Lectures du mardi de la 27e semaine du temps ordinaire, année paire, commentées. 6 octobre 2026.

Lectures du mardi de la 27e semaine du temps ordinaire, année paire, commentées. 6 octobre 2026.

«  Jésus chez Marthe et Marie », peint par Paul Alexander Alfred Leroy (1860–1942). Musée des Beaux-Arts de Rouen. Domaine public, via Wikimedia Commons.
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«  Jésus chez Marthe et Marie », peint par Paul Alexander Alfred Leroy (1860–1942).
Musée des Beaux-Arts de Rouen.
Domaine public, via Wikimedia Commons.

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Dans les commentaires qui suivent, certains passages peuvent être surlignés en bleu, couleur de la liberté ; justement parce qu’ils parlent de la (conscience et de la) liberté, et donc de la dignité, humaine, conformément au principe personnaliste (ou principe de la dignité humaine).  D’après Marie-Noëlle Thabut, « … si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c’est que nous ne les avons pas compris. » De façon générale, ces commentaires nous semblent éclairer notre conscience sur l’interprétation à donner aux textes bibliques, conformément au principe personnaliste précité.
1ère lecture : « Dieu a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes » (Ga 1, 13-24).
« Dieu a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes » (Ga 1, 15-16).

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates (1, 13-24).

Frères,
13  vous avez entendu parler
du comportement que j’avais autrefois dans le judaïsme :
je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu,
et je cherchais à la détruire.
14  J’allais plus loin dans le judaïsme
que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge,
et, plus que les autres,
je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères.
15  Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ;
dans sa grâce, il m’a appelé ;
et il a trouvé bon
16  de révéler en moi son Fils,
pour que je l’annonce parmi les nations païennes.
Aussitôt, sans prendre l’avis de personne,
17  sans même monter à Jérusalem
pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi,
je suis parti pour l’Arabie
et, de là, je suis retourné à Damas.
18  Puis, trois ans après,
je suis monté à Jérusalem
pour faire la connaissance de Pierre,
et je suis resté quinze jours auprès de lui.
19  Je n’ai vu aucun des autres Apôtres
sauf Jacques, le frère du Seigneur.
20  En vous écrivant cela,
– je le déclare devant Dieu –
je ne mens pas.
21  Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie.
22  Mais pour les Églises de Judée qui sont dans le Christ,
mon visage restait inconnu ;
23  elles avaient simplement entendu dire :
« Celui qui nous persécutait naguère
annonce aujourd’hui la foi
qu’il cherchait alors à détruire. »
24  Et l’on rendait gloire à Dieu à mon sujet.

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut.

À notre connaissance, Marie-Noëlle Thabut n’a pas commenté ce passage.

Commentaires de Syndicatho.

Ne pas laisser les autres penser à notre place

Paul raconte qu’il était autrefois animé d’un zèle très fort pour les traditions de ses pères. Puis quelque chose s’est produit : il a dû changer profondément sa manière de voir.

Cette expérience rejoint une question essentielle pour Syndicatho : sommes-nous réellement convaincus de ce que nous pensons et de ce que nous défendons, ou reproduisons-nous simplement les idées de notre milieu, de notre entourage professionnel, de notre hiérarchie ou même de notre syndicat ?

Être libre ne signifie pas seulement pouvoir défendre avec énergie les idées auxquelles nous adhérons. La liberté suppose aussi d’être capable de les confronter à la vérité et, si nécessaire, de les remettre en question.

Dans le monde du travail, cette liberté de conscience est particulièrement importante. Elle permet à chacun de ne pas simplement subir ou reproduire des choix collectifs, mais de devenir véritablement acteur de ses propres décisions.

Éclairer les consciences pour libérer les personnes, c’est aussi les aider à exercer cette liberté : une liberté qui ne consiste pas à penser comme les autres, mais à pouvoir choisir en conscience et à assumer les conséquences de ses propres décisions.

