là, comme très souvent dans la Bible, le thème du chemin : douter de Dieu, l’imaginer méchant, dur, vengeur, c’est prendre le chemin à l’envers, c’est nous éloigner de lui de plus en plus ; et du coup, puisque nous ne croyons pas à sa tendresse et à sa sollicitude, c’est nous en priver nous-mêmes ; l’adolescent soupçonneux ne profite plus des marques de tendresse que ses parents lui donnent pourtant ; il ne les voit plus puisqu’il leur tourne le dos. Isaïe dit : retournez-vous, revenez vers Dieu, vous redécouvrirez que Dieu a pitié de vous et qu’il est riche en pardon.
DIEU DE TENDRESSE ET DE PARDON
Cette découverte du Dieu de tendresse et de pardon est très présente dans l’Ancien Testament, bien avant la venue de Jésus sur la terre. Il suffit de relire les prophètes ; Osée, par exemple, a su trouver des phrases magnifiques pour dire les pensées de Dieu : « Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. » (Osée 11,8-9). En langage biblique, le mot « saint » veut dire le Tout-Autre. Et c’est en cela que Dieu est le Tout-Autre, le Saint : Il est miséricorde, et Pitié et Pardon.
Ou encore Jérémie : » Moi, je connais les pensées que je forme à votre sujet – oracle du SEIGNEUR – pensées de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance ». (Jr 29,11) Et, bien sûr, on pense à cette phrase magnifique de l’évangile : « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45).
Il y a aussi ce merveilleux dialogue dans le livre de Jonas ; Jonas prend très mal l’indulgence de Dieu pour ces affreux Ninivites, l’ennemi héréditaire d’Israël : et il reproche à Dieu d’être trop bon « Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Jonas 4,2). Et Dieu se défend en disant « Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? » (Jonas 4,11).
La Bible, dès l’Ancien Testament, est donc pleine de cette révélation du pardon de Dieu… et, à partir du moment où on l’a découvert, on ne voit plus que cela. À l’inverse, chaque fois que nous ne trouvons pas dans la Parole de Dieu cette annonce de la miséricorde et du pardon de Dieu toujours offert, c’est que nous n’avons pas compris le texte ! Le peuple d’Israël a eu le privilège de faire cette double découverte extraordinaire : Dieu est à la fois le Tout-Autre, le Saint et aussi le Tout-Proche, le « Dieu tendre et miséricordieux » révélé à Moïse (Exode 34,6).
DIEU TOUT-AUTRE, DIEU TOUT-PROCHE
Isaïe ramasse cette découverte dans cette phrase superbe : « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées ». Cette distance infinie qui sépare le ciel de la terre est une image très parlante pour nous dire que Dieu, décidément, est le Tout-Autre. En même temps, il est le Tout-Proche, celui qui est « riche en pardon ».
Et je crois même qu’il faut aller plus loin : c’est précisément cette richesse de pardon qui constitue la distance infinie dont parle Isaïe et qui nous sépare de Dieu, autant que le ciel est séparé de la terre. Notre texte dit bien : « Notre Dieu est riche en pardon »… « CAR mes pensées ne sont pas vos pensées … » Tout tient dans cette petite conjonction « Car » ; mais, malheureusement, elle risque de passer inaperçue. Ce qu’Isaïe nous dit là, c’est que nous ne sommes pas sur le même registre que Dieu : Lui qui est l’amour même, Il est sur le registre de la gratuité, on dit « la grâce », le registre du pardon sans conditions. Nous, nous sommes sur le registre du calcul, du donnant-donnant. Nous voulons que les bons soient récompensés et les méchants punis. Nous parlons de « gagner » notre ciel ; nous calculons nos mérites ; ou bien nous disons « je ne mérite pas » sans nous apercevoir qu’en disant cela, nous nous permettons de calculer à sa place ! Dieu, lui, ne nous demande pas de mériter quoi que ce soit ! Il dit seulement : « Que le méchant abandonne ses chemins, et l’homme perfide, ses pensées. Qu’il revienne vers notre Dieu qui est riche en pardon. CAR mes pensées ne sont pas vos pensées… » Dieu, lui, nous propose de vivre tout simplement une relation d’amour, donc gratuite, par définition. Il n’y a pas de banque ni de chéquier dans le royaume de l’amour, nous le savons bien.
Dernière remarque : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » ; cette distance infinie qui nous sépare de Dieu explique la faiblesse de notre langage sur Lui ! Du coup, cette phrase devrait être pour nous une invitation à l’humilité et à la tolérance : humilité quand nous osons parler de Dieu, tolérance pour la façon dont les autres parlent de Lui : qui d’entre nous peut prétendre sonder les pensées de Dieu ?
