Lectures du 25e dimanche du temps ordinaire, année A, commentées. 20 septembre 2026.

Lectures du 25e dimanche du temps ordinaire, année A, commentées. 20 septembre 2026.

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(1)

« Les ouvriers de la onzième heure ».
Image générée par IA (Gemini).

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la (conscience et de la) liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.
1ère lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9).
« Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9)

Lecture du livre du prophète Isaïe (55, 6-9).

6   Cherchez le SEIGNEUR tant qu’il se laisse trouver ;
     invoquez-le tant qu’il est proche.
7   Que le méchant abandonne son chemin,
     et l’homme perfide, ses pensées !
     Qu’il revienne vers le SEIGNEUR
     qui lui montrera sa miséricorde,
     vers notre Dieu, qui est riche en pardon.
8   Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
     et vos chemins ne sont pas mes chemins,
     – oracle du SEIGNEUR.
9   Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
     autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
     et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« CHERCHEZ LE SEIGNEUR PUISQU’IL SE LAISSE TROUVER. »

« Cherchez le SEIGNEUR tant qu’il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu’il est proche » : cela ne veut pas dire « Dépêchez-vous, il pourrait s’éloigner ! » Voilà, je crois, le contresens à ne pas faire ! Il n’existe pas de temps où Dieu ne se laisse pas trouver, il n’existe pas de temps où Dieu ne serait pas proche ! Il faut comprendre (et c’est le texte de la Traduction Œcuménique de la Bible, la TOB), « Cherchez le SEIGNEUR puisqu’il se laisse trouver. Invoquez-le puisqu’il est proche ». C’est toujours nous qui nous éloignons de Dieu. Et il est vrai que, dans notre liberté, nous nous éloignons parfois tellement de lui que nous perdons jusqu’au goût de le chercher.

Il faut bien voir dans quel esprit ces lignes sont écrites : Isaïe s’adresse ici à des gens complètement découragés ; en Exil à Babylone, dans des conditions extrêmement dures, le peuple d’Israël est tenté de croire que Dieu l’a abandonné. Et il en vient à se demander s’il est encore possible d’oser espérer le pardon de Dieu et la restauration du peuple élu. Ce doute et ce soupçon, il faut résolument leur tourner le dos ; ce sont, dit le prophète, des pensées méchantes, perverses. Elles nous trompent sur Dieu et nous éloignent de lui. La pensée perverse, précisément, ce serait de croire que Dieu pourrait n’être pas proche, que Dieu pourrait être inaccessible, que Dieu pourrait ne pas pardonner. Voilà déjà certainement une leçon très importante de ce texte. Ce n’est pas parce que Dieu semble silencieux qu’il est absent ou lointain.

On a là, comme très souvent dans la Bible, le thème du chemin : douter de Dieu, l’imaginer méchant, dur, vengeur, c’est prendre le chemin à l’envers, c’est nous éloigner de lui de plus en plus ; et du coup, puisque nous ne croyons pas à sa tendresse et à sa sollicitude, c’est nous en priver nous-mêmes ; l’adolescent soupçonneux ne profite plus des marques de tendresse que ses parents lui donnent pourtant ; il ne les voit plus puisqu’il leur tourne le dos. Isaïe dit : retournez-vous, revenez vers Dieu, vous redécouvrirez que Dieu a pitié de vous et qu’il est riche en pardon.

DIEU DE TENDRESSE ET DE PARDON

Cette découverte du Dieu de tendresse et de pardon est très présente dans l’Ancien Testament, bien avant la venue de Jésus sur la terre. Il suffit de relire les prophètes ; Osée, par exemple, a su trouver des phrases magnifiques pour dire les pensées de Dieu : « Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. »  (Osée 11,8-9). En langage biblique, le mot « saint » veut dire le Tout-Autre. Et c’est en cela que Dieu est le Tout-Autre, le Saint : Il est miséricorde, et Pitié et Pardon.

 Ou encore Jérémie : » Moi, je connais les pensées que je forme à votre sujet – oracle du SEIGNEUR  – pensées de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance ». (Jr 29,11) Et, bien sûr, on pense à cette phrase magnifique de l’évangile : « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45).

Il y a aussi ce merveilleux dialogue dans le livre de Jonas ; Jonas prend très mal l’indulgence de Dieu pour ces affreux Ninivites, l’ennemi héréditaire d’Israël : et il reproche à Dieu d’être trop bon  « Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Jonas 4,2). Et Dieu se défend en disant « Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? » (Jonas 4,11).

La Bible, dès l’Ancien Testament, est donc pleine de cette révélation du pardon de Dieu… et, à partir du moment où on l’a découvert, on ne voit plus que cela. À l’inverse, chaque fois que nous ne trouvons pas dans la Parole de Dieu cette annonce de la miséricorde et du pardon de Dieu toujours offert, c’est que nous n’avons pas compris le texte ! Le peuple d’Israël a eu le privilège de faire cette double découverte extraordinaire : Dieu est à la fois le Tout-Autre, le Saint et aussi le Tout-Proche, le « Dieu tendre et miséricordieux » révélé à Moïse (Exode 34,6).   