Psaume 138 (139), 1-3, 13-14ab, 14cd-15

R/ Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité. (cf. Ps 138, 24b)

1  Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
2  Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
    de très loin, tu pénètres mes pensées.
3  Que je marche ou me repose, tu le vois,
    tous mes chemins te sont familiers.

13 C’est toi qui as créé mes reins,
     qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
14 Je reconnais devant toi le prodige,
     l’être étonnant que je suis.

     Étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait.
15  Mes os n’étaient pas cachés pour toi
     quand j’étais façonné dans le secret,
     modelé aux entrailles de la terre.

Version de Jean-Paul Lécot (suivi de l’acclamation de l’évangile) :

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion de la solennité de la Nativité-de-Saint-Jean-Baptiste (24 juin).
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Le commentaire de ce psaume a été complètement remanié pour l’émission 2018

Ci-dessous, je donne d’abord celui-ci (2018) ; puis ensuite (pour ceux que cela intéresse)  le commentaire d’une année ancienne où j’avais replacé les quelques versets du jour dans l’ensemble du psaume 138/139. Pour cette année 2018, j’ai préféré me focaliser sur les quelques versets retenus par la liturgie du jour.

PSAUME  138 ( 139 ), 1-3a, 13-14b, 14c-15 (commentaire 2018).

LE MYSTÈRE DE L’ÉLECTION D’ISRAËL

On peut, bien sûr, imaginer que Jean-Baptiste a fait cette expérience mystique décrite par ce psaume : celle de la présence permanente, douce et irrésistible de son Dieu ; mais, encore une fois, le psaume n’a pas été écrit pour un homme particulier, fût-il Jean-Baptiste.

Car, ici, dans le psaume 138/139, une fois de plus, c’est le peuple d’Israël tout entier qui parle. Lui qui ne conçoit nul orgueil mais infinie reconnaissance de l’œuvre de Dieu à son égard. Jérémie le dit très bien : « Vous êtes dans ma main, gens d’Israël, comme l’argile dans la main du potier » (Jr 18, 6).

« Tu me scrutes, SEIGNEUR, et tu sais : tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées ; tous mes chemins te sont familiers. » Le nom même de Dieu, SEIGNEUR (YHVH) révélé à Moïse promettait cette vigilance ; depuis toujours Dieu a conduit ce petit peuple ; il a commencé par le faire naître : « C’est toi qui as créé mes reins, tu m’as tissé dans le sein de ma mère… Mes os n’étaient pas cachés pour toi quand j’étais façonné dans le secret. » Plus tard, Osée commentait : « Quand Israël était jeune, je l’ai aimé et d’Égypte j’ai appelé mon fils… C’est moi qui avais appris à marcher à Éphraïm, les prenant par le bras… Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour, j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir. » (Os 11, 1… 4).

Ce lien très privilégié entre Dieu et le peuple d’Israël a pris au cours du temps le nom d’élection, au sens de choix délibéré : « Tu es un peuple consacré au SEIGNEUR ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple, son domaine particulier parmi tous les peuples de la terre.  C’est uniquement à tes pères que le SEIGNEUR ton Dieu s’est attaché par amour. Après eux, entre tous les peuples, c’est leur descendance qu’il a choisie, ce qu’il fait encore aujourd’hui avec vous » (Dt 7,6 ; 10,15).

À l’origine, dans la pensée d’Israël, cela n’excluait pas que d’autres peuples aient leurs propres dieux protecteurs. Israël n’était pas encore monothéiste : il était « monolâtre » (on dit également « hénothéiste ») c’est-à-dire qu’il ne rendait de culte qu’à un seul Dieu, le Dieu du Sinaï, celui qui l’avait libéré d’Égypte. Il ne devint réellement « monothéiste » que pendant l’Exil à Babylone (au sixième siècle avant notre ère). Ce fut alors un nouveau saut dans la foi, la découverte de l’universalisme : si Dieu était le Dieu unique, alors, il était également celui de tous les peuples.