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Complément
– Il y a encore cette phrase magnifique dans le livre des Chroniques : « Si mon peuple s’incline et prie, s’il recherche ma face et revient de sa conduite mauvaise, moi, j’écouterai depuis les cieux, je pardonnerai son péché et je guérirai son pays ». (2 Ch 7,14). Malheureusement, tant qu’on n’a pas découvert que Dieu est toujours et uniquement Amour et Pardon, on risque encore de lire à l’envers des phrases comme celle-ci : comme si Dieu mettait une condition à son pardon : « Si mon peuple s’incline »… En réalité, c’est nous qui mettons une condition : comment recevoir le pardon si nous ne le désirons pas ?
Lectures du 25e dimanche du temps ordinaire, année A, commentées. 20 septembre 2026.
« Les ouvriers de la onzième heure ».
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« Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9)
Lecture du livre du prophète Isaïe (55, 6-9).
6 Cherchez le SEIGNEUR tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
7 Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le SEIGNEUR
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu, qui est riche en pardon.
8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du SEIGNEUR.
9 Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.
Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
« CHERCHEZ LE SEIGNEUR PUISQU’IL SE LAISSE TROUVER. »
« Cherchez le SEIGNEUR tant qu’il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu’il est proche » : cela ne veut pas dire « Dépêchez-vous, il pourrait s’éloigner ! » Voilà, je crois, le contresens à ne pas faire ! Il n’existe pas de temps où Dieu ne se laisse pas trouver, il n’existe pas de temps où Dieu ne serait pas proche ! Il faut comprendre (et c’est le texte de la Traduction Œcuménique de la Bible, la TOB), « Cherchez le SEIGNEUR puisqu’il se laisse trouver. Invoquez-le puisqu’il est proche ». C’est toujours nous qui nous éloignons de Dieu. Et il est vrai que, dans notre liberté, nous nous éloignons parfois tellement de lui que nous perdons jusqu’au goût de le chercher.
Il faut bien voir dans quel esprit ces lignes sont écrites : Isaïe s’adresse ici à des gens complètement découragés ; en Exil à Babylone, dans des conditions extrêmement dures, le peuple d’Israël est tenté de croire que Dieu l’a abandonné. Et il en vient à se demander s’il est encore possible d’oser espérer le pardon de Dieu et la restauration du peuple élu. Ce doute et ce soupçon, il faut résolument leur tourner le dos ; ce sont, dit le prophète, des pensées méchantes, perverses. Elles nous trompent sur Dieu et nous éloignent de lui. La pensée perverse, précisément, ce serait de croire que Dieu pourrait n’être pas proche, que Dieu pourrait être inaccessible, que Dieu pourrait ne pas pardonner. Voilà déjà certainement une leçon très importante de ce texte. Ce n’est pas parce que Dieu semble silencieux qu’il est absent ou lointain.
On a là, comme très souvent dans la Bible, le thème du chemin : douter de Dieu, l’imaginer méchant, dur, vengeur, c’est prendre le chemin à l’envers, c’est nous éloigner de lui de plus en plus ; et du coup, puisque nous ne croyons pas à sa tendresse et à sa sollicitude, c’est nous en priver nous-mêmes ; l’adolescent soupçonneux ne profite plus des marques de tendresse que ses parents lui donnent pourtant ; il ne les voit plus puisqu’il leur tourne le dos. Isaïe dit : retournez-vous, revenez vers Dieu, vous redécouvrirez que Dieu a pitié de vous et qu’il est riche en pardon.
DIEU DE TENDRESSE ET DE PARDON
Cette découverte du Dieu de tendresse et de pardon est très présente dans l’Ancien Testament, bien avant la venue de Jésus sur la terre. Il suffit de relire les prophètes ; Osée, par exemple, a su trouver des phrases magnifiques pour dire les pensées de Dieu : « Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. » (Osée 11,8-9). En langage biblique, le mot « saint » veut dire le Tout-Autre. Et c’est en cela que Dieu est le Tout-Autre, le Saint : Il est miséricorde, et Pitié et Pardon.
Ou encore Jérémie : » Moi, je connais les pensées que je forme à votre sujet – oracle du SEIGNEUR – pensées de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance ». (Jr 29,11) Et, bien sûr, on pense à cette phrase magnifique de l’évangile : « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45).
Il y a aussi ce merveilleux dialogue dans le livre de Jonas ; Jonas prend très mal l’indulgence de Dieu pour ces affreux Ninivites, l’ennemi héréditaire d’Israël : et il reproche à Dieu d’être trop bon « Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Jonas 4,2). Et Dieu se défend en disant « Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? » (Jonas 4,11).