DIEU TOUT-AUTRE, DIEU TOUT-PROCHE

Isaïe ramasse cette découverte dans cette phrase superbe : « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées ». Cette distance infinie qui sépare le ciel de la terre est une image très parlante pour nous dire que Dieu, décidément, est le Tout-Autre. En même temps, il est le Tout-Proche, celui qui est « riche en pardon ».

Et je crois même qu’il faut aller plus loin : c’est précisément cette richesse de pardon qui constitue la distance infinie dont parle Isaïe et qui nous sépare de Dieu, autant que le ciel est séparé de la terre. Notre texte dit bien : « Notre Dieu est riche en pardon »… « CAR mes pensées ne sont pas vos pensées … » Tout tient dans cette petite conjonction « Car » ; mais, malheureusement, elle risque de passer inaperçue. Ce qu’Isaïe nous dit là, c’est que nous ne sommes pas sur le même registre que Dieu : Lui qui est l’amour même, Il est sur le registre de la gratuité, on dit « la grâce », le registre du pardon sans conditions. Nous, nous sommes sur le registre du calcul, du donnant-donnant. Nous voulons que les bons soient récompensés et les méchants punis. Nous parlons de « gagner » notre ciel ; nous calculons nos mérites ; ou bien nous disons « je ne mérite pas »  sans nous apercevoir qu’en disant cela, nous nous permettons de calculer à sa place ! Dieu, lui, ne nous demande pas de mériter quoi que ce soit ! Il dit seulement : « Que le méchant abandonne ses chemins, et l’homme perfide, ses pensées. Qu’il revienne vers notre Dieu qui est riche en pardon. CAR mes pensées ne sont pas vos pensées… » Dieu, lui, nous propose de vivre tout simplement une relation d’amour, donc gratuite, par définition. Il n’y a pas de banque ni de chéquier dans le royaume de l’amour, nous le savons bien.

Dernière remarque : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » ; cette distance infinie qui nous sépare de Dieu explique la faiblesse de notre langage sur Lui ! Du coup, cette phrase devrait être pour nous une invitation à l’humilité et à la tolérance : humilité quand nous osons parler de Dieu, tolérance pour la façon dont les autres parlent de Lui : qui d’entre nous peut prétendre sonder les pensées de Dieu ?
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Complément

– Il y a encore cette phrase magnifique dans le livre des Chroniques : « Si mon peuple s’incline et prie, s’il recherche ma face et revient de sa conduite mauvaise, moi, j’écouterai depuis les cieux, je pardonnerai son péché et je guérirai son pays ». (2 Ch 7,14). Malheureusement, tant qu’on n’a pas découvert que Dieu est toujours et uniquement Amour et Pardon, on risque encore de lire à l’envers des phrases comme celle-ci : comme si Dieu mettait une condition à son pardon : « Si mon peuple s’incline »… En réalité, c’est nous qui mettons une condition : comment recevoir le pardon si nous ne le désirons pas ?

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

PSAUME

Psaume 144 (145), 2-3, 8-9, 17-18

R/ Proche est le Seigneur
de ceux qui l’invoquent.
(cf. Ps 144, 18a)

2   Chaque jour je te bénirai,
     je louerai ton nom toujours et à jamais.
3   Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué :
     à sa grandeur, il n’est pas de limite.

8   Le SEIGNEUR est tendresse et pitié,
     lent à la colère et plein d’amour ;
9   la bonté du SEIGNEUR est pour tous,
     sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

17 Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies,
     fidèle en tout ce qu’il fait.
18 Il est proche de ceux qui l’invoquent,
     de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Psaume extraits des « Psaumes des dimanches et fêtes de l’année A, musique de Barbara Delattre », chantés par Sœur Agathe et le chœur ADF. Merci et bravo à toutes ces personnes !

Version de Thomas Ospital.

Version de Michel Wackenheim.

Version de Jean-Paul Lécot (avec acclamation de l’évangile).

Version de Jean-Pascal Hervy.

Version de Grazia Previdi, par GPS-Trio.

Version d’André Gouzes.

Version de Sœur Marie Thao Lien sur UyenChi-Channel.

Version de Metjp.

Version d’Adrien Cavarec / Solistes : O. et M. R. / Direction de la chorale : C.R, à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes, le 19 mars 2017, sur la chaîne Homélies-du-Dimanche.

Version de Moulon Art.43

Version du père Louis Groslambert.

Version de Georges Djesmy MAMBU par la chorale Mater-Dei de la cathédrale de Boma (RDC), sur la chaîne MBG-PRODUCTION-Officiel.