 

UNE ÉLECTION QUI EST UNE MISSION

L’élection d’Israël n’était pas dénoncée pour autant et l’on trouve sous la plume du prophète Isaïe des phrases magnifiques en ce sens : « Toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, descendance d’Abraham mon ami : aux extrémités de la terre je t’ai saisi, du bout du monde je t’ai appelé ; je t’ai dit : Tu es mon serviteur, je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté. Ne crains pas : je suis avec toi ; ne sois pas troublé : je suis ton Dieu. Je t’affermis ; oui, je t’aide, je te soutiens de ma main victorieuse. » (Is 41,8-10). C’est le même Isaïe qui sut faire comprendre à ses contemporains que leur élection prenait désormais un autre visage, celui d’une vocation au service des autres peuples : être auprès d’eux le témoin de Dieu. C’est le sens, entre autres des quatre textes que l’on appelle « Les Chants du Serviteur  » : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 49,6).

Car si Dieu a fait des prodiges en faveur de son peuple (« Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. »), c’est pour que toute l’humanité en profite.

Cette vocation est exigeante, on ne le sait que trop. On en devine le poids derrière des versets comme celui-ci  : « Tu me scrutes, SEIGNEUR, et tu sais : tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. » Impossible d’échapper à l’exigence et au regard perspicace de Dieu. Affronté à l’idolâtrie, le peuple a continuellement dû choisir le rude chemin de la fidélité.

C’est le sort de tout prophète, peut-être, et Israël a souvent médité l’expérience de Jérémie qui est un bon exemple sur ce point ; on trouve chez lui exactement les mêmes accents : il a connu cette présence de Dieu dès l’enfance : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, avant que tu ne sortes de son ventre, je te connaissais. » (Jr 1, 5). Mais il a aussi connu la solitude et l’incompréhension ; devant l’insuccès de sa prédication, il en appelle au jugement de Dieu : « Toi, SEIGNEUR, tu es juste ! Mais je veux quand même plaider contre toi…  Toi, SEIGNEUR, tu me connais, tu me vois et tu examines mes pensées : elles sont avec toi. »  (Jr 12, 3).

Jean-Baptiste a certainement connu cette expérience forte et douce à la fois : de l’émerveillement d’être choisi pour être serviteur de Dieu mais aussi des exigences rudes parfois que cela comporte inévitablement.

Car, dans la Bible, jamais aucune vocation, aucun appel n’est pour l’intérêt égoïste de celui qui est appelé. C’est même l’un des critères d’une vocation authentique : toute vocation est toujours pour une mission au service des autres. Celle de Jean-Baptiste, on la connaît : annoncer celui qui était plus grand que lui, puis le jour venu, s’effacer, lui qui disait : « Il faut qu’il croisse et que je diminue ».

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PSAUME  138 ( 139 ), 1-3a, 13-14b, 14c-15 (ancien commentaire)

              On peut, bien sûr, imaginer que Jean-Baptiste a fait cette expérience mystique décrite par ce psaume : celle de la présence permanente, douce et irrésistible de son Dieu ; mais, encore une fois, le psaume n’a pas été écrit pour un homme particulier, fût-il Jean-Baptiste. Nous commencerons donc par là. Il y a peut-être bien plusieurs manières de lire ce psaume 138/139 : le découpage liturgique en a privilégié une, évidente, qui est l’admiration du croyant pour la Création. « Étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. » On entend résonner ici le psaume 8, tout aussi émerveillé : « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme (pour) que tu en prennes souci ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toutes choses à ses pieds. » Nous sommes bien ici dans la même veine : « Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. » Oui, mais… Il y a plus grand encore que la création de l’homme ; il y a la création du peuple : car, ici, dans le psaume 138/139, une fois de plus, il s’agit du peuple d’Israël tout entier. Lui qui ne conçoit nul orgueil mais infinie reconnaissance de l’œuvre de Dieu à son égard. Jérémie le dit très bien : « Vous êtes dans ma main, gens d’Israël, comme l’argile dans la main du potier » (Jr 18, 6) ; l’image du potier étant, pour Jérémie, comme on sait, l’image privilégiée du créateur.