La Bible, dès l’Ancien Testament, est donc pleine de cette révélation du pardon de Dieu… et, à partir du moment où on l’a découvert, on ne voit plus que cela. À l’inverse, chaque fois que nous ne trouvons pas dans la Parole de Dieu cette annonce de la miséricorde et du pardon de Dieu toujours offert, c’est que nous n’avons pas compris le texte ! Le peuple d’Israël a eu le privilège de faire cette double découverte extraordinaire : Dieu est à la fois le Tout-Autre, le Saint et aussi le Tout-Proche, le « Dieu tendre et miséricordieux » révélé à Moïse (Exode 34,6).
DIEU TOUT-AUTRE, DIEU TOUT-PROCHE
Isaïe ramasse cette découverte dans cette phrase superbe : « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées ». Cette distance infinie qui sépare le ciel de la terre est une image très parlante pour nous dire que Dieu, décidément, est le Tout-Autre. En même temps, il est le Tout-Proche, celui qui est « riche en pardon ».
Et je crois même qu’il faut aller plus loin : c’est précisément cette richesse de pardon qui constitue la distance infinie dont parle Isaïe et qui nous sépare de Dieu, autant que le ciel est séparé de la terre. Notre texte dit bien : « Notre Dieu est riche en pardon »… « CAR mes pensées ne sont pas vos pensées … » Tout tient dans cette petite conjonction « Car » ; mais, malheureusement, elle risque de passer inaperçue. Ce qu’Isaïe nous dit là, c’est que nous ne sommes pas sur le même registre que Dieu : Lui qui est l’amour même, Il est sur le registre de la gratuité, on dit « la grâce », le registre du pardon sans conditions. Nous, nous sommes sur le registre du calcul, du donnant-donnant. Nous voulons que les bons soient récompensés et les méchants punis. Nous parlons de « gagner » notre ciel ; nous calculons nos mérites ; ou bien nous disons « je ne mérite pas » sans nous apercevoir qu’en disant cela, nous nous permettons de calculer à sa place ! Dieu, lui, ne nous demande pas de mériter quoi que ce soit ! Il dit seulement : « Que le méchant abandonne ses chemins, et l’homme perfide, ses pensées. Qu’il revienne vers notre Dieu qui est riche en pardon. CAR mes pensées ne sont pas vos pensées… » Dieu, lui, nous propose de vivre tout simplement une relation d’amour, donc gratuite, par définition. Il n’y a pas de banque ni de chéquier dans le royaume de l’amour, nous le savons bien.
Dernière remarque : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » ; cette distance infinie qui nous sépare de Dieu explique la faiblesse de notre langage sur Lui ! Du coup, cette phrase devrait être pour nous une invitation à l’humilité et à la tolérance : humilité quand nous osons parler de Dieu, tolérance pour la façon dont les autres parlent de Lui : qui d’entre nous peut prétendre sonder les pensées de Dieu ?
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Complément
– Il y a encore cette phrase magnifique dans le livre des Chroniques : « Si mon peuple s’incline et prie, s’il recherche ma face et revient de sa conduite mauvaise, moi, j’écouterai depuis les cieux, je pardonnerai son péché et je guérirai son pays ». (2 Ch 7,14). Malheureusement, tant qu’on n’a pas découvert que Dieu est toujours et uniquement Amour et Pardon, on risque encore de lire à l’envers des phrases comme celle-ci : comme si Dieu mettait une condition à son pardon : « Si mon peuple s’incline »… En réalité, c’est nous qui mettons une condition : comment recevoir le pardon si nous ne le désirons pas ?
Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
PSAUME
Psaume 144 (145), 2-3, 8-9, 17-18
R/ Proche est le Seigneur
de ceux qui l’invoquent. (cf. Ps 144, 18a)
2 Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
3 Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué :
à sa grandeur, il n’est pas de limite.
8 Le SEIGNEUR est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
9 la bonté du SEIGNEUR est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
17 Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
18 Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.
Psaume extraits des « Psaumes des dimanches et fêtes de l’année A, musique de Barbara Delattre », chantés par Sœur Agathe et le chœur ADF. Merci et bravo à toutes ces personnes !
Version de Thomas Ospital.
Version de Michel Wackenheim.
Version de Jean-Paul Lécot (avec acclamation de l’évangile).
Version de Jean-Pascal Hervy.
Version de Grazia Previdi, par GPS-Trio.
Version de Christelle & Laurent Musique et chants.
Version d’André Gouzes.
Version de Sœur Marie Thao Lien sur UyenChi-Channel.
Version de Metjp.
Version d’Adrien Cavarec / Solistes : O. et M. R. / Direction de la chorale : C.R, à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes, le 19 mars 2017, sur la chaîne Homélies-du-Dimanche.
Version de Moulon Art.43
Version du père Louis Groslambert.
