Lectures du mardi de la 2e semaine de Pâques, commentées. 14 avril 2026

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »
« Moïse et le serpent de bronze », peint par Pierre Paul Rubens vers 1610.
Domaine public, via Wikimedia Commons.
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1ère lecture : « Un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32-37).
« Un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32).
Lecture du livre des Actes des Apôtres (4, 32-37).
32 La multitude de ceux qui étaient devenus croyants
avait un seul cœur et une seule âme ;
et personne ne disait
que ses biens lui appartenaient en propre,
mais ils avaient tout en commun.
33 C’est avec une grande puissance
que les Apôtres rendaient témoignage
de la résurrection du Seigneur Jésus,
et une grâce abondante reposait sur eux tous.
34 Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence,
car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons
les vendaient,
35 et ils apportaient le montant de la vente
pour le déposer aux pieds des Apôtres ;
puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
36 Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph,
surnommé Barnabé par les Apôtres,
ce qui se traduit : « homme du réconfort ».
37 Il vendit un champ qu’il possédait
et en apporta l’argent
qu’il déposa aux pieds des Apôtres.
Psaume : Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence. ou : Alléluia ! 92 (93), 1abc, 1d-2, 5.
PSAUME
Psaume 92 (93), 1abc, 1d-2, 5.
R/ Le Seigneur est roi ;
il s’est vêtu de magnificence.
ou : Alléluia ! (92, 1ab)
1 Le SEIGNEUR est roi ;
il s’est vêtu de magnificence,
le SEIGNEUR a revêtu sa force.
Et la terre tient bon, inébranlable,
2 dès l’origine, ton trône tient bon,
depuis toujours tu es.
5 Tes volontés sont vraiment immuables :
la sainteté emplit ta maison,
SEIGNEUR, pour la suite des temps.
Psaume extraits des « Psaumes des dimanches et fêtes de l’année B, musique de Barbara Delattre », chantés par Sœur Agathe et le chœur ADF. Merci et bravo à toutes ces personnes !
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version de Jean-Paul Lécot :
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version de CN Media FR (Cté Chant Nouveau) :
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version du chœur des Moines de l’abbaye de Keur Moussa au Sénégal :
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version de Metjp :
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version de Stanley Louijuste :
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version d’André Gouzes :
Psaume 92 « Le Seigneur est roi », version de Jean-Paul Lécot (incomplet et suivi de l’acclamation de l’évangile) :
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, bibliste, à l’occasion du 34 dimanche du temps ordinaire (solennité du Christ-Roi-de-l’Univers), année B.
OSER PROCLAMER LA ROYAUTÉ DE DIEU
L’histoire universelle fourmille d’exemples de chefs de guerre qui se sont fait acclamer comme rois après une victoire ! Et on reconnaît qu’un chef a bien mérité de se faire acclamer comme roi quand il a pris la tête de son peuple pour le libérer et le protéger, quand il parvient à faire régner le droit et la justice parmi ses sujets et à leur assurer la sécurité à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.
Si la liturgie chrétienne célèbre la Fête du Christ-Roi, c’est parce qu’elle le considère comme le grand vainqueur : par sa Résurrection, il a vaincu la mort ; par le pardon accordé à ses bourreaux, il a vaincu la haine. En même temps, nous, chrétiens, sommes bien conscients du caractère paradoxal, presque provocant d’une telle fête : nous osons dire que le Christ est déjà roi, mais nous rencontrons tous les jours l’apparence du contraire ! La mort engloutit tous les jours des millions d’hommes et la haine sévit sur des quantités de champs de bataille, petits ou grands. Mais, justement, en célébrant la fête du Christ-Roi, nous affirmons opiniâtrement notre foi et nous réchauffons notre espérance pour y puiser la force de hâter la réalisation de ce règne.
Le psaume 92/93 se situe exactement dans cette optique : de la même manière que la liturgie chrétienne célèbre la Fête du Christ-Roi, la liturgie juive célèbre Dieu-Roi ; la même foi, la même espérance animent les Juifs et la même impatience de voir poindre le « Jour » de Dieu. Eux, bien sûr, ne peuvent pas s’appuyer sur l’expérience de la Résurrection du Christ pour proclamer la victoire de Dieu sur les forces du Mal, mais leur foi est tout aussi convaincue. Leur point d’appui, c’est d’abord l’expérience de l’Exode : Dieu s’est révélé à eux comme le Dieu libérateur, Dieu leur a proposé son Alliance. Voilà ses titres de gloire.