              À lire donc, ce psaume, de cette deuxième manière, c’est-à-dire comme l’histoire du peuple, alors tous les versets s’agencent de façon lumineuse. Mais il faut déborder le découpage liturgique ; c’est ce que nous allons faire ici ; à commencer par un verset que nous connaissons bien et qui est peut-être la clé de l’ensemble : « Ta main me conduit, ta droite me saisit, tu as posé sur moi ta main. » Le nom même de Dieu (YHVH) révélé à Moïse promettait cette vigilance ; depuis toujours Dieu a conduit ce petit peuple ; il a commencé par le faire naître, disions-nous : « C’est toi qui as créé mes reins, tu m’as tissé dans le sein de ma mère. » Plus tard, Osée commentait : « Quand Israël était jeune, je l’ai aimé et d’Égypte j’ai appelé mon fils… C’est moi qui avais appris à marcher à Éphraïm, les prenant par le bras… Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour, j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir. » (Os 11, 1… 4).

              Cette présence de Dieu ne s’est jamais démentie : le verset 5 (« Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres, tu as mis la main sur moi ») est la reconnaissance que, depuis toujours, Dieu connaît, Dieu accompagne l’histoire de son peuple ; l’opposition « tu me devances, tu me poursuis » figurant l’avenir et le passé. Autre manifestation de la présence de Dieu, la colonne de feu qui n’abandonna jamais le peuple dans sa marche difficile ; et cela nous vaut un autre verset merveilleux « la ténèbre n’est pas ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière » (v. 12). Dans tout ceci, Dieu poursuivait un projet, on le sait bien, un projet qui nous dépasse : « Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante ! » (v. 17). Il faut citer ici le psaume 39/40 : « Qu’ils sont grands, Seigneur mon Dieu, les projets et les miracles que tu as faits pour nous ! Tu n’as pas d’égal. Je voudrais l’annoncer, le répéter, mais il y en a trop à dire. » (Ps 39/40, 6). Car si Dieu a fait des prodiges en faveur de son peuple (« Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. »), c’est pour que toute l’humanité en profite.

              Et on se souvient que le geste de poser la main (v. 5) est un geste de consécration ; c’est dire la vocation d’Israël. Cette vocation qui consiste à témoigner du Dieu unique au milieu des nations. Comme le disait André Chouraqui : « Le peuple de l’Alliance est destiné à devenir le futur instrument de l’Alliance des peuples. »

              Cette vocation est exigeante, on ne le sait que trop. On en devine le poids derrière des versets comme celui-ci  : « Tu me scrutes, SEIGNEUR, et tu sais : tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. » Impossible d’échapper à l’exigence et au regard perspicace de Dieu. Affronté à l’idolâtrie, le peuple a continuellement dû choisir le rude chemin de la fidélité. C’est le sort de tout prophète, peut-être, et Israël a souvent médité l’expérience de Jérémie qui est un bon exemple sur ce point ; on trouve chez lui exactement les mêmes accents : il a connu cette présence de Dieu dès l’enfance : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, avant que tu ne sortes de son ventre, je te connaissais. » (Jr 1, 5). Mais il a aussi connu la solitude et l’incompréhension ; devant l’insuccès de sa prédication, il en appelle au jugement de Dieu : « Toi, SEIGNEUR, tu es juste ! Mais je veux quand même plaider contre toi…  Toi, SEIGNEUR, tu me connais, tu me vois et tu examines mes pensées : elles sont avec toi. »  (Jr 12, 3) :  chez Jérémie, ce n’est  plus seulement de l’émerveillement, c’est une plaidoirie, manière de dire à Dieu : « Reconnais que je te suis resté fidèle ».