Version de Georges Djesmy MAMBU par la chorale Mater-Dei de la cathédrale de Boma (RDC), sur la chaîne MBG-PRODUCTION-Officiel.
Version de Charles-Éric Hauguel, aux éditions de l’Emmanuel, sur la chaîne d’Alain Dumont.
Version d’Alain Hounzavi pour Verbum Vivum.
Version de ManuPinto.
Version de instrumentale de ManuPinto, d’après Richard Vidal.
Version de Louangelis – Paroisse de Meximieux.
Version de Claudine Naze pour EffataSaintMarc.
Version de la chorale de Maniron.
Version de Psaumes-du-Dimanche.
Version d’OL pour Louange-&-Liturgie.(partition disponible sur demande à gml.ablis@gmail.com).
Version de Jean-Luc Ponzio, pour Laudate Pop Liturgie.
Version de Richard Vidal, sur la chaîne de Wendy Wank.
Version d’Yves Lafargue.
Version(s) de la communauté Canção Nova (Chant-Nouveau).
Version de NDML.
Version de Claire Lauvergne, à 3 voix égales.
Version de l’ensemble vocal Dédicace.
Version de l’ensemble vocal Resurrexit, dirigé par Étienne Uberall, pour la chaîne Chantons-Dieu!
Version(s) de Cathoglad.
Version de SDM-Music.
Version de Matinées-Chantantes.
Version de JFD trouvée sur » Un dimanche, un psaume « . Partition sur le site https://www.sos-messe.fr/ .
Version trouvée sur la chaîne de Robert Laurin. Chantée par le chœur de l’abbaye Notre-Dame-de Tamié ?
Version de #bible.
Version sur la chaîne « Chants-et-Textes-Liturgiques« .
Version sans refrain, trouvée sur la chaîne Liturgie-des-Heures.
Version de Daniel Pialat.
Version du frère Lévi MISAMBO MOSENGO, Missionnaire Clarétain (CMF).
Version sur la chaîne SMA-TOGO-TV.
Version de la chorale Marie-Reine-des-Apôtres MCNDA (Mission Catholique Notre-Dame-d’Afrique) Montréal.
Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
BÉNIS LE SEIGNEUR, Ô MON ÂME
La liturgie de ce dimanche ne nous propose que huit versets du psaume 102/103, mais en réalité il en comporte vingt-deux ! Or vous savez bien, l’alphabet hébreu comporte vingt-deux lettres ; donc on dit de ce psaume qu’il est « alphabétisant » ; et quand un psaume est alphabétisant, on sait d’avance qu’il s’agit d’un psaume d’action de grâce pour l’Alliance. Et effectivement, André Chouraqui dit que ce psaume est le « Te Deum » de la Bible, un chant de reconnaissance pour toutes les bénédictions dont le compositeur (entendez le peuple d’Israël) a été comblé par Dieu.
Deuxième caractéristique de ce psaume, le « parallélisme » : chaque verset se compose de deux lignes qui se répondent comme en écho : l’idéal pour le chanter serait l’alternance ligne par ligne ; il a peut-être, d’ailleurs, été composé pour être chanté par deux chœurs alternés. Ce parallélisme, ce « balancement », nous l’avons rencontré très fréquemment dans la Bible, dans les textes poétiques, mais aussi dans de nombreux passages en prose ; procédé de répétition utile à la mémoire, bien sûr, dans une civilisation orale, mais surtout très suggestif ; si on soigne la lecture en faisant ressortir le face à face des deux lignes à l’intérieur de chaque verset, la poésie prend un relief extraordinaire.
D’autre part, cette répétition d’une même idée, successivement sous deux formes différentes, permet évidemment de préciser la pensée, et donc pour nous de mieux comprendre certains termes bibliques. Par exemple, le premier verset nous propose deux parallèles intéressants : « Bénis le SEIGNEUR, ô mon âme, Bénis son Nom très saint, tout mon être » :
Premier parallèle : « Bénis le SEIGNEUR »… « Bénis son Nom très saint » : la deuxième fois, au lieu de dire « le SEIGNEUR », on dit « le NOM » : une fois de plus, nous voyons que le NOM, dans la Bible, c’est la personne. Deuxième parallèle, toujours dans ce premier verset : « Bénis le SEIGNEUR, ô mon âme, Bénis son Nom très saint, tout mon être » : on voit bien que le mot âme n’a pas ici le sens que nous lui donnons spontanément. À la suite des penseurs grecs, nous avons tendance à nous représenter l’homme comme l’addition de deux composants différents, étrangers l’un à l’autre, l’ÂME et le CORPS. Mais les progrès des sciences humaines, au vingtième siècle, ont confirmé que ce dualisme ne rendait pas compte de la réalité. Dans la mentalité biblique, justement, on a une conception beaucoup plus unifiée et quand on dit « l’âme », il s’agit de l’être tout entier. « Bénis le SEIGNEUR, ô mon âme, Bénis son Nom très saint, tout mon être ».