Version de Charles-Éric Hauguel, aux éditions de l’Emmanuel, sur la chaîne d’Alain Dumont.

Version d’Alain Hounzavi pour Verbum Vivum.

Version de ManuPinto.

Version de instrumentale de ManuPinto, d’après Richard Vidal.

Version de Claudine Naze pour EffataSaintMarc.

Version de la chorale de Maniron.

Version de Psaumes-du-Dimanche.

Version d’OL pour Louange-&-Liturgie.(partition disponible sur demande à gml.ablis@gmail.com).

Version de  Jean-Luc Ponzio, pour Laudate Pop Liturgie.

Version de Richard Vidal, sur la chaîne de Wendy Wank.

Version d’Yves Lafargue.

Version de NDML.

Version de Claire Lauvergne, à 3 voix égales.

Version de l’ensemble vocal Dédicace.

Version de l’ensemble vocal Resurrexit, dirigé par Étienne Uberall, pour la chaîne Chantons-Dieu!

Version(s) de Cathoglad.

Version de SDM-Music.

Version de Matinées-Chantantes.

Version de JFD trouvée sur  » Un dimanche, un psaume « . Partition sur le site https://www.sos-messe.fr/ .

Version trouvée sur la chaîne de Robert Laurin. Chantée par le chœur de l’abbaye Notre-Dame-de Tamié ?

Version de #bible.

Version sur la chaîne « Chants-et-Textes-Liturgiques« .

Version sans refrain, trouvée sur la chaîne Liturgie-des-Heures.

Version de Daniel Pialat.

Version du frère Lévi MISAMBO MOSENGO, Missionnaire Clarétain (CMF).

Version sur la chaîne SMA-TOGO-TV.

Version de la chorale Marie-Reine-des-Apôtres MCNDA (Mission Catholique Notre-Dame-d’Afrique) Montréal.

Commentaires écrits de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

LA BONTÉ DU SEIGNEUR EST POUR TOUS

On ne pouvait pas trouver mieux que ce psaume 144/145 pour faire écho à la première lecture de ce dimanche ! Le prophète Isaïe résumait en quelques versets toute la foi d’Israël : la découverte d’un Dieu plein de pitié, riche en pardon et qui appelle son peuple en lui disant « reviens vers moi ». Ce psaume est la réponse du peuple qui revient à son Dieu : « Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais » ; c’est vraiment le cantique de la foi retrouvée.

Nous avons déjà rencontré ce psaume et admiré sa composition : si vous vous reportez à votre Bible, vous verrez qu’il est ce qu’on appelle un psaume « alphabétique » ; nous savons donc d’avance qu’il s’agit d’un psaume d’action de grâce pour l’Alliance : manière de dire « toute notre vie, de A à Z, (en hébreu de Aleph à Tav) baigne dans l’Alliance, dans la tendresse de Dieu. » Deuxième remarque quant à la forme : le parallélisme d’une ligne à l’autre de chaque verset est particulièrement accentué : cela vaudrait la peine de le lire à deux voix ou deux chœurs alternés.

Si on regarde d’un peu plus près les six versets précis qui ont été retenus aujourd’hui, on remarquera deux choses : premièrement on a là un condensé de la Révélation à la fois très complet et très concis ; et, deuxièmement ils entrent en résonance parfaite avec les autres lectures de ce dimanche.

Je prends un exemple : « Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué, dit le psaume ; à sa grandeur, il n’est pas de limite. » Et Isaïe, dans la première lecture, avec ses mots à lui, nous dit également cette grandeur de Dieu : « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées ». Mais Isaïe nous entraîne dans une voie imprévue et nous risquons d’être surpris : car la grandeur de ce roi n’est pas ce que nous croyons parfois, elle ne ressemble en rien aux fausses gloires et aux fausses grandeurs de la terre. C’est uniquement la grandeur de l’amour. Je résume sa prédication : « Que le méchant revienne vers Dieu qui est riche en pardon… CAR mes pensées ne sont pas vos pensées… » Il semble bien qu’aux yeux du prophète, la grandeur de Dieu réside précisément dans son pardon.

Et vous vous souvenez que nous avons lu il y a quelques semaines (seizième dimanche) un passage du livre de la Sagesse qui faisait écho à Isaïe : « Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose… toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance. » (Sg 12,16.18).

Soyons francs, cette chanson-là n’est pas souvent celle des médias modernes ; et, pourtant, chacun de nous, dans l’intime de sa conscience, sait que c’est la vérité. La seule vraie grandeur d’un être humain, c’est sa capacité d’aimer. Après tout, ce n’est pas étonnant si nous sommes à l’image de Dieu !