Pour cette acclamation de la royauté de Dieu, le compositeur du psaume a pris comme modèle ce qui se passait le jour du sacre d’un nouveau roi. La scène se déroule dans la salle du trône : le roi est revêtu du manteau royal, il siège désormais sur le trône : il a signé la charte d’intronisation, il est entré en possession du palais royal. Alors s’élève une clameur immense, jaillie de la poitrine de milliers d’assistants… quelque chose comme « Vive le Roi ! ». En hébreu, on appelle cette acclamation la « térouah » ; c’est une acclamation guerrière à l’origine, l’acclamation de la victoire sur l’ennemi.
Ici le roi que l’on acclame c’est Dieu lui-même. Plus que tout autre, il mérite la terouah, l’acclamation, les ovations : Lui qui est victorieux de toutes les forces du mal, du chaos, de la séparation. C’est pourquoi le psaume commence par l’acclamation : « Le SEIGNEUR est roi » ; lui aussi est revêtu de vêtements royaux : « il s’est vêtu de magnificence, le SEIGNEUR a revêtu sa force ». En fait, ce sont les vêtements du Créateur : « magnificence et force ». En hébreu, l’expression est très imagée : « Il a revêtu sa force », cela évoque littéralement le geste de nouer un vêtement sur ses reins comme le potier noue son tablier pour travailler l’argile.
LE TRÔNE DE DIEU, C’EST LE COSMOS
Son trône, c’est le cosmos tout entier ! Un trône qui tient bon ! « Et la terre tient bon, inébranlable, dès l’origine, ton trône tient bon, depuis toujours tu es. » Il y a dans ce verset apparemment anodin au moins deux petites pointes : l’une contre les idoles dont les statues sont à la merci de n’importe qui ; l’autre contre les rois de la terre : en Israël, de tout temps, l’histoire de la royauté a été troublée, dramatique… Le trône de Dieu, au contraire, est « inébranlable ». Et il est établi dans la durée ! Combien de rois d’Israël n’ont régné que très peu d’années, voire de jours !…
Et c’est la Création tout entière qui clame qu’il est roi, parce qu’il en est le maître incontesté : même les forces de la mer lui sont soumises ; Israël, qui a une fenêtre sur la Méditerranée, sait bien que la mer peut se montrer indomptable ; indomptable pour l’homme, peut-être, mais pas pour Dieu ! Notre psaume le dit magnifiquement : les flots ont beau se soulever dans un mugissement terrible, ils sont sous la domination de Dieu ; là il faut lire les deux versets centraux de ce psaume qui ne font pas partie de la lecture de ce dimanche : « Les flots s’élèvent, SEIGNEUR, les flots élèvent leur voix, les flots élèvent leur fracas… Plus que la voix des eaux profondes, des vagues superbes de la mer, superbe est le SEIGNEUR dans les hauteurs. »
Ces flots maîtrisés, ce sont également ceux de la Mer des Roseaux à laquelle Dieu a imposé de laisser le passage à son peuple. Et depuis ce jour, le Dieu fidèle a toujours accompagné son peuple : c’est le sens de la phrase « Tes volontés sont vraiment immuables » ; le mot traduit ici par « immuables » est de la même racine que le mot « AMEN » ; il évoque fidélité, stabilité, vérité, immuabilité, fermeté… Cette fidélité de Dieu toujours présent au milieu de son peuple est concrétisée par le Temple magnifique de Jérusalem : signe de la présence de Dieu, il est un reflet de sa sainteté : « La sainteté emplit ta maison » ; on peut probablement relever ici une nouvelle petite pointe d’ironie : les rois d’Israël ont été rarement des saints ! On peut entendre en sourdine « la sainteté emplit ta maison » (sous-entendu » la tienne et elle seule ») ! Mais surtout, après l’Exil à Babylone, cette phrase reflète la joie d’avoir reconstruit le Temple dignement : la ville de Jérusalem abrite de nouveau la sainte maison de Dieu.