La deuxième strophe fait écho aux paroles de Ben Sira, dans la première lecture : « Il pardonne toutes tes offenses » ; et le psaume développe « Il n’est pas toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses reproches ; il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses… Aussi loin qu’est l’Orient de l’Occident, il met loin de nous nos péchés ».
REDEVENIR COMME DES PETITS-ENFANTS
Une phrase comme celle-ci « Dieu n’agit pas envers nous selon nos fautes, Il ne nous rend pas selon nos offenses … » prouve, s’il en était besoin, que le peuple d’Israël avait découvert bien avant nous que la logique de Dieu n’est pas celle du « donnant-donnant », mais celle de la gratuité. Cette découverte ne s’est faite que lentement, au long de l’histoire biblique. La pédagogie de Dieu à l’égard de son peuple s’est déployée progressivement, patiemment, pour lui révéler qu’Il est le Tout-Autre : tout-autre que nous, mais aussi tout-autre que ce que nous imaginons. Nous avons beaucoup de mal à abandonner nos représentations d’un Dieu calqué sur nous, d’un Dieu qui nous ferait des comptes et des procès… La Bonne Nouvelle qui court à travers toute la Bible, c’est justement le « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » : c’est, au livre de l’Exode (Ex 34,6) la révélation, la confidence que Dieu a faite sur lui-même à Moïse.
Voilà qui nous permet de mieux comprendre le verset suivant : « Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ». Nous rencontrons assez souvent ce mot de « crainte » dans la Bible et il ne nous est pas forcément très sympathique a priori. Mais, une fois qu’on a découvert Dieu comme le Seigneur de tendresse et de pitié qui n’est pas en procès contre nous, on n’a plus de raison d’avoir peur de lui. Le mot « crainte » a donc changé de sens. Au fur et à mesure que le peuple d’Israël découvrait le vrai visage de son Dieu, peu à peu sa crainte spontanée s’est convertie en esprit filial. Le problème, c’est que ce chemin de conversion, chacun de nous doit le refaire pour lui-même.
Mis en présence de Dieu, du sacré, l’homme éprouve spontanément de la peur ; et il faut toute une conversion des croyants pour que, sans rien perdre de notre respect pour Celui qui est le Tout-Autre, nous apprenions à son égard une attitude filiale. La crainte de Dieu, au sens biblique, c’est vraiment la peur convertie en esprit filial : une conversion qui est sans cesse encore à faire. C’est peut-être cela « redevenir comme des petits enfants »… des petits enfants qui savent que leur père n’est que tendresse. Cette « crainte » comporte donc à la fois tendresse en retour, reconnaissance et souci d’obéir au père parce que le fils sait bien que les commandements du père ne sont guidés que par l’amour : comme un petit s’éloigne du feu parce que son père le prévient qu’il risque de se brûler…
C’est d’ailleurs dans ce même psaume 102/103 que nous rencontrons (dans un verset qui ne fait pas partie de la liturgie de ce dimanche) la phrase qui dit le mieux ce qu’est la « crainte de Dieu » au sens biblique : « Comme la tendresse du père pour ses fils, (ainsi est) la tendresse du SEIGNEUR pour qui le craint » (verset 13) ; ce parallèle nous dit bien que la crainte de Dieu est tout sauf de la peur, elle est une attitude filiale. Et pourtant, cela ne nous pousse pas au laxisme, bien au contraire : car une véritable fidélité à l’amour est pleine d’exigences. Mais nous avons toujours besoin pour repartir de cette tendresse qui « passe par-dessus » nos péchés, nos abandons ; celle que Jésus mettra en images dans la parabole du père et de l’enfant prodigue.
Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
« Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 20c-24.27a)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (1, 20c-24.27a).
Frères,
20 soit que je vive, soit que je meure,
le Christ sera glorifié dans mon corps.
21 En effet, pour moi vivre, c’est le Christ,
et mourir est un avantage.
22 Mais si, en vivant en ce monde,
j’arrive à faire un travail utile,
je ne sais plus comment choisir.
23 Je me sens pris entre les deux :
je désire partir pour être avec le Christ,
car c’est bien préférable ;
24 mais, à cause de vous, demeurer en ce monde
est encore plus nécessaire.
27 Quant à vous,
ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
POUR MOI VIVRE, C’EST LE CHRIST
Il est toujours émouvant de lire la lettre aux Philippiens : elle est pleine à la fois de la passion de Paul pour sa mission d’apôtre, de sa passion pour le Christ, et aussi de son affection toute simple et fraternelle pour ceux qu’il a connus là-bas ; cela nous vaut des développements théologiques qui volent très haut, comme on dit, et des confidences tout humaines d’un homme comme les autres à ses amis.