L’ÉTONNANTE JUSTICE DE DIEU

Autre consonance entre le psaume et la lecture d’Isaïe, l’amour et le pardon de Dieu pour tous les êtres sans exception. « La bonté du SEIGNEUR est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres » dit le psaume. Et Isaïe insistait sur ce pardon qui semble bien être la caractéristique de Dieu : « Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le SEIGNEUR qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. » Mais, là encore, Isaïe nous entraîne plus loin que nous ne voudrions aller, peut-être : nous voulons bien entendre ici l’assurance que nos faiblesses, nos péchés seront pardonnés. Mais, au nom de ce que nous appelons la justice, il nous semble impensable que tous les grands pécheurs de tous les temps reçoivent le pardon de Dieu tout comme nous !

Et pourtant, si nous prenons au sérieux la prédication d’Isaïe, il va falloir convertir notre conception de la justice, tout simplement ! À vrai dire, Isaïe avait prévu notre difficulté à entendre ce genre de vérité, car il avait pris la précaution de préciser que ce qu’il annonçait ne représentait pas sa pensée à lui, mais qu’il s’agissait réellement d’une parole de Dieu. Il disait « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, oracle du SEIGNEUR ».

Et, d’ailleurs, l’évangile de ce dimanche va nous encourager à changer de logique ! Il s’agit de ce que nous appelons la parabole des ouvriers de la onzième heure. Le verset du psaume parle de la justice de Dieu, précisément ; il dit « Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait » ; la parabole, quant à elle, nous racontera l’histoire d’un chef d’entreprise donnant à tous ses serviteurs le même salaire, quelle que soit leur ancienneté dans la maison ou leur nombre d’heures de travail ; cela bien sûr au grand scandale de ceux qui ont fait le plus grand nombre d’heures. Le message de Jésus, ici, est très clair : « Ne vous y trompez pas » ; la plus grande justice au monde n’est pas celle de la balance, elle est celle de l’amour ; si vous aimez vos frères autant que vous-mêmes, vous vous réjouirez de mes largesses à leur égard.   

Pour terminer, je m’arrête sur le dernier verset du psaume : « Le SEIGNEUR est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité ». Ici peut-être, il y a une lecture perverse à éviter : le psalmiste ne dit pas que Dieu n’est proche que de ceux qui l’invoquent ! Mais Dieu respecte trop notre liberté pour forcer notre porte.

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 20c-24.27a)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (1, 20c-24.27a).

      Frères,
20  soit que je vive, soit que je meure,
      le Christ sera glorifié dans mon corps.
21  En effet, pour moi vivre, c’est le Christ,
      et mourir est un avantage.
22  Mais si, en vivant en ce monde,
      j’arrive à faire un travail utile,
      je ne sais plus comment choisir.
23  Je me sens pris entre les deux :
      je désire partir pour être avec le Christ,
      car c’est bien préférable ;
24  mais, à cause de vous, demeurer en ce monde
      est encore plus nécessaire.

27  Quant à vous,
      ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

POUR MOI VIVRE, C’EST LE CHRIST

Il est toujours émouvant de lire la lettre aux Philippiens : elle est pleine à la fois de la passion de Paul pour sa mission d’apôtre, de sa passion pour le Christ, et aussi de son affection toute simple et fraternelle pour ceux qu’il a connus là-bas ; cela nous vaut des développements théologiques qui volent très haut, comme on dit, et des confidences tout humaines d’un homme comme les autres à ses amis. 

« Soit que je vive, soit que je meure » : Paul est en prison, c’est clair, d’après le reste de l’épître, mais on ne sait pas où ; à Rome, peut-être puisque, d’après cette lettre, il est visiblement en attente de jugement ; mais il a connu plusieurs emprisonnements, à Philippes même, à Jérusalem, une longue durée à Éphèse, probablement, sans compter deux années à Césarée maritime et au moins autant à Rome. En tout cas, lorsqu’il écrit cette lettre aux Philippiens, son procès est visiblement commencé et il sait très bien qu’il risque la mort. « Soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps » : le mot « corps » ici veut dire la personne tout entière.

S’il est libéré, il pourra continuer sa mission d’évangélisation, et son temps de captivité et son procès lui auront permis de témoigner du Christ au tribunal. Il a écrit quelques versets plus tôt : » Dans tout le prétoire, et partout ailleurs, mes chaînes manifestent mon attachement au Christ, et la plupart des frères, chez qui mes chaînes suscitent une ferme confiance dans le Seigneur, trouvent une audace nouvelle pour dire sans crainte la Parole. » (Phi 1,13-14). Il s’est même réjoui de ce que certains, moins bien intentionnés, aient profité de sa mise à l’ombre pour se poser en apôtres, à sa place. Qu’importe, pense Paul, de toutes manières, le Christ est annoncé. S’il est condamné à mort, son martyre, affronté dans la joie, constituera un témoignage suprême de la foi des chrétiens en la Résurrection.