         Jean-Baptiste a certainement connu cette expérience forte et douce à la fois : de l’émerveillement d’être choisi pour être serviteur de Dieu mais aussi des exigences rudes parfois que cela comporte inévitablement. Il a certainement dit plus d’une fois les derniers versets de ce psaume qui sont une prière pour la persévérance, et que nous pouvons faire nôtre à notre tour : « Dieu ! scrute-moi et connais mon cœur ; éprouve-moi et connais mes soucis. Vois donc si je prends le chemin périlleux, et conduis-moi sur le chemin de toujours. »

Commentaires de Syndicatho.

Derrière le salarié, une personne

Le psaume nous rappelle que Dieu connaît chacun de nous de l’intérieur. Il connaît nos pensées, nos chemins et notre histoire.

Cette parole nous invite à ne jamais réduire une personne à ce que nous pouvons voir d’elle.

Dans le monde professionnel, nous sommes facilement identifiés par un poste, un statut, une qualification, des résultats, voire une appartenance syndicale. Mais derrière cette identité professionnelle demeure une personne, avec une conscience, une histoire, des convictions, des responsabilités et une capacité de choix.

Le principe personnaliste nous rappelle ainsi que la personne est toujours plus grande que la fonction qu’elle exerce.

C’est aussi pourquoi le syndicalisme ne peut se limiter à défendre des intérêts ou à régler des rapports de force. Il peut contribuer à ce que chaque salarié soit reconnu comme une personne capable de conscience, de liberté et de responsabilité.

« Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38.42).

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42).

    En ce temps-là,
38 Jésus entra dans un village.
    Une femme nommée Marthe le reçut.
39 Elle avait une sœur appelée Marie
    qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur,
    écoutait sa parole.
40 Quant à Marthe, elle était accaparée
    par les multiples occupations du service.
    Elle intervint et dit :
    « Seigneur, cela ne te fait rien
    que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
    Dis-lui donc de m’aider. »
41 Le Seigneur lui répondit :
    « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci
    et tu t’agites pour bien des choses.
42 Une seule est nécessaire.
    Marie a choisi la meilleure part,
    elle ne lui sera pas enlevée. »

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion du 16e dimanche du temps ordinaire, année C. Ce jour-là, le passage lu est identique à celui d’aujourd’hui.

CHERCHEZ D’ABORD LE ROYAUME

« Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. » La formule est de Matthieu (Mt 6,33) ; elle est peut-être le meilleur commentaire de la leçon de Jésus dans la maison de Marthe et Marie.

Jésus est en route avec ses disciples, et l’on sait que ce long voyage est l’occasion pour lui de leur donner de multiples consignes ; depuis la fin du chapitre 9, Jésus, commençant la montée vers Jérusalem, s’est uniquement préoccupé de leur donner des points de repère pour les aider à rester fidèles à leur vocation merveilleuse et exigeante de suivre le Seigneur. Entre autres, il leur a recommandé d’accepter l’hospitalité (Lc 9,4 ; 10,5-9) ; c’est exactement ce qu’il fait lui-même ici : on peut donc penser qu’il accepte avec gratitude l’hospitalité de Marthe.

Ce récit, propre à Luc, suit immédiatement la parabole du Bon Samaritain : il n’y a certainement pas contradiction entre les deux ; et, en particulier, gardons-nous de critiquer Marthe, l’active, par rapport à Marie, la contemplative. Le centre d’intérêt de l’évangéliste est plutôt, semble-t-il, la relation des disciples au Seigneur. Cela ressort du contexte (voir plus haut) et de la répétition du mot « Seigneur » qui revient trois fois : « Marie se tenait assise aux pieds du Seigneur »… Marthe dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ?… » « Le Seigneur lui répondit ». L’emploi de ce mot fait penser que la relation décrite par Luc entre Jésus et les deux sœurs, Marthe et Marie, n’est pas à juger selon les critères habituels de bonne conduite. Ici, le Maître veut appeler au discernement de ce qui est « la meilleure part », c’est-à-dire l’attitude la plus essentielle qu’il attend de ses disciples.