« Soit que je vive, soit que je meure » : Paul est en prison, c’est clair, d’après le reste de l’épître, mais on ne sait pas où ; à Rome, peut-être puisque, d’après cette lettre, il est visiblement en attente de jugement ; mais il a connu plusieurs emprisonnements, à Philippes même, à Jérusalem, une longue durée à Éphèse, probablement, sans compter deux années à Césarée maritime et au moins autant à Rome. En tout cas, lorsqu’il écrit cette lettre aux Philippiens, son procès est visiblement commencé et il sait très bien qu’il risque la mort. « Soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps » : le mot « corps » ici veut dire la personne tout entière.
S’il est libéré, il pourra continuer sa mission d’évangélisation, et son temps de captivité et son procès lui auront permis de témoigner du Christ au tribunal. Il a écrit quelques versets plus tôt : » Dans tout le prétoire, et partout ailleurs, mes chaînes manifestent mon attachement au Christ, et la plupart des frères, chez qui mes chaînes suscitent une ferme confiance dans le Seigneur, trouvent une audace nouvelle pour dire sans crainte la Parole. » (Phi 1,13-14). Il s’est même réjoui de ce que certains, moins bien intentionnés, aient profité de sa mise à l’ombre pour se poser en apôtres, à sa place. Qu’importe, pense Paul, de toutes manières, le Christ est annoncé. S’il est condamné à mort, son martyre, affronté dans la joie, constituera un témoignage suprême de la foi des chrétiens en la Résurrection.
On est toujours extrêmement étonnés de l’assurance dont faisaient preuve les premiers chrétiens face au martyre. Alors que les persécuteurs espéraient étouffer la religion chrétienne naissante, cette assurance a été l’occasion de nombreuses conversions. Ce qui veut dire que, quoi qu’il arrive, tout contribuera au progrès de l’Évangile et c’est la seule chose qui compte pour Paul. Cela ne nous étonne pas de la part d’un apôtre… Le critère de l’apôtre, justement, c’est qu’il n’a qu’un objectif, prêcher l’Évangile ! Quant à nous, même si nous ne connaissons pas des circonstances aussi extraordinaires, nous pouvons retenir que notre vie concrète peut contribuer à glorifier le Christ (c’est-à-dire à manifester sa grandeur) dans toutes les situations.
Paul continue : « Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage ». On pourrait traduire « Pour moi, vivre pleinement, c’est vivre en Christ » ou encore « ma raison de vivre, c’est le Christ » sous-entendu ma vie ne s’épanouira pleinement que dans la rencontre définitive, donc mourir est un avantage. « Je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable » dit-il. On retrouve là un écho de cette solidarité intime qui nous unit au Christ et que Paul exprime si souvent dans ses écrits ; son thème majeur, c’est justement que notre destinée est de ne faire qu’un en Jésus-Christ. Par exemple : « Dieu a jugé bon qu’habite en Lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié » (Col 1,19-20) ; ou encore dans la lettre aux Éphésiens, ce texte qui donne la clé de tout : « Dieu nous a dévoilé le mystère de sa volonté… récapituler toutes choses dans le Christ » (Ep 1,9-10).
LA SEULE CHOSE QUI COMPTE : PRÊCHER L’ÉVANGILE
Au passage, on peut noter que pour Paul, la mort nous permet d’être aussitôt pleinement unis au Christ ; il a l’air de n’envisager aucun délai ; voici ce qu’il dit dans la lettre aux Corinthiens : « Nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ; en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision. Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur. Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. » (2 Co 5,6-8).
Pour autant, Paul ne veut pas « abandonner le bateau », comme on dit ; et littéralement, il avoue être écartelé ; « mourir est un avantage, mais si en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable, mais à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire ». Cela ne veut certainement pas dire qu’il se considère comme indispensable, parce qu’il sait bien que c’est le Christ qui agit dans le cœur des fidèles … mais il souhaite ardemment être là où il doit être. À vrai dire, ce dilemme n’est pas à proprement parler un cas de conscience, car ce n’est pas lui qui décidera de son sort, il le sait bien. Mais son raisonnement est un modèle d’abnégation au vrai sens du terme, en ce sens que son seul souci reste la mission auprès de ceux qui lui ont été confiés.
Pour terminer, il revient à eux « Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ ». C’est tout un programme ! Mais je crois qu’il y a là beaucoup plus qu’une leçon de morale : Paul veut nous dire par là que la seule manière d’être digne de l’Évangile, c’est de le prendre au sérieux et de l’annoncer ! Car cette recommandation « ayez un comportement digne de l’Évangile » vient à la suite de ce que j’ai appelé son « dilemme » : « Si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ… mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. » Et aussitôt il ajoute : « Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ. »
Si je comprends bien, à ses yeux, avoir un comportement digne de l’Évangile, c’est tout simplement consacrer nos vies à l’évangélisation. Voilà qui interroge un certain nombre de nos préoccupations !
Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)
Alléluia. Alléluia.
La bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres :
tous acclameront sa justice.
Alléluia. (cf. Ps 144, 9.7b)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 1-16).
En ce temps-là,
Jésus disait cette parabole à ses disciples :
1 « Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
2 Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :
un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
3 Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
4 Et à ceux-là, il dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.’
5 Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
6 Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
‘Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?’
7 Ils lui répondirent :
‘Parce que personne ne nous a embauchés.’
Il leur dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi.’
8 Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.’
9 Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
10 Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
11 En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
12 ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’
13 Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
14 Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
15 n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?’
16 C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
ABANDONNER NOTRE LOGIQUE DE COMPTABLES
Imaginez un patron d’entreprise qui emploierait des méthodes pareilles ! Il aurait certainement une bonne partie de ses ouvriers en grève dès le deuxième matin ! Mais Jésus a bien dit qu’il ne parlait pas d’une entreprise comme les autres puisqu’il a introduit sa parabole en disant : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine… » : d’entrée de jeu, donc, nous savons qu’il est question du royaume des Cieux ; et nous savons bien, Isaïe nous l’a rappelé, que « les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées… »
Et donc, dans cette vigne très particulière, il y a des ouvriers embauchés à toute heure du jour… Apparemment, le travail ne manque pas. Mais la pointe de la parabole n’est pas là : comme toujours, il faut chercher d’abord ce que ce texte dit sur Dieu. « Moi, je suis bon » dit Dieu ; « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Dieu est bon, et d’une bonté qui ne fait pas de comptes. Cela veut dire que sa bonté surpasse tout, y compris le fait que nous ne la méritons pas ; cela veut dire qu’il faut que nous abandonnions une fois pour toutes notre logique de comptables : dans le royaume des Cieux, il n’y a pas de machine à calculer les mérites… Elle est là, peut-être, la conversion qui nous est demandée ; cette logique de comptables, nous avons bien du mal à nous en défaire : nos efforts, nos sacrifices, nos souffrances, nous voudrions toujours les comptabiliser pour nous rassurer ; cela nous donne, pensons-nous, des droits sur le Royaume, sur l’amour de Dieu…
TON REGARD EST-IL MAUVAIS PARCE QUE MOI, JE SUIS BON ?
À l’inverse, il nous paraîtrait juste que Dieu ne traite quand même pas tout le monde de la même manière : « Tu les traites à l’égal de nous ! », reprochent les ouvriers de la première heure, sous-entendu ‘nous méritons mieux’. Et justement, Jésus veut nous faire sortir de cette logique du mérite : l’amour ne compte pas. L’amour ne s’achète pas, il est donné. Cette leçon-là, pourtant, n’était pas nouvelle ; allez lire le psaume 126/127 : « Dieu comble son bien-aimé quand il dort »… Il n’est pas question de mérites là-dedans ; pire, le même psaume affirme : « En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, tu manges un pain de douleur… » autrement dit : ne calcule pas tes mérites et tes heures supplémentaires, Dieu te comble au-delà de tout. Le psaume d’aujourd’hui nous faisait chanter « Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies »… visiblement ce n’est pas une justice calculée comme nous l’entendons ! La justice de Dieu, c’est d’aimer, sans distinction, tous ses enfants également, c’est-à-dire infiniment, sans mesure.
Pour rester dans l’Ancien Testament, Jonas lui aussi, trouvait scandaleux que Dieu pardonne si facilement à ces mécréants de Ninivites : le peuple élu s’efforçait laborieusement depuis si longtemps d’être fidèle à la loi ; ces affreux païens n’avaient eu qu’un geste à esquisser pour être pardonnés. Dès l’Ancien Testament, donc, on savait bien qu’il y a des derniers qui deviennent premiers. De la même manière, au temps de Matthieu, l’arrivée massive d’anciens païens dans les communautés chrétiennes faisait murmurer ceux qui venaient du Judaïsme et se savaient les héritiers d’une longue lignée de fidèles. Et Jésus lui-même a rencontré l’hostilité des croyants de longue date quand il a côtoyé amicalement des publicains et des pécheurs.
QUI PEUT SE PRÉTENDRE OUVRIER DE LA PREMIÈRE HEURE ?