On est toujours extrêmement étonnés de l’assurance dont faisaient preuve les premiers chrétiens face au martyre. Alors que les persécuteurs espéraient étouffer la religion chrétienne naissante, cette assurance a été l’occasion de nombreuses conversions. Ce qui veut dire que, quoi qu’il arrive, tout contribuera au progrès de l’Évangile et c’est la seule chose qui compte pour Paul. Cela ne nous étonne pas de la part d’un apôtre… Le critère de l’apôtre, justement, c’est qu’il n’a qu’un objectif, prêcher l’Évangile ! Quant à nous, même si nous ne connaissons pas des circonstances aussi extraordinaires, nous pouvons retenir que notre vie concrète peut contribuer à glorifier le Christ (c’est-à-dire à manifester sa grandeur) dans toutes les situations.

Paul continue : « Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage ». On pourrait traduire « Pour moi, vivre pleinement, c’est vivre en Christ » ou encore  « ma raison de vivre, c’est le Christ » sous-entendu ma vie ne s’épanouira pleinement que dans la rencontre définitive, donc mourir est un avantage. « Je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable » dit-il. On retrouve là un écho de cette solidarité intime qui nous unit au Christ et que Paul exprime si souvent dans ses écrits ; son thème majeur, c’est justement que notre destinée est de ne faire qu’un en Jésus-Christ. Par exemple : « Dieu a jugé bon qu’habite en Lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié » (Col 1,19-20) ; ou encore dans la lettre aux Éphésiens, ce texte qui donne la clé de tout : « Dieu nous a dévoilé le mystère de sa volonté… récapituler toutes choses dans le Christ » (Ep 1,9-10).

 LA SEULE CHOSE QUI COMPTE : PRÊCHER L’ÉVANGILE

Au passage, on peut noter que pour Paul, la mort nous permet d’être aussitôt pleinement unis au Christ ; il a l’air de n’envisager aucun délai ; voici ce qu’il dit dans la lettre aux Corinthiens : « Nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ; en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision. Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur. Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. » (2 Co 5,6-8).

Pour autant, Paul ne veut pas « abandonner le bateau », comme on dit ; et littéralement, il avoue être écartelé ; « mourir est un avantage, mais si en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable, mais à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire ». Cela ne veut certainement pas dire qu’il se considère comme indispensable, parce qu’il sait bien que c’est le Christ qui agit dans le cœur des fidèles … mais il souhaite ardemment être là où il doit être. À vrai dire, ce dilemme n’est pas à proprement parler un cas de conscience, car ce n’est pas lui qui décidera de son sort, il le sait bien. Mais son raisonnement est un modèle d’abnégation au vrai sens du terme, en ce sens que son seul souci reste la mission auprès de ceux qui lui ont été confiés.

Pour terminer, il revient à eux « Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ ». C’est tout un programme ! Mais je crois qu’il y a là beaucoup plus qu’une leçon de morale : Paul veut nous dire par là que la seule manière d’être digne de l’Évangile, c’est de le prendre au sérieux et de l’annoncer ! Car cette recommandation « ayez un comportement digne de l’Évangile » vient à la suite de ce que j’ai appelé son « dilemme » : « Si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ… mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. » Et aussitôt il ajoute : « Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ. »

Si je comprends bien, à ses yeux, avoir un comportement digne de l’Évangile, c’est tout simplement consacrer nos vies à l’évangélisation. Voilà qui interroge un certain nombre de nos préoccupations !

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)

Alléluia. Alléluia.
La bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres :
tous acclameront sa justice.
Alléluia. (cf. Ps 144, 9.7b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 1-16).

      En ce temps-là,
      Jésus disait cette parabole à ses disciples :
1    « Le royaume des Cieux est comparable
      au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
      afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
2    Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :
      un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent,
      et il les envoya à sa vigne.
3    Sorti vers neuf heures,
      il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
4    Et à ceux-là, il dit :
      ‘Allez à ma vigne, vous aussi,
      et je vous donnerai ce qui est juste.’
5    Ils y allèrent.
      Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
      et fit de même.
6    Vers cinq heures, il sortit encore,
      en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
      ‘Pourquoi êtes-vous restés là,
      toute la journée, sans rien faire ?’
7    Ils lui répondirent :
      ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’
      Il leur dit :
      ‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

8    Le soir venu,
      le maître de la vigne dit à son intendant :
      ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
      en commençant par les derniers
      pour finir par les premiers.’
9    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
      et reçurent chacun une pièce d’un denier.
10  Quand vint le tour des premiers,
      ils pensaient recevoir davantage,
      mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
11  En la recevant,
      ils récriminaient contre le maître du domaine :
12  ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
      et tu les traites à l’égal de nous,
      qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’
13  Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
      ‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
      N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
14  Prends ce qui te revient, et va-t’en.
      Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
15  n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
      Ou alors ton regard est-il mauvais
      parce que moi, je suis bon ?’