Les deux femmes accueillent le Seigneur en lui donnant toute leur attention : Marthe, pour bien le recevoir, Marie, pour ne rien perdre de sa parole. On ne peut pas dire que l’une est active, l’autre passive ; toutes deux ne sont occupées que de lui. Dans la première partie du récit, le Seigneur parle. On ne nous dit pas le contenu de son discours : on sait seulement que Marie, dans l’attitude du disciple qui se laisse instruire (cf Is 50), boit ses paroles. Tandis que l’on voit Marthe « accaparée par les multiples occupations du service ». Le dialogue proprement dit n’intervient que sur la réclamation de Marthe : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »

Le Seigneur prononce alors une phrase qui a fait couler beaucoup d’encre : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. » Jésus ne reproche certainement pas à Marthe son ardeur à bien le recevoir ; qui dit hospitalité, surtout là-bas, dit bon déjeuner, donc préparatifs ; « tuer le veau gras » est une expression biblique !

Et combien d’entre nous se retrouvent trop souvent à leur gré dans le rôle de Marthe en se demandant où est la faute ? Il semblerait plus facile, assurément, de prendre l’attitude de Marie et de se laisser servir, en tenant compagnie à l’invité au salon ! La cuisinière est souvent frustrée de manquer les conversations !

L’ESSENTIEL ET L’ACCESSOIRE

Mais c’est le comportement inquiet de Marthe qui inspire à Jésus une petite mise au point, profitable pour tout le monde. Et, en réalité, à travers le personnage des deux sœurs, il en profite pour donner une recommandation à chacun de ses disciples (donc à nous) et nous rappeler l’essentiel : « Une seule chose est nécessaire » ne veut pas dire qu’il faut désormais se laisser dépérir ! Mais qu’il ne faut pas négliger l’essentiel ; il nous faut bien tour à tour, chacun et chacune, jouer les Marthe et les Marie, mais attention de ne pas nous tromper de priorité.

Une leçon que Jésus reprendra plus longuement, un peu plus loin (et qu’il nous est bon de relire ici, la liturgie ne nous en proposant pas la lecture) : « À propos de votre vie, ne vous souciez pas de ce que vous mangerez, ni, à propos de votre corps, de quoi vous allez le vêtir. En effet, la vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Observez les corbeaux : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’ont ni réserves ni greniers, et Dieu les nourrit. Vous valez tellement plus que les oiseaux ! D’ailleurs qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Si donc vous n’êtes pas capables de la moindre chose, pourquoi vous faire du souci pour le reste ? Observez les lis : comment poussent-ils ? Ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui aujourd’hui est dans le champ et demain sera jetée dans le feu, il fera tellement plus pour vous, hommes de peu de foi ! Ne cherchez donc pas ce que vous allez manger et boire ; ne soyez pas anxieux. Tout cela, les nations du monde le recherchent, mais votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît.  Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » (Lc 12,22-32)1.

« Sois sans crainte », c’est certainement le maître-mot ; ailleurs, il mettra en garde ses disciples contre les soucis de la vie qui risquent d’alourdir les cœurs : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie » (Lc 21,34). Les soucis risquent également de nous empêcher d’écouter la Parole ; c’est le message de la parabole du semeur : « Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. » (Lc 8,14). Si Marthe n’y prend pas garde, cela pourrait devenir son cas, peut-être ?

Sans oublier qu’en définitive, c’est toujours Dieu qui nous comble et non l’inverse ! Ne pourrait-on pas traduire : ‘Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour faire des choses pour moi… La meilleure part, c’est de m’accueillir, c’est moi qui vais faire des choses pour toi.’