Jusque sur la croix, nous en connaissons au moins un qui était « dernier » et qui est devenu « premier », c’est le bon larron…Voilà bien un ouvrier de la dernière heure. (C’est dans l’évangile de Luc et non de Matthieu, mais la leçon est bien la même !) C’est à la dernière minute seulement que le bon larron crucifié en même temps que Jésus, enfin, se tourne vers lui ; et là, il a suffi d’une parole de vérité dans sa bouche et il s’est entendu dire ce dont nous rêvons tous pour notre dernière heure « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis ».
Mais si on veut bien regarder la vérité en face, elle devrait nous faire plutôt plaisir, cette parabole… Qui d’entre nous peut se vanter d’être un ouvrier de la première heure ? Qui que nous soyons, nous ne sommes tous que des ouvriers de la onzième heure ! C’est lorsque nous l’oublions que notre regard devient mauvais. « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Les ouvriers de la première heure récriminent contre le maître de maison dont ils ne comprennent pas la logique ; Jonas récriminait contre Dieu qui pardonnait trop facilement à ces pécheurs de Ninivites ; les Pharisiens récriminaient contre Jésus, trop accueillant aux gens de mauvaise vie ; le fils aîné murmurait contre le père trop accueillant pour le fils prodigue… Quand la logique de Dieu est trop différente de la nôtre, la tentation qui nous prend est de contester.
C’est le moment ou jamais de nous rappeler la phrase d’Isaïe dans la première lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, dit Dieu… Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées au-dessus de vos pensées. »
Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.
Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.
Homélie/méditation du père Julien Fleury, pour Culture-Bible, le .
Commentaire de l’évangile du jour par le père Paul Dollié, pour Cathoglad, le 30 août 2026.
Homélie du père Dominique Dusang, à la Chapelle de l’Immaculée-Conception à Saint-Étienne, le .
Homélie de Mgr Michel Aupetit.
Homélie de l’abbé Guy Pagès.
Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.
Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Méen de Cancale, le dimanche 6 septembre 2026.
Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Méen de Cancale, le dimanche 13 septembre 2020.
Homélie du frère Thibaut du Pontavice, dans l’église de Chartres-de-Bretagne le dimanche 2020.
Homélie du frère Thibaut du Pontavice à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes le 24 septembre 2017.
Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? ».
Homélie du père Achille José Bessala Nkomo, FM (Franciscains de Marie) pour Magnificat-TV.
Homélie du père Kolawole Chabi, OSA (Ordre de Saint-Augustin), sur sa chaîne Prédication-Louange-Adoration.
Homélie au Scolasticat Saint-Eugène-de-Mazenod/RDC, le 13 septembre 2020.
Homélie de l’abbé Donald Thomson, de l’église catholique à Magog, le .
Homélie du frère Franck Dubois, dominicain, pour « Le Jour-du-Seigneur », le 13 septembre 2026.
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie de Mgr Sosthène Léopold Bayemi (diocèse d’Obala), sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 20 septembre 2020.
Homélie du père Moïse Moumamassou, CMF, sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 7 septembre 2023.
Homélie du Fr. Dr. Biju Abraham M.S., le 6 septembre 2023.
Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.
Homélie du père Gilles Vadon, le 3 septembre 2023.
Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes).
Homélie à l’église de Belleville, pour la chaîne Homélies.
Homélie au sanctuaire de sainte Rita à Vendeville, le .
Homélie du père Jean Tardy, à la chapelle de l’Immaculée-Conception, à Saint-Étienne, pour Radio-Espérance.
Homélie du père Gabriel pour la chaîne « Un-Curé-vous-parle« .
Homélie pour Vie-Nouvelle.
Homélie pour Prédication-Louange-Adoration
Homélie à l’église de la Madeleine (Paris) le 13 septembre 2026.
Homélie de Mgr en la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, pour la fondation catholique Sel-et-Lumière-Média, le .
Homélie de padre Joseph : « De l’acédie à la joie ».
Commentaires de Joël Sérard.
Réflexions, commentaires homélitiques du père Christian Vermette, curé de la paroisse de Saint-Joseph-de-Chambly à Chambly, Québec, Canada, le 27 août 2023.
Homélie du père Patrick Mugisho, SJ, pour la chaîne Aime-et-Sois-Patient.
Homélie du frère Dominique Joseph, sur la chaîne de la Famille-de-Saint-Joseph, le 6 septembre 2017.
Homélie de padre Lesyr, le 2026.
Homélie du père Cyprien, à l’église Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villette (Paris, XIXe), le 13/09/2026.
Homélie du père Dominique Auzenet, de la paroisse Saint-Aubin (72), pour MissionWeb, le 24 septembre 2017.
Homélie du père Emmanuel de Boisbaudry, à la chapelle de l’Immaculée-Conception de Saint-Étienne, le 20 septembre 2020, pour Radio-Espérance.
Homélie du père Maurice Ruel, curé de la paroisse Saint-Stanislas, le 20 septembre 2011.
Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
– – – –
Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
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