16  C’est ainsi que les derniers seront premiers,
      et les premiers seront derniers. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

ABANDONNER NOTRE LOGIQUE DE COMPTABLES 

Imaginez un patron d’entreprise qui emploierait des méthodes pareilles ! Il aurait certainement  une bonne partie de ses ouvriers en grève dès le deuxième matin ! Mais Jésus a bien dit qu’il ne parlait pas d’une entreprise comme les autres puisqu’il a introduit sa parabole en disant : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine… » : d’entrée de jeu, donc, nous savons qu’il est question du royaume des Cieux ; et nous savons bien, Isaïe nous l’a rappelé, que « les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées… »

Et donc, dans cette vigne très particulière, il y a des ouvriers embauchés à toute heure du jour… Apparemment, le travail ne manque pas. Mais la pointe de la parabole n’est pas là : comme toujours, il faut chercher d’abord ce que ce texte dit sur Dieu. « Moi, je suis bon » dit Dieu ; « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Dieu est bon, et d’une bonté qui ne fait pas de comptes. Cela veut dire que sa bonté surpasse tout, y compris le fait que nous ne la méritons pas ; cela veut dire qu’il faut que nous abandonnions une fois pour toutes notre logique de comptables : dans le royaume des Cieux, il n’y a pas de machine à calculer les mérites… Elle est là, peut-être, la conversion qui nous est demandée ; cette logique de comptables, nous avons bien du mal à nous en défaire : nos efforts, nos sacrifices, nos souffrances, nous voudrions toujours les comptabiliser pour nous rassurer ; cela nous donne, pensons-nous, des droits sur le Royaume, sur l’amour de Dieu…

TON REGARD EST-IL MAUVAIS PARCE QUE MOI, JE SUIS BON ?

À l’inverse, il nous paraîtrait juste que Dieu ne traite quand même pas tout le monde de la même manière : « Tu les traites à l’égal de nous ! », reprochent les ouvriers de la première heure, sous-entendu ‘nous méritons mieux’. Et justement, Jésus veut nous faire sortir de cette logique du mérite : l’amour ne compte pas. L’amour ne s’achète pas, il est donné. Cette leçon-là, pourtant, n’était pas nouvelle ; allez lire le psaume 126/127 : « Dieu comble son bien-aimé quand il dort »… Il n’est pas question de mérites là-dedans ; pire, le même psaume affirme : « En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, tu manges un pain de douleur… » autrement dit : ne calcule pas tes mérites et tes heures supplémentaires, Dieu te comble au-delà de tout. Le psaume d’aujourd’hui nous faisait chanter « Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies »… visiblement ce n’est pas une justice calculée comme nous l’entendons ! La justice de Dieu, c’est d’aimer, sans distinction, tous ses enfants également, c’est-à-dire infiniment, sans mesure.

Pour rester dans l’Ancien Testament, Jonas lui aussi, trouvait scandaleux que Dieu pardonne si facilement à ces mécréants de Ninivites : le peuple élu s’efforçait laborieusement depuis si longtemps d’être fidèle à la loi ; ces affreux païens n’avaient eu qu’un geste à esquisser pour être pardonnés. Dès l’Ancien Testament, donc, on savait bien qu’il y a des derniers qui deviennent premiers. De la même manière, au temps de Matthieu, l’arrivée massive d’anciens païens dans les communautés chrétiennes faisait murmurer ceux qui venaient du Judaïsme et se savaient les héritiers d’une longue lignée de fidèles. Et Jésus lui-même a rencontré l’hostilité des croyants de longue date quand il a côtoyé amicalement des publicains et des pécheurs.

QUI PEUT SE PRÉTENDRE OUVRIER DE LA PREMIÈRE HEURE ?

Jusque sur la croix, nous en connaissons au moins un qui était « dernier » et qui est devenu « premier », c’est le bon larron…Voilà bien un ouvrier de la dernière heure. (C’est dans l’évangile de Luc et non de Matthieu, mais la leçon est bien la même !) C’est à la dernière minute seulement que le bon larron crucifié en même temps que Jésus, enfin, se tourne vers lui ; et là, il a suffi d’une parole de vérité dans sa bouche et il s’est entendu dire ce dont nous rêvons tous pour notre dernière heure « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis ».

Mais si on veut bien regarder la vérité en face, elle devrait nous faire plutôt plaisir, cette parabole… Qui d’entre nous peut se vanter d’être un ouvrier de la première heure ? Qui que nous soyons, nous ne sommes tous que des ouvriers de la onzième heure ! C’est lorsque nous l’oublions que notre regard devient mauvais. « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Les ouvriers de la première heure récriminent contre le maître de maison dont ils ne comprennent pas la logique ; Jonas récriminait contre Dieu qui pardonnait trop facilement à ces pécheurs de Ninivites ; les Pharisiens récriminaient contre Jésus, trop accueillant aux gens de mauvaise vie ; le fils aîné murmurait contre le père trop accueillant pour le fils prodigue… Quand la logique de Dieu est trop différente de la nôtre, la tentation qui nous prend est de contester.