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Notes

 Les Douze ont retenu la leçon : plus tard, un jour est venu pour eux de choisir entre deux missions : la prédication de la Parole et le service des tables ; ils ont choisi de se consacrer à la première et ils ont confié le service des tables à d’autres : « Il n’est pas bon que nous délaissions la Parole de Dieu pour servir aux tables. Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. » (Ac 6,2-4). Car il ne faut jamais oublier que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du SEIGNEUR. » (Dt 8,3). En même temps, le service des tables n’est pas méprisé, puisque l’on choisit avec soin ceux qui en seront chargés.

Marthe et Marie ; la meilleure part

La meilleure part de nos journées, c’est celle qui Lui est consacrée, de quelque manière que ce soit. Selon nos charismes et nos missions propres, ce peut être l’évangélisation, ou le service des autres, ou encore la contemplation du mystère.

Commentaires de Syndicatho.

Et si le travail nous empêchait parfois de choisir ?

Marthe travaille. Elle accueille Jésus, elle prépare le repas, elle veut bien faire. Son activité n’a donc rien de répréhensible en elle-même. Pourtant, Jésus l’invite à prendre du recul : elle se donne du souci et s’agite pour beaucoup de choses, alors qu’une seule est nécessaire.

Cette scène peut nous rejoindre très concrètement dans notre vie professionnelle.

Nous pouvons être tellement absorbés par les urgences, les objectifs, les réunions, les procédures ou les demandes de notre entourage professionnel que nous finissons par ne plus nous demander ce que nous sommes réellement en train de faire, ni pourquoi nous le faisons.

Or la liberté ne consiste pas seulement à pouvoir choisir entre plusieurs possibilités. Elle suppose aussi de pouvoir prendre le temps d’écouter sa conscience et de discerner ce qui mérite véritablement notre engagement.

Pour un salarié, cette question est essentielle : suis-je encore capable de décider ce que je considère comme important, ou suis-je devenu prisonnier de toutes les sollicitations qui s’imposent à moi ?

Le message de Jésus n’est donc pas : « Travaillez moins et contemplez davantage ». Il nous invite plutôt à ne pas laisser nos activités décider à notre place de ce qui compte.

Le travail est au service de la personne ; la personne n’est pas au service de son travail.

C’est peut-être aussi une manière de comprendre la mission d’un syndicat : contribuer à ce que les conditions de travail permettent aux personnes de demeurer capables de choix conscients et libres, plutôt que de subir des contraintes qui finissent par penser et décider à leur place.

Commentaire dans Évangile-et-Parole-du-Jour, pour Cathoglad.

Homélie de Mgr Michel Aupetit.

Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? ».

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, le 5 septembre 2026.

Homélie du père Sylvestre Beladjolo (sylvestre@frmaria.org), FM (Franciscains de Marie) pour Magnificat-TV.

Homélie du père       à Notre-Dame d’Ottawa, le 7 septembre 2024.

Commentaires de frère Paul-Adrien.

Homélie prononcée par le père Santiago Martin, FM (Franciscains de Marie), pour Magnificat-TV.

Commentaires de Parole-et-Évangile-du-Jour, sur la chaîne chrétienne Media-Christa.

Homélie sur la chaîne Liturgie-&-Vie.

Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.

Homélie sur la chaîne Notre-Pain-de-ce-Jour.

Méditation du père Gilles Vadon.

Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes). 

Commentaires de padre Joseph.

Homélie à Notre-Dame de Paris.

Homélie de  à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, le.

Homélie de , à la grotte de Massabielle, à Lourdes.

Homélie à la basilique du Sacré-Cœur, à Paris.

Homélie du père , à Notre-Dame du Laus.

Homélie de   à Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille).

Homélie de     à la basilique d’Ars.

Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
– – – – –

Commentaire de Thierry Jallas.

Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »

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