Quand ce psaume est chanté au Temple de Jérusalem, après l’Exil, donc, à une époque où il n’y a plus de roi en Israël, il célèbre la royauté de Dieu, mais aussi, il célèbre d’avance le futur roi-Messie qu’on attend et qui sera, lui, la fidèle image de Dieu. Et on sait déjà, qu’à travers ce Messie, c’est le peuple élu et, en définitive, l’humanité tout entière qui partagera la Royauté, comme la Reine trône auprès du Roi. Au cours de la Fête des Tentes (à l’automne) où ce psaume était repris chaque année, on célébrait par avance l’accomplissement de toute l’histoire, l’Alliance définitive, les Noces de Dieu et de l’Humanité.
Évangile : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme » (Jn 3, 7b- 15).
« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme » (Jn 3, 13).
Alléluia. Alléluia.
Il faut que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout croyant ait la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 3, 15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 7b-15).
En ce temps-là,
Jésus disait à Nicodème :
7 « Il vous faut naître d’en haut.
8 Le vent souffle où il veut :
tu entends sa voix,
mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va.
Il en est ainsi
pour qui est né du souffle de l’Esprit. »
9 Nicodème reprit :
« Comment cela peut-il se faire ? »
10 Jésus lui répondit :
« Tu es un maître qui enseigne Israël
et tu ne connais pas ces choses-là ?
11 Amen, amen, je te le dis :
nous parlons de ce que nous savons,
nous témoignons de ce que nous avons vu,
et vous ne recevez pas notre témoignage.
12 Si vous ne croyez pas
lorsque je vous parle des choses de la terre,
comment croirez-vous
quand je vous parlerai des choses du ciel ?
13 Car nul n’est monté au ciel
sinon celui qui est descendu du ciel,
le Fils de l’homme.
14 De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
15 afin qu’en lui tout homme qui croit
ait la vie éternelle. »
Autres commentaires, homélies, méditations, prédications, etc.
Homélie / étude biblique du père Julien Fleuy, du diocèse de Marseille, pour Culture-Bible.
Commentaire de saint Basile, dans Évangile-et-Parole-du-Jour, pour Cathoglad.
Homélie de Mgr Michel Aupetit.
Commentaires du père Hervé-Marie Hignard.
Homélie du frère Thibaut du Pontavice, dans l’église de Cancale, le
Homélie du frère Thibaut du Pontavice à la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc de Rennes le
Homélie du père Léonard Katchekpele pour « Prêtre ! Et alors ? »
Homélie de , pour le Jour-du-Seigneur, le
Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Homélie prononcée par le père Achille José Bessala Nkomo FM, pour Magnificat-TV.
Commentaires de Parole-et-Évangile-du-Jour, sur la chaîne chrétienne Media-Christa.
Homélie sur la chaîne Liturgie-&-Vie.
Méditation du père Roger Wawa, pour Radio-Maria RDC.
Homélie du père Gilles.
Homélie du frère Antoine du Désert (Prieuré Sainte Marie – les Jaumes).
Commentaires de padre Joseph.
Homélie à Notre-Dame de Paris.
Homélie de à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, le.
Homélie de , à la grotte de Massabielle, à Lourdes.
Homélie à la basilique du Sacré-Cœur, à Paris.
Homélie du père , à Notre-Dame du Laus.
Homélie de à Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille).
Homélie du frère Didier KINDA, O.P, de la fraternité Saint-Dominique, à Abidjan.
Homélie du père Sylvestre Beladjolo, FM, des Franciscains-de-Marie, pour Magnificat-TV, le .
Homélie du frère Emmanuel, OP, de la Fraternité Saint-Dominique à Abidjan
Méditation d’Étienne Tarneaud . Je vous invite à vous abonner gratuitement à ses méditations sur WhatsApp en cliquant sur ce lien https://chat.whatsapp.com/Cw4mVvrplH83UXeOgEhIE2 ou en le contactant au 06 20 14 00 33, pour vous assurer d’en disposer tôt le jour-même, et complètement (y compris des chants qu’il serait trop lourd de publier ici). Voici une courte vidéo dans laquelle il se présente, parle de ses activités et des spectacles qu’il propose dans toute la France pour raconter la Bible aux enfants.
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Commentaire de Thierry Jallas.
Comme d’habitude, j’essaie de faire le lien entre les Écritures et la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), notamment le principe personnaliste. Pour rappel, une formulation de celui-ci se trouve à l’article 135 du Compendium (de la DSÉ) :
« L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image. […] La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. »
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