C’est le moment ou jamais de nous rappeler la phrase d’Isaïe dans la première lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, dit Dieu… Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées au-dessus de vos pensées. »

Commentaires vidéo de Marie-Noëlle Thabut, bibliste.

Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.

Homélie/méditation du père Julien Fleury, pour Culture-Bible, le .

Commentaire de l’évangile du jour par le père Paul Dollié, pour Cathoglad, le 30 août 2026.

Homélie du père Dominique Dusang, à la Chapelle de l’Immaculée-Conception à Saint-Étienne, le .

Homélie de Mgr Michel Aupetit.

Homélie de l’abbé Guy Pagès.

Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Méen de Cancale, le dimanche 6 septembre 2026.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, à l’église Saint-Méen de Cancale, le dimanche 13 septembre 2020.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice, dans l’église de Chartres-de-Bretagne le dimanche           2020.

Homélie du frère Thibaut du Pontavice à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes le 24 septembre 2017.

Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? ».

Homélie du père Achille José Bessala Nkomo, FM (Franciscains de Marie) pour Magnificat-TV.

Homélie du père Kolawole Chabi, OSA (Ordre de Saint-Augustin), sur sa chaîne Prédication-Louange-Adoration.

Homélie au Scolasticat Saint-Eugène-de-Mazenod/RDC, le 13 septembre 2020.

Homélie de l’abbé Donald Thomson, de l’église catholique à Magog, le .

Homélie prononcée par le chanoine Guy Balaes, en l’église Sainte-Gertrude à Lasne (diocèse de Malines-Bruxelles), pour « Le Jour-du-Seigneur », le 20 septembre 2026. Transcription écrite.

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Homélie de Mgr Sosthène Léopold Bayemi (diocèse d’Obala), sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 20 septembre 2020.

Homélie du père Frédéric Kpoumie Peyou, cmf (missionnaire claretain) sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 20 septembre 2026.

Homélie du père Moïse Moumamassou, CMF, sur la chaîne du père Jude Thaddeus Langeh Basebang, le 7 septembre 2023.

Homélie du Fr. Dr. Biju Abraham M.S., le 6 septembre 2023.

Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.

Homélie du père Gilles Vadon, le 20 septembre 2026.

Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes). 

Homélie à l’église de Belleville, pour la chaîne Homélies.

Homélie au sanctuaire de sainte Rita à Vendeville, le .

Homélie du père Jean Tardy, à la chapelle de l’Immaculée-Conception, à Saint-Étienne, pour Radio-Espérance.

Homélie du père Gabriel pour la chaîne « Un-Curé-vous-parle« .

Homélie pour Vie-Nouvelle.

Homélie pour Prédication-Louange-Adoration

Homélie à l’église de la Madeleine (Paris) le 13 septembre 2026.

Homélie de Mgr en la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, pour la fondation catholique Sel-et-Lumière-Média, le .

Homélie de padre Joseph : « De l’acédie à la joie ».

Commentaires de Joël Sérard.

Réflexions, commentaires homélitiques du père Christian Vermette, curé de la paroisse de Saint-Joseph-de-Chambly à Chambly, Québec, Canada, le 27 août 2023.

Homélie du père Patrick Mugisho, SJ, pour la chaîne Aime-et-Sois-Patient.

Homélie du frère Dominique Joseph, sur la chaîne de la Famille-de-Saint-Joseph, le 6 septembre 2017.

Homélie de padre Lesyr, le 2026.

Homélie du père Cyprien, à l’église Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villette (Paris, XIXe), le 13/09/2026.

Homélie du père Dominique Auzenet, de la paroisse Saint-Aubin (72), pour MissionWeb, le 24 septembre 2017.

Homélie du père Emmanuel de Boisbaudry, à la chapelle de l’Immaculée-Conception de Saint-Étienne, le 20 septembre 2020, pour Radio-Espérance.

Homélie du père Maurice Ruel, curé de la paroisse Saint-Stanislas, le 20 septembre 2011.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
– – – –

Aujourd’hui Seigneur, (Mt 20, 1-16), tu parles à l’Église, à ceux qui ont tout quitté pour te suivre.

Matthieu est le seul à garder cette parabole, et il la place à un endroit tranchant comme le glaive. Juste avant, le jeune homme riche s’en est allé triste, parce qu’il avait de grands biens.

Cette parabole commence et finit par le même renversement : « Les derniers seront premiers, et les premiers derniers. »(Mt 19,30 – 20,16).

« Le Royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui sortit dès l’aurore pour embaucher des ouvriers pour sa vigne. S’étant mis d’accord avec les ouvriers pour un denier par jour, il les envoya à sa vigne.
Sorti vers la troisième heure, il en vit d’autres qui se tenaient sur la place, sans travail… Il leur dit : Allez, vous aussi, à la vigne.
Sorti de nouveau vers la sixième et la neuvième heure, il fit de même.
Vers la onzième heure, il sortit et en trouva d’autres… Il leur dit : Pourquoi êtes-vous restés ici tout le jour sans travail ? Ils lui disent : Parce que personne ne nous a embauchés. Il leur dit : Allez, vous aussi, à la vigne.
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers et paie leur salaire, en commençant par les derniers jusqu’aux premiers.
Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier.
Venant à leur tour, les premiers pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent eux aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmuraient contre le maître de maison : Ceux-là, les derniers, n’ont fait qu’une heure, et tu les as faits égaux à nous, nous qui avons porté le poids du jour et la brûlure du soleil !
Mais il répondit à l’un d’eux : Mon ami, je ne te fais pas de tort. N’as-tu pas convenu avec moi d’un denier ? Prends ce qui est à toi et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien ? Ou ton œil est-il mauvais parce que je suis bon ?
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers derniers. »

Aujourd’hui Seigneur, cette parabole révèle ton cœur de Père et démasque le mien de mercenaire.

Seigneur, tu es ce Maître qui sort, cinq fois. Comme le Semeur hier. À l’aurore, (6h du matin), à la troisième heure (9h), à la sixième (midi), à la neuvième (15h), et à la onzième (17h, à une heure du coucher du soleil). Dans le monde juif, la place, l’agora, c’est le shuk, le carrefour où les journaliers sans terre attendent qu’on les loue. Rester sans travail tout le jour, c’est la honte et la faim assurée pour les enfants le soir.

Mais toi, tu sors sans cesse. Tu n’es pas un propriétaire assis qui envoie son intendant. Tu es ce maître qui a besoin d’ouvriers. Ta vigne, c’est Israël, l’Église, l’Histoire. Et Isaïe avait dit : « La vigne du Seigneur, c’est la maison d’Israël »(Is 5,7). Les rabbis ajoutaient que Dieu lui-même travaille à sa vigne à toute heure.

Seigneur, tu ne cesses de sortir pour moi. Ce matin et à la onzième heure de ma vie, tu sors pour m’embaucher.
Mais tu es injuste, à vue d’homme. Et c’est ta gloire. Tu donnes un denier, le salaire d’un jour pour vivre, le pain pour une famille. Que l’on ait sué depuis l’aube ou une heure, c’est le même denier.
Pour nous, c’est un scandale. Pour un juif, c’est pire car la Loi dit : « Tu ne retiendras pas le salaire du journalier jusqu’au lendemain » (Lv 19,13). Et la justice juive ajoute : « selon le travail, selon le salaire ». Toi, tu brises cet adage. Tu donnes tout, même à celui qui n’a presque rien fait, parce que ta mesure n’est pas la durée, c’est l’amour.

Seigneur, je me vois parmi les premiers ouvriers. J’ai porté le poids du jour et la brûlure du soleil. J’ai mes heures, mes jeûnes, mes fidélités, mes années d’Église. Et je calcule, je murmure. C’est le même verbe employé pour les Hébreux au désert contre Moïse.

Et tu me réponds avec deux mots qui me transpercent. Tu m’appelles hetaire, mon ami, camarade. Le même mot que tu diras à Judas au jardin de Gethsémani. C’est l’amitié blessée qui parle encore.
Et tu ajoute : « Ton œil est-il mauvais parce que je suis bon ? » Dans la Bible, l’œil mauvais, c’est l’avarice, la jalousie qui ne supporte pas le bien d’autrui, le regard qui empoisonne. Et agathos, bon, c’est ton Nom Seigneur. Tu es le Bon. Alors, ma jalousie voudrait t’empêcher d’être bon ?

Aujourd’hui Seigneur, je comprends que je ne suis pas payé selon mes heures, je suis sauvé par ton heure, celle de la croix où tu rachètes par ton sang, ceux dont personne ne veut. Ouvre mes yeux, que je comprenne que je ne suis pas le premier ouvrier embauché qui aurait droit à plus. Non, je suis ce dernier qui a tout reçu, et mon denier, c’est toi.

Seigneur, fais de moi un ouvrier de la onzième heure, qui ne compte pas, qui ne compare pas, mais qui s’émerveille que tu aies daigné sortir pour moi quand personne ne voulait m’embaucher sur la place. Que je puisse, à mon tour, avoir l’œil bon, parce que Tu es bon.

Je vous invite à clore cette méditation avec le chant « Les derniers seront les premiers. »

Commentaire de Thierry Jallas. Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) : « L